Canel

vendredi 20 janvier 2017

Demain, 21 janvier, faites des...

... câlins !


■  Extrait de ma lecture en cours, Messages de mères inconnues, Xinran :

[...] à la Foire internationale du livre de Melbourne, en Australie, en 2002, quelqu'un m'a demandé :
- Xinran, quel est votre rêve ?
- Etre la fille de ma mère, ai-je répondu.
Un brouhaha s'est élevé parmi les centaines de personnes qui composaient l'auditoire.
- Mais puisque vous êtes venue au monde, vous devez bien être la fille de quelqu'un ?
- Biologiquement parlant, c'est exact, ai-je répondu. Mais je suis née [en 1958] dans une culture traditionnelle, j'ai été confrontée à de violents bouleversements politiques étant enfant, et ma mère et moi avons vécu à une époque qui n'accordait pas d'importance aux liens d'affection familiale. Le résultat, c'est que je ne me rappelle pas que ma mère m'ait une seule fois dit qu'elle m'aimait ou m'ait tenue serrée dans ses bras.
A l'issue de la réunion, j'ai trouvé toute une file de femmes aux cheveux grisonnants en train de m'attendre à côté de la voiture qui devait me ramener à mon hôtel. Elles étaient venues, dirent-elles, pour m'embrasser en une étreinte maternelle. Une par une, elles se sont approchées de moi, m'ont prise dans leurs bras et m'ont donné un baiser sur le front.

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jeudi 19 janvier 2017

~ Ceci est mon sang, Elise Thiébaut

ceci est mon sangLa Découverte, 5 janvier 2017, 248 p.

♥♥

Faisons la paix avant de nous dire adieu (mes règles et moi).
Ma cohabitation avec ces ennemies de trente ans a été/reste presque aussi compliquée que celle qu'a vécue l'auteur, Elise Thiébaut, avec les siennes. Mais à 54 ans, après environ 400 cycles - soit 2 400 jours entre rouge clair et rouge foncé -, elle en a fini, la veinarde.
Pas moi. Mais restons décents, je ne vais pas trop m'épancher, je me plaindrai juste des douleurs associées (au ventre, au moral, à la tête, alouette) et de la difficulté de gérer des flux erratiques. Voilà, vous pouvez rouvrir les yeux, j'ai terminé.

L'auteur va plus loin, et c'est tant mieux ! Elle règle ses comptes avec ses propres menstrues, certes, mais elle explique aussi la mécanique du phénomène et évoque la place des règles dans l'Histoire de l'humanité, les tabous associés, les différents problèmes posés par la gestion de cet écoulement sanguin (histoire des protections hygiéniques, coût prohibitif pour certaines femmes, pollution engendrée par leurs composants, toxicité, alternatives plus écolos...).

On apprend beaucoup, c'est parfois un peu ardu (surtout l'histoire des cellules souches en dernier chapitre), mais l'humour et le sens d'autodérision de l'auteur rendent la lecture agréable.

Un livre aussi intéressant qu'amusant, à faire lire aux hommes. Et aux femmes, parce que le tabou est tenace : aujourd'hui encore, dans mon entourage, j'en connais peu qui discutent volontiers du sujet, alors que moi, j'aime bien me plaindre de "ça" et être rassurée par vos témoignages, les filles ! 😉

agenda 15 au 18 janvier

En cherchant des vidéos sur la taxe-tampon, j'ai trouvé ça (hors-sujet, mais intéressant !).

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mercredi 18 janvier 2017

~ Silex and the City, tome 7 : Poulpe Fiction - Jul

silex and the cityDargaud, 25 novembre 2016, 48 p.

jul

Les épisodes BD de Silex and the City se suivent à un rythme quasi annuel, l'esprit reste le même mais la qualité s'essouffle. Mon plaisir de lectrice, en tout cas.
Jul propose toujours une critique amusante de la société, y compris de ses aspects les plus tragiques, mais j'y vois moins de bonnes trouvailles, de petits détails, de jeux de mots, et les parallèles sont parfois tellement tirés par les cheveux que si on ne connaît pas l'auteur, on peut presque le soupçonner de véhiculer de drôles d'idées (comparer les migrants à des espèces animales dites 'inférieures' dans la théorie de l'évolution). Ainsi, face à la montée du 'Front Néanderthal', la famille Dotcom héberge un poulpe dans sa grotte. Mais rassurez-vous, pas le genre de la maison d'assimiler 'étranger' à 'céphalopode', on est dans le énième degré et c'est bien l'aberration des théories nationalistes qui est montrée du doigt, ainsi que les stratégies minables des autres partis pour ne pas céder un pouce de leur pré carré, tout en se prétendant soucieux de l'avenir de la France.

