en roue libreCasterman, 2 mai 2018, 88 p.

♥♥♥♥

Où trouve-t-on généralement Gilles Rochier dans ses albums ?
Dans une banlieue avec des barres d'immeubles, visibles dès la première de couverture.
La seule différence notable ici avec ses autres BD : les personnages sont tout ronds, tout mignons.
C'est Nicolas Moog qui est au dessin, cette fois.
Mais s'il change d'apparence, celui qu'on suppose être l'auteur reste égal à lui-même : sympa, cool et attentionné - le bon copain, le compagnon et le papa dont on rêve.
Et un truc fait partie de sa vie : les Granola.

Ici, il est au chômage, s'occupe de ses filles et glande dans la journée avec un pote.
Le pote, c'est Tonio, unijambiste alcoolique, forte tête, amer, provocateur et grinçant :
« Bon alors, les Bamboulas ! Va falloir sauter plus haut si vous voulez jouer en NBA.
- Ha, le con ! Tu vas te faire défoncer, un jour, à leur parler comme ça.
- Oh, t'inquiète, ils frappent pas les infirmes. J'en profite. de toute façon, ils pensent que je suis barjot. »

Sa patience semble sans limites. Il aurait un truc à se reprocher par rapport au handicap de Tonio, ou quoi ? On ne le saura pas, malgré quelques flash-back :
« Rappelle-toi, bon sang... / Je ne me rappelle plus. / Je ne me souviens pas. / Non vraiment, je ne me souviens pas. »

Encore une réussite de Rochier, cette fois à 4 mains (+ 2 pour la couleur) où l'on retrouve ses sujets de prédilection, traités avec douceur, naïveté, honnêteté, tendresse : dépression, mecs sympas, amitié entre hommes, entraide... servis avec quelques Granola et beaucoup d'humour.

Les albums de Gilles Rochier se ressemblent, les histoires sont proches, mais j'adore retrouver ses ambiances, ses personnages sur le fil.
Je me faisais la même réflexion hier soir à propos de Patrick Dewaere en revoyant 'Coup de tête' (Jean-Jacques Annaud, 1979).

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