changerAlbin Michel, 2018
Le Livre de Poche, 24 avril 2019, 672 p.

Feel good book ?
Oui, si on se réfère aux autres livres proposés par les algorithmes quand on tape ce titre.
Non, si on compte le nombre faramineux de catastrophes et de morts autour de la douce et néanmoins pugnace Violette - et je ne parle pas des défunts qui reposent dans 'son' cimetière.

Pour moi : feel vénère, super NRV crescendo. 🤨🤪😒🤔😖

Je situe un peu l'histoire, pour ceux qui ne connaissent pas et qui ne sont pas allergiques aux 'résumés'. Vous pouvez sauter.
Je délimite par des 🌷 pour les impatients.
Pourquoi des 🌷 ? Parce que ce roman fleuve est placé sous le signe du jardinage, des roses, du thé au jasmin, de la fleur bleue, du flirt, de l'eau de rose en maxi concentré, s'il vous plaît - insuffisant respiratoire, passe au large ou mets-toi en apnée, comme devant Séph*ra ou N*cibé.

🌷🌷🌷

• Violette, née en 1968, sous X.
Une 'fille de l'Assistance', donc « censée se contenter de peu », selon les termes d'une éducatrice. Placée tantôt en famille d'accueil, tantôt en foyer. Rasant les murs, toujours, et se montrant docile pour qu'on la garde. Un abandon à la naissance, ça suffit, dans une vie. Et pourtant...
• 1985 : tombe amoureuse en boîte DU beau gosse. Ça semble réciproque. S'installe avec lui. Rapidement enceinte.
• 1986-1995 : garde-barrière pas loin de Nancy. Elle seule tourne la manivelle (ou appuie sur le bouton, je ne sais plus) jour et nuit, pendant que le beau gosse part faire des tours à moto, fourrer ses doigts on ne sait z'où, elle sent l'odeur quand il revient dans son lit à elle.
• depuis 1995 (nous sommes en 2017) : gardienne de cimetière en Bourgogne.
Entre temps, le beau gosse (en réalité un sale con, feignasse et volage) s'est fait la malle. Et Violette s'est ramassé un nombre incalculable de tuiles bien tranchantes, à décapiter l'Hydre de Lerne.
Mais elle a lu un livre génial des dizaines de fois, et a rencontré aussi des gens super qui ont 'changé l'eau de son vase', en quelque sorte. Elle s'est initiée au jardinage, etc.

🌷🌷🌷


Démago, tire-larmes, censé vous arracher des pensées genre 'vive les petites gens', les gens simples, les vies 'médiocres' (on lit ça, parfois, dans les livres ou sur les sites de lecteurs)... Je n'aime pas ces termes, aussi puants que celui de 'France d'en bas'. Je fais partie du 'peuple', alors je trouve ça méprisant.

Le sirop dégouline de partout : bons sentiments, poncifs, clichés.
Sucre & sel & poivre en gros morceaux qui vous tombent sous la dent dans le plat que vous trouviez mangeable, au début, juste un peu trop chimique, et qui devient rapidement écoeurant.
Des histoires d'amour. Trois surtout, avec des superpositions bizarres, à la limite de l'inceste, et un souk dans la chronologie. Entre les belles mains de Gabriel et celles de Julien, leurs odeurs de cannelle et de tabac, je m'y perdais.
Et des coïncidences à foison.
A chaque rebondissement, je me suis dit 'Non, l'auteur n'a quand même pas osé ?' Et si ! Jusqu'à la fin ! Les gouttes de sirop d'érable arrosé de miel qui font déborder le vase arrivent assez vite et y en a plein.

Page 606 (sur 670 dans l'édition de poche) un bel amant, un prince charmant, promet à sa belle :
« Pendant ces trois jours, nous allons enfiler les clichés, il n'y a rien de mieux au monde que les clichés. »
Ces clichés-là, je trouve qu'il n'y a rien de pire.
Même à Noël, même l'été.
Y a pas de saisons pour refuser ça.

C'est bourré de variété française, aussi.
Y avait un quota ? Sans le Elvis en yaourt, je crois qu'on aurait atteint les 100%, avec beaucoup de Cabrel & de Goldman. J'écoute des radios de vieille midinette, pourtant (la preuve, j'ai reconnu presque tous les extraits), ça aurait dû me plaire. Question de dosage, là encore.
♪♫ « La confiture ça dégouline...
Et ça vous coule dans la manche
Et ça vous longe le pourpoint
De l'avant-bras jusqu'à la hanche
Quand ça ne descend pas plus loin
Et quand ça coule pas ça tombe... » ♪♫

Comme dirait une (excellente) auteur de romans NOIRS récemment vue/entendue autour d'une table ronde : « Ah, le feel good, ça me déprime... Cette obligation d'être heureux malgré tout, moi ça me donne envie de me pendre... »

Vite, des fleurs sauvages pas coupées, pas rangées dans un vase, de la mauvaise herbe (du jardin), des arbres tout tordus, des feuilles mortes pas ramassées, du bordel partout, et un bon vieux pop-rock anglais ou espagnol ou grec qui m'arrache sainement les oreilles et me désenglue.

■ Lire l'avis de LoLo(des-fleurs ?)KiLi, beaucoup plus mesuré, auquel j'adhère totalement.

... et ceux de Torpedo, Marmara, Ashallayne, Gwen21... j'en oublie... 😉

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20 > 23 déc.