la belle-mère

The Mother in Law, 2019
traduit de l'anglais par Maryline Beury
Archipel, 2020

Archipoche, 10 juin 2021, 408 p.

♥♥♥♥♥

Les gens parfaits sont insupportables, surtout quand ils vont prennent de haut et vous donnent des leçons. Elle est comme ça, la belle-mère de Lucy, et d'une rigidité terrifiante. Les deux enfants et le beau-fils semblent habitués et ne pas trop se formaliser, mais Lucy a beaucoup de mal, les premiers temps. Surtout qu'elle s'attendait à une mère de substitution, ayant perdu la sienne jeune... D'autres difficultés apparaissent avec la naissance des enfants - fais pas ci, fais pas ça...
Le beau-père, lui, est une crème et c'est sans doute grâce à sa gentillesse tranquille et son accueil toujours chaleureux que Lucy parvient à ne pas couper les ponts avec les parents de son mari.

Après en avoir lu des dizaines, je commençais à penser que tout avait été dit dans les thrillers familiaux/conjugaux, que le sujet était épuisé, que toutes les dimensions des 'problèmes' qui peuvent se poser au sein d'une famille avaient été envisagées, retournées dans tous les sens. Jalousie, cupidité, secrets, malentendus...
Faux ! La preuve avec ce roman subtil, aussi intelligent que sensible. L'auteur a un don certain pour présenter des personnages contrastés, et sait ménager le suspense ; l'intrigue se déroule avec une logique implacable, tout s'enchaîne à la perfection, logiquement, et sans temps mort.

Outre la construction et la finesse, j'ai aimé les thèmes annexes, et la façon dont ils sont traités - maternité, principes éducatifs, place de l'argent dans les familles, sort des réfugiés 'déclassés'...
Un seul reproche : les surnoms m'ont souvent perdue et exigeaient un effort accru. Lucy, fin en -y, mais Ollie et Archie, garçons, fin en -ie comme Nettie et Edie, qui sont pourtant des personnages féminins. C'est déjà un aspect de la culture anglo-saxonne qui me hérisse autant que les pom-pom girls (le prénom de Nettie est... Antoinette !). Mais c'est un détail, car ce thriller psychologique est vraiment d'une rare subtilité.

La morale de cette histoire, pour moi, ce que j'en retiens : trop se taire tue !

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12 > 15 août