bénie soitJulliard, 2020
Pocket, 2 septembre 2021, 320 p.

♥♥♥

Bénie soit Sixtine ? Je ne sais pas.
Mais maudits soient sa famille et tous les intégristes qui l'entourent, lorsqu'ils ne se contentent pas de prier entre eux, bien gentiment.

Sixtine a passé sa jeunesse à Rennes, sa mère était catholique, très pratiquante, bien au-delà de la messe hebdomadaire des 'tradi'.
Le père n'avait pas son mot à dire, ou n'essayait pas de l'avoir - ah, la lâcheté des hommes, des pères ! 🤨
Elle a la chance inouïe, Sixtine, de taper dans l'oeil d'un fils d'une très bonne famille nantaise, Pierre-Louis Sue de la Garde, polytechnicien (tout un programme).
Ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d'enfants ?
Ça, c'est ce qui était inscrit au programme, mais la vie réserve bien des surprises. Pour le pire, ou le meilleur ? Un mal pour un bien ? etc.

La première partie de l'histoire est terrifiante : intégrisme religieux, milices, croisades 'modernes' (mais tellement rances), soldats de Dieu, 'virils mystiques' (fous furieux, en réalité), actions coups de poing, violence, intolérance, embrigadement. Et j'ai été d'autant plus saisie que les faits se déroulent dans une ville que je connais bien, et où il y a en effet deux courants intégristes. Il n'est pas rare de tomber sur des purs & durs anti-IVG rassemblés devant une jolie église, un samedi après-midi ensoleillé (ou pas, mais j'évite de sortir quand il pleut). Et l'escalier aux couleurs de l'arc-en-ciel a été plusieurs fois dégradé - et non, cette fois, on ne pourra pas montrer les black blocs du doigt...

La deuxième partie est beaucoup plus convenue. ** Si j'ai été soulagée de changer de registre, je n'ai pas réussi à me réjouir pour la douce et naïve Sixtine, qui arrive à prendre un nouveau départ, loin de cette folie furieuse. L'auteur surprend avec une ambiance 'feel good book', qui tranche brutalement avec ce qui précède, et qui m'a semblé de moins en moins crédible, de plus en plus niaise, avec un summum harlequinesque dans la dernière ligne droite & raide. **

Le mot de la fin à Waly Dia, car je ne retiendrai du livre que les moments 'choc' (lutte anti-IVG, homophobie, copulation dans les liens sacrés du mariage uniquement à visée reproductive) :
"Ça fait des siècles que des* gens d'Eglise nous expliquent avec qui il faut coucher, à quelle heure et dans quel sens, et c'est peut-être les mêmes qui protègent une usine à viol. Cocasse, hein !?" *
[ * il dit bien des, pas les ]

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