où vivaientCount the Ways, 2021
traduit de l'anglais (USA) par Florence Lévy-Paoloni
éditions Philippe Rey, 19 août 2021, 550 p.

♥♥♥

Trente-six années de la vie d'une femme...
Ça paraît long, mais ça passe si vite, IRL.
Après une jeunesse difficile, Eleanor pourrait couler des jours paisibles, mener la vie dont elle a rêvé : deux filles et un fils pleins d'énergie, leur père (son époux à la force tranquille qui la comble), un chien, la campagne, le dessin. Cette femme est si douce et déterminée, elle semble tellement forte.
« Vous avez de la chance. Cette magnifique ferme, ces beaux enfants. »

Mais la roue tourne, et on le sait d'emblée puisque le roman commence par la (presque) fin. Lentement, doucement, avec une grande finesse, Joyce Maynard remonte les années, raconte les bonheurs simples d'une famille, puis les drames, autour, et chez soi. Maladies, morts précoces, trahisons, vieillissement, solitude. Autant de dégringolades, plus ou moins violentes, dont on ne pense pas pouvoir se relever : « Finalement, on survit à beaucoup de choses. On est transformé. Mais on continue. »

L'auteur s'est inspirée de sa vie, on le sent - d'autant plus, sans doute, si on est mère de grands enfants (quoi, l'amour n'a pas suffi ? Eleanor les a-t-elle trop aimés ?).
Et c'est ce qui rend ce livre à la fois si beau et si pesant, douloureux.
« J'ai tant appris des lecteurs qui me disent comment mes histoires s'apparentent aux leurs. »
Je ne pensais pas réussir à aller au bout des 550 pages. Malgré la colère, le sentiment d'injustice, la rage ressentis. Dévoiler le texte masqué, je suis contente d'avoir fait cette route avec Eleanor, suivi ces 'bonshommes-bouchons' malmenés par le courant.

Ne lisez pas ce livre
- si votre année commence sur des roues à plat
- si vous êtes en pleine félicité de jeunes parents (mais alors, comme moi 'avant', vous croyez que cela n'arrive qu'aux autres, et resterez détaché de cette histoire)...

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 22  >  30 janv.