Ma lecture a été poussive sur les deux premiers tiers, je m'en suis voulu d'avoir encore cédé à la tentation de l'achat alors que les deux précédents tomes, déjà, m'avaient vraiment moins emballée. Et j'ai finalement été émue, presque aux larmes, par le poulpe migrant, et les efforts de la famille Dotcom pour l'aider, quand arrivent au pouvoir des extrémistes inquiétants - ou vraiment dangereux ? Pour mesurer le danger, suite au prochain épisode de Silex and the City, voire avant, 'dans la vraie vie', dès mi-2017...  😌

  Extrait :  « Quelques heures à peine après sa victoire, le Front Néanderthal annonce des premières mesures. Sortie immédiate de la 'zone Auroch'. Fermeture des centres de planning pariétal. Obligation pour tous les individus d'origine arboricole de se déclarer en préfecture. »

agenda 15 janvier

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lundi 16 janvier 2017

~ Joséphine Baker, José-Louis Bocquet & Catel

josephineCasterman, Ecritures, 7 septembre 2016, 570 p.

♥♥

Après les biographies dessinées de Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges, et Benoîte Groult, l'illustratrice Catel & le scénariste Bocquet retracent avec brio le destin exceptionnel d'une autre femme célèbre : Josephine Baker.

D'origine afro-américaine et amérindienne, Freda Josephine McDonald naît dans le Missouri en 1906. Elle montre très vite une aptitude pour la danse, le spectacle et les pitreries. Issue d'une famille pauvre, elle doit travailler jeune comme domestique, tout en poursuivant l'école. Elle monte sur les planches pour la première fois à quinze ans. Elle conquiert Paris dès 1925 avec son chant, sa danse, ses mimiques et ses tenues exotiques. Et même si, à partir de 1930, elle chante immanquablement, à chaque spectacle, « j'ai deux amours, mon pays et Paris », c'est bien en France qu'elle choisit de vivre, pays beaucoup plus accueillant à cette époque pour les Noirs que celui qui l'a vu naître.

Josephine Baker a beaucoup voyagé pour ses tournées, elle a côtoyé des personnages influents dans divers domaines (mode, politique, spectacle, littérature…), s'est engagée pendant la seconde Guerre mondiale aux côtés de résistants en France, a adopté douze enfants de différentes origines (les Brandgelina n'ont rien inventé), s'est exprimée contre la ségrégation aux USA.

Les 570 pages de l'album peuvent effrayer, mais la bande dessinée elle-même n'en comporte que 460 et est séquencée en courts chapitres chronologiques, résumant les étapes importantes de la vie de l'artiste. Les personnages gravitant autour de Josephine Baker sont nombreux, mais on en connaît la majorité, et la plupart sont présentés en postface.

Cet album aussi beau qu'instructif donne un excellent aperçu de l'existence trépidante de cette femme généreuse, pétillante, pêchue, amoureuse de la vie et de ses plaisirs charnels. Le graphisme est délicieux, clair, précis, les visages sont toujours aussi fins et radieux sous le trait de Catel.

Excellent moment de lecture, à condition de prendre son temps.

Merci à Babelio et aux éditions Casterman.

agenda 12 au 15 janvier

JB tribu arc en ciel
Josephine Baker et sa 'tribu arc-en-ciel', à la fin des années 40

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dimanche 15 janvier 2017

On a tiré sur ma techa, Nawell Madani

Je lis un ouvrage passionnant sur les règles :
Ceci est mon sang, Elise Thiébaut.

En attendant le billet, un sketch de Nawell Madani mentionné par l'auteur  rire


on na tire sur ma techa Nawell Madani par ghostrappes

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vendredi 13 janvier 2017

~ Le secret du mari, Liane Moriarty

le secret du mariThe Husband's Secret, 2013
lianetraduit de l'australien par Béatrice Taupeau
Albin Michel, 2015
Le Livre de Poche, 6 avril 2016, 504 p.

