Canel

samedi 19 septembre 2020

Actus, mi-septembre 2020 (1/2)

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Merci aux auteurs de ces dessins de les partager sur Facebook !

N'hésitez pas à acheter leurs albums, à leur donner un coup de pouce sur Tipeee.

-   la plupart des images sont zoomables 🔍  -

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sur la page du manuel : Covid, comment cacher ses symptômes à l'école.

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ma préférée :

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Bonne nouvelle : Soph' a rejoint l'équipe du Canard enchaîné !

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... à suivre pour les dessins !

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   pour Sarko et les singes, ce brillant debriefing de Thomas VDB   

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vendredi 18 septembre 2020

~ Soyez vous-même, Côme de Bellescize

soyezLes Cygnes, 1e juin 2018, 60 p.

♥♥♥♥♥

Jusqu'où peut-on aller pour obtenir un 'vrai' poste, surtout après des mois de galère entre chômage et boulots précaires et/ou un gros investissement (études longues, emprunts, stages non rémunérés, coaching payant) ?

Cette jeune femme "pimpante, pulpeuse et colorée" se présente pour un poste de directrice de communication. Elle VEUT vendre de la Javel, c'est le job annoncé. Elle doit du moins en convaincre son interlocutrice. Elle est bardée de diplômes, s'est préparée à l'entretien, a la pêche - ça devrait aller.
Mais la dame en face s'annonce peu avenante : "costume noir étriqué, corps frêle, lunettes noires et canne blanche".

Il ne faut pas se fier aux apparences, certes, mais dès qu'on voit la recruteuse, y a comme un malaise. Il promet, cet entretien !
Impression vite confirmée. La femme est odieuse, demande beaucoup, pousse la candidate dans ses retranchements, la ridiculise, se radoucit parfois, semble alors sincère, puis repart dans des exigences extravagantes, l'humilie de plus belle.
Ça va trop loin, là, quel est le problème ? Que veut-elle ? Est-elle perverse ? Sadique ? Elle ne sort pas du cadre professionnel en malmenant ainsi la candidate qui devient sa victime ?

Je ne sais pas quelle impression donne le texte brut.
Je l'ai vu joué sur scène en mars 2017 avant de le relire 3 ans 1/2 plus tard, hier.
Malgré ma mémoire souvent défaillante, je gardais parfaitement en tête ce sentiment de malaise croissant - très peu de répit, on s'émeut parfois (la jeune femme est touchante), on rit rarement.
Cet entretien est une séance de torture, de prédation, un chat qui joue cruellement avec une souris. Serrer la vis, relâcher, re-serrer, vampiriser, dénuder, vider l'autre de sa substance, de sa confiance, encourager, remettre à terre, etc.
De quoi bien préparer à certains milieux professionnels, cela dit.
« Vous n'êtes obligée à rien. Vous pouvez rester là, immobile, figée dans votre espace et votre temps, engluée dans votre ignorance poisseuse. Je trouverai à vous remplacer, ne vous inquiétez pas pour moi ! le monde regorge de gens qui veulent avancer et qui n'ont pas peur d'affronter ce qu'ils sont ! »

J'étais allée voir la pièce seule, placée au 2e rang dans une petite salle - j'en suis ressortie secouée, essorée, glacée. Je n'ai pas pris le temps de demander à d'autres spectateurs leurs sentiments à la "vue" de ce jeu malsain - je ne sais même plus si j'en ai eu envie.
On fait plus que "voir", d'ailleurs, on est dedans. La jeune femme glisse à un moment, pour esquiver une énième épreuve humiliante :
« Je vois des gens. (...) Je vous assure. (...) Je sens des respirations »...
Ciel ! elle sait donc qu'on est là et qu'on laisse faire ? Est-ce que d'autres ont eu envie de sauter sur scène pour attraper la sorcière, la retenir, lui crier : "Mais arrête, sal*pe ! Lâche la, c*nnasse ! C'est quoi ton kif, vicelarde sadique ?"

A éviter avant des entretiens d'embauche, des oraux de concours. Ou si l'un(e) de vos proches doit bientôt passer sur le gril.


   •  C'est grâce à un article élogieux du Canard enchaîné que j'ai découvert cette pièce percutante, inoubliable, et brillamment interprétée par Eléonore Joncquez et Fannie Outeiro. Bisous sur le bec !

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17 & 18 sept.

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mercredi 16 septembre 2020

~ Les refuges, Jérôme Loubry

les refugesjlÉditions de l'Epée, 2019
Le Livre de Poche, 2 septembre 2020, 432 p.

♥♥♥♥

La possibilité d'une île (de résilience).
Île était une fois, dix petits enfants après la guerre.
Petit enfant deviendra grand, pourvu que Dieu lui prête vie.
Dans l'île aux enfants, c'est tous les jours le printemps ? ♪♫
Leur printemps, ce sont les bons bols de chocolat chaud. ☕

Mon intro part dans tous les sens ? L'intrigue aussi, et c'est un régal de se faire balader à ce point, entre 1949 et 1986, une île et une ferme, une jeune journaliste et un flic aidé dans son enquête par une psy, etc.

