interdit

Grasset, 2010
Le Livre de Poche, 2012, 140 p.

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Humour juif ?
Mauvaise blague en tout cas pour Saül Weissmann : il se voit contester sa judéité par le rabbin qui doit le marier à Simone :
« Il faut être juif de mère en fils. Exclus les autres ! Dehors ! »
Un comble pour cet homme septuagénaire rescapé des camps nazis !

Cette fable loufoque et cruelle pose la question de la judéité, et plus généralement de l'identité.
Qu'est-ce qui nous définit ? Notre apparence ? Le regard des autres ? Ce que nous avons vécu ? La 'communauté' à laquelle nous sommes censés appartenir ?

La situation absurde et désespérante fait évidemment penser à Kafka (La Métamorphose).
La libido débordante du vieil homme et l'humour grinçant m'ont rappelé Edgar Hilsenrath (Fuck America).
La schizophrénie, les airs de pièces de théâtre et les références obsédantes aux six millions de Juifs assassinés renvoie à Le vieux Juif blonde (Amanda Sthers).
Et enfin, les métaphores sur le corps féminin 'habité' rappelle L'Ecume des jours (Boris Vian).
Un curieux mélange dérangeant que je n'ai réussi à apprécier, je crois, que parce que je prends l'oeuvre de Karine Tuil à rebours, pour comprendre la genèse de ses derniers romans. 

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 13 > 15 oct.