♥♥♥♥♥

Vous connaissez certainement des mamans comme ces trois-là, vous ressemblez peut-être même à l'une d'elles.
• Cecilia : femme au foyer très engagée dans la vie de l'établissement scolaire, tirée à quatre épingles, bien maquillée, sa grande maison rutile du sol au plafond et sent bon les gâteaux ; ses trois filles sont polies, ravissantes, intelligentes, son bel époux mène une brillante carrière, elle-même arrive à fourguer des Tupperware comme personne, etc. Vous l'enviez autant qu'elle vous agace.
• Tess : elle rase les murs, vous ne la remarquez pas : timide, elle évite les grands rassemblements. D'ailleurs, il se murmure que son fils n'est pas plus dégourdi qu'elle - la preuve, il se fait harceler par un gamin...
• Rachel : la voir, ou même seulement penser à elle, ça vous tord le ventre. Elle a perdu un enfant. Mais comment fait-elle pour tenir encore debout ? Pour travailler où sa fille était scolarisée ? Et vous, que pouvez-vous bien lui dire sans gaffer ? le plus simple : l'éviter, détourner le regard...

Parce que le mari de Tess a des envies d'aventures, parce que celui de Cecilia a un secret très lourd, leurs chemins vont se croiser, leurs destins basculer.
Quand de telles rencontres se passent sous la plume de Liane Moriarty, le résultat est délicieux, comme j'avais pu le constater avec Petits Secrets et grands Mensonges.
Comme Joyce Maynard, JC Oates, J. Courtney Sullivan (et même encore mieux, à mon avis, c'est dire !), cette auteur australienne est très douée pour décortiquer les réactions, interactions et pensées féminines, allant jusqu'à dévoiler nos idées les plus inavouables (mesquinerie, jalousie, désir de vengeance et de meurtre, fantasmes sexuels...).
On s'y croit, on en rit, on en frissonne, on s'en émeut, a fortiori si on partage la vision de l'auteur et ses questionnements sur le couple, la famille, la maternité et la féminité, la séduction, le vieillissement, la solitude...

Toutes ces femmes sont touchantes, parfois bouleversantes, et leurs mecs qu'on trouve parfois insupportables, minables, en-dessous de tout, comme les nôtres ou ceux des copines dans la vraie vie, arrivent à nous attendrir et à nous émerveiller aussi.

Il paraît que les romans de Liane Moriarty ressemblent à 'Desperate Housewives'. Je ne peux pas comparer, je n'ai jamais regardé cette série.
Ce sont des histoires de femmes, certes, mais pas girly. Les personnages sont finement observés, présentés tout en nuances et paradoxes. Pas de clichés, pas de manichéisme, la roue tourne pour tout le monde, c'est le grand tourbillon de la vie où le pire et le meilleur de chacun se révèle.

♥    ♥   

Un grand merci à Latina/Cécile pour cette lecture commune sur les chapeaux de roue. D'emblée séduites par ce ton et les histoires de ces femmes, super motivées par-delà les kilomètres et une frontière, on a dévoré ces cinq cents pages !
Cette fois j'avais un peu d'avance sur ma co-lectrice, c'est rare. Je m'amusais, en lisant ses remarques, à redécouvrir ce que je pensais de tel ou tel personnage quelques heures plus tôt.

agenda 8 > 11 janvier

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jeudi 12 janvier 2017

~ Je t'écris, j'écris... - Géva Caban & Zina Modiano

je t'écrisGalllimard, 1987, pour l'édition Je t'écris
Gallimard Jeunesse, Folio Cadet, 1995, pour le texte et les illustrations, 90 p.

C'est l'été, la jeune narratrice est en vacances avec ses parents au bord de la mer, elle va à la plage, révise ses tables de multiplication. Loin du petit garçon qu'elle aime, elle lui écrit tous les jours, quelques lignes, une façon de maintenir le lien par-delà les kilomètres qui les séparent. Pourquoi ne répond-il pas ? Ou si peu, si mal ? Il y a une grève à la Poste, dit Papa, ceci doit expliquer cela...

Petit roman destiné aux enfants de 7-9 ans, qui interroge sur les échanges épistolaires.
Quand on écrit, le fait-on réellement pour l'autre ou avant tout pour soi ?
Pour recevoir des réponses comme autant de preuves que l'on compte pour quelqu'un ?
Ou pour se livrer ? Pour le plaisir d'écrire ? Auxquels cas, rien ne vaut le bon vieux journal intime qui ne déçoit pas.

Ces questions sont intéressantes, mais je ne les ai pas trouvées adaptées à une petite fille de huit ans, de même que son "chagrin d'amour" me semble totalement disproportionné.

