Canel

mardi 15 janvier 2019

~ Le berceau, Fanny Chesnel

le berceau

Flammarion, 6 février 2019, 265 p.

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♥♥♥

Joseph n'a jamais eu le temps de s'occuper de ses deux enfants. Les agriculteurs de sa génération laissaient les femmes gérer la marmaille. Chacun son élevage, et les vaches étaient bien gardées. 
En revanche, à soixante ans passés, retraité, veuf, dispo, il se prépare à pouponner : son fils va bientôt être papa pour la première fois. A quelques semaines de la naissance, Joseph fabrique d'ailleurs le berceau avec amour.

Déjà, là, ça sent bon le vrai bois de l'atelier de mon grand-père, l'excitation et l'angoisse à l'approche d'une naissance. Je m'y vois.

Je m'y vois moins dans la tournure que prennent les événements, mais chut, je ne dis rien, même si la quatrième de couverture dévoile tout, dès la deuxième phrase ! Je n'aimerais pas qu'on me fasse un coup pareil si j'étais auteur. C'est comme si l'emballage d'un cadeau n'en recouvrait que le quart.

Peu importe, passé quelques agacements sur un sujet qui me laisse perplexe, j'ai savouré l'humour, la finesse, les échanges au Canada, notamment . Et Joseph, ce doux géant taiseux aux yeux clairs, je l'ai aimé du début à la fin. M'en fiche qu'il n'ait pas le corps d'un éphèbe de 25 ans - au contraire.

Je peux donc apprécier un feel-good book !
Celui-là est sensible, doux, intelligent et drôle, comme 'mes' Marie-Sabine Roger préférés.

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8 > 10 janvier - merci à Babelio et à Flammarion pour la découverte en AP !

 

 ■  L'avis de Mr

Joseph Lecerf, sexagénaire à la retraite, est veuf depuis quelques années. Père de deux enfants, il attend son premier petit-enfant, et en est très heureux. Il a d'ailleurs commencé à fabriquer un berceau en bois pour le bébé. C'est facile pour cet ancien agriculteur qui a le goût du travail bien fait et sait bricoler. Un accident survient : les plans - pas ceux du berceau - tombent à l'eau. Joseph ne jette pas l'éponge pour autant…

Ce roman aborde des thématiques sérieuses, parfois polémiques, avec beaucoup de finesse (mort, deuil, homosexualité, parentalité, Gestation pour Autrui).
L'intrigue invite le lecteur à la réflexion sur ce dernier sujet, et l'y accompagne, sans pour autant lui asséner une vérité préétablie/indiscutable. 

Cette lecture est particulièrement agréable, grâce à des personnages attachants, et à un habile dosage de gravité, de légèreté et de tendresse. 
Je n'ai ni pleuré, ni franchement ri, mais j'ai parfois été ému et ai souvent souri, et je n'en demande pas plus.

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dimanche 13 janvier 2019

~ Le loup, Une histoire culturelle - Michel Pastoureau

le loup

Le Seuil, 8 novembre 2018, 160 p.

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♥♥♥♥

Histoire de la symbolique du loup en Europe, de la préhistoire à nos jours : mythologies gréco-romaine, gauloise et celtique ; fables (d'Esope à La Fontaine) ; catholicisme et figure diabolique de la bête ; loup-garou ; contes et légendes populaires ; littérature jeunesse et cinéma contemporains ; marketing ; peur persistante face à la réintroduction de l'animal dans certaines zones...
Parce que « comme au Moyen Age et sous l'Ancien régime, le loup est un animal qui déclenche les passions. »

D'ailleurs, je peux le dire, I  LVE  L🐺UP : j'adore les histoires de loup(s), de celles pour enfants aux coups de gueule de José Bové, en passant par la mystérieuse Bête du Gévaudan, première histoire de meurtres pervers en série médiatisée.
Et j'aime beaucoup les ouvrages de Michel Pastoureau, sur les couleurs et sur les animaux : ils présentent un excellent mélange accessible à tous d'Histoire, de symbolique, et d'art pictural.

Ce 'beau livre' compte 150 pages, mais il y a beaucoup moins à lire : 
- d'abord parce qu'il est abondamment et très joliment illustré
- ensuite parce qu'il est à la fois synthétique et répétitif (les légendes des images reprennent souvent mot pour mot le texte développé sur la même page)
- et puis parce que j'ai reçu un exemplaire 'loupé', qui m'a fait rater quelques pages du chapitre 'Le loup des bestiaires' (grande pensée aussi compatissante que rigolarde pour un ami breton 😉😘... mea culpa, homo homini lupus, les hyènes se marrent mais le car à Vannes passe sans louvoyer, etc.).

Quoi qu'il en soit, je me suis régalée, même si l'auteur m'a un poil contrariée en réfutant les thèses psy sur l'interprétation du célèbre Petit Chaperon rouge (Bruno Bettelheim, Anne-Marie Garat...). Sans rancune ! Et de toute façon, ça n'a guère ébranlé mes convictions sur la dimension sexuelle de ce conte.