Au début, j'ai ronchonné : 'Nan mais oh, c'est pas un peu facile, tes coïncidences, mon gars ?' 😒 Et puis l'île coupée du monde, depuis Les dix petits nègres, c'est tellement éculé... Et ces métaphores bizarres : "Son souvenir s'évanouit, aussi fugace et solitaire qu'un feu follet dans un cimetière berrichon." Un feu follet dans un cimetière berrichon ?? J'avais plutôt entendu parler de rendez-vous galants 💄 dans les forêts berrichonnes (ou solognotes, je m'y perds)...
Deuxième étape : ah, ok !
Et de nouveau : trop faciles, les pirouettes. Et encore un sujet rebattu dans les thrillers, qui apparaît en 2e partie.
Et puis non, finalement, après avoir paru complètement bancal, bricolé, ce puzzle en 3D emmêlé comme un Rubik's Cube s'imbrique parfaitement et les explications de ce casse-tête sont limpides.

Sans trop dévoiler, on peut dire qu'il est question de traumatismes, de résilience, de refuges, de masques, de folie, de nos subterfuges pour survivre et être en paix avec notre conscience, etc.

J'ai aimé les références aux contes & légendes (Les Trois Petits Cochons, Hansel & Gretel, Le roi des Aulnes de Goethe).
Et à cette chanson :
(...) Pourvu que toujours / Vous répétiez ces mots suprêmes : / "Je vous aime" / Vous savez bien / Que dans le fond, je n'en crois rien / Mais cependant je veux encore / Écouter ces mots que j'adore / Votre voix aux sons caressants / Qui le murmure en frémissant / Me berce de sa belle histoire / Et malgré moi je veux y croire / (...) / Il est si doux / Mon cher trésor, d'être un peu fou / La vie est parfois trop amère / Si l'on ne croit pas aux chimères. (...) ♪♫
Illustrant notamment ces propos : « (...) celle qui espérait que sa mère la remarque comme le prolongement naturel d'elle-même et non plus comme la conséquence d'un père indigne. »

Après avoir été déçue par Le douzième chapitre, j'applaudis de nouveau l'auteur, encore plus qu'après la lecture de Les chiens de Détroit.

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11 > 16 sept.
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lundi 14 septembre 2020

~ Sale Gosse, Mathieu Palain

sale gosseL'Iconoclaste, 2019, 350 p.

mat♥♥♥♥♥

Où j'ai appris ce que signifie Miskine - le nom du chien 🐶 de Pierre-Emmanuel Barré, dont le journal de confinement fut l'un de mes plaisirs de cette période.
De l'arabe مسكين (miskīn) : pauvre, pauvre type, malheureux, triste, loser.

Dans ce roman : du foot, mais pas que. Sinon j'aurais abandonné.
Entre les films Polisse (Maïwenn) et Hors normes (Toledano & Nakache), des histoires d'enfants mal partis dans la vie, d'adoption, d'ados en colère (pléonasme ?), d'adultes qui y croient, même si l'administration ne les aide pas, ou si mal.

Mathieu Palain signe là son premier roman, inspiré de l'expérience de son père, éducateur en banlieue parisienne.
Je m'attendais à ce que le récit soit davantage centré sur ces adultes qui font ce métier admirable, ceux qui raisonnent de cette façon (car ici comme ailleurs, il doit bien y avoir des glandus) : « Quand je suis arrivé à la PJJ, je voulais changer le monde. Aujourd'hui, j'essaye de ne pas l'abîmer. Ton métier, c'est semer sans jamais récolter. Tu suis des mômes qui disparaissent dans la nature, d'autres les remplacent et tu dois te remettre à semer. Ce n'est pas pour les pragmatiques qui veulent des résultats. »

Mais au coeur de cette histoire, on trouve plutôt Wilfried - son 'insécurité affective' & sa colère, qui lui font bousiller tant de choses...
Toute ma sympathie aux malheureux parents. Il faut que jeunesse se passe - et ça passe ou ça casse, etc.

    trouvé dans une boîte à livres 🚪📚 et gardé pour faire tourner   

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2 > 4 sept.

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vendredi 11 septembre 2020

~ Gaston grognon, Max Lang & Susanne Lang

gastonCasterman, 8 janvier 2020, 32 p.

♥♥♥♥

Impossible d'ignorer que Gaston le chimpanzé est de mauvais poil, ça saute aux yeux dès la première de couv' !
Rien ne va - tout est trop ou pas assez. Mais seulement pour lui, parce qu'objectivement, aux yeux des autres, les conditions sont réunies pour une belle journée : temps idéal, bananes à point. Et chacun essaie d'en convaincre Gaston. Mais quoi de plus agaçant que de se faire titiller quand on est déjà énervé ?

Encore un album jeunesse réussi sur les humeurs, émotions, sentiments.
Laissons-les s'exprimer ! Stop aux injonctions à être heureux !
Les enfants devraient apprécier, pour le graphisme, l'histoire et l'humour - notamment les mésaventures de l'hippopotame.

