Canel

dimanche 26 septembre 2021

~ De Polyamour et d'eau fraîche - Elsa Hebert, Cookie Kalkair, Cristina Rodriguez

de polyamourSteinkis, 16 septembre 2021, 120 p.

elsa

On se souvient d'une Marlène précisant que si la polygamie allait être sanctionnée, le polyamour, les trouples, plans à 3, j'en passe et des meilleur(e)s... en revanche, restaient autorisés. Merci madame, vous êtes trop bonne ! 🙃🤔

Elsa & Cookie, mariés dans la vraie vie et co-auteurs de cette BD, donnent leur mode d'emploi du polyamour. Ils présentent, dans cet album et sur un compte Insta, la façon dont ils gèrent leur 'trouple' avec Tina, mais aussi leur polycule (qui n'est pas une partouze anale, révisez votre grec ancien). Car chacun des trois batifole de son côté et élargit ce réseau à géométrie variable.

Tout cela me fait aussi peur qu'une réunion entre huiles [mets de l'huile ♪♫] dans une boîte privée (ou une administration) : un exposé lourd de jargon - lui-même chargé d'anglicismes et plombé d'écriture inclusive - sur un mode de vie où je vois surtout des contraintes et un vrai casse-tête côté timing.
Car oui, poly-aimer en bonne intelligence et de manière 'éthique' (sic) exige beaucoup de self-control et de temps - pour supporter toutes ces pressions et ménager tout le monde (dont un enfant, celui de Cookie & Elsa).

Aucun intérêt pour moi.
Et pas d'humour, contrairement à Pénis de table du même Cookie Kalkair (aussi connu sous le nom de Charles Huteau), et à ce que promet la 4e de couv'.

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 25 sept. - merci à Babelio et Steinkis

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samedi 25 septembre 2021

~ Six pieds sur terre, Antoine Dole

six pieds

adoleRobert Laffont, août 2021, 260 p.

♥♥♥

Six pieds sur terre
   et mon moral dans mes deux chaussettes.
Pire, même, comme si j'avais six pieds de plomb couverts de chaussettes trempées.

Elle : Camille, élevée par une mère célibataire bipolaire, donc habituée depuis toujours à arrondir les angles et 'réparer les gens'.
Lui : Jérémy, détruit à 15 ans par la mort brutale et violente de sa mère.
Ces deux-là ont eu la bonne idée de s'aimer, ou de faire comme ci.
Jérémy va mal, tourne autour de son nombril, se demande ce qu'il fout là - avec Camille, et vivant, même, tout simplement.

L'auteur fait un tour assez complet des métaphores de la dépression, on s'y croirait. On a même la tâche humide et crado au plafond de la chambre, qui grandit. Cela m'a rappelé les images de la maladie de Chloé dans L'Ecume des jours (Vian).
Effet Guignol : envie de crier à Camille 'Casse-toi, sauve ta peau, ce mec est irrécupérable et t'entraîne vers le fond'. Je lui en ai voulu, à ce Jérémy "lâche & égoïste", j'ai eu envie de le secouer, de lui botter les fesses : 'Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour ceux qui t'aiment.'
Ok, maman ne lui a pas donné l'exemple, mais bon. La répétition des erreurs de nos parents et de ceux qui les ont précédés, c'est obligé ?
La rencontre entre Camille & Madeline m'a un peu calmée et ouvert l'esprit.

Un roman trop sombre, lent, lourd, désespérant, agaçant.
J'ai eu beaucoup de mal à ne pas abandonner la lecture.
Mais Antoine Dole écrit très bien, aucun doute.