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11 > 13 janv. - merci à Babelio et aux éditions du Seuil.-

 

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Denier d'argent en 77 av. JC  •  Plaque de bronze du VIe ou VIIe siècle découverte à Torslunda (Suède)

lou3    lou4

Vincent de Beauvais, Fable du Loup et du Chien, XIVe siècle  •   Pontifical, copié et peint à Paris vers 1230

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Alex Mitchell, Wanted, 2010  •  Anne Fronsacq & Sébastien Pelon, Mowgli et les Loups, Flammarion, 2016

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logo de Mitik, jeux 'écologiques' pour enfants

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shaun zik

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samedi 12 janvier 2019

~ Grégoire et le vieux libraire, Marc Roger

grégoire

Albin Michel, 30 janvier 2019, 240 p.

♥♥♥

Grégoire a dix-huit ans et travaille dans un Ehpad, aux cuisines. Il lui arrive d'aller porter les plats dans les chambres. Lorsqu'il découvre l'antre de Monsieur Picquier, le 'vieux libraire', un nouveau monde s'ouvre à lui : celui de la littérature. Lui qui détestait l'école et la lecture...
« Grégoire ? (...) Grégoire, rassure-moi, tu sais lire ?
- ...
- Quand tu reviens, on en parle. »

Ils vont faire plus qu'en parler, ils vont s'y mettre tous les deux, et à fond. 

Les progrès fulgurants du jeune homme tiennent du miracle, mais passons, les livres sont là pour faire rêver, c'est d'ailleurs un des propos de ce roman.

Un roman auquel je n'ai pas vraiment adhéré, me répétant souvent qu'il allait sûrement cartonner pourtant, tant il est démago et plein de bons sentiments (et grâce au chat sur la couverture ?). 
Quelques idées :
- en France, on ne s'occupe pas bien de nos personnes âgées -> c'est vrai
- vive l'amitié et l'amour ! -> moui
- et les livres de Q !! -> ça dépend
- l'enseignement protège de la délinquance et donc de la prison * -> et là je ricane, en pensant à tous ces haut-placés en politique ou dans les affaires, bardés de diplômes, et qui échappent en effet à la prison, mais pas pour les bonnes raisons...

Du prêt-à-penser destiné à ceux qui aiment les mots, la langue, les livres, la lecture, sans se prendre la tête.
Une histoire rocambolesque, fofolle, comme on en voit beaucoup depuis quelques années autour des personnes âgées (cf. Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire). Et trop sucrée, comme certains best-sellers de Marie-Sabine Roger (qui ont le mérite d'être plus piquants), ou d'EE Schmitt. 
Le feel-good, ça m'énerve. Là, je lis l'histoire triste à pleurer d'une femme/mère alcoolique, et ça me convient mieux. Mais le style de l'auteur y est aussi pour beaucoup.

___

  *   « Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne. 
        Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne 
        Ne sont jamais allés à l'école une fois, 
        Et ne savent pas lire, et signent d'une croix. 
        C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime. 
        L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme. 
        Où rampe la raison, l'honnêteté périt. [...] »

   Victor Hugo, 'Écrit après la visite d'un bagne'

   in 'Les quatre vents de l'esprit' (1881)

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27 > 29 déc. - merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.

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vendredi 11 janvier 2019

~ Le poids de la neige, Christian Guay-Poliquin

le poids

Les éditions de l'Observatoire, 10 janvier 2018, 256 p.

gp

lu par Mr

♥♥♥

Un jeune homme - le narrateur – est cloué par des blessures dans la véranda d'une maison située à quelques centaines de mètres d'un village isolé de montagne. Les planches de ses attelles, elles sont bien clouées ensemble. Heureusement pour ce blessé, il n'est pas seul : Matthias, un vieil homme, prend soin de lui. le périmètre de déplacement de Matthias est limité aussi : par la neige. 

La neige est omniprésente : dans le titre, à l'extérieur, et dans les esprits des rares habitants du village… 
Elle efface même leur perception du temps, et celle du lecteur. le référence en la matière est la saison, en l'occurrence un hiver qui s'éternise. Hormis cette saison, le lecteur ne sait pas vraiment à quelle époque se déroulent les faits, il sait juste que certains équipements existent (automobile, télévision). 
Les échanges avec le reste du monde sont restreints par des défaillances techniques (électricité, radio, télé), et potentiellement dangereux avec des risques d'agression sur les routes ou de pillage par des personnes extérieures. En effet, la nourriture devient une denrée rare. Dans ce cadre presque post-apocalyptique, l'ambiance se tend dans ces deux quasi huis clos que constituent la véranda et le village. 

L'écriture met parfaitement en évidence cette tension, qui suscite l'envie de poursuivre cette lecture.
'Trente-huit', ce chiffre mentionné à l'en-tête du premier chapitre évoque un compte à rebours. A voir la numérotation des autres chapitres, il n'en est rien ! Ce mystère-là sera vite élucidé.