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8 sept.

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lundi 7 septembre 2020

Simple & basique - texte de Guillaume Meurice (juin 2018), d'après Orelsan

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coup de boule

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dimanche 6 septembre 2020

~ Ce qu'il faut de nuit, Laurent Petitmangin

ce qu'il faut La Manufacture de livres, 20 août 2020, 190 p.
lp-

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Les bons parents, ça existe ?
Les très mauvais, oui... Et encore, il n'y a pas d'absolu, puisque certains sont aimants avec une partie de leur progéniture et maltraitants avec un mouton noir, un vilain petit canard, ainsi désigné on ne sait pourquoi (cf. La maladroite d'Alexandre Seurat).
Et puis aimer ne suffit pas, d'façon, on nous l'a assez répété (cf. Winnicott et la 'mère suffisamment bonne').

Le père de cette histoire me semble exemplaire.
Après le décès de son épouse, il élève seul leurs deux fils, adolescents. Il bosse à la Sncf, milite paisiblement au PS, dans une Lorraine sinistrée par le chômage. Il est cool avec ses 'petits' - évidemment affaibli par le deuil, pas toujours présent à cause du boulot, mais vraiment un chouette papa.
L'aîné, adorable gosse, l'a beaucoup aidé durant la maladie de 'la moman' et ses longs mois à l'hôpital. le cadet était préservé, lui, tenu à l'écart du chemin de croix enduré par un malade condamné et ses proches. Une situation classique, un rôle pas forcément enviable...
Après-coup, quand un des deux garçons commence à changer, le père est persuadé d'avoir merdé quelque part. Forcément. Qui d'autre serait responsable ?
Un autre chemin de croix commence, celui de l'hostilité entre un parent et son enfant jeune adulte.

Premier roman de cet auteur, qui écrit depuis une dizaine d'années.
Superbe livre, comme les éditions de la Manufacture savent en dénicher (Franck Bouysse, Séverine Chevalier...).
Court, intense, et triste à pleurer tellement tout y sonne juste.
Ce papa, je l'ai aimé de bout en bout, et compris, je crois. D'autres personnages sont aussi formidables, chacun à sa façon.

Une histoire qui devrait parler aux parents, surtout à ceux qui traversent une zone de turbulences, et à ceux qui se souviennent de leurs erreurs de jeunesse et des difficultés de communication avec leurs 'vieux', à l'époque...

Pour une fois, la 4e de couv' est parfaite : elle suscite l'envie sans rien dévoiler. En revanche certains billets sur Babelio me semblent trop bavards. Dommage pour les futurs lecteurs.
Contrairement à d'autres babélionautes, je n'ai pas pensé lors de cette lecture à Leurs enfants après eux. Pas eu le temps, je crois. Et ici, chaque mot pensé par ce père taiseux est compté, pesé tandis que Nicolas Mathieu dilue.


     • Merci au libraire des Fables d'Olonne pour cet excellent conseil.
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5 & 6 sept.


*******   rentrée littéraire 2020 - 2e   *******

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vendredi 4 septembre 2020

~ Faut pas prendre les cons pour des gens, Emmanuel Reuzé & Nicolas Rouhaud

faut pas prendreFluide Glacial, 4 septembre 2019, 56 p.

♥♥♥♥♥

Si les gourous avaient le sens du sacrifice, si les profs étaient remplacés par des distributeurs, s'ils devenaient gendarmes pour se recaser, si ceux-là télétravaillaient, si les braqueurs se mettaient en grève, et si, et si...

Emmanuel Reuzé imagine un monde complètement dingue en distordant à peine des tendances de notre société, que les derniers mois ont mises en évidence (album sorti fin 2019, avant la pandémie, le confinement, la crise...).
En vrac : privatisations, manque de moyens dans les hôpitaux, surpopulation carcérale, paupérisation, chasse aux migrants, milieu professionnel et harcèlement, curés déviants, etc.

Cet humour noir, cynique et absurde rappelle beaucoup celui de Fabcaro.
Le dessin quant à lui fait penser aux romans photos et aux BD des années 50-60 et aux oeuvres 'pop art' de Roy Lichtenstein (1923-1997). Je trouve ça moche, mais les dialogues & situations burlesques, ubuesques, m'ont ravie. Et le tout s'accorde à merveille, comme les tableaux détournés de Geluck ou de @unfographiste (https://www.facebook.com/unfographiste).

De quoi donner le sourire quand l'heure de la sortie [de vacances] a sonné.

Vivement le tome 2, dans un mois (sortie prévue le 07/10).
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4 sept.

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mercredi 2 septembre 2020

~ Un cri søus la glace, Camilla Grebe

un cri sous la glacecgÄlskaren från huvudkontoret, 2015
traduit du suédois par Anna Postel
Calmann-Lévy, 2017
Le Livre de Poche, 21 février 2018, 510 p.

