raisonsXO, 219
Pocket, août 2020, 430 p.

♥♥♥♥

« Combien faut-il de temps pour qu'une famille s'écroule comme un château de cartes ?
Quelques secondes, à peine. Juste ce qu'il faut pour prononcer une petite phrase toute simple, celle qu'on n'entend qu'au cinéma. Qu'on aimerait n'entendre qu'au cinéma. »

Après un prologue qui laisse attendre un drame, l'histoire commence plutôt gentiment, avec des problèmes domestiques - couple & adultère, famille & ados, burn-out et bore-out, voisinage conflictuel.
Ceci pendant 200 pages, qui correspondent aussi à une année scolaire, de septembre à juin, chez les Mariani et Les Kessler, résidant dans la même petite ville.

Ce n'est qu'au milieu de l'intrigue que le sujet principal apparaît.
L'auteur zoome sur deux personnages jusqu'alors entrevus, et nous cueille, nous scie les pattes. Ce n'est pas un simple rebondissement, c'est un changement radical de cap, et la lecture (jusqu'alors assez légère) devient insoutenable.
Trop de violence psychologique, de cruauté, de soumission. Pas de répit, ou alors pour mieux rebondir dans un crescendo terrifiant.
Mais - et c'est sans doute ce qui fait le plus mal - la situation est terriblement réaliste, éveillant une angoisse partagée par la plupart des parents - je suppose.

J'ai trop mal à la gorge pour qu'une boule de chagrin et de colère vienne s'y loger. Il n'y a plus de place, ouste, et je suis en vacances. Je suis passée de la page 316 à 380 (entre ces deux-là, aucune page feuilletée ne me semblait supportable). J'ai lu les quarante dernières, un peu plus sereine, me sentant proche de la délivrance.

Ce que j'en retiens entre deux mouchages (rhume ou larmes ?) : sortons de nos bulles, soyons à l'écoute de nos proches et parlons, vidons souvent nos sacs en famille, au travail !

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3 > 5 nov.