la disparition

Les Editions de Minuit, 2013
Minuit Double, 2017, 140 p.

♥♥♥♥

Comme dans un film américain-ain-ain... ♪♫
Chanson de Thiéfaine, 'Court-métrage' (in 'Autorisation de délirer', 1979).

Ici, on est comme dans un roman américain.
Le narrateur nous explique comment serait ce roman américain qu'il écrirait.
Un peu comme le jeu entre enfants : 'On dirait que tu serais le docteur, et moi l'infirmière...' Ou autre...
L'exercice est déroutant, au début, on croit être dans un prologue. Avance rapide : eh non, il y a des numéros chapitres, on est donc déjà dans l'histoire, va falloir s'y faire.
Et on s'y fait.
On trouve même ça assez rigolo, car on reconnaît tout ce qui fait un 'grand roman américain' pur jus. En vrac : les grands espaces, les plaines, la route 66, les lacs, la pêche à la truite, les ours, le chalet au bord d'un lac, les grosses bagnoles, les métiers des protagonistes (universitaires, 'commis voyageurs'...), l'adultère, la dézingue après le divorce qui en découle, le whisky sur le siège passager, les politiciens véreux, l'apparition de personnages 'historiques' parmi ceux imaginés pour la fiction.
Et puis, les romans américains ce sont des pavés, des 'fresques' (sic), avec moult flash backs :
« Souvent il y a des pages entières sur la mère du héros ou le père du héros mort depuis longtemps, au point qu'on en arrive à oublier qu'on est dans le passé, et qu'alors, quand on revient au présent, on a l'impression que c'est le contraire, je veux dire, que c'est le personnage principal qui ne sert plus à rien. »
Sauf que là, mine de rien, l'auteur arrive à reprendre tous ces ingrédients et à les faire tenir en 140 pages, avec une vraie intrigue à l'américaine, avec les tics de langage idoines 'Je veux dire' (I mean)...

Pas super facile à lire, car il faut s'accrocher, comme souvent avec Tanguy Viel, mais j'ai trouvé ça amusant, et je me sens un peu moins bête d'avoir la flemme de lire 'les grands romans américains', je comprends mieux pourquoi, au-delà du nombre de pages...

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13 oct.