trois joursSabine Wespieser, 7 mars 2019, 180 p.

chrTrois jours à Berlin, les derniers d'une époque où la ville, séparée en deux par le mur, symbolisait les relations Est/Ouest et la guerre froide.
A l'Ouest la liberté et l'opulence. Ou, pour 'le parti', l'oppression capitaliste et le fascisme.
A l'Est, les restrictions, la surveillance de la Stasi, la délation. Ou, pour 'le parti', une oeuvre commune pour un monde plus juste.
Tout est question de vocabulaire, en politique.

Dans ce récit, on rencontre des Ossis et des Wessis, des membres du parti, des familles éclatées, mais aussi Anna, une Française fascinée par le pays, et même un ange, qui regarde tout cela de haut.
A travers quelques destinées individuelles brièvement évoquées, l'auteur franco-allemande situe la vie à Berlin, de l'édification du mur en une nuit (en août 1961) à sa chute, aussi rapide, le 9 novembre 1989. On sent l'espoir, les craintes de répression et d'un repli brutal, on voit des soldats désemparés, on regarde ému(e) cette foule en liesse, les petites Trabant s'aventurer de l'autre côté, des voisins - qui ne s'étaient jamais vus - s'embrasser.

J'ai beaucoup apprécié sur environ cent pages. Mais la polyphonie devient lourde et le récit confus, peut-être trop politique. Je me suis lassée, et si la fin m'a émue, elle m'a également frustrée.

A compléter avec d'autres ouvrages qui montrent que la chute du communisme n'a finalement pas été facile pour toutes les populations de l'Est (URSS et autres pays), malgré les espoirs : Léna (Virginie Deloffre), Il était une fois dans l'Est (Audren), etc.
Et quelques films sur l'avant et/ou l'après : Good Bye Lénine (Wolfgang Becker, 2003), La vie des autres (Florian Henckel von Donnersmarck, 2006).

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