♥♥

Emma, t'es trop bonne [gentille] et ta pile va bientôt claquer. ♪♫
On a le coeur de plus en plus serré en apprenant quelle est ta vie, quelle fut ta jeunesse. Sous le signe de l'abandon et de l'amour raté, malsain. Tu mérites mieux, petite jeune femme si douce, si perdue.
Et on en veut aux salopards qui bousillent les femmes comme toi et Hanne : les lâches, les profiteurs, les prédateurs.

Au-delà d'un thriller haletant, ce Cri sous la glace est une histoire poignante de faiblesse, de soumission, de dépendance et d'abandon. D'espoir déçu, de solitude et de souffrance infinie.

L'auteur a la gentillesse de nous laisser deviner le fin mot de l'affaire criminelle cent pages avant la fin, mais malgré cette avance prise, il me reste plein de questions en tête. *** Quid de "l'aventure" avec LaVis ? imaginée aussi ? pourquoi ne pas avoir décapité J. plutôt que la femme ? sauf que ça bousillait tout suspense puisqu'on aurait eu une tête d'homme, donc on ne voyait plus E. en victime sacrifiée. ***

Pour finir, je pique la petite phrase de Marianne Payot (L'Express) : 'Un formidable suspense psychologique pétri d'humanité.'
Exactement !
En espérant que les autres ouvrages de l'auteur me chambouleront tout autant...

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30 août > 1er septembre

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lundi 31 août 2020

Comme une petite ressemblance (août 2020)

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Des couvertures qui se ressemblent, plus ou moins, et que j'assemble.

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(de l'association d'idées perso à la copie conforme)

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~   vertigo   ~

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d'autres CUPR ? novembre 2019, avril 2019, janvier 2019...

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samedi 29 août 2020

~ Térébenthine, Carole Fives

terebenthineGallimard, 20 août 2020, 176 p.

cf♥♥♥

Quand Trust tutoie l'antisocial qui perd son sang-froid, j'aime.
J'aime aussi quand Téléphone me dit familièrement que quelque chose en moi ne tourne pas rond. Jean-Louis, si tu savais... 🙃
Et je suis toute chose quand on me chante ça : 'Je te vois toute nue sur du satin. Et j'en dors plus, viens me voir demain.' *
Bref, je ne suis pas à cheval sur les principes : tutoie-moi si tu veux.

Par contre, quand un auteur emploie la 2e personne du singulier dans son roman, au mieux, je suis déroutée, et je m'habitue. Au pire ça m'agace, je trouve ça mièvre, artificiel, et je reste à distance. Option 2, dans ce cas.

Voilà pour la forme, ici.

Pour le fond, je m'attendais à une histoire de femme, de mère, de fille, comme dans les précédents romans de Carole Fives que j'ai tant appréciés (Tenir jusqu'à l'aube, Une femme au téléphone...).
Mais si j'avais lu la 4e de couv', je n'en serais pas là. Ou peut-être que si, j'aurais choisi cette lecture, mais pour d'autres raisons, car je reste dans la ligne de mes vacances apprenantes sur l'Histoire de l'Art. J'ai presque eu l'impression de lire un numéro de la revue DADA. Dans ce Térébenthine, l'auteur nous parle de femmes artistes des XXe et XXIe siècle, et pose également la question de l'avenir de la peinture dans les Arts plastiques.

Intéressant, bien que l'aspect didactique soit souvent artificiel. Quant aux interactions entre les 3 z'amis, elles ne m'ont pas convaincue une seconde. Les personnages sont sans relief, et leurs dialogues d'une platitude et d'une naïveté absolues - comme dans la vraie vie, cela dit.

Déception, parce que je partais avec des a priori très positifs.

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27 & 28 août

*****   rentrée littéraire 2020 - n° 2   *****

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vendredi 28 août 2020

~ L'anomalie, Hervé Le Tellier

l'anomalieGallimard, 20 août 2020, 336 pages

Blake : tueur à gages
Miesel : auteur
Lucie : mère célibataire et monteuse (ciné)
André : amoureux de Lucie
Sophia : petite fille intelligente et curieuse, passionnée par les batraciens
Slimboy : chanteur au Nigeria...
J'en passe, il y a pléthore de personnages, présentés en alternance sur près de 130 pages.

 

hltSi on manque de patience, d'attention, c'est vite lassant et on se demande quand l'auteur va passer à l'intrigue, ou s'il va poursuivre en mode catalogue (je ne lis pas les 4e de couv)...
Pour nous distraire ou étoffer, il nous éduque (vacances apprenantes, les amis, merci), à grand renfort d'anecdotes, d'énigmes, de mini-cours de géopolitique, et ça fait parfois ajout artificiel, cop-coll Wiki, même si je ne doute pas des connaissances et de la culture d'Hervé Le Tellier, oulipien.

Deuxième partie du livre : ayé, on décolle enfin. Gare aux turbulences, ça va secouer, et plutôt deux fois qu'une.
Les amateurs de SF apprécieront (ou pas ? peut-être trouveront-ils cela simpliste ?).
L'idée m'a plu, mais j'ai été souvent perdue dans les hypothèses scientifiques.
Les réflexions philosophiques suscitées m'ont ravie, en revanche. Et par-dessus tout, l'auteur m'a (tristement) amusée avec ses critiques sur la religion et sur les "grands" hommes d'Etat de la planète. Les médias en prennent aussi pour leur grade - leur course à l'audimat et ses conséquences désastreuses.

