rose royalActes Sud, Babel, 5 mai 2021, 144 p.

♥♥♥

Deux nouvelles dans ce recueil, et l'on peut jouer au jeu des 7 ressemblances après les avoir lues. En commun, ces thèmes :
- la solitude
- le vieillissement
- l'alcool, beaucoup (trop) d'alcool
- l'Est de la France
- les magouilles pour se sortir du lot, ou simplement s'en sortir au quotidien
- une arme (fatale ?)
Et forcément, le talent de l'auteur pour raconter des histoires plombantes, planter des cadres sombres, des personnages mal barrés. Sa justesse de ton et ses ambiances borderline me rappellent Virginie Despentes (N. Mathieu est cependant beaucoup moins cru) et Marion Brunet.

Dans 'Rose Royal', il est question de décrépitude conjugale vaguement camouflée sous des faux-semblants. Malgré ses expériences malheureuses avec les hommes et le recul de ses cinquante ans, Rose ne veut pas voir que l'histoire se répète. C'est plus confortable de faire des concessions, de lâcher la pression de temps en temps auprès d'une oreille compatissante, de serrer les dents, de se dire que ça ira mieux, de rentrer dans le jeu des vacheries, mesquineries balancées à tour de rôle - douce vengeance courte qui peut se payer cher.
J'ai été furax de découvrir le sujet du récit (son dénouement) avant de commencer l'histoire, à cause d'une critique presse qui lâche les mots clefs d'emblée. Je ne sais pas si cela a biaisé ma lecture, et si c'est pour cela que j'ai su trouver... Dévoiler le texte masqué

La nouvelle 'La retraite du Juge Wagner' a des parfums de vieux roman noir.
Un juge, au placard, qui n'attend pas grand chose de l'avenir, hormis la retraite, tranquillou, sans grands projets.
Redresser les trajectoires pour les gamins mal partis, en revanche, il y croit. Est-ce que cette foi suffit, contre la guigne ?...

Merci à Judith de me rappeler (souvent 😉) que Nicolas Mathieu est un excellent auteur ! Je serais passée à côté de ce recueil, sans cela.

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 7 août