le loupjmrCasterman, 15 mai 2019, 112 p.

Quelque part dans le massif des Ecrins.
Fatigué de perdre ses brebis, Gaspard abat la louve, laissant un orphelin pas encore sevré. Le petit loup deviendra grand, et ne s'éloignera jamais du berger-chasseur qui a tué sa mère. Pour solde de tout compte ?

Le nature writing, j'évite, je pars vaincue d'avance - je vais assurément m'y ennuyer. A fortiori dans des montagnes en hiver. Le froid, je n'aime pas, le blanc à perte de vue, ça m'angoisse (vive la verdure ou l'océan !).
Par contre les histoires de loups dans les contes et légendes me fascinent, lorsqu'on ne sait pas très bien ce qui se cache derrière la bête (cf. les contes traditionnels, le mythe de la Bête du Gévaudan, La bête de Chabouté, L'homme à l'envers de Vargas...).
Rien de tel ici, il s'agit bien de lutte entre un homme et un animal, comme dans le Vieil homme et la mer d'Hemingway.
Une lutte qui dure, qui devient une obsession pour Gaspard - il n'abandonnera pas. Une lutte qui se redéfinit. ** Lorsque l'homme lâche prise, lorsque l'animal lui vient en aide (comme dans certaines légendes, là encore, de louves maternantes). **

Un bel album. J'ai aimé les expressions du loup, et bien sûr la question de notre place d'humain dans un écosystème, qui doit se poser en terme de cohabitation et non plus de domination.

Pour résumer et conclure, ces jolis mots de Baptiste Morizot (en postface) : « Un récit initiatique silencieux, dans lequel un homme occidental se libère des mythes belliqueux dont il a hérité, pour passer à des relations de respect mutuel et de réciprocité. »

< emprunt mdtk >