Je conseille, notamment aux adeptes des premiers ouvrages de Bernard Werber (Le Tellier écrit beaucoup mieux, ses personnages sont plus complexes donc plus crédibles).
Vertige assuré !

    •  Merci Babelio, merci Gallimard !

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19 > 27 août

*****   rentrée littéraire 2020 - n° 1   *****

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jeudi 20 août 2020

~ Dans ma ZUP, François Beaune & Fabrice Turrier

zupLe Nouvel Attila, septembre 2019, 220 p.

Cet été, je voyage dans le temps et l'espace avec la revue DADA.
Et, dans un autre style, je m'évade grâce aux témoignages recueillis par François Beaune.
Après des Vendéens, des Libanais et deux sympathisants du FN, je rencontre cette fois avec lui plusieurs générations d'une 'banlieue ordinaire' (sic), une ZUP de Chambéry.
Souvenirs d'enfance, d'exil, bonheur et reconnaissance d'avoir pu s'installer en France pour certains, amertume au contraire pour d'autres à qui on avait tant promis. Anecdotes, bons moments partagés, solidarité, foot...

Intéressant, touchant. Mais peut-être trop de noms pour s'y retrouver ? J'ai vite abandonné l'idée de repérer les personnages, me laissant porter par leurs petites histoires, et c'est finalement suffisant pour apprécier la lecture.

Un plus par rapport aux autres ouvrages de François Beaune que j'ai lus avant celui-ci : il s'agit cette fois d'un album, et les dessins de Fabrice Turrier qui illustrent des temps forts du texte, sont bienvenus et méritent qu'on s'y attarde.

Je n'ai pas encore choisi mon prochain titre de François Beaune, je fais une pause 'polars' et 'rentrée littéraire' d'auteurs que j'aime (Camille Laurens & Carole Fives).

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13 > 15 août

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mercredi 19 août 2020

~ L'erreur, Susi Fox

l'erreurMine, 2018
sftraduit de l'anglais (australien) par Héloïse Esquié
Fleuve Noir, 2019
Pocket, février 2020, 410 p.

Sasha, la jeune maman de cette histoire, a le sentiment d'être dans un « film d'horreur hospitalier ».
Encore pire, je dirais : un thriller en périnatalité.

L'auteur nous cueille dès les premières lignes :
« Je pensais que j'adorerais être mère.
Je me trompais.
Je n'aime pas ça du tout ; pas même un seul instant.
Je sais que je ne suis pas douée pour ça. (...)
Tout cela, c'est une grosse erreur.
Je ne veux pas continuer.
Je ne peux pas continuer. »

Gloups, le désespoir suinte dans ces mots.
Et le malaise ne fait que commencer.
Aucun répit pour le lecteur entré dans cette maternité pas très propre : douleurs physiques post-enfantement (césarienne ici), mal-être, dépression, univers hospitalier et psy, hostilité et toute-puissance du personnel soignant, incompréhension des proches, crise conjugale, bébés prématurés maigrichons et mal en point dans leur couveuse... - j'en passe.

Ce roman appuie où ça fait mal, ravivant des angoisses plus ou moins oubliées autour de la maternité, même si l'on n'a pas été confrontée à autant de drames que Sasha.
• Avant la naissance : serai-je une bonne mère, saurai-je aimer mon bébé ?
• L'accouchement, qui se déroule rarement comme on l'avait fantasmé (Apik, il est où le brumisateur ? 😒 dans le coffre de la voiture ? 😮 mais put*** ! 😡)... 😉
• Après : même si la magie opère avec le bébé, même si c'est le coup de foudre, la peur de ne pas savoir, de ne pas y arriver, l'accablement par moments, la fatigue qui s'accumule... Et toujours, tout au long de la vie d'une mère : angoisse et sentiment de culpabilité quand ça ne roule pas complètement droit.


Susi Fox évoque également la filiation, la 'donation' (Florence Noiville) : mon héritage familial est lourd, suis-je condamnée à reproduire les 'erreurs' de mes parents ? La répétition au sein de la famille élargie, et sur le long terme, est quelque chose de particulièrement effrayant... Sans croire aux "sorts", je constate que ce phénomène est fréquent, pour d'obscures raisons de culpabilité, punition auto-infligée, que sais-je...

Au-delà de ces thèmes, on trouve une trame assez classique : un sentiment, une crainte, qui devient une certitude chez la jeune mère. Qui a raison, qui a tort, qui ment, qui est parano ?

En 4e de couv, 'Ici Paris' décrit "Un thriller troublant mais aussi émouvant." Entièrement d'accord, j'ai parfois été au bord des larmes (rare dans un thriller).
Je déconseille à ceux qui ont la phobie des hôpitaux, et bien sûr aux femmes enceintes et aux mamans épuisées qui viennent d'accoucher...
Bref, mauvaise idée de cadeau de naissance !

