les grandes oLes Avrils, 6 janvier 2021, 250 p.

alex♥♥♥

Toujours un peu méfiante avec les premiers romans et les nouvelles maisons d'édition, j'ai néanmoins du mal à refuser les offres 'spéciales' de Babelio.

C'est l'enthousiasme de Diablotin0 entrevu sur les premières lignes de son billet qui m'a suggéré que j'avais peut-être (sans doute) une pépite à portée de main.

Malaise au début : elle va mourir, elle porte le prénom d'une personne qui m'est très chère (euphémisme pudique 😉).
Vais-je supporter cette lecture ?
Oui, ouf, 'elle' est une vieille dame, entourée de ses enfants, de son mari. La mort des personnes âgées, c'est dans l'ordre des choses, on a toujours su que ça arriverait.


Non, pas si évident.
Le coeur se serre à nouveau lorsqu'on découvre la vie de cette femme, tous ses espoirs déçus, ses blessures et déconvenues qu'elle a appris à taire, ce silence qui l'étouffe et nourrit les malentendus autour d'elle.
Un époux qui, pour sauver sa peau, fuir la tyrannie paternelle et la misère, est devenu égoïste, égocentrique, impitoyable.
Leurs quatre enfants qui ont dû se construire avec ce père trop exigeant avec les uns, trop absent pour les autres, et cette mère qui les protégeait mal (elle qui n'a pas pu/su rééquilibrer l'attention paternelle entre les membres de la fratrie, et qui est donc coupable, forcément)...

Bref, il est question d'une famille dysfonctionnelle, où les enfants, devenus adultes, s'évitent pour ne pas laisser exploser les rancoeurs, les jalousies.
Sous la plume sublime, sensible et imagée d'Alexandra Matine, le chemin de croix de cette femme si douce (si faible ?) et la cruauté de ses proches sont d'une tristesse infinie.

Superbe roman peuplé d'ombres et tissé de liens fragiles, qui devrait toucher
- les mères qui doutent d'avoir réussi leur 'tapisserie'
- ceux qui se sont sentis le vilain petit canard de leur fratrie
- ceux qui jugent leurs parents minables...


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15 > 18 déc. - merci à Babelio et aux éditions Les Avrils