le mensongeEditions du Rouergue, 13 avril 2016, 33 p.

Cette enfant a menti.
Comment (affabulation, triche, omission...) ?
Sur quoi ?
On ne le saura pas.
C'est arrivé à table, avec ses parents : « Dans un silence, les mots sont sortis tout seuls. »

Après ça, la petite fille y repense.
Un peu, d'abord, mais elle évacue vite l'idée désagréable.
Avec le temps, elle parvient de moins en moins à chasser le remords.
Le souvenir du mensonge et le malaise que cela suscite reviennent de plus en plus vite, l'envahissent, l'effraient.
« Est-ce que, après un mensonge, les gens ne vous croient plus ?
Est-ce que, après un mensonge, les gens ne vous aiment plus ? »

Les dessins ne m'ont pas enthousiasmée, mais j'ai aimé l'idée de représenter le mensonge et ses conséquences (réelles ou supposées) sous forme d'un point rouge qui grossit, puis se multiplie au point de tout recouvrir du sol au plafond, et même de brouiller la façon de voir les autres.
Images parfaites de l'obsession et des sentiments négatifs qui pourrissent la vie.

J'ai apprécié aussi que le mensonge ne soit pas formulé, que seule compte la dimension qu'il a pris dans la tête de l'enfant. Qu'importe que ce mensonge soit 'grave' ou non.

Encore un album intéressant sur les émotions, d'autant que cette gestion du mensonge et du remords est transposable à celle de la colère, entre autres.

/ ! \ Enfants et ados, libérez-vous des secrets/mensonges trop lourds à porter. Les parents peuvent entendre beaucoup, vous savez. Pas forcément encaisser tout de suite comme des maîtres yogis avec la neutralité bienveillante d'un psy relativement habitué au pire.
Mais tout est préférable au silence qui étouffe celui qui souffre, et qui gangrène ses relations avec ses proches.

< emprunt mdtk >