« On apprend, c'est tout. A vivre. Les années abattent autour de nous les obstacles et les imprévus. Et on choisit : passer au travers ou se laisser tomber. (...)
Notre place n'existe pas, on se la fait, c'est tout. Elle est là cette vie à vivre, elle est droit devant soi. (...)
Le temps qui nous est accordé, on fait du mieux qu'on peut pour le gorger d'espoir. Petit à petit, une montagne après l'autre, un caillou, une poussière, on prend ce qui nous pèse, on le laisse derrière soi, on se libère, on apprend. »

Y a qu'à, quoi... Très joliment dit, tellement vrai, mais des propos qui sonnent creux pour ceux qui sont au plus bas et n'arrivent plus à croire que le tunnel a une issue.

   PS : j'aime beaucoup le billet de Didjmix sur Babelio.

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19 > 24 sept.

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mercredi 22 septembre 2021

~ Envoyé un peu spécial, Julien Blanc-Gras

envoyé un peuStock, 28 avril 2021, 315 p.

♥♥♥

Avant, Julien Blanc-Gras voyageait. A ses frais d'abord, quand il était jeune et baroudeur. Puis pour des journaux et revues. Il en a donc fait son métier : 'écrivain-voyageur'.

Depuis le Covid, les confinements, la restriction des déplacements hors frontière, il voyage moins.
Le fait d'être papa d'un petit garçon (cf. In Utero et Comme à la guerre) y est peut-être pour quelque chose aussi ? Est-il également touché par le flygskam, cette honte de prendre l'avion, en tant qu'écolo et citoyen engagé ? Et tant pis si madame travaille pour Canal, on a tous nos petites contradictions entre convictions socio-éco-politiques et mode de vie perso...

Pour continuer à écrire, et vendre des livres pour faire bouillir la marmite, il racle les fonds de tiroir de ses souvenirs.
Le résultat : ce recueil.
Il est allé partout, aux X coins du monde (pas 4, la terre n'est pas plate), et raconte des anecdotes. Les chapitres sont très inégaux, certains trop longs, d'autres très brefs (il a promis des 'cartes postales'), plus ou moins intéressants, parfois à peine plus personnalisés qu'un article de Wikipedia. Heureusement qu'il peut parler de ses cuites, ça alimente un livre.
Et qu'il garde ce talent pour approcher les gens, les écouter, et nous raconter leurs singularités avec finesse, sensibilité et humour.

Avis mitigé, cette fois, avec cet auteur.
J'ai préféré Paradis avant liquidation, Briser la glace, In utero...

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 4 > 20 sept.

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dimanche 19 septembre 2021

~ Encore une journée divine, Denis Michelis

encore une

denNotab/lia, 19 août 2021, 208 p.

♥♥♥

Il s'appelle Robert, ce patient d'hôpital psy qui monologue - à l'adresse de son psy ? ou dans sa tête ? On peut tout imaginer.
On ne saura que tardivement pourquoi il est interné. Et encore, sans certitude sur rien, finalement.

Il s'appelle Robert, et pour moi, c'était Eric, ce type qui sautille partout ces temps-ci dans les médias, et éructe ses théories à la c** en se posant en victime bâillonnée.
Un fou, ce Robert, pas un 'doux dingue', un mec dangereux, aux idées puantes et toxiques. Reste à savoir s'il est passé à l'acte, s'il est allé aussi loin qu'il le laisse supposer.

Je l'ai d'emblée trouvé antipathique, insupportable, ce geignard jaloux, frustré, aigri, haineux. Un connard arrogant comme on en trouve chez Nothomb (au moins un dans chacun de ses bouquins, non ?).
J'ai réussi à me convaincre, de loin en loin, qu'il avait souffert de sa place dans la famille pour en arriver là, sans doute. Je l'ai souvent trouvé pathétique, parfois drôle, à son insu - comme cela peut arriver avec les gens qui se plaignent en continu et qui en deviennent ridicules : soit je m'agace, soit j'arrive à en rire.

Quoi qu'il en soit, même si je n'ai pas tout saisi, même s'il me reste plein de questions en tête, j'ai dévoré cette histoire et admiré une nouvelle fois le talent de l'auteur. Denis Michelis est doué pour les récits courts, intenses, dérangeants, et j'adore ça (cf. La chance que tu as, Etat d'ivresse). J'ai hâte de lire le seul de ses romans publiés que je n'ai pas lu : Le Bon Fils.

