400 coupsSeuil, mars 2013, 230 p.

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Sous la plume de Thierry Jonquet, les courtes histoires noires prennent des allures de contes.
Parce que l'auteur a le génie de la narration : bonne accroche, intrigue maîtrisée, aussi brève soit-elle (moins de trois pages, parfois), avec rebondissements, surprises, suspense, et protagonistes aussi vrais que nature.
Et parce qu'on y trouve des puissants et des faibles, des épreuves à surmonter, des situations cauchemardesques, de la cruauté, et que les rapports de force peuvent s'inverser (ou pas)... Exactement comme dans les contes traditionnels, dans leurs versions originales - je ne pense pas à Disney, ses couleurs pastel, ses musiques et ses princes...
Sauf que... ces histoires que nous raconte Jonquet s'inspirent souvent de faits réels - oups, malaise dans notre civilisation, comme dirait Freud.

Avec ses combats politiques de jeunesse et son métier d'ergothérapeute en terrains difficiles (gériatrie, psychiatrie, éducation...), Thierry Jonquet a affûté son regard sur notre société, ses winners et ses victimes. On le constate dans ces nouvelles mais aussi dans la plupart de ses romans, acérés, cyniques, mais non dénués d'humour. Et même si les textes de l'auteur ont plus de dix ans, ils restent d'actualité.

Décédé en 2009, Jonquet reste vivant grâce à une oeuvre très riche. Je suis loin d'en avoir fait le tour. Prochaine lecture : 'Les Orpailleurs', évoqué dans cet ouvrage.

PS : en lisant d'autres avis de lecteurs sur Babelio, je me félicite d'avoir gardé la préface d'Hervé Delouche pour plus tard ; il paraît qu'il spoile, le bougre !
En revanche, il est intéressant de commencer par la préface de l'auteur qui explique "comment ça s'est passé", comment il est arrivé au polar, en tant que lecteur, puis auteur, et ce qui a inspiré certains de ses textes.

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29 & 30 mars