En vis-à-vis de chaque lettre, puis de chaque page du journal intime, un dessin, signé Zina Modiano. Oui, oui, la fille de... Ce n'est pas pour cette raison que j'ai trouvé ces illustrations moches et sans intérêt, mais l'idée d'un piston très probable ne m'a pas encouragée à être indulgente envers ce trait épais et ces couleurs grossières.

agenda 11 janv. - emprunt mdtk

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mercredi 11 janvier 2017

~ La nouvelle robe de Bill, Anne Fine

la nouvelle robe de billBill's new Frock, 1989
aftraduit de l'anglais par Nathalie Hay
L'Ecole des Loisirs, Neuf, 1997, 138 p.

Vous pensez que l'habit ne fait pas le moine ? Erreur ! Aux yeux des autres, en tout cas...
Le petit Bill va en faire l'amer constat ce jour où, alors qu'il s'est réveillé en fille, sa mère l'a revêtu d'une robe rose froufroutante pour aller à l'école.
Il semble être le seul à savoir qu'il est en réalité un garçon ; ni ses parents, ni le chat de la maison, ni ses camarades et enseignants ne s'étonnent de cette apparence, inédite pour lui. Tout ce qu'on voit, c'est qu'il est habillé en fifille et doit donc être 'traité' comme tel. CQFD.

Bill découvre ainsi que si vous êtes une fille :
- on vous trouve toute belle en robe/jupe, c'est tellement féminin, vous devriez en mettre plus souvent !
- on vous attribue un rôle de princesse dans une pièce de théâtre - la princesse nunuche qui a besoin d'un prince pour se sortir d'une situation périlleuse, quitte à attendre des années, un siècle, la cruche !
- vous êtes censée avoir une jolie écriture et entretenir vos affaires avec soin, rester propre
- on n'a pas le droit de vous taper dessus
- vous êtes persona non grata dans une partie de foot
- vous n'êtes pas censée courir plus vite qu'un garçon

Intentions louables de la part de l'auteur, qui entend dénoncer dans ce petit roman les stéréotypes sexuels. Dommage que l'histoire s'éternise, qu'elle parte dans plusieurs directions sans vraiment décoller et qu'on ne saisisse pas très bien où l'auteur veut en venir, au-delà du constat évident : les filles et les garçons ne sont pas traités de la même façon. C'est d'autant plus frustrant qu'on n'a même pas le fin mot de l'histoire ! ** cauchemar ? "voyage en absurdie, qu'on fait lorsqu'on s'ennuie" *, comme dirait Michel ? (1) **

3e sexeJ'en profite pour glisser la question de l'intersexuation, qui concerne environ une naissance sur 5 000 en France (variable selon les pays). Lorsque "les organes génitaux sont difficiles ou impossibles à définir comme mâles ou comme femelles selon les standards habituels", on demande aux parents de choisir fille/garçon, et ce choix peut s'avérer en contradiction avec l'identité de l'enfant lorsqu'il grandit. Imaginez les dégâts... Imaginez aussi le chemin à parcourir pour faire accepter un troisième genre dès la naissance dans notre société...

agenda 10 & 11 janvier - emprunt mdtk

• voir cet article : Le sexe neutre reconnu pour la première fois en France (Le Monde, 14/10/2015)
• lire l'excellent Le choeur des femmes de Martin Winckler
• image de droite : toilettes à Amsterdam

(1) Michel Sardou, Etre une femme

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mardi 10 janvier 2017

Personne ne Bouge (Arte) - David Bowie

-

Une triste nouvelle nous attendait au réveil, le lundi 10 janvier 2016.

Trois hommages  d é c A l é S  à l'artiste, avec 'Personne ne Bouge' (Arte) :

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lundi 9 janvier 2017

~ Dans le désordre, Marion Brunet

dans le désordreEditions Sarbacane, 6 janvier 2016, 251 p.brunet-

Dans La Belle de Fontenay, JB Pouy fait dire à Enric : « Des jeunes qui [manifestent] même s'ils ne savent pas trop quoi défendre, s'ils ont de bonnes bouilles, des visages qui espèrent, c'est toujours dangereux, c'est toujours des esprits prêts à aller de l'avant. [...] J'espère toujours que potentiellement, ils peuvent foutre un bordel d'enfer. Ce qui, a priori, me ravit. »
Bien d'accord ! C'est sans doute pour ça que j'ai vite adopté cette petite bande de rebelles des deux sexes, six jeunes et un moins jeune.

Jeanne et Alison ont connu Basile et ses potes au cours d'une manif, ils ont sympathisé. Pourquoi ne pas rejoindre leur squat ? Les deux filles ont envie de sortir du rang, la perspective d'une vie tracée et rikiki à l'image de celles de leurs parents les débecte.