    •  Encore une fois, je salue le travail de la traductrice Héloïse Esquié. Je ne sais pas dans quelle mesure elle choisit les ouvrages qu'elle traduit, mais ce sont souvent des romans forts (des éditions Sonatine, notamment).

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16 > 18 août

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dimanche 16 août 2020

~ Omar et Greg, François Beaune

omar et gregPoints, Points récits, 19 mars 2020, 144 p.

frbe♠   (3.5/5)

Plein de chemins mènent au FN - il est bien question de JM Lle Pen, et pas de ses descendantes ni des nouveaux partis issus des idées et conquêtes du 'patriarche'.

On le voit à travers les parcours respectifs d'Omar et Greg, tous deux issus de milieux modestes, ayant grandi dans des quartiers mixtes, l'un plutôt blanc (malgré des origines tunisiennes, côté paternel), l'autre surtout beur.
Guère motivés par l'école, ils se sont formés plus tard, en autodidactes, et ont suivi des trajectoires politiques différentes pour finalement se retrouver proches de 'Jean-Marie' (sic), et devenir amis.

L'ouvrage est aussi agréable à lire que les autres recueils de témoignages de François Beaune. Ce sont des vies de 'gens du peuple', comme moi, donc je peux m'identifier (notamment parce que nous sommes de la même génération, celle de 'Touche pas à mon pote').
Riche d'anecdotes et de réflexions pertinentes, ce texte me semble avoir néanmoins deux défauts : trop hachuré, en raison d'une alternance trop fréquente entre les deux voix, et une fin confuse - peut-être parce que j'adhérais moins aux idées des deux narrateurs ?

Ce genre de témoignage est sain, il me renvoie à mes propres ambivalences politiques, tout comme certains personnages de Virginie Despentes (notamment dans sa trilogie Vernon Subutex).
Cela me rappelle cet échange marquant entre Marco et un vieux pote qui bosse aux Chantiers navals dans Le Combat ordinaire, tome 2, de Manu Larcenet :
« Moi j'ai pas peur. Et, vu les dernières élections, je suis pas le seul !
- ?!! C'est [JM] le Pen qui est arrivé en tête, ici, non ?
- Si. Et largement, en plus. Alors tu vois, rien n'est perdu.
- Mais... Qu'est-ce que tu racontes ?! Me dis pas que t'as viré facho ?!! Me dis pas que tu crois à leur baratin !
- J'ai pas viré facho... Je veux juste que ça change...
(...)
- Et tu crois quoi ?!! Qu'ils vont sauver le chantier en virant les étrangers SAUF tes potes ?! C'est n'importe quoi !!!
- TA GUEULE ! ME SORS PAS TON DISCOURS DE PARISIEN ! TU SAIS PLUS COMMENT ÇA SE PASSE ICI ! TU SAIS PLUS COMMENT ON VIT ! VIENS PAS ME DONNER DES LEÇONS CHEZ MOI !! (...) Tu veux pas parler, Marco. Tu veux juste me prouver que j'ai tort. Et le pire, c'est que t'as peut-être bien raison. Mais je m'en fous. »

Ces lectures m'aident à moins juger, à être plus tolérante. J'ai moins d'indulgence (voire zéro), en revanche, pour les nantis qui se tournent vers l'extrême-droite. Peut-être qu'un bon livre m'aiderait à comprendre ce qu'ils en attendent, de quoi ils ont peur...

J'ai poursuivi ma découverte de François Beaune avec Dans ma Zup. Même esprit, mais plus léger, plus anecdotique.

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11 > 13 août

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samedi 15 août 2020

~ DADA n° 155 : MADE IN RUSSIA

dada russiaArola, avril 2010, 52 p.

DADA da ? *
[ traduc : "DADA : oui ?" ]
► ma réponse s'écrit "B 3 Z chaise O P" - se prononce "vzdor"
[ traduc selon selon google "français > russe" pour "bof" ]

Cette intro tirée par les cheveux avec jeu de mots franco-russe & clin d'oeil allemand pour dire que ce numéro de DADA ne m'a pas emballée.

Pour la partie histoire : beaucoup d'art religieux (comme partout) et donc d'icônes dorées, ces représentations de saints. Une architecture des édifices religieux empruntant au monde byzantin et à l'Occident.

Pour la partie politique du XXe siècle : propagande soviétique.
« Le gouvernement de Staline, successeur de Lénine, donne aux artistes une méthode à suivre : le 'réalisme socialiste'. Les oeuvres doivent montrer la réussite soviétique et former le peuple au socialisme. Pour cela, les sujets sont pris dans le quotidien du travailleur, à l'usine ou aux champs. (...) Mais tandis que cet art officiel célèbre la prospérité, les masses subissent de sérieuses famines, et tous les opposants politiques sont envoyés dans des camps de travail forcé. »

Quelques pages sur l'avant-garde russe (Chagall, Larionov, Kandinsky, Malevitch) et des artistes actuels...