Par contre je suis resté sur ma faim concernant les circonstances extérieures autres que météorologiques (climatiques ?) qui ont dégradé l'organisation sociale du monde décrit. J'ai donc reposé ce livre avec un certain sentiment de frustration, même si je me suis laissé porter par ce récit qui frôle le genre de l'anticipation.

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jeudi 10 janvier 2019

Comme une petite ressemblance (janvier 2019)

 

Comme Une Petite Ressemblance...

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de l'association d'idées perso à la copie conforme...

On attaque 2019 en beauté avec cette trouvaille de LaurenceUn grand merci !! 😘

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 Merci aussi à Sandrine pour cet ajout de dernière minute ! 😘

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 les récoltes de 2018 : décembre, mai, février, janvier...

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mercredi 9 janvier 2019

~ Dans le jardin de l'ogre, Leïla Slimani

ds le jardin

Gallimard, 2014
Folio, janvier 2016, 230 p.

ls

♥♥♥

Journaliste peu reconnue, mal payée, mère d'un petit garçon de trois ans, Adèle est une éternelle insatisfaite. Une Emma Bovary du 21e siècle. D'ailleurs c'est en Normandie que son médecin de mari envisage d'aller s'enterrer – l'enterrer, elle, puisqu'elle lâchera son boulot, tandis que lui sera bien occupé par son poste de chef de clinique...

Femme-enfant gâtée, frustrée ? Adèle veut briller, être remarquée, désirée, et comble depuis longtemps l'ennui et le sentiment de vacuité avec le sexe. Sans répit, partout, avec n'importe qui, ou presque. Elle aime décrocher le gros lot avec des hommes ambitieux, bien placés. Quelques verres pour s'enhardir, drague brutale, séduction crue, le type n'en revient pas, il se laisse faire, avec plaisir. Mais déjà, elle, une fois qu'il a cédé, ça ne l'intéresse plus, souvent même avant la fin de l'étreinte. Elle jette. Si le partenaire s'accroche, elle peut y revenir, vraiment quand elle n'a rien d'autre. Son mari ne voit rien, trop occupé ? Il est d'une gentillesse et d'une patience infinies, avec elle.

Leïla Slimani est douée pour raconter des histoires : 'Chanson douce' m'avait happée, d'autant que la présentation de ce drôle de trio (parents et nourrice) et de la dégringolade insidieuse était subtile.
Je suis moins convaincue ici. Peut-être parce que j'ai lu récemment d'autres romans sur des addictions - alcoolisme ('Etat d'ivresse', Denis Michelis) et 'Confessions d'une kleptomane' (Florence Noiville) - que j'ai trouvés plus aboutis et plus intenses ?

Malgré le sentiment de tourner en rond à la lecture, j'ai lu rapidement ce roman, entraînée par le suspense : jusqu'où Adèle pourra-t-elle jouer avec le feu sans dommages ?

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6 & 7 janv.

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mardi 8 janvier 2019

~ Mentine, tome 5 : On divorce ! - Jo Witek

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Flammarion, 9 janvier 2019, 315 p.

jow

♥♥♥

Les parents de Mentine ont failli fêter leurs noces de porcelaine.
A deux ans près, c'était bon. Mais il s'en passe, dans la vie d'un couple, en 700 et quelques jours et autant de nuits.
Là, c'est décidé et officiel : ils se séparent. 
Le père part vers de nouvelles aventures, et laisse royalement l'appartement à son ex- et à leur fille. 
Mentine est effondrée, sa mère Alice aussi.
Alice retombe en adolescence, Mentine doit donc devenir adulte d'un seul coup, prendre en charge tout ce que sa mère laisse aller à vau-l'eau...

Cinquième volet des aventures de Mentine, qui a désormais quinze ans et est en Première, grâce à ses deux années d'avance.
Je n'ai pas lu le précédent opus. J'avais apprécié les deux premiers, que je trouvais « subtils, émouvants, pêchus et drôles ».
Je suis moins emballée cette fois. 
Ni humour, ni émotion - peut-être parce que je sors de lectures plus perturbantes (SDF à Roissy, après-guerre chez la famille Tardi, alcoolisme, vie de Simone Veil).
Et rien d'original. Des scènes Ricoré & Nutella, parce qu'après la pluie, (re)vient le beau temps. S'imaginer rigoler et courir à nouveau avec des potes, et peut-être même avec son c*nnard de père qui vous a largué.e.s, ça aide à tenir quand tout s'effondre autour de soi.

Ce livre saura sans doute rassurer les adolescents qui traversent ce genre de crise familiale, et c'est le principal.

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01 > 03 janv. - merci à Flammarion Jeunesse.

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lundi 7 janvier 2019

~ Trois fois la fin du monde, Sophie Divry

trois foisEditions Noir sur Blanc, Notabilia, 23 août 2018, 240 p.

sd

♥♥

J'ai lu trois fois la fin du monde, et ça m'a achevée à chaque fois.
Non, 2, en fait : La route de McCarthy (abandonné), et ce Trois fois la fin du monde.
Mais comme ses dernières 150 pages valent deux livres quand on s'y ennuie comme un rat mort, ça fait bien 3...

