la fille aux papillonsrenedThe Butterfly Girl, 2019
traduit de l'anglais (US) par Pierre Bondil

Payot & Rivages, Rivages Noir, 27 mai 2020, 290 p.

Après Trouver l'enfant, revoilà Naomi, "la femme qui cherche (et trouve) les enfants" disparus.
Elle est toujours sur les traces de sa soeur, qu'elle estime avoir lâchement abandonnée dans sa fuite alors qu'elles étaient toutes deux séquestrées, enfants.
Naomi a retrouvé la région de leur détention, et sa quête la conduit près d'autres jeunes en difficulté, des (pré)adolescents à la rue, en rupture familiale.

L'auteur dresse un tableau effrayant - et sûrement réaliste - de cette jeunesse de Portland (USA) qui mendie, fait les poubelles, se prostitue pour survivre.
« Il y a des refuges pour enfants plus âgés. Mais pas pour les plus jeunes. Les petits, vous comprenez, s'ils sortent du refuge avant d'être tués ou violés, la ville se retrouve avec un procès sur les bras. C'est plus facile de faire tout simplement comme s'ils n'existaient pas. (...) Peut-être avons-nous peur de reconnaître qu'ils sont là. Ça en dit long sur qui nous sommes. »

L'intrigue rappelle celle de Manuel de survie à l'usage des jeunes filles (Mick Kitson) : ces enfants fuient des parents maltraitants et se débrouillent tant bien que mal entre eux dans un univers à apprivoiser, souvent hostile, et gare aux pièges de la gentillesse & de la générosité - souvent sincères, mais parfois fatales.
   • Tiens, me revoilà partie dans un de mes contes cruels préférés : Hansel & Gretel. • 👫🌳🌲

On reconnaît la sensibilité de l'auteur, que j'avais déjà appréciée dans En ce lieu enchanté et Trouver l'enfant, mais les coïncidences et les progrès dans l'enquête personnelle de Naomi nuisent à la crédibilité du récit. Et ce réconfort imaginaire que Celia trouve auprès des papillons ne m'a pas du tout convaincue.

Un peu déçue par cette lecture, donc.
Mais je sais gré à l'auteur de nous brusquer, qui, en alternant douceur et cruauté, nous montre des laideurs et lacunes de nos pays dits riches et civilisés - ces enfants qui vivent dans les rues, ces médias qui atténuent le choc d'une annonce de féminicides en précisant que les victimes sont des prostituées... Et puis ces hommes influents qui font ce qu'ils veulent en toute impunité, tiens, ça me rappelle quelque chose.

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agenda2 11 > 14 juillet