   •  Merci à Babelio et à Notab/lia. Sitôt reçu, sitôt lu ! ♥

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18 & 19 septembre

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samedi 18 septembre 2021

~ Enfances perdues, Mechtild Borrmann

enfances

mechGrenzgänger, 2018
traduit de l'allemand par Céline Maurice
Editions JC Lattès, Le Masque, 2020
Le Livre de Poche, 25 août 2021, 320 p.

♥♥♥♥♥

« C'était une autre époque. On avait d'autres idées sur l'éducation. »
Oui, mais quand même... A ce point !? Quelle horreur !
Cela dit, d'autres lectures, des films (1), et des témoignages de 'vieux' proches me convainquent que les faits ne sont pas exagérés.

Ici : 1947, un village allemand proche de la frontière belge.
Pas besoin de savants calculs pour comprendre que les temps sont durs. Immédiat après-guerre, donc pénuries, d'autant que certains hommes - marqués, brisés - ne sont plus en mesure de travailler.
Même si tu es brillant(e) à l'école, petit(e), tu commenceras à travailler tôt. On a besoin de tes bras à temps complet pour la maison, la ferme, le commerce, voire d'un salaire d'appoint. Beaucoup de potentiel gâché, comme ça, dans ma famille, mais c'est une autre histoire...

La construction de l'intrigue est identique à celle des autres romans de l'auteur : deux périodes, un drame entre les deux, beaucoup de difficultés en amont, et plusieurs voix pour relier les événements.
On progresse doucement, on peut s'y perdre un peu (les noms allemands et la chronologie de 1970), mais je l'ai lu trop lentement, faute de temps, et l'ai un peu gâché.

L'auteur est douée pour nous faire aimer ses personnages et partager leur douleur. J'ai admiré Elsa, j'ai été bouleversée et révoltée pour Thomas, en particulier - petit garçon piétiné...
« Petite poupée brisée entre les mains salaces
De l'ordure ordinaire putride & dégueulasse
Kill the kid (...) ♪♫
Pendant qu'un Abraham ivre de sacrifices
Offre à son dieu vengeur les sanglots de son fils
Kill the kid ... » ♪♫
Quant à Henni, je vous laisse découvrir son courage ♥ et son triste parcours.

Si l'enfer existe, braves gens d'église sadiques qui ne savez qu'humilier, châtier, briser, castrer pour remettre les gens dans votre 'droit chemin', il est pour vous ; vous n'aviez rien compris !
Diable merci, vous n'êtes pas tou(te)s ainsi.


   (1) The Magdalene Sisters, Peter Mullan, 2002.
   (2) Demain les Kids, HF Thiéfaine, in 'Chroniques bluesymentales', 1990

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11 > 17 sept.

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dimanche 5 septembre 2021

~ Un petit bisou de loin, Eoin McLaughlin & Polly Dunbar

un pt bisouWhile We Can't Hug, 2020
Gallimard Jeunesse, 1 octobre 2020, 32 p.

♥♥♥♥

Avec la famille, les amis, les collègues, se pose la question des sentiments, et des façons de les montrer ou de les cacher.
Option : tu me les brises grave, mais on doit cohabiter/collaborer en faisant bonne figure. Pas facile.
A l'inverse : je t'aime bien, je t'apprécie beaucoup, mais je ne vais pas te sauter au cou pour te le montrer, parce que :
   • ce n'est pas dans notre culture d'être tactile (et j'en connais qui se mettent vite à b**der quand on les approche - effet mécanique et/ou imagination fertile ?)
   • je suis pudique et je n'aime pas les partages d'odeurs entre inconnus, ni les mal rasés qui piquent ou les longues barbes douces mais crados
   • j'ai souvent des herpès, hautement contagieux (la bonne excuse !)
   • il y a la distance sanitaire, depuis près de 2 ans (j'aime !)
   • et plus simplement, on peut être à des kilomètres.