Première partie de ce roman : la vie en prison d'un jeune homme presque innocent. C'est dur, certainement fidèle à la réalité, les situations rappellent la violence carcérale des détenus et des matons décrite dans Meurtres pour rédemption (Giebel), Surtensions (Norek), et tant d'autres ouvrages.

Changement radical de décor, d'ambiance, après 'la Catastrophe', au tiers du livre.
J'ai d'abord pensé au puissant Vendredi ou les limbes du Pacifique, où Michel Tournier revisite en philosophe le Robinson de Defoe : l'homme seul au monde pose des jalons, s'organise pour ne pas devenir dingue, s'impose une discipline.
Puis l'ennui, croissant. Autant que chez Thomas Vinau qui nous fait contempler la nature et ses merveilles, et que dans les Gallmeister centrés sur la pêche à la mouche, la chasse au lapin, le câlinage de chatte, le pousser de radis...

L'idée était sans doute de montrer le contraste entre :
- l'enfer, c'est les autres, quand on doit subir la promiscuité bruyante et la violence du milieu carcéral
- et le paradis, c'est... c'est quoi ? 

Survol des soixante dernières pages, et je ne suis pas la seule... ** (à en croire les dernières lignes du roman, et la couverture) **

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agenda2

6 janv. - emprunt mdtk

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dimanche 6 janvier 2019

~ Piège pour Cendrillon, Sébastien Japrisot

piège

Denoël, 1962
Folio, 2016, 226 p.

jap

♥♥♥

Si vous parvenez à ne pas vous mélanger les pinceaux avec Mi, Do, La, et Midola, dans le prologue 'J'aurai assassiné', ça devrait aller pour la suite. 
Sauf qu'il y aura l'effet lassitude en plus. Et si vous avez la tête embrhumée, ça n'aidera pas à avoir envie de vous accrocher pour suivre les questionnements d'une Mi amnésique au sortir du coma.

L'auteur a fini de rédiger cet ouvrage en 1962. 
On situe dans le contexte des thrillers de la littérature (Boileau-Narcejac, Irish) ou du cinéma (Hitchcock, Clouzot) de l'époque, et on voit déjà quelques rebondissements venir. 
De plus, depuis soixante ans, on peut avoir lu d'autres romans de Japrisot/Rossi, les auteurs de romans noirs se sont multipliés, le thème de l'amnésie a été exploité dans tous les sens. Ainsi que ** l'idée d'usurpation d'identité. **
Il est donc difficile d'être surpris et bluffé par cette intrigue comme ont pu l'être les lecteurs qui l'ont découverte à sa parution.

C'est la préface d'Ingrid Astier (lue après le roman) qui m'a un peu réconciliée avec cette histoire téléphonée, où certaines ficelles sont aussi grosses que dans les films d'Hitchcock qui n'ont pas bien vieilli (ah les traits de fourchette sur la nappe blanche dans 'La maison du Dr Edward', merci Dr Freud pour les guérisons miraculeuses !).

Ingrid Astier : « [...] un roman virtuose où le monde est un vêtement trop grand pour soi, et l'identité un corset trop étroit. Ce regard tourné vers soi, dans l'impossible introspection, a la beauté cruelle d'un huis clos. Le 'Connais-toi toi-même' des Grecs vire à l'enfer. »
Dit comme ça, oui, ça semble valoir le détour. 
Nul plaisir pour moi à la lecture, parasitée par une impression de déjà-vu.

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4 & 5 janv. 

danyc
Dany Carrel, Piège pour Cendrillon, 1965
adaptation de André Cayatte
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samedi 5 janvier 2019

~ La belle histoire des volcans, Henry Gaudru & Gilles Chazot

volcans

Editions De Boeck, 30 octobre 2018, 320 p.

lu par Mr

♥♥♥♥

Cet ouvrage appartient à la catégorie des 'beaux livres'.
Beau, il l'est en effet. Chaque page de droite comporte une illustration du propos explicatif en vis-à-vis : une photographie le plus souvent, généralement en couleur. 
Des images de volcans sont représentées sous divers angles : photos aériennes de chaînes, plans rapprochés de roches, mais aussi graphiques ou peintures d'époques variées. L'iconographie de cet ouvrage est à la fois magnifique et appropriée aux propos.
Les textes aussi méritent le détour. Les origines des phénomènes volcaniques et leurs découvertes y sont clairement expliquées. La présentation chronologique de ces manifestations telluriques et de leurs perceptions par les hommes aide beaucoup le lecteur.

J'ai cependant quelques réserves. 
La description des volcans donne parfois l'impression de lire un catalogue, avec des indicateurs de grandeurs (volume de magmas) dont l'énumération m'a lassé, voire un peu égaré. 
Des cartes auraient en outre été bienvenues, notamment pour aider à localiser les volcans et les plaques en mouvement (un atlas ou un accès internet à portée de main est donc utile pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas très bien leur géographie).

Dans la même collection, j'avais aussi pu apprécier La belle histoire de la Science.

 •  Merci à Babelio et aux éditions De Boeck.