Un roman à découvrir dès le lycée. Rébellion, anarchisme, vie en squat, abandon d'études qui 'ne mènent à rien' (et un petit boulot où on est exploité, ça mène à quoi ?), histoire d'amour et d'amitiés... Voilà de quoi faire rêver les ados qui ont envie de tout n!quer, ils se défouleront par procuration. Mais pas seulement ! La force de cet ouvrage est de montrer également le point de vue parental, ainsi que les revers de la médaille d'une vie 'libre', sans adultes, apparemment idyllique - ceci sans ton moralisateur.

Excellent ! Ma fille de quinze ans, qui lit à reculons depuis quelque temps, a autant aimé que moi.

agenda 25 au 31 déc.

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dimanche 8 janvier 2017

~ Un Fauve, Enguerrand Guépy

un fauveEditions du Rocher, 13 octobre 2016, 192 p.

Patrick Dewaere est né en 1947 dans une famille de saltimbanques. A trois ans, il montait déjà sur les planches, jouant au côté de sa mère Mado Maurin dans 'Primerose' (pièce de Robert de Flers).
Il ne s'est jamais senti à sa place dans le milieu du showbiz - ni dans la vie, d'ailleurs.

Dans cette biographie romancée, Enguerrand Guépy prend le parti de raconter les dernières heures de l'artiste. le reste, on le devine à demi-mot, au fil des pages, on l'apprend en allant voir sur Wiki ou ailleurs - qui sont cette Elsa, ce Claude, ce Mich, ce « gros », pourquoi il a tabassé un journaliste, se mettant toute la profession à dos, quels drames il a traversés, enfant... On saisit bien en revanche son mal être, son animosité envers ses ex super potes Depardieu (qui rafle depuis quelque temps tous les premiers rôles au ciné) et Coluche (qui lui pique sa/ses femmes).

J'aimais beaucoup cet acteur - et ce n'est pas parce qu'il est mort que je le déclare, la preuve, je peux en dire autant du Gégé des années 70, 80, 90 (mais c'est vrai qu'il est mort aussi, celui-là)...
J'ai trouvé Dewaere génial, beau, intense, troublant dans 'Les valseuses', 'Adieu Poulet', 'Coup de tête', 'La meilleure façon de marcher'. D'où cette envie de lire ce texte... que je n'ai pas aimé. Pas du tout. J'ai été agacée par le style emphatique de l'auteur, son ton grinçant, le fait que le récit soit centré sur le dernier tournage de Dewaere, où il incarne le boxeur Marcel Cerdan avec Evelyne Bouix et Claude Lelouch, leurs états d'âme à tous les trois...
J'imagine que Guépy a voulu éviter l'écueil du people pour faire du « littéraire ». Je préfère les (auto)bios plus linéaires, factuelles et moins ambitieuses comme celle de Renaud, lue récemment...

agenda 4 au 8 janv. - merci aux éditions du Rocher !

café de la gare
Café de la Gare (4e arrdt de Paris), début des 70's.

valseuses
avec Gérard Depardieu dans « Les Valseuses » (film de Bertrand Blier, 1974)

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samedi 7 janvier 2017

~ Il était une fois... Contes en haïku - Agnès Domergue & Cécile Hudrisier

contesEditions Thierry Magnier, 9 février 2013, 48 p.

♥♥♥♥♥

Plus besoin de présenter le haïku. Encore moins les contes de fées traditionnels - si peut-être, méfiez-vous de certaines versions qui leur ont ôté leur saveur initiale...

Même principe que Fables en Haïku et Mythes en Haïku : Agnès Domergue réécrit vingt contes en haïku, Cécile Hudrisier les illustre très joliment (trait fin et aquarelle) et de manière poétique.
Si on connaît le conte d'origine, on le retrouve à coup sûr* avec les mots subtilement choisis par l'auteur, et on se régale ensuite d'avoir confirmation avec le dessin de l'illustratrice, et bien sûr d'admirer son travail de traduction en images.
Autre délice : attendre de voir l'adaptation de ses contes préférés (Les Trois Petits Cochons, le Petit Chaperon Rouge, Barbe-Bleue...).

Ayant déjà lu, regardé, admiré Fables et Mythes plusieurs fois, j'ai été moins surprise, moins bluffée par le génie des auteurs. Mais connaissant davantage ce répertoire, je m'y suis mieux retrouvée, j'ai donc préféré ce recueil.