Dans ce petit album pour les 3-6 ans, Eoin McLaughlin nous montre comment exprimer son affection à distance, sans employer les grands mots qui font peur (qui dit facilement 'Maman, je t'aime', par exemple ?). On peut s'écrire, partager des choses qui amusent et mettent de bonne humeur (je pratique abondamment via FB : dessins de presse, street art, musique & vidéos).

Album doux, pastel et tendre, mais pas neuneu : le hérisson et la tortue se font des grimaces pour rigoler. Pour les adultes, ça peut se traduire par : se raconter des histoires dégueus, parce que rire ça fait un bien fou - hein, L., Judith, Sachka... !? 😉

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 4 sept. - lu en librairie

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samedi 4 septembre 2021

~ La fracture, Nina Allan

la fractureThe Rift, 2017
traduit de l'anglais par Bernard Sigaud
Tristram, 2019
10/18, 18 mars 2021, 456 p.

♥♥

'Happant', les Inrocks
'Haletant', Lire
'Perturbant et brillant', Le Fig'
'Ensorcelant et vertigineux', Voici

On dirait que ce roman ratisse large, séduit un public varié.
Hop, j'achète.
J'ai adoré le début, malgré un sujet rebattu : Julie, la soeur de Selena, disparue à 17 ans, se manifeste une vingtaine d'années plus tard. Mais elle ne reprend contact qu'avec elle, refuse que leur mère soit informée de son retour.
Questions habituelles : est-ce bien elle ou une usurpatrice ? que lui est-il arrivé ?

En voyant que la copine Diablo était mitigée, j'ai eu peur : deux étoiles et cette phrase "Je ne m'attendais absolument pas à ce genre de roman lorsque je l'ai pris à ma médiathèque."
Je viens de comprendre, après un virage en épingle à cheveux (on n'aime pas ça du tout, toutes les deux, hein !? 😉).
Alors les surprises, d'accord, c'est en partie ce que j'attends d'un bon thriller/polar, mais là, la teneur fantastique, SF aurait dû être signalée. Un petit bandeau mauve ou un rangement sur le bon rayonnage et les allergiques au genre passent leur route.

Tromperie sur la marchandise ! Remboursez !
J'abandonne doublement
1/ ma lecture, p. 160/438 parce que je suis perdue, je n'adhère pas, même en prenant cet environnement comme une métaphore (de séquestration, de troubles mentaux ou tout simplement de crise identitaire à l'adolescence)
2/ l'objet, dans une boîte à livres, avec cette mention : 'Attention, + SFFF que polar-thriller'.

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28 août > 3 septembre

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dimanche 29 août 2021

~ La petite écuyère a cafté, Jean-Bernard Pouy

la petite écuyère

jbpEditions Baleine, 1995
Librio, 94 p.

♥♥♥♥

Quand le train ou le métro dans lequel on voyage s'arrête longuement entre deux gares ou stations, et qu'on finit par entendre l'euphémisme 'incident de voyageur', on peut pester parce qu'on va être en retard. On peut aussi penser, tous poils debout d'effroi, aux proches qui vont apprendre la terrible nouvelle, et au désespoir, en amont, si ledit 'incident' était volontaire...

Ce roman de JB Pouy s'ouvre donc sur ce genre de "petit aléa" du métier de conducteur de train, dont on se demande comment le cheminot peut se remettre, et qui pour moi justifie largement une retraite à 55 ans.
Heureusement, le ton Pouy arrive à la vitesse d'un Corail au galop, et l'on se détend au bout de quelques pages, grand sourire aux lèvres, qui ne nous lâche guère (sauf pour rire franchement) car les jeux de mots, clins d'oeil, reparties et images amusantes s'enchaînent. On sent que ça va être un bon cru.
Pour une fois, l'intrigue m'a intéressée, presque jusqu'à la fin un peu trop action - mais on est dans la parodie du justicier testostéroné, je suppose.

