banksyéditions Arola, avril 2020, 52 p.

dada

Depuis les premières oeuvres de Banksy dans les années 1990, l'identité de l'artiste reste un mystère. Anglais originaire de Bristol, sa renommée est internationale : il voyage et sème ses messages illustrés partout dans le monde (Etats-Unis, Israël, France...).

Dans les actualités, je vois de temps en temps passer ses dessins (légendés ou non) qui me touchent, des anecdotes qui m'amusent (l'oeuvre de la fillette au ballon qui s'est auto-détruite juste après acquisition), d'autres qui m'émeuvent (le banc/traîneau du SDF, à Noël dernier).

Artiste engagé, Banksy vise la société de consommation en général.
Et, en particulier :
- la pub, qui pollue l'espace public (d'ailleurs il contre-attaque en reprenant les mêmes méthodes ; image & slogan chocs, visibles par tous, qui interpellent)
- l'organisation mondiale du capitalisme, basée notamment sur le travail d'enfants
- la pollution et le dérèglement climatique
- les maltraitances sur les animaux, au service de notre alimentation
- la politique
- la toute-puissance américaine, ses guerres (pour des raisons commerciales, toujours)
- le sort des migrants, des sans abri, des minorités
- le racisme

Et fréquemment, il se gausse du monde de l'Art - spéculatif, réservé à une élite - alors que le sien s'adresse à tous, et s'offre, gratuitement, dans la rue.

Banksy a du génie pour servir ces belles idées : utilisation de pochoirs pour travailler rapidement en extérieur sans se faire attraper.
Son trait est fin, doux, les associations image/texte sont à la fois poétiques, drôles, choquantes. Il est inventif, percutant, cynique.

Voilà ce que j'ai (ré)appris dans le numéro de DADA qui lui est consacré.
Je découvre cette collection avec ce titre, qui m'a complètement séduite. Il faut dire que cet artiste passionnant se prête parfaitement à la présentation - propos, messages, quelques oeuvres, des anecdotes...

   •  Merci Babelio, merci DADA ("première revue d'art pour toute la famille", aux éditions Arola).

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agenda22 juillet

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 EXTRAITS 

 ■  Banksy nous met face à nos propres responsabilités quitte à choquer... A New York, en 2013, il a signé une création percutante. Un camion sillonnait les rues avec à son bord des dizaines d'animaux en peluche : moutons, cochons, vaches, singes et autres pandas. Les peluches, animées par des marionnettistes cachés, émettaient en bougeant d'atroces bruitages d'animaux en souffrance, à l'image des bêtes entassées dans les camions les transportant vers l'abattoir.

 ■  Banksy n'hésite donc pas à provoquer. Une autre cible de choix ? La toute-puissance américaine. Lors de la Guerre du Vietnam, qui opposait le Nord du pays aux Etats-Unis, une photographie a fait le tour du monde : une petite fille vietnamienne, brûlée au napalm par une bombe américaine, s'enfuit en pleurs. Banksy a retravaillé cette photo en y ajoutant deux forts symboles de pouvoir et de puissance américaine : Mickey Mouse, des dessins animés Walt Disney, et Ronald McDonald, icône de la chaîne de restauration rapide bien connue. Le contraste est choquant : la fillette en larmes, petite et chétive, est tenue par ces deux grands personnages souriants et colorés. (...) Profondément anticapitaliste et antiguerre, le graffeur dénonce l'horreur de cette tragédie, dont les Etats-Unis ont fait partie. Il s'attaque aussi à l'omnipotence du pays, qui s'intéresse plus aux profits réalisés par ses grandes entreprises, comme Disney et McDonald, qu'au sort des peuples du reste du monde.

napalm
Banksy, Napalm, 2004.
Courtesy of Pest Control Office.

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