Je ne me lasse pas de regarder l'illustration de Pinocchio, et de relire le haïku qui correspond à Peau d'Ane. En douze mots, l'horreur indicible de l'inceste est exprimée sobrement, à vous glacer le sang :
« Ta robe sur ma peau / plutôt que l'anneau / de mon père ».

Boulotté égoïstement le jour de l'achat, alors que je prévoyais une lecture-devinettes commune en famille...

Merci à L. qui m'a fait connaître cette série !

* il manquait à mon répertoire 'Les Cygnes sauvages' et 'Raiponce'

contes2

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vendredi 6 janvier 2017

~ Le Loup, John Katzenbach

le loupRed 1-2-3 - 2014
traduit de l'anglais (USA) par Jacques Martinache
Presses de la Cité, 2014
Pocket, 11 juin 2015, 480 p.

Le Loup.
Age : 64 ans.
Expériences : 4 thrillers publiés, 4 meurtres IRL impunis.
Ambitions : sortir de l'oubli, écrire de nouveau. Et tuer, plutôt 3 fois qu'une, voilà 15 ans qu'il s'abstient, il n'en peut plus.
Références : le Petit Chaperon Rouge, version Grimm, avec issue fatale pour la proie, sans intervention miraculeuse d'un valeureux bûcheron.
Attention, son adaptation restera une histoire d'adultes, ou quasi : les cibles rouges/rousses sont trois femmes de 17, 33 et 51 ans. Outre leur couleur de cheveux, elles ont pour caractéristique commune d'être à un moment difficile de leur vie, au point de penser que la mort est ce qui peut leur arriver de mieux. Cela dit, quand la grande faucheuse se manifeste sous forme de lettres de menaces précises, elles ont soudain un sursaut d'énergie...

Je suis friande de contes (les vrais qui font peur, qui finissent mal, pas leurs versions roses neuneus chantantes et sautillantes), de leurs interprétations littéraires, psychanalytiques, de leurs réécritures pour enfants ou adultes, quand elles sont originales, drôles, et/ou invitent à réfléchir.
Je suppose que le but de John Katzenbach était de réveiller les émois d'un de nos premiers livres d'horreur. Je ne suis pas entrée dans le jeu : trop de longueurs autour de la traque et des états d'âme du Loup, notamment lorsqu'il écrit son bouquin. J'ai apprécié la stratégie des proies, mais là encore, on tourne vite en rond. Je me suis régalée d'un rebondissement à mi-parcours avec un clin d'oeil à un autre conte qui me fait délicieusement frissonner depuis plus de quarante ans. Hélas, après ce retournement, j'ai recommencé à m'ennuyer lourdement...
Le seul truc qui me faisait flipper de loin en loin, c'était l'idée que John Katzenbach puisse, comme le Loup, mener une double vie - écrivain et serial killer.

Cette lecture est d'autant plus décevante que ce thriller
- est signé John Katzenbach, comme l'excellent L'Analyste.
- s'inspire de contes comme le brillant Contes barbares de Craig Russel.

agenda 1e au 5 janv.

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 24e  💀

logo sharon polar 201617

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jeudi 5 janvier 2017

~ La fille sur la photo, Karine Reysset

la fille sur la photoFlammarion, 4 janvier 2017, 295 p.

♠♠♠ 

Les familles recomposées sur plusieurs générations, je n'ai rien contre (chez les autres). Mais quand on me raconte leur histoire, j'aime bien piger rapidement qui est l'ex de la mère du demi-frère, ou la belle-grand-mère du demi-neveu de qui.
Hélas ça part mal ici. Karine Reysset balance des dizaines de personnages dès les premières pages (et elle continue !), et faute d'arbre généalogique en début d'ouvrage, c'est coton pour s'y retrouver.
L'auteur en a peut-être eu conscience ? Son éditeur lui a-t-il demandé de mettre un peu d'ordre dans tout ça ? En faisant dire à sa narratrice : « Je passe du coq à l'âne, j'en ai le mal de mer. J'ai tellement gardé tout ça à l'intérieur, compressé », elle s'en sort par une belle pirouette - que j'appelle vite f*utage de gu3ule, quand je suis un peu énervée.

Voilà donc un récit confus et creux sur des thématiques dont Karine Reysset nous rebat les oreilles (tout comme l'auteur-réalisateur qui est/fut son compagnon, Olivier Adam) : Bretagne, falaises, suicide, mal-être, alcool, difficultés familiales, crise de l'adolescence, maternité, relations mère-fille.
Au milieu de tout ça, une trentenaire écrivain qui se regarde le nombril en geignant et faisant du surplace d'une côte bretonne à l'autre, via le sud de la France...
Dans la présentation de l'éditeur, c'est l'histoire de Garance, hospitalisée pour anorexie, qui m'avait attirée. Il est en fait très peu question de cette jeune fille.

