douce fceGrasset, 2007, 180 p.

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Claire se fait embarquer par erreur lors d'une rafle d'immigrés clandestins. Bien qu'elle soit 'française' - même si ce n'est pas si évident pour elle en raison de l'histoire familiale et celle de tous les Juifs au cours des siècles -, elle joue le jeu, se fait passer pour une Roumaine, et est transféree dans un centre de rétention.
C'est l'occasion pour cette jeune écrivain d'observer in situ les conditions de vie des 'vrais' retenus, ces réfugiés vivant entre la crainte d'être renvoyés dans leur pays d'origine et l'espoir d'une régularisation pour rester dans notre 'douce France'.
La démarche de la narratrice est identique à celle d'autres auteurs 'infiltrés' tels que John Howard Griffin (Dans la peau d'un Noir, 1960) et Günter Wallraff (Tête de Turc, 1986).

Identité, imposture, communautarisme, racisme, judéité et son héritage si lourd, exil, ascension sociale et embourgeoisement, respectabilité à défendre... On retrouve ici des thèmes récurrents dans l'oeuvre de Karine Tuil, présentés et interrogés avec toujours autant de pertinence.
L'accent est mis cette fois sur la question de l'immigration de personnes fuyant la misère, la discrimination, la guerre - politique en vigueur au début des années 2000 pour décourager leur arrivée et leur installation, subterfuges utilisés pour rester...

J'admire cette auteur, j'aime la lire pour son style limpide et agréable, pour le changement de cadre d'un ouvrage à l'autre, pour ces sujets dits 'de société' qu'elle développe avec intelligence et sensibilité autour de parcours singuliers.
Alors je continue, jusqu'à épuisement des stocks. Le prochain sera : Tout sur mon frère (2003).

Sur ce sujet, voir le film Samba (Eric Toledano & Olivier Nakache, 2014), lire Police (Hugo Boris)...

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10 & 11 déc. - emprunt mdtk