C'est dans ce roman que j'ai fait connaissance avec le Poulpe, personnage sympathique et cool, que je n'ai pas pu m'empêcher d'associer à l'auteur, bien que leurs silhouettes soient très différentes.
« Car c'était ça, Gabriel. Pas le vengeur masqué. Simplement quelqu'un qui contrebalançait la vacherie du monde en tatanant quelques indélicats, en remettant des salauds sur le chemin de la rédemption, en expérimentant une technique toute personnelle de reprise individuelle. »

Le Poulpe est une série comptant près de 300 o(cto)pus. On y retrouve Gabriel, forcément, mais les auteurs changent à chaque numéro, et j'ai lu que ce premier était le meilleur.
Plutôt que de suivre Gabriel, je vais donc continuer à découvrir JB Pouy, parce qu'il est drôle, n'aime pas les cathos intégristes... et écrit de jolies scènes d'amour. Tout pour (me) plaire ! ♥

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 27 & 28 août - boîte à livres

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samedi 28 août 2021

~ Frangines, Adèle Bréau

franginesadbrJC Lattès, 2020
Le Livre de Poche, 5 mai 2021, 336 p.

♥♥♥

« Grandir avec une soeur rend plus apte au bonheur. »
Ah ? Parce qu'on a morflé ? Alors on trouve la vie douce, après ?
Et avec deux frangines, double dose, double effet pas peace, pas cool... Ça m'a surtout rendue susceptible et belliqueuse, je crois, étant la dernière de trois filles - l'alliée de l'aînée contre la cadette, qui me l'a fait payer ensuite quand la grande a pris son envol.

Ce roman montre bien les ambivalences des sentiments entre soeurs, et la façon dont les rôles au sein d'une famille semblent figés. Ici l'aînée, si jolie si élégante depuis toujours, une princesse ; sa cadette, dans son ombre, boulotte, peu sûre d'elle...
C'est également un bon bouquin de plage : les ploc-ploc des jeux de raquette n'empêchent pas de se concentrer, tant il est facile à lire.
J'ai même été accro, à un moment, parce que l'auteur sait entretenir le suspense avec quelques rebondissements.
Mais assez vite, on comprend que cette famille-là aura (eu) son lot de malheurs et difficultés ordinaires, et on voit venir pas mal de 'surprises' à des kilomètres.
La fin m'a presque mise en colère, tant il est facile, dans la fiction, de tout résoudre d'un coup de baguette magique. Même si l'on se doute que ces quatre femmes ont encore du boulot, au jour le jour, pour s'entendre sans heurts.

Je suis un peu vexée/déçue que mon super libraire de l'été m'ait conseillé ce livre. Nous venions de parler de nos goûts communs, il m'a fait découvrir quelques 'vraies' pépites depuis quelques mois. A-t-il vraiment apprécié ce récit formaté et plein de bons sentiments ?

Entre L'esprit de famille, de Janine Boissard (j'avais adoré cette série, ado) et les écureuils & crocodiles de Pancol pour les clichés...

PS1 : on ne peint pas quand il fait plus de 25° ! donc en plein après-midi, à St Rémy-de-Provence, on oublie l'idée.
PS2 : non, ce n'est pas encore plus difficile pour les femmes que pour les hommes... ** d'être homo, ** quoiqu'en dise l'auteur via ses personnages. Cela signifierait que c'est plus facile pour les hommes.

