quand j'étais drôleLe Livre de Poche, août 2008, 312 p.

'Quand j'étais drôle'
ou 'Les jérémiades de Jérémy'
ou 'Quand Jerry ne rit plus'.

Peut-on aimer un livre lorsque le personnage principal, qui prend beaucoup de place et n'en a que pour son nombril, vous horripile ? Non, mission impossible pour moi. L'exemple le plus flagrant est 'La conjuration des imbéciles'. Trente ans après avoir essayé de le lire, je garde un souvenir urticant d'Ignatius, aussi pathétique que détestable et répugnant.
Nouvelle illustration ici, avec l'histoire de Jérémy Sandre.
Pour situer, ce trentenaire arrogant est encore plus antipathique que les pires personnages masculins de Karine Tuil : Vincent ('Tout sur mon frère'), Jean ('Les Choses humaines'), Sam ('L'Invention de nos vies').

Sandre est un comique parti tenter sa chance outre-Atlantique sous le pseudo couleur locale de Jerry Sanders.
Pas de bol, Bush et Chirac se font la gueule, le pays entre alors dans sa "crispation francophobe" et le petit marrant ne parvient à amuser personne là-bas. Retour au pays natal après deux ans de lose déprimante.

Dans un récit foutraque, dilué, chiant, on comprend que Jérémy est jugé, qu'il a une avocate, etc. Pourquoi ? Je n'ai pas compris, ou j'ai oublié, au gré des va-et-vient incessants.
On retrouve les thèmes chers à l'auteur : identité, imposture, famille, fratrie, ambition sociale, exil, femmes, séduction, couple, mensonge, droit, justice.
Au centre ici : l'humour pour s'imposer quand on est le dernier d'une fratrie, et les dures lois du show-biz.

L'intrigue a un petit air de Jonathan Tropper (notamment 'C'est ici que l'on se quitte') pour l'humour juif. En moins enlevé.

J'abandonne ce livre (p. 200/300) mais je poursuis quand même ma découverte de Karine Tuil, dont les propos me réjouissent. Dommage que les remarques pertinentes soient noyés au milieu de tant de considérations oiseuses, ici.

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20 > 26 janvier