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vendredi 4 janvier 2019

~ L'étymologie avec Pico Bogue, Alexis Dormal & Dominique Roques

l'etymoDargaud, 7 septembre 2018, 160 p.

♥♥♥

rPico Bogue se fait pédagogue : il nous présente l'origine de mots du langage courant, ainsi que d'autres dérivés de leur racine grecque, latine, ou autre... 
Comme dans les précédents albums de la série, on trouve un gag par page, autour de situations familiales, d'échanges entre Pico, sa soeur, et leurs parents. Il s'agit essentiellement de jeux de mots et de chutes 'drôles' en lien avec le terme proposé.

On (re)découvre ici l'étymologie de 150 mots classés en ordre alphabétique, de 'Avant-propos' à 'Conclusion'. On sent que les auteurs ont trouvé le filon pour plusieurs années : il reste les lettres D à Z.

La relecture de mes avis sur les premiers albums de Roques & Dormal me confirme que j'aimais bien l'esprit de 'ce petit cousin de Mafalda'.
Cet ouvrage me déçoit, peut-être parce que l'aspect 'étymologie' me semble léger (un sujet qui m'intéresse et sur lequel je lis en ce moment), et que les chutes, en lien avec le terme et l'origine étudiés, sont souvent tirées par les cheveux.
Disons que je suis 'masculine', sur l'affaire : une chose à la fois. Soit j'étudie de l'étymo, soit je suis en mode rigolade. 

Une bonne façon de donner envie aux enfants d'étudier les langues anciennes, cela dit.

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jeudi 3 janvier 2019

~ État d'ivresse, Denis Michelis

état d'ivresse

Noir sur Blanc, Notabilia, 3 janvier 2019, 165 p.

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♥♥♥

Les cordonniers sont les plus mal chaussés. Comme cette femme qui va très mal, alors qu'elle rédige des articles et conseils 'bien-être' pour un magazine Psycho. Cette Cendrillon, qui rappelle celle de Téléphone pour la splendeur enfuie, a perdu ses pantoufles de vair depuis un moment.

Mal dans sa ville, mal dans son couple, mal dans sa famille, mal dans sa tête, elle tient en buvant. Beaucoup.
En fait, non, l'alcool ne la fait pas tenir mais dégringoler encore plus bas. 
On ne compte plus en verres, mais en bouteilles, et tout se mélange : vin, apéro, bière, alcool fort. Elle n'a pas encore attaqué les flacons de parfum.
Elle planque ses réserves, comme si ses proches étaient dupes, ne recule devant aucun subterfuge lorsqu'elle est à court, se déchire la tête, s'endort sur place, ou tombe, se blesse, dort rarement dans son lit, vomit, se relève... et repart pour une tournée. Jour et nuit se confondent.
Elle est parano, en veut à la terre entière, à commencer par son adorable fils de dix-sept ans et son mari trop absent.

Denis Michelis dresse le portrait bouleversant d'une femme au fond du gouffre. En détresse, elle délire, devient méchante, de mauvaise foi - et ressemble en cela à 'La femme au téléphone' de Carole Fives, en pire.
Je connais quelques alcooliques, hommes, femmes. Je croyais avoir un aperçu de leurs difficultés. Cette description dépasse tout ce que j'ai pu imaginer. 
On se pose évidemment la question du 'choix' de cette auto-médication, où le remède est pire que le mal et ne fait que l'aggraver.
Pourquoi/comment cette spirale-là ? Dépression, solitude et ennui qui s'auto-entretiennent ? Facilité d'accès de ce psychotrope en vente libre ?
Face à cette dégringolade, cette coulée de lave qui menace d'emporter les proches, on s'étonne aussi de la résistance humaine, et de l'acharnement à survivre.

Portrait terrifiant et bouleversant d'un séjour en enfer - où l'enfer, c'est pas les autres, mais soi-même...
Le talent de cet auteur m'avait déjà impressionnée et touchée lorsque j'ai découvert La chance que tu as.
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30 déc. - merci à Babelio et aux éditions  Noir sur Blanc.

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mercredi 2 janvier 2019

~ Simone Veil, L'Immortelle - Pascal Bresson & Hervé Duphot

simone veil

Marabout, Marabulles, 27 juin 2018, 186 p.

♥♥♥♥♥

'Immortelle', Simone Veil, selon le terme qui définit les personnes reposant au Panthéon : « 78 grands hommes dont 5 femmes » (sic).

Immortelle, Simone Veil, pour ceux qui se souviennent d'elle, de son combat pour les droits des femmes en général et en faveur de l'avortement en particulier, lorsqu'elle était ministre de la santé dans les années 1970.
Eternelle aussi pour ceux qui, comme moi, un peu jeunes alors pour comprendre, entendaient le profond respect et l'admiration qu'elle inspirait aux adultes, de droite, de gauche, du centre, athées ou croyants...

simonejCentré sur les débats à l'Assemblée nationale autour de 'sa' loi sur l'IVG en 1974, cet album évoque également la jeunesse de Simone Veil, née Jacob à Nice en 1927, déportée avec sa famille vers les camps nazis en 1944. Elle a vécu l'horreur à Auschwitz, au côté de sa mère, d'une de ses soeurs, et de son amie Marceline Rozenberg (connue plus tard sous le nom de Loridan-Ivens). Son père, sa mère, son frère ne sont pas revenus.