Ce que je retiens de ce numéro : l'oeuvre 'Métamorphose' de Alexeï Kallima.
« Artiste russe, né en 1969 en Tchétchénie. Cette région du sud, qui revendique son indépendance, est en guerre contre la Russie depuis le milieu des années 1990. C'est à cette époque que Kallima arrive à Moscou. La guerre le rattrape puisque lui, qui n'a pourtant jamais tenu un fusil, est assimilé aux Tchétchènes. Il décide alors de faire de cette guerre l'élément central de son oeuvre. Il adopte un point de vue plutôt documentaire. Avec de très grands plans aériens et un trait proche des dessinateurs de BD. (...) Il représente des combats, comme ce corps à corps entre un soldat russe et un guerrier tchétchène [qui forme] une faucille et un marteau, l'emblème soviétique, sur un fond rouge sanglant. »

vl
source : Vladey


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* hors-sujet avec ce tube allemand, mais c'est toujours un plaisir de refaire un tour du côté des 80's !

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jeudi 13 août 2020

~ Poilu, Sylvie Chausse

poiluThierry Magnier Editions, 7 mai 2011, 90 p.

♥♥♥♥

Benjamin, c'est un chouette copain : il laisse volontiers Paul copier sur lui pour les devoirs à la maison et pendant les contrôles en classe, et surtout, il supporte Lélio, ce lourdaud-mytho.
En 5e, on a parfois besoin de mentir un peu pour grignoter du temps sur les écrans, et même si Ben semble avoir un peu de mal à s'adapter à la nouvelle organisation, il trouve pratique d'avoir des parents séparés : la semaine chez une maman qui travaille souvent de nuit, et le WE avec un père cool et une grande famille recomposée.

Bref, Benjamin jongle avec tout ça et ne s'en sort pas si mal pour grappiller un peu de liberté. Lorsqu'il s'agit de cacher certaines activités 'inavouables', ça se complique, notamment avec ce Lélio qui lui colle aux basques, et avec sa mère méfiante.

Belle histoire, douce & généreuse sans mièvrerie, sur l'amitié intergénérationnelle, le courage d'affronter les moqueries des copains (sans pitié, au collège).

J'ai particulièrement apprécié les coulisses du roman, dévoilées après l'intrigue. L'auteur a soumis un chapitre par semaine à des classes de CM2, 6e et Segpa. Au fur et à mesure de l'écriture, les élèves réagissaient, s'interrogeaient, posaient à Sylvie Chausse des questions intéressantes et aussi touchantes que le personnage central du livre. J'ai notamment aimé leur inquiétude sur le passé de 'la Grenouille'.
Enrichissante pour l'auteur, les élèves et les profs, cette démarche géniale ne peut que favoriser le goût de la lecture, voire donner envie d'écrire.

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9 > 12 août

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mercredi 12 août 2020

~ DADA n° 225 : TROMPE-L'OEIL

dada trompeArola, février 2018, 52 p.

♥♥

En général, dans un numéro de DADA, je fais plusieurs découvertes.

Ici, sur le thème du trompe-l'oeil, c'est essentiellement Liu Bolin qui a retenu mon attention et suscité ma curiosité au point d'aller voir ses autres oeuvres sur internet.
Celle présentée dans la revue est Caché dans la ville, Panda (2012), qui illustre la première de couverture. Vous voyez les chaussures en bas, au milieu ? Remontez et vous trouverez la silhouette et le visage de l'artiste, entièrement grimés pour se fondre dans le décor. Ses autres créations sont sur le même modèle. Explication : « Puisque son pays veut le faire disparaître, il prend l'idée au pied de la lettre et se glisse dans toutes ses photographies. » L'utilisation du panda sur cette photographie en particulier est un symbole particulièrement fort, qui dénonce l'hypocrisie de la politique étrangère de la Chine : « Ces pandas sont une arme diplomatique efficace : l'animal, qu'on ne trouve qu'en Chine, est offert à d'autres pays pour entretenir de bonnes relations avec eux. Avec son air inoffensif, il donne aussi aux autorités chinoises une image sympathique, malgré la dictature qui règne sur place. » Une pensée (agacée) pour le 'filleul' ultra-médiatisé de Brigitte M., au zoo de Beauval...

Pour le reste, j'ai redécouvert les trompe-l'oeil antiques, notamment ceux de Pompéi ou les fresques de Zeuxis, tellement réalistes que les oiseaux venaient picorer les grains de raisins dessinés, à ce qu'on dit... On trouve aussi dans ce numéro les portraits fruits & légumes d'Arcimboldo (que j'ai toujours trouvés puissamment hideux), des oeuvres murales contemporaines de street artists* (Banksy, Anders Gjennestad...), des illusions d'optiques fascinantes de différentes époques, jouant avec la géométrie et le principe d'anamorphose.