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 25 > 28 août

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jeudi 26 août 2021

Shamsia Hassani, street artiste afghane

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Les créations déchirantes de Shamsia Hassani : première street artiste afghane

Depuis vingt ans, les Talibans avaient perdu le pouvoir en Afghanistan jusqu’à aujourd’hui, plongeant le pays dans le chaos. Alors que des milliers d’habitants tentent de fuir en vain, tous les observateurs se questionnent sur le futur des libertés dans cette société… et notamment celles des femmes. Parmi elles, Shamsia Hassani, première street artiste afghane, se bat depuis de longues années pour représenter la femme insoumise à travers des œuvres magnifiques.

La jeune artiste et professeure à la faculté des beaux-arts de Kaboul de 33 ans a débuté le street art en 2010. Ses œuvres mettent en scène des femmes aux yeux clos dans un univers coloré. Cependant, ses dernières fresques sont beaucoup plus sombres et dévoilent des scènes déchirantes depuis la montée au pouvoir des Talibans.

En plus de titres très évocateurs comme Death to Darkness (La mort des ténèbres) et Nightmare (Cauchemar), elle s’est inspirée de l’œuvre de Banksy, La petite fille au ballon. Tenu ici par une femme, elle le laisse s’envoler comme pour exprimer son innocence et sa liberté volées.

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Dans ses graffitis, les femmes sont toujours représentées au premier plan dans des proportions démesurées. Elle souhaite montrer leur force, leur envie de vivre, de s’exprimer et que le regard des gens sur elles soit différent. Craignant actuellement d’exposer son art dans la rue, Shamsia Hassani continue de créer depuis son studio à Kaboul et le partage via son compte Instagram à ses 160 000 abonnés.

    source : Creapills

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autre article : L'Humanité

le site officiel de Shamsia Hassani : ici.

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mercredi 25 août 2021

~ Fille perdue, Adeline Yzac

fille perdue

adyLa Manufacture de Livres, août 2021, 220 p.

♥♥♥♥♥

« Le monde haïrait-il tant les filles ? »
Celui dirigé par les émissaires d'un dieu, assurément. Les religieux n'ont jamais été très détendus de l'entrejambe (pour les autres).
Aujourd'hui chez les islamistes - l'actualité en Afghanistan en est un sinistre exemple -, il y a moins d'un siècle en France, quelques décennies en Irlande (Magdalene Sisters). J'en passe.
Exorcisme, lapidation, procès en sorcellerie & bûcher. Combien de filles/femmes victimes ?
Ce monde-là hait ouvertement les homosexuels aussi. Mais les voit-il comme des hommes ?

Anicette a eu l'honneur et le bonheur de découvrir les délices onanistes dès douze ans. Un voisin l'a surprise et s'est amusé à raconter à tous cet événement intime. Pauvre c** !
Horreur, malheur, salsa du démon !
Ce doux geste jette l'opprobre sur sa famille de quincailliers prospère et bien en vue. Tant pis si le grand-père fréquente les bordels, ça n'a rien à voir. Les hommes ont des besoins irrépressibles.
Anicette, elle, est une 'fille perdue', une 'vicieuse', certainement 'folle à lier', cette 'insanité morale' en est la preuve criante. Nous sommes à la fin du XIXe siècle.
La 'jolie poupée' innocente jusqu'alors exhibée près du comptoir de la boutique pour attendrir les clients sera mise à l'écart. Au grenier, dans un premier temps, où son arrière grand-mère va la choyer en douce, puis dans un pensionnat de 'seconde zone' où elle côtoie des filles de prostituées. On est affamées et on prie, prie, prie, même avant le petit déjeuner. Il lui en faut, à ce Dieu des bonnes soeurs et autres gens d'Eglise, pour pardonner un truc pareil.

Le ton est elliptique, s'apprivoise. On se concentre pour suivre les méandres de la pensée de la jeune fille, ses souvenirs, et son présent entre amitiés et brimades.
L'effort en vaut la peine.
Cette douloureuse histoire montre que la société occidentale a progressé sur la sexualité féminine. Mais l'on sait, l'on voit, que nous ne sommes jamais à l'abri de retours en arrière brutaux et radicaux.

