la déconfiture 2Futuropolis, 22 février 2018, 120 p.

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« Ma vie, je la remplissais de petits riens (...). Avec ma petite femme on vivait dans un petit appartement. de temps en temps le samedi je me prenais une petite cuite. Et puis patatras... V'là tout ça qui me tombe sur la gueule, ma vie toute remplie d'un coup par un truc trop grand pour moi. »
Ainsi parle un soldat en plein craquage, comptable de quarante ans qui n'a « jamais quitté Loche », qui veut être « vivant à Loche, pas en Poméranie ».

On retrouve Amédée et ses camarades, prisonniers de l'armée allemande. D'autres viennent grossir le rang, tous marchent vers des destinations inconnues...

Les soldats sont nostalgiques du temps d'avant, quand ils étaient peinards, dans une ferme, ouvriers, profs... Face à l'adversité et la connerie brutale de certains militaires allemands, on se serre les coudes ... ou pas. Des 'coloniaux' sont présents, le racisme ordinaire s'exprime, des deux côtés.
Mais les personnages de Rabaté sont aussi capables du meilleur : chaleureux, solidaires, amis bienveillants, fidèles.

Ce second tome pourrait avoir pour titre 'Les déconfitures', car les déconvenues sont nombreuses, certaines plutôt cocasses, d'autres tragiques. Rabaté possède cet art de la nuance, du contraste, toujours subtil, y compris (surtout ?) lorsque le retournement est brutal, inattendu.
Graphisme épuré et expressif quand le focus est fait sur les personnages ; certaines scènes nocturnes sont sublimes (p. 24-25).

La fin m'a surprise, un peu déçue, elle semble appeler une suite. L'auteur n'a pas l'air de l'envisager, dommage. A nous d'imaginer les possibles...

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