land artArola, 14 novembre 2019, 52 p.

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Bêtement, je pensais que le Land Art désignait la représentation de paysages, façon William Turner. Bof.
J'ai quand même emprunté ce numéro de DADA, faute de mieux, par gourmandise - je suis accro et en manque.
Et je sais que les auteurs de cette revue me font découvrir et même apprécier des domaines artistiques qui ne m'intéressent pas a priori. Alors pourquoi pas.

Première bonne surprise : le Land Art est la création d'oeuvres à partir d'éléments laissés en pleine nature.
Les artistes réalisent ainsi des 'tableaux' (2D) ou sculptures (3D) à partir de sable, neige, eau, glace, pierre, mais aussi en composant avec la végétation et les éléments naturels (pluie, orage, soleil, marée...).

Comme le Street Art, il s'offre à tous.
« Le land art des années 1960 est en opposition avec l'art traditionnel. Ephémère, écologique, exposé en dehors des musées, gratuit et donc éloigné du marché de l'art, il se veut révolutionnaire. »

Par contre, s'il peut être qualifié de révolutionnaire dans les 60's, il n'est pas nouveau, et pas forcément éphémère, comme en témoignent de superbes géoglyphes à Uffington (Angleterre) et à Nazca (Pérou), vieux de plusieurs millénaires, représentant des animaux ou des humains sculptés dans le sol.

Ecologique, le Land Art ? Pas toujours, lorsque les artistes intègrent des matériaux qui polluent (directement ou par leur fabrication), comme Nancy Holt avec ses cylindres de béton placés aux quatre points cardinaux pour jouer avec la trajectoire du soleil ('Sun Tunnels', 1973-1976)...
Et si l'oeuvre du collectif D.A.S.T. ('Desert Breath', 1997) me captive, je m'interroge sur le déploiement de tels moyens dans le Sahara, en Egypte, où il y a tant à faire pour le social. Mais ceci est un autre sujet...

La plupart des 'land-artists' expriment un engagement, montrant que l'homme emprunte à la nature, s'inscrit en elle, qu'il doit s'adapter à son environnement et non l'inverse.

Riche & plein de poésie, ce magnifique numéro de DADA m'a fait voyager dans des lieux enchantés.
J'ai particulièrement aimé les chaises de Karin van der Molen qui retournent à l'état d'arbre ('Flux', 2015).
Les dessins de neige de Sonja Hinrichsen ('Snow Drawings', Truckee, 2016) et le 'Passage' de Cornelia Konrads (2015, Chaumont-sur-Loire, ) sont d'une beauté époustouflante et laissent rêveurs.

Dépaysant & magique ! ♥

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18 mars - emprunt mdtk
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Tête et 'bec' du cheval, entourée de quelques moutons en train de paître -- Vue aérienne.
source : Wikipédia, le Cheval blanc d'Uffington.
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L'araignée, l'un des géoglyphes nazcas les plus célèbres, mesure 46 mètres de long.
AFP PHOTO / MARTIN BERNETTI
source : L'Express, article du 29/04/2016.-


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On voit ici le géoglyphe dit du colibri (50 mètres de long). © François Bianco, CC by-sa 2.0
Les géoglyphes de Nazca (ou lignes de Nazca), sont de grandes figures tracées dans le désert de Nazca, dans le sud du Pérou. Réalisés pour la plupart entre -200 et 600 ap. J.-C., ils sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-inca qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère. On se perd en conjectures et spéculations parfois douteuses quant à la signification que ces figures avaient pour les Nazcas. Le sol sur lequel se dessinent ces géoglyphes est couvert de cailloux que l'oxyde de fer colore en rouge. Et c'est en les ôtant, parfois sur des kilomètres, que les Nazcas ont révélé un sol gypseux grisâtre, faisant apparaître des figures réparties le long d'une ligne de 50 km reliant les villes de Nazca et de Palpa, dans la région d'Ica.

- source : Futura Sciences.-
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--  oeuvres plus récentes  --

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Snow Drawings, Truckee, CA, 2016 - source : site de Sonja Hinrichsen

---  toutes les photos sont zoomables 🔍  ---

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