Un récit poignant et révoltant qui témoigne du sort de nos aïeules corsetées, frigidifiées - sort qui nous a laissé des stigmates et me fait rejeter de plus en plus cette institution-là, pour tous ses dégâts sur les filles et les femmes (entre autres dommages, plus directs, plus physiques, sur enfants et autres non consentants)...

    •   Merci au libraire des FdO pour l'idée.  ♥

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 21 > 23 août

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dimanche 15 août 2021

~ La Belle-mère, Sally Hepworth

la belle-mère

The Mother in Law, 2019
traduit de l'anglais par Maryline Beury
Archipel, 2020

Archipoche, 10 juin 2021, 408 p.

♥♥♥♥♥

Les gens parfaits sont insupportables, surtout quand ils vont prennent de haut et vous donnent des leçons. Elle est comme ça, la belle-mère de Lucy, et d'une rigidité terrifiante. Les deux enfants et le beau-fils semblent habitués et ne pas trop se formaliser, mais Lucy a beaucoup de mal, les premiers temps. Surtout qu'elle s'attendait à une mère de substitution, ayant perdu la sienne jeune... D'autres difficultés apparaissent avec la naissance des enfants - fais pas ci, fais pas ça...
Le beau-père, lui, est une crème et c'est sans doute grâce à sa gentillesse tranquille et son accueil toujours chaleureux que Lucy parvient à ne pas couper les ponts avec les parents de son mari.

Après en avoir lu des dizaines, je commençais à penser que tout avait été dit dans les thrillers familiaux/conjugaux, que le sujet était épuisé, que toutes les dimensions des 'problèmes' qui peuvent se poser au sein d'une famille avaient été envisagées, retournées dans tous les sens. Jalousie, cupidité, secrets, malentendus...
Faux ! La preuve avec ce roman subtil, aussi intelligent que sensible. L'auteur a un don certain pour présenter des personnages contrastés, et sait ménager le suspense ; l'intrigue se déroule avec une logique implacable, tout s'enchaîne à la perfection, logiquement, et sans temps mort.

Outre la construction et la finesse, j'ai aimé les thèmes annexes, et la façon dont ils sont traités - maternité, principes éducatifs, place de l'argent dans les familles, sort des réfugiés 'déclassés'...
Un seul reproche : les surnoms m'ont souvent perdue et exigeaient un effort accru. Lucy, fin en -y, mais Ollie et Archie, garçons, fin en -ie comme Nettie et Edie, qui sont pourtant des personnages féminins. C'est déjà un aspect de la culture anglo-saxonne qui me hérisse autant que les pom-pom girls (le prénom de Nettie est... Antoinette !). Mais c'est un détail, car ce thriller psychologique est vraiment d'une rare subtilité.

La morale de cette histoire, pour moi, ce que j'en retiens : trop se taire tue !

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12 > 15 août

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jeudi 12 août 2021

~ Plein gris, Marion Brunet

plein grisPocket Jeunesse, PKJ, janvier 2021, 200 p.

♥♥

Il préfère la haine en mer / C'est juste une question de tempo... ♪♫ Bâbord, tribord... ♪♫
Histoire de meubler le billet (voire de gagner 2 points, qui sait, sur l'insigne mer) : facile de savoir que bâbord, c'est gauche, et tribord, droite, grâce à ce moyen mnémotechnique : dans le mot 'batterie' (ba-tri), ba est à gauche, tri à droite...

J'avais envie de poursuivre ma découverte de Marion Brunet.
Il me restait :
Sans foi ni loi, mais je déserte les westerns ;
Plein gris, mais je passe au large des histoires d'hommes qui prennent la mer et de mer qui prend les hommes (et femmes).
J'ai quand même cédé à la tentation. Pif-pouf, ça sera pas toi que je lirai pas. Mauvais choix. Les termes de navigation m'ont perdue, la tempête m'a fait boire la tasse, j'ai suffoqué, je me suis ennuyée, j'ai trouvé le côté "aventure-action" lourd, pénible, interminable, et ces gamins plutôt idiots m'ont saoulée.

