le dernierBaba Dunjas Letzte Liebe, 2015
albr2traduit de l'allemand par Isabelle Liber
Actes Sud, 3 avril 2019, 152 p.

♥♥♥

« Comment allez-vous ? Pour ma part, je vais bien, même si je remarque que je n'ai plus 82 ans... »
Elle semble en effet en avoir au moins 10 de plus au compteur, Baba Dounia. Quant au Geiger, il s'affole à son approche.

Elle fait partie de ces gens qui vivaient à Tchernobyl avant la catastrophe, qui ont dû s'exiler en ville dans des logements minables, et qui ont choisi de revenir dans leur maison, en 'zone de la mort'. Elle a une poignée de voisins - des irréductibles, comme elle -, son potager où prospèrent fruits & légumes, et des animaux. Au moins, là, elle ne mourra ni de faim ni d'ennui.
La vie s'écoule paisiblement, même si elle ne voit plus ses enfants. Son fils, installé aux Etats-Unis, reste 'discret' ; mais sa fille lui écrit beaucoup d'Allemagne.
« Son rôle de fille lui tient à coeur, et elle a besoin que je lui dise qu'elle s'occupe bien de moi. »

Ce roman nous parle de vieillesse avec une tendre justesse et beaucoup d'humour.
Lucide, intelligente et vive, Baba Dounia ne s'en laisse pas conter, porte pas mal de monde sur ses épaules aussi frêles que solides.
Déterminée, elle est à la fois directe et diplomate.

Ni niaiserie ni complaisance dans ce récit, contrairement à beaucoup de romans sur les personnes âgées.
Merci à l'auteur et à sa formidable Baba Dounia de m'avoir amusée et émue à ce point.

D'Alina Bronsky, j'avais aimé Cuisine tatare et descendance, dont la couverture m'enchante autant que celle-ci.

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agenda2

17 > 20 mars

versions allemande, anglaise & italienne (je préfère de loin la VF)

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