Ne vous arrêtez pas à cet avis, ce roman plaira sûrement à ceux qui ne saturent pas sur les auto-fictions en général, et celles de cette auteur en particulier (j'ai retrouvé beaucoup - trop - de points communs avec A ta place, Les yeux au ciel, Comme une mère, Sors de ta chambre... et avec quelques textes d'Olivier Adam).

Le mot de la fin à la narratrice, à propos de sa soeur : ce roman est « un genre de masturbation intellectuelle, [... Betty] a l'impression que je me suis servie de notre famille. »
Mêmes sentiments !

Merci à Babelio et à Flammarion.

agenda 18 déc.

  L'avis de Sandrine, moins sévère.

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mercredi 4 janvier 2017

# Marcher loin, Igit

J'aime bien l'entendre à la radio, et je trouve le clip tout mignon (quoiqu'un peu répétitif)...

Voir aussi Des conséquences.

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mardi 3 janvier 2017

~ Briser la glace, Julien Blanc-Gras

briser

groenlandPaulsen, 14 septembre 2016, 190 p.

-

Banquise, igloos, kayaks, chiens de traîneaux, pêche au harpon, tenue complète en peau de phoque... Pour ces images du Groenland d'un autre temps, revoyez Nanouk l'esquimau (film de Robert Flaherty, 1922).
Pour celles du XXIe siècle, accompagnez Julien Blanc-Gras à bord de l'Atka, faites escale avec lui à Aasiaat, Godha, Saqqaq, découvrez les populations locales, leur quotidien d'occidentaux dans des petites maisons ou des barres d'immeubles, leurs burgers au boeuf musqué, leurs écrans géants et leurs doudounes made in China, la pauvreté, le chômage, l'importance de la pêche malgré une pollution marine telle que l'allaitement maternel est fortement déconseillé...
« Ici vit un peuple ancien, au présent confus, qui tente de s'inventer un futur. » (p. 179)

Si on a lu (et aimé) d'autres récits de voyage de Julien Blanc-Gras, on retrouve sa patte avec délice - moins de déconne que dans Gringoland, l'auteur a mûri, le propos s'y prête moins. On découvre les paysages, le gigantisme et la magnificence des lieux (icebergs, aurores boréales...) mais aussi l'histoire du pays, ses caractéristiques politiques et socio-économiques.
L'auteur constate, décrit, rencontre les habitants, échange avec eux. A partir de réflexions lucides, ironiques, sages et respectueuses, il rappelle les dégâts de la colonisation, l'acculturation qui l'accompagne et détruit une société, un écosystème. Il évoque bien sûr aussi le changement climatique, la fonte inquiétante des glaciers.

Cet écrivain-voyageur met toujours en perspective l'intérêt des populations locales, et la vision effarouchée et bien-pensante qu'on peut avoir de loin. Il bouscule ainsi des idées reçues, sans édulcorer pour autant les problèmes, avec l'humour et le sens de la mesure qu'on lui connaît - lire notamment Paradis avant liquidation.

Grâce à cet excellent ouvrage, à la fois riche et simple, mon année 2017 s'ouvre sur un coup de coeur ! 😍

On peut bien sûr déplorer l'absence de photos, je suis allée m'en mettre plein les yeux grâce à Internet à chaque escale.

agenda 31 déc et 1e janv.

briser photos
voilier Atka - cabane de Paul-Emile Victor
Godha - Aasiaat

eskimo
famille inuite, photo de George R. King (parue en 1917 dans la revue américaine The National Geographic Magazine)

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lundi 2 janvier 2017

~ La vérité et autres mensonges, Sascha Arango

la véritéDie Wahrheit und andere Lügen, 2014
traduit de l'allemand par Dominique Autrand
saschaAlbin Michel, 28 janvier 2015
Le Livre de Poche, 2 novembre 2016, 346 p.

Quadra séduisant, marié à une femme plus que parfaite, Henry Hayden doit sa fortune et sa célébrité aux thrillers qu'il signe. Quand sa maîtresse lui annonce qu'elle est enceinte, l'univers de Henry se fissure. Il est peut-être temps de dire adieu à cette vie dorée construite sur le mensonge. Cascade de dominos, château de cartes soufflé par le vent...

