mon père

Rouergue, 9 octobre 2019, 73 p.

mad

    lu par Mr

    ♥♥♥♥

Lucas, âgé de seize ans, accompagne son père pour une semaine dans un petit chalet familial, sans eau courante - hormis celle s'écoule de la montagne dans un bassin sur le terrain - ni électricité, ni réseau. Sa seule compagnie pendant sept jours sera donc ce père peu expansif, qui depuis longtemps laisse son épouse gérer l'éducation du fiston.
Dans ce contexte, il est difficile pour chacun d'éviter l'autre...

Ces retrouvailles entre un père et son fils permettent au premier de prendre conscience de ce qu'il a pu rater, tandis qu'elles prennent un caractère initiatique pour le second.
En guise de morale, l'histoire montre que leurs rejetons n'ont pas nécessairement vocation à mener la vie dont ils rêvent pour eux, ou celle dont eux-mêmes ont pu rêver mais n'ont pas réussi à mener...
Parents et adolescents devraient apprécier.

Merci à Babelio et au Rouergue.

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  ■  et Canel

    ♥♥♥♥

Lucas n'est pas à la fête. Sa mère a décidé qu'il passerait une semaine des vacances de printemps avec son père, dans un vieux chalet familial coupé du monde. Pas d'électricité, pas de réseau, et pour seule compagnie cet homme de quarante-six ans auquel Lucas ne parle plus vraiment. Ils ne sont pas fâchés, mais le père est un taiseux, un grand pudique, et le gamin ('petit con' comme il se doit à seize ans et même au-delà) méprise vaguement ce type qui n'a jamais su faire mieux que bosser en usine.

On imagine les phases par lesquelles va passer Lucas là-haut, sur la montagne : mauvaise humeur, ennui, décision de rentrer, résignation...
Mais père et fils se ré-apprivoisent, réalisent que le temps a passé vite, trop vite, et qu'ils ont laissé s'effilocher des liens. Il n'est jamais trop tard pour en tisser d'autres : à la veille de sa vie d'adulte, Lucas a encore des choses à apprendre de son père. Bricoler, faire un feu, éplucher artistiquement une orange, respecter les choix de vie des autres... Et ça, notamment :
« Il faut apprendre à vivre avec une femme, et puis après il faut apprendre à vivre à trois, et encore après, on se rend compte que c'est avec soi qu'il faut vivre, avant tout. »

Belle histoire, simple et douce. Pas trop mon genre habituellement (l'évocation de Thoreau dans le récit est intéressante, à ce titre, pour les lecteurs hermétiques au nature writing), mais le récit est suffisamment bref pour toucher sans ennuyer.
Dans ce registre, j'avais été plus émue par L'Echelle de Glasgow (Marcus Malte).

Cadeau à tou(te)s les petit(e)s con(ne)s 😉, cette réflexion de Lucas :
« Y avait rien qui m'obligeait à faire pareil [que mon père], à être pareil, y avait rien non plus qui me disait de faire le contraire. » 

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18 & 19 nov.