L'être humain est capable du pire, Simone Veil en a fait la douloureuse expérience à plusieurs reprises. Ses détracteurs ont brandi son passé pour la déstabiliser, la détruire, lorsqu'elle a défendu l'avortement. Elle a dû affronter un déferlement de haine : lettres d'insultes, foule grondante devant le Parlement, croix gammées taguées devant son domicile. Nombreux ont osé un parallèle avec le génocide juif. 
Cet exemple parmi d'autres, lors des débats à l'Assemblée : « On est allé - quelle audace incroyable ! - jusqu'à déclarer tout bonnement qu'un embryon humain était un agresseur, eh bien ! Ces agresseurs, vous accepterez, madame, comme cela se passe ailleurs, de les voir jetés au four crématoire ou remplir des poubelles. » (Jean-Marie Daillet, député Centre démocrate).

Un documentaire à partager avec toutes les générations, pour passer le relais de la mémoire et rappeler que rien n'est jamais acquis en matière de droits.
Mais aussi un témoignage sur le contexte socio-politique des années 70 sous Giscard, pas si différent de celui d'aujourd'hui (stratégie, mesquinerie, sexisme...). Où l'on voit aussi qu'on peut être à la fois de droite et de gauche. Ou plutôt que ce clivage n'a pas de sens, le coeur et la raison devraient l'emporter lorsqu'on prétend représenter le peuple.

Pour résumer l'esprit de cet album qui rend un bel hommage à cette grande femme, ces mots de Simone Veil : « L'horreur a fait de moi une femme sensible et pudique, à la fois dure et réservée, véhémente et sereine. »
Et cette séquence, toujours aussi émouvante : Simone Veil présente la loi IVG à l'Assemblée Nationale.

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agenda2

 31 déc.

 

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mardi 1 janvier 2019

Pour bien commencer l'année...

... on peut (sou)rire ! 😊😁

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ba2019

Bonne Année 2019 !

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lundi 31 décembre 2018

Bilan 2018 en chiffres et graphiques

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176 billets sur nos lectures en 2018

23 rédigés par Mr (mais beaucoup plus sur Babelio sous le pseudo Apikrus, pas tous reportés sur le blog),

166 par Canel (parfois nos deux avis sont publiés sur un même billet, ce qui explique pourquoi 23+166≠176)

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•  mes  billets  •

mois par mois, comparaison 2018/2017

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 Moins qu'en 2017 ! Environ 37 000 pages lues, soit une centaine par jour en moyenne (1h30 de lecture).

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•  quoi  •

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•  d'où  viennent  ces  livres  •

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provenance variable selon le genre

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Lecture du tableau : 69% des thrillers/polars dont j'ai parlé cette année sur ce blog sont à nous, 17% proviennent de partenariats (Services Presse d'éditeurs, et Babelio), 14% ont été empruntés à la médiathèque ; 37% des BD et 35% des romans chroniqués viennent de la médiathèque.

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•  parlons  sexe  •

grasexbd   grasexrom   grasexnpt

 Une grande majorité de BD écrites/dessinées par des hommes (33, et 6 mixtes) ;
des polars/thrillers et des romans pour adultes en majorité féminins.

★   ★   ★

un coup d'oeil dans le rétro ?
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Un grand merci pour vos visites et nos échanges, ici ou en off
(par mail, sur Babeliode visu, etc.) depuis 9 ans et demi.

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On vous souhaite une bonne soirée de St-Sylvestre.

arb

A  bientôt  !

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Posté par Canel à 08:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

dimanche 30 décembre 2018

Bilan 2018 en images (& son)

 

BD & albums

•  émotion  •

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•  reportage  •

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 •  humour  •

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•  sexualité  •

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-

Roman  &  théâtre

•  guerre  •

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•  féminité, maternité  •

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•  grands ados  •

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 -

Roman  noir

•  témoignage  •

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 •  polar  •

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 •  société, justice  •

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 -

Humour
( en différé chaque semaine sur Youtube )

 
♥  Vérino  ♥

♥  Guillaume Meurice  ♥ 

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samedi 29 décembre 2018

~ Moi René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB, t.3 : Après la Guerre - Tardi

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Casterman, 28 novembre 2018, 144 p.

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♥♥♥

René, le père de Jacques Tardi, a retrouvé les siens en France en mai 1945, après son long retour de Poméranie où il était prisonnier du stalag IIB (t. 1 & 2).
Reprendre une vie normale ne va pas de soi. Il faut affronter les remarques des 'vainqueurs' de 14-18, réapprendre les gestes du quotidien, supporter épouse et enfant(s).
Engagé dans l'armée depuis 1935, René Tardi y reste après son retour. Un 'choix' qui peut surprendre (au vu de son regard critique sur les comportements des hommes en temps de guerre) puisqu'il va devoir, en tant que soldat, passer quelques années dans la zone française de l'Allemagne occupée par les Alliés.

