chronDelcourt, Shampooing, 27 janvier 2021, 136 p.

guy d♥♥♥♥

« Quand je pense qu'ils [passent] tout l'année à travailler ici, dans le bruit et la chaleur, et qu'ils vont probablement continuer comme ça jusqu'à la retraite... J'imagine que le bénéfice de travailler à l'usine quand on a moins de 20 ans, c'est qu'on voit de façon concrète à quoi serviront nos études. »

Même constat à 19 ans quand j'ai eu un job d'été sur une plateforme de commandes.

Lorsqu'il était lycéen, puis étudiant, Guy Delisle a travaillé plusieurs étés dans une usine de 'pâte et papier' à Québec. Excellent choix lorsqu'on se destine au dessin, même si le jeune homme est plutôt entré par piston.
Le boulot est rude, physique ! Il faut se familiariser avec les machines, supporter le bruit, la chaleur, le travail de nuit, le rythme (12 heures d'affilée), la fatigue. S'imposer ou être suffisamment discret et cool pour ne pas être trop rudoyé par les collègues d'atelier, d'autant que son père est cadre dans la boîte.
Bref, le jeune homme découvre un autre monde : d'adultes et d'ouvriers, exclusivement des hommes avec les comportements grivois qui peuvent aller avec, et leur surprise/mépris lorsque, à leur demande, l'adolescent parle de ses études :
« Je fais des études en arts plastiques.
- En quoi ?
- En arts plastiques !
- Mais qu'est-ce que tu vas faire avec ça ? [ à un collègue qui arrive, hilare ] Hé ! Tu devineras jamais en quoi il étudie ! »

Bien qu'un peu trop répétitif (comme le quotidien en usine, cela dit) et factuel, cet album est intéressant, pour l'aspect technique du métier, et pour le témoignage.
J'ai préféré l'exotisme géopolitique des premières chroniques de l'auteur (Birmanie, Pyongyang, Shenzen).

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1er février