Drôle de roman noir, où l'on trouve des réflexions pertinentes et parfois amusantes sur le meurtre, le mensonge, la mauvaise conscience, la culpabilité et la justice, en référence à 'Crime et châtiment' (Dostoïevski).
Mais les traits de génie sont dilués dans une intrigue alourdie par pléthore de rebondissements, d'incohérences et d'invraisemblances. ** Annoncer dans la presse le décès d'une personne disparue depuis quelques heures ? Convier un proche du défunt à l'autopsie du cadavre ? ** Le système policier allemand est-il si peu sérieux ? L'auteur s'affranchit-il de tout réalisme ?
On se demande parfois si Henry rêve, élucubre, si on a mal compris, si on s'est perdu dans la chronologie. On est d'autant plus déstabilisé par cette histoire que le personnage central est particulièrement déroutant - insaisissable, tantôt apathique et complètement crétin, tantôt redoutablement malin, fourbe et manipulateur, capable du pire comme du meilleur.

Je me suis globalement ennuyée, malgré une ambiance et des ingrédients à la Boileau-Narcejac (triangle amoureux).
Grâce à la pensionnaire indésirable des combles de Henry, j'avais en tête une jolie phrase chantée, ça occupe : « Un pinceau de poils de martre / Pour mettre des rideaux bleus / Aux fenêtres de ses yeux... » (Dites-moi, Michel Jonasz, 1974).

agenda 27 au 30 déc.

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 23e  💀

logo sharon polar 201617

 

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dimanche 1 janvier 2017

Meilleurs Voeux...

... pour 2017 !

BA20173

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samedi 31 décembre 2016

Bilan 2016 en chiffres et graphiques

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264 billets sur nos lectures en 2016

46 rédigés par Mr, et 218 par Canel

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•  les billets de Canel  

gr1 bis

environ 47 000 pages lues, soit près de 2h de lecture quotidienne en moyenne, c'est beaucoup moins qu'en 2015 ! je dois passer trop de temps sur l'ordi... 😵

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•  quoi ?  •

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 la frontière est parfois floue entre les ouvrages jeunesse et ceux pour adultes,
idem entre littératures blanche et noire ; je les ai classés selon le feeling du moment

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•  de qui, d'où ? 

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•  parlons sexe  •

romans jeunesse  -   polars, thrillers    -      BD    -       romans pour adultes

gr3 tout

lectures par genre de l'auteur : plus d'auteurs femmes dans mes romans jeunesse - des polars trempés dans la testostérone, cette année ! (merci Lansdale, Bouysse, Jonquet...) - une grande majorité de BD écrites/dessinées par des hommes (29, et 6 mixtes) - parité presque respectée dans les romans pour adultes

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  •  d'où viennent ces livres ?  •

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 sources variables selon le type d'ouvrage : beaucoup d'emprunts pour les ouvrages jeunesse et pour les BD

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lecture du tableau : parmi les romans jeunesse chroniqués, 73% ont été empruntés à la médiathèque ; 46% des thrillers/polars sont issus de notre PAL, 39% (30+9) de romans pour adultes proviennent de partenariats (Services Presse d'éditeurs, et Babelio).

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Vous avez été 133 par jour en moyenne à passer ici en 2016.

Un grand merci pour ces visites, pour nos échanges, ici ou en off - par mail, sur Babelio, de visu, etc.

On vous souhaite une bonne soirée de St-Sylvestre. A très bientôt !

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•  bilans 2015, 20142013201220112010 

givre

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vendredi 30 décembre 2016

Bilan 2016 en images

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♥  lectures  ♥

un superbe album sur la guerre, à partir de 7 ans

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une BD adulte drôle et pas neuneu sur l'amour - celui qui rime avec toujours

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un roman noir rural entre taiseux, dans une campagne très isolée

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une chronique familiale amusante et grinçante

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une BD autobiographique d'une jeunesse franco-syrienne

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un thriller psychologique entre femmes au bord de la crise de nerfs

petits secrets    cc9

un thriller sexy, où l'on est délicieusement troublé(e) par un psychopathe

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un conte malin pour grands enfants et adultes

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- cliquer sur les couv' des livres pour découvrir les billets -

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♥  salons littéraires  ♥

Rennes   •   Mauves-sur-Loire   •   Nantes   •   Le Mans

salons

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♥  concerts  ♥

Karimouche   •   Hubert-Félix Thiéfaine (bis !)   •   Soan

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   un  somptueux  son  et  lumière  

cath6

- cathédrale de Nantes, spectacle nocturne du 23 au 30/12/2016 -

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