Dans ce témoignage à la fois documenté et intime, l'anti-militariste Tardi présente sa famille au coeur de l'Histoire tourmentée du XXe siècle, celle des deux Guerres mondiales, de la colonisation, des guerres d'indépendance.
On y trouve beaucoup de références géopolitiques sur les relations internationales, mais aussi une description sans concessions de l'ambiance familiale, et plein d'anecdotes touchantes sur l'enfance de l'auteur dans les années 1950, sa passion précoce pour le dessin.

Une série très riche, à découvrir. 

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 25 > 27 déc.

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vendredi 28 décembre 2018

~ Embruns, Louise Mey

embruns

Fleuve noir, 2017
Pocket, 24 mai 2018, 368 p.

♥♥

La famille 'Moreau/Parfaite' en WE à la mer...
Papa a une petite entreprise qui monte, qui monte, et maman est architecte.
On habite une grande maison en banlieue parisienne, on est bobos, on mange bio, on fait gaffe à la qualité des vêtements qu'on achète, avant tout pour préserver la planète, mais on roule en SUV et on a des montres qui coûtent un bras...
Quand on arrive en Bretagne, on s'extasie sur les maisons en granit et les hortensias. On dit 'ils' en parlant des gens du coin : « Ils mettent des ardoises dans le sol pour changer la couleur des pétales. »
Quand on va à la plage sous la pluie, on enfile « un ciré et des bottes ».
C'est madame qui cuisine, prépare le café, les tisanes. Chris n'est pas fichu de remplir une bouilloire et de basculer l'interrupteur ? Et les grands ados de 17 et 22 ans ?
On s'aime sans nuages, sans heurts, depuis plus de vingt ans pour les parents, qui en sont encore à se manger de bisous - mais ils sont tellement beaux, tous les deux, et si classes. 
On s'adore aussi entre frère et soeur, et entre parents et ados. On se taquine, on rigole, on ne se lâche presque pas d'une semelle. 
Un truc de dingues.

Ça existe, des familles comme ça ? Je me sens minable.
On va avoir droit à la pirouette du 'Ce n'était qu'un rêve' ? 

J'ai lu un tiers. Je me tâte pour continuer tellement ça m'agace...

• • •

PS : seules ombres au tableau dans ce portrait de famille divinement idyllique, le côté 'coup d'un soir' mufle du fils (et même ça, certains doivent juger que c'est cool), et la phobie de l'eau de la fille...

• • • 

PPS : je l'ai fini ! ennui et agacement croissants y compris lorsque l'intrigue change de cap. Île coupée du continent par la tempête, mystère, disparitions, cachettes, recoins, individus peu recommandables, canif dans la poche... Me voilà propulsée 40 ans en arrière dans les vieux 'Club des 5' que j'ai lus quand j'étais à court de Fantômette ou d'Alice. Un air d'Alex, de Lemaitre, aussi. Une cruauté inouïe, des comportements étranges et inquiétants, on ne sait plus si on a à faire à des humains ou à des chiens qui se lèchent leurs plaies.

A la fois naïf et trouble, dérangeant. Quoi qu'il en soit, sans intérêt à mes yeux, et pénible à lire (pour les longueurs et les descriptions crues).

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15 > 21 déc.

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jeudi 27 décembre 2018

~ Roissy, Tiffany Tavernier

roissy

Sabine Wespieser, 30 août 2018, 280 p.

tif

♥♥♥

Parmi les pubs pour les produits de luxe, les destinations de rêve et la banque H**C, ces mots de bienvenue : 'Aéroport de Paris / C'est ici que le voyage commence.'

Foule bigarrée, polyglotte, bruyante, agitée, impatiente, fatiguée, endormie. 
Vertige et angoisse pour qui découvre l'immensité et ne connaît pas ce langage crypté de chiffres & de lettres.

La jeune femme dont nous suivons les déambulations à Roissy est une passagère : « Une voyageuse anonyme comme les 90 millions d'autres qui, tous les ans, arrivent, transitent ici. »
Non, ce n'est pas tout à fait cela, elle est une 'ombre en transit'. A la fois passagère et résidente, en réalité, puisqu'elle est SDF dans l'aéroport, depuis huit mois, arrivée là après avoir complètement lâché prise, perdu la mémoire.

Elle regarde les avions, mais reste au sol et doit passer inaperçue, se fondre dans la masse du flux 'normal'. Cela exige une attention soutenue pour échapper aux « 1 700 policiers affectés à la sécurité » et « aux 700 caméras qui, 24h/24, filment les allées et venues de tous »
Pour ne pas se faire repérer et arrêter, il importe d'être discrète, rester propre, changer d'apparence, être digne, aux aguets, s'asseoir mais pas longtemps, marcher, trouver la petite explication qui justifie une présence ici et rassure tout le monde - boulot, voyage d'affaires, loisirs, ou famille à visiter ailleurs...

