une joieGrasset, 14 août 2019, 315 p.

sor

Mais Sorj, qu'avez-vous bidouillé, cette fois encore ?
Un curieux mélange, du tragi-feel good en quelque sorte, un genre de roman dont j'ai découvert l'existence récemment, avec Changer l'eau... (V. Perrin).

D'un côté, le pire : méchants cancers, enfants disparus, parents morts brutalement, et hommes abjects.
De l'autre côté, la douceur et la force : solidarité et amitié entre des femmes formidables - les courageuses qui luttent contre la douleur du deuil et affrontent leur cancer, et les bienveillantes qui accompagnent les soins, qui ont toujours le mot juste.
Au milieu, un liant incongru, ou mal incorporé, qui alourdit l'intrigue : une histoire de hold-up (je ne spoile pas, le livre s'ouvre dessus).

On ne sait plus si on doit pleurer ou rire.
J'avais eu le même sentiment en lisant Profession du père de cet auteur. Too much, sans nuances.
Même si ici, le caractère impulsif d'Assia rééquilibre un peu le manichéisme ambiant. Assia, c'est le genre de fille qui vous balance tout ce qu'elle pense, mais qui a un bon fond, et un coeur en or - mouais, faut encaisser, quand même.

J'ai souvent aimé Chalandon, ses romans, notamment le diptyque Mon traître et Retour à Killybegs, aux antipodes d'une vision manichéenne de l'humain.
J'aime toujours ses chroniques dans le Canard enchaîné, sa culture des drames socio-politiques (il a été reporter de guerre), son regard humain.

Cet auteur est indéniablement un excellent conteur.
A force d'écrire des romans, il a aussi appris le sens de la formule - un peu artificiel, alourdi de tics de langages (ah ce 'une évidence' !), de métaphores neuneus et éculées (combien de 'comme un enfant' ici ?).

Deux questions à l'issue de cette lecture :
- un auteur connu doit-il suivre un schéma pour des raisons commerciales ? je ne sais pas, au pif je dirais que oui, mais fort heureusement, on arrive encore à être surpris par des textes qui sortent des sentiers battus ;
- les hommes sont-ils vraiment TOUS de fieffés connards égoïstes ? là je sais, la réponse est NON.

Les défauts que j'ai trouvés dans ce livre m'auront permis de supporter tous les passages terriblement réalistes sur le cancer...

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