je ne suis pasCirconflexe, 15 mars 2004, 32 p.

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Depuis quelques jours, à l'entrée de la médiathèque où je suis inscrite, un stand est consacré aux maltraitances familiales et conjugales. On y trouve des essais, des romans, mais aussi des albums jeunesse comme cet ouvrage.

J'ai donc emprunté ce livre pour enfants en connaissance de cause.
Bien qu'avertie, j'ai quand même été surprise par sa brutalité. Comme le précise Zazy dans son billet, la couverture évoque SamSam, le super héros de six ans imaginé par Serge Bloch.
Le lien entre ce titre et l'histoire est quelque peu artificiel : aucun enfant ne peut être un super héros quand il se retrouve victime (ou même seulement témoin) de violences d'adultes. On ne lui en demande pas tant, au secours !
Et c'est également présomptueux de laisser entendre qu'il pourra l'être une fois devenu grand - comme l'indique la fin de l'ouvrage. N'importe quoi ! à croire que les adultes sont invincibles, qu'on ne peut pas retomber parfois sous la coupe d'un con/cruel/tortionnaire une fois 'devenu grand'...

Comme le SamSam de Serge Bloch, l'enfant a six ans au début de cette histoire.
Ses parents se déchirent, les cris et les bruits de coups terrorisent le petit quand il est seul, le soir, dans son lit. Sa mère essaie parfois de se placer sous sa protection, l'enfant est pris à parti et il arrive que la hargne paternelle se déchaîne sur lui.
Evidemment, il se sent impuissant et coupable. Mais aussi en colère contre ce père, et malheureux de le voir dans cet état :
Après ses crises et ses accès de violence, « [papa] est triste comme si c'est lui qui avait mal, et il me demande pardon en ayant l'air très malheureux. Comme il pleure, je crois que c'est ma faute s'il est triste. Alors je m'en veux de le voir comme ça. »

Les images sont explicites : les affrontements physiques sont seulement esquissés par des ombres, certes, mais très nettes et semblables à des dessins tracés avec du sang. Le texte détaille quelques uns des sévices, et l'image des grandes bottes pointues du père, façon santiags, fait froid dans le dos.

Si l'ambivalence des sentiments du père (honte, remords) et de l'enfant (peur, amour malgré tout) sont bien exprimés, l'ensemble m'a paru maladroit, très lourd, beaucoup trop direct et douloureux. Il y a également quelques zones d'ombre et on ne comprend pas tout : l'enfant aurait été un bébé battu ? Donc les deux dingues qui s'empoignent avec haine quand ils sont mariés, et se rabibochent sous la couette après leur divorce, ce sont ses parents adoptifs ?
Voilà un petit garçon qui démarre bien dans la vie.

Bref, cette lecture me laisse plus que perplexe.
Je ne vois qu'un usage pour cet album : en lecture accompagnée par un éducateur/psy, pour un enfant confronté à ce genre de drame.

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