pas de pitiéSyros Jeunesse, 1993, 34 p.

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Dans cette école, il faut posséder au moins une Barbie pour être acceptée dans le groupe des filles. Et attention, une vraie, pas une pâle copie au rabais. Et qu'importe si les filles de ce clan sont de vraies pimbêches, l'enjeu est de faire partie de celles qui comptent, qu'on admire et qu'on envie, pour ne pas rester à l'écart. L'éternel problème de la 'norme', des modes, des lois qui régissent l'appartenance à un groupe, dès l'enfance.
Quand des poupées sont dérobées et retrouvées mutilées, c'est le drame. Mais le suspect semble tout trouvé.

J'ai assisté à quelques rencontres avec Thierry Lenain en médiathèque, et lu plusieurs de ses ouvrages. Certains de ses textes peuvent surprendre et choquer. On pourrait s'indigner ici de l'identité du coupable, ça serait mal connaître ses idées et ses valeurs. D'autant que la logique est implacable.
On peut également trouver violentes les tortures infligées aux poupées. Il faut savoir qu'au même âge (8-12 ans), les enfants se régalent des romans de la série 'Chair de poule', assez terrifiants.
Et dans cette collection 'Mini Souris noire' (Syros), le côté politiquement incorrect de La fête des mères (Didier Daeninckx) m'avait déroutée, aussi.

J'ai aimé ces mots, en postface : « Lorsqu'un enfant souffre en silence, ce n'est pas dans le sien mais dans celui des adultes, le silence dans lequel ceux-ci tentent d'enfouir leurs propres blessures d'enfance. La rencontre avec un enfant en souffrance devient alors pour eux risque d'une réminiscence possible contre laquelle il faut, pour survivre, se protéger. La parole est délicate. Mais le silence condamne. Et j'écris. »
Ils s'appliquent aussi au roman pour ados La fille du Canal, du même auteur.

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27 juin - boîte à livres