ah les bravesLe Seuil, Cadre Noir, 3 octobre 2019, 288 p.

♥♥

Se laisser rebuter par une couverture moche, c'est parfois dommage. L'emballage n'est pas forcément révélateur du contenu.
Pour ce livre, j'aurais dû m'arrêter à ce premier clin d'oeil au rustique kitsch 70-80's (le tue-l'amour absolu pour la lecture) : un fond en formica brun ou en vieux lambris trop sombre, un canevas aussi laid que ceux que vous regard(i)ez pour passer le temps ou par pur masochisme - pour exciter votre mauvaise humeur -, en visite incontournable chez des vieux de la famille pour les Voeux de janvier.

Le roman (ou ce que j'en ai lu, c'est à dire la moitié) est à l'envi : noms moches, ridicules, franchouillards. Je sais que dans la vraie vie, côté prénoms et patronymes improbables et importables, la réalité peut dépasser la fiction, mais quand tout un patelin est touché par la malédiction, on voit déjà venir la grosse sauce indigeste.
Pour le cadre, Bartelt a évité un cliché supplémentaire en épargnant le Nord-Picardie déjà assez égratigné en littérature : ici nous sommes dans l'Est de la France, près du Luxembourg.
Julius Dump, le type venu enquêter sur son père disparu, n'en revient pas de tomber sur un tel ramassis d'arriérés tordus. Et si, lui, il s'y habitue peu à peu en vivant parmi eux, moi je ne les ai jamais adoptés, n'ayant pas réussi à croire une seconde à ces caricatures, ce concentré de bêtise crasse.

La quatrième de couverture promet, pour mettre le lecteur en appétit :
« Après Hôtel du Grand Cerf, Franz Bartelt revient avec un nouveau roman d'énigme. Un régal d'humour noir aux personnages flamboyants. »
Roman d'énigme : il faut avoir compris le problème pour avoir envie de connaître sa solution, et se sentir un minimum en phase avec les personnages et les situations...
Humour noir : scato et vulgaire avant tout.
Quant aux protagonistes, je les ai trouvés caricaturaux et pathétiques, pas flamboyants...

J'attendais une ambiance façon Arnaud Le Guilcher dans Ric-Rac. Le seul point commun : ça 'pitanche sévère' dans le coin, mais Bartelt ne m'a pas du tout amusée.
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  •  Merci à Babelio et au Seuil.