Pour faire ainsi illusion si longtemps, il faut un sacré aplomb, et sans doute beaucoup de douceur, de grâce, d'écoute. J'attribuais toutes ces qualités à cette femme qui charme ceux qui la croisent et échangent quelques mots avec elle, s'attardent à lui parler, exprimant même parfois le désir de la revoir. Sa fragilité affleure, une détresse discrète et élégante suscite la sympathie et la générosité de ceux qui la côtoient.

Livre lu dans le cadre du prix inter-CE Cezam.
J'ai craint de ne pas accrocher en voyant le nom de l'auteur (je me méfie des 'fils/filles de'), et la maison d'édition (j'ai souvent du mal à lire les auteurs 'exigeants' de Sabine Wespieser).
Appréhension rapidement dissipée, je me suis attachée à cette femme et à ceux qui vivent autour d'elle : ceux qui connaissent son sort et l'aident, ceux qui l'ont deviné et entrent dans son jeu pour ne pas blesser son amour-propre, ceux qui, sans se poser de questions, la voient comme une personne déterminée et lumineuse.

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23 > 25 déc. - l'avis de Sandrine

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mercredi 26 décembre 2018

Play ♪♫ mo ♪♫ bi ♪♫ il ♪♫, en avant l'Histoire & l'Art

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la collection et les mises en scène

de Jean-Michel Leuillier

 

  Richard Unglick 

 

-Interview, par Le Parisien

L’artiste - il réalise aussi des tableaux et divers objets toujours avec les mêmes jouets - utilise la photo assistée par ordinateur pour réaliser des scènes historiques à partir d’images qu’il fabrique et photographie détail par détail : « Par exemple, j’ai fait le Mur des Lamentations. J’ai trouvé un mur de château fort que j’ai utilisé pour ça… Pour les rabbins qui prient, j’ai utilisé des chapeaux noirs et des couettes d’indiennes pour les phylactères, et des rouleaux à pâtisseries qui représentent les rouleaux de la Thora… Mes enfants ne croyaient pas que c’était possible. » [...]
Richard Unglik, assistant-réalisateur, photographe, graphiste, réunit tous ses savoirs-faire dans ses constructions : « Je rêvais d’être cinéaste, de faire des superproductions hollywoodiennes. Les Playmobil, c’est mon casting et ma matière première pour arriver à ça. »
Plusieurs jours après, on lui envoie un texto parce qu’on a oublié de lui demander son âge. « J’ai 10 ans. Ça fait 37 ans que j’ai 10 ans, si tu me crois pas hé ! tare ta gueule à la récré », répond-il du tac au tac. On sourit. Comme quand ce grand enfant avait fini par avouer, après avoir dit que les Playmobil n’étaient pas « une passion », juste un moyen d’expression, avaient en fait illuminé son enfance : « J’avais quatre ans quand la marque est née. C’étaient mes premiers jouets. Ça a été le coup de foudre. Mais au début, le catalogue était très restreint. Je n’aurais jamais pu réaliser toutes ces mises en scène. » Grandir, ça a du bon. Surtout pour rester petit.

•  des personnages de l'Histoire  •

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•  des pochettes de disque, des groupes  •

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•  des films  •

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•  des peintures  •

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   source : lagaleriededgar.com

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les oeuvres de Pierre-Adrien Sollier

ici et sur son site

 SOLLIER Pierre-Adrien / Art-work © 

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Frida - 2016

  

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~ Les Filles des Autres, Amy Gentry

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Good as gone, 2016
amygtraduit de l'anglais (Etats-Unis) par Simon Baril
Robert Laffont, 2017
Pocket, 8 mars 2018, 352 p.

♥♥♥

Julie avait treize ans lorsqu'un homme l'a enlevée en pleine nuit dans sa chambre, sous les yeux de sa petite soeur. 
C'est une jeune femme marquée, fragile, qui réapparaît un soir chez ses parents, huit ans plus tard. 
La famille va devoir se recomposer, et chacun des membres y retrouver sa place – une place.

Que s'est-il passé pendant tout ce temps ? 
On va le savoir, à condition de s'accrocher et de faire preuve de patience pendant un dernier tiers interminable. Des noms à gogo, une chronologie complètement chahutée, des rebondissements qu'on met parfois du temps à comprendre. Bref, le fouillis, la perte de repères, l'ennui...

En 2018, j'ai lu une quarantaine de romans noirs, polars, thrillers, dont une dizaine évoquant des disparitions de jeunes filles (fugue, kidnapping, séquestration...). Evidemment on trouve des redites d'une intrigue à l'autre. 
Bons points ici : la description du bouleversement familial induit par les retrouvailles, le point de vue de la soeur, les souvenirs sur les huit années passées dans la tourmente, et l'analyse ** de l'emprise d'un adulte prédateur sur un jeune esprit en quête de sens. **
Mauvais points : les invraisemblances sur l'enquête bâclée, les longueurs. Et le côté rebattu ** 'Retour de Martin Guerre' (Julie ou pas ?)... **

Une des résolutions pour 2019 : varier davantage mes lectures.

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21 > 23 déc.

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