Je parcours généralement en diagonale les dernières pages, consacrées aux expos et autres 'aRtualités'. Cette fois, l'article sur 'Le jardin des délices' de Carla Gannis (2014) m'a fascinée.
A découvrir en vidéo, car l'oeuvre, qui reprend le célèbre tableau éponyme de Jérom Bosch (1500) est animée.
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* DADA utilise toujours le terme de 'street artiste' (sans doute l'expression consacrée), je lui préfère ceux 'd'artistes de rue', ou 'street artist'.

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10 & 11 août

 

bolin
- zoomable -
source : 'Liu Bolin, l'homme caméléon', article du 28/01/2013 (L'Express)

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- zoomable -
source :
Maison Européenne de la Photographie

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- zoomable -
source :
 Liu Bolin: The Invisible Man | LIU BOLIN

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- zoomable -
source : Liu Bolin Studio

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 Carla Gannis -- voir aussi cet article sur Rebelle

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mardi 11 août 2020

~ L'Esprit de famille, François Beaune

l'espritEditions Elyzad, 27 février 2018, 180 p.

♥♥♥♥

J'ai adoré redécouvrir 'ma' Vendée sous la plume du portraitiste François Beaune, alors je suis rapidement repartie avec lui, mais loin cette fois, et en terre inconnue : au Liban.
Lors d'un séjour de six semaines en 2016, l'auteur a posé cette même question à des hommes et des femmes, libanais ou émigrés : « Quel serait, parmi le récit de votre vie, l'histoire vraie qui vous a marqué, vous est chère ? »
Plus de sept fois sur dix, ses interlocuteurs lui ont parlé de leur famille.


libanFamille ancrage, cocon, étouffante, castratrice, comme partout ailleurs, voire plus qu'ailleurs. Car il existe « un esprit de famille propre au monde méditerranéen, et sans doute à toutes les sociétés oscillant, comme c'est le cas au Liban, entre un système politique démocratique et une société fonctionnant encore selon les modes communautaire et clanique » comme le souligne l'écrivain libanais Charif Majdalani en 4e de couv.

François Beaune nous livre ici 77 témoignages - de quelques lignes à une quinzaine de pages - insolites, drôles, tragiques, émouvants.
Outre les histoires familiales, il est évidemment beaucoup question de guerre, de géopolitique, de religion(s) et de communautarisme, d'amour et de sexualité...

Je poursuis ma découverte de cet auteur génial, dans un premier temps avec Dans ma ZUP (BD) et Omar et Greg.

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7 > 9 août

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dimanche 9 août 2020

~ Peau d'homme, Hubert & Zanzim

peau d'hommeGlénat BD, collection 1000 Feuilles, 3 juin 2020, 160 p.

hubert   •  lu par Canel

Il était une fois, dans la Renaissance italienne et dans un conte philosophique, une marraine encore plus intéressante que celles de Peau d'Ane, Cendrillon et la mienne. Deux semaines avant que sa jeune nièce Bianca épouse un homme d'affaires choisi par la famille (évidemment par intérêt), elle lui propose de se mettre dans la peau d'un homme, à volonté et incognito. le costume est plus qu'une simple enveloppe. *** Il est doté d'un pénis opérationnel - miam, voilà qui ouvre des perspectives intéressantes ! *** 😋

Bianca l'utilise, d'abord pour observer son futur mari qu'elle n'avait jusqu'alors qu'entrevu. Elle s'aventure ensuite dans la faune nocturne masculine, participe aux 'jeux', malgré les prêches vindicatifs de son prêtre de frère qui entend brûler tous les "débauchés" de la ville.

Conte philosophique & initiatique aussi captivant que troublant sur le désir et les attirances amoureuses/sexuelles, sur l'ingérence des religions sur ce sujet, ainsi que sur les rôles assignés aux hommes et aux femmes dans une société.

J'ai savouré, me suis beaucoup interrogée sur les comportements de Bianca, mais je reste frustrée par la fin. J'aurais aimé une 'reconnaissance', une explication d'homme à homme, comme dirait l'autre. Je suppose que les auteurs avaient prévu une suite ? (mais je viens de voir qu'Hubert est décédé).

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6 & 7 août

 
*     *     *

  •  et Mr

Bianca, âgée de 18 ans, découvre son fiancé Giovanni, choisi pour elle par ses parents, fiers de leur négociation. Dommage pour elle, c'est pour le jeune Tomaso qu'elle a le béguin. Bianca est vierge, et sa mère n'envisage pas de lui donner un quelconque conseil sur la sexualité. Heureusement sa marraine est là pour l'éduquer. A cet effet, elle lui prête un accessoire qu'elle saura apprécier mais dont l'usage pourrait s'avérer dangereux pour la jeune femme. Il faut dire que le clergé local est intolérant sur les moeurs de la population, comme tant de religions, en d'autres temps, d'autres lieux.

Bien qu'il se déroule à la Renaissance, ce récit en forme de conte pose des questions et comporte des réflexions très modernes sur les stéréotypes masculins et féminins, ainsi que sur les attirances sexuelles, et cela sans vulgarité.
J'ai vite été porté par l'histoire et par les questionnements qu'elle suscite, oubliant un graphisme qui ne m'attirait pas a priori.

 

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