Hâte d'arriver à la fin pour savoir pourquoi/comment ce cadavre des premières lignes et surtout en finir avec cette histoire glauque.
La traversée est longue, et les personnages sont malheureusement gommés par le cadre et les péripéties.
Or, ce que j'apprécie tant, chez Marion Brunet, ce sont ses portraits si subtils et 'habités', les interactions entre protagonistes, le contexte social. Pas grand chose de ce talent, ici...

Lire plutôt Vanda, Dans le désordre et L'été circulaire...

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10 & 11 août

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mercredi 11 août 2021

~ Les recettes de la vie, Jacky Durand

les recettesStock, 2019
Folio, 5 mars 2020, 224 p.

***,*

Emincer, hacher, émonder, rissoler, réduire, tamiser, chemiser...
Vous vous y voyez, là, devant les fourneaux ? Vous entendez les casseroles, les couverts, l'eau frémir, la graisse rissoler, vous sentez l'ail, l'échalote, le poivre. Les cuisiniers s'activent, passent les plats aux serveurs...
Voilà, vous êtes chez Julien et son père Henri, le Chef du 'Relais fleuri' dans les années 70-80. On s'y régale de bonne grosse cuisine traditionnelle, généreuse : charcuterie, viande & poisson en sauce avec dose copieuse de légumes, pommes de terre, frites...

Pour moi, ça a manqué de dessert, j'avais préféré l'ambiance de Chocolat de Joanne Harris, lu en salivant, langue pendante de convoitise. 😋
Dans ce décor un peu trop culinaire, Jacky Durand nous raconte une belle (et triste) histoire de famille et d'amitiés solides, qui m'a autant séduite et touchée que la couverture douce, colorée et pleine d'amour de cette édition Folio. J'ai aimé les escapades chez Gaby & Maria, parenthèses enchantées loin de l'univers familial tristounet de Julien, avec ce père taiseux et bourru.

Bon moment de lecture, mais j'ai eu ma dose, ces derniers temps, de souvenirs d'enfance. Vite, un polar !

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 8 > 10 août

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lundi 9 août 2021

~ La pêche aux anges, Jean-Bernard Pouy

la pecheGallimard, Série Noire, 1986, 180 p.

♥♥♥

Les titres de Jean-Bernard Pouy sont souvent des jeux de mots, parfois en référence à des polars d'autres auteurs. Ainsi, mon préféré de Pouy, Le petit bluff de l'alcootest, est un clin d'oeil au Petit bleu de la côte Ouest de JP Manchette.
Là, cela m'évoque seulement le 80's plutôt pathétique 'Nice Baie des Anges' ♪♫ du banané Dick Rivers. Mais à part le côté bling-bling du pote assureur Harlette, je ne vois pas de lien. Quelque chose m'échappe ?

Chez Pouy, les personnages sont sympas ; les formules, descriptions et situations sont percutantes et drôles, mais hélas, je peine à m'intéresser aux intrigues. Il faut que ça soit vraiment rigolo, comme Le petit bluff... sus-cité pour que, malgré le manque de consistance du scénario, je dévore le bouquin, entre sourires jubilatoires et rires francs.

Lecture plaisante, cette fois, sans plus.
Mais c'est toujours un plaisir de retrouver l'univers de cet auteur, croisé chaque année sur un petit salon incontournable dans la région (Mauves-en-Noir).

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21 > 24 juillet

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dimanche 8 août 2021

~ Rose Royal (suivi de La retraite du Juge Wagner), Nicolas Mathieu

rose royalActes Sud, Babel, 5 mai 2021, 144 p.

♥♥♥

Deux nouvelles dans ce recueil, et l'on peut jouer au jeu des 7 ressemblances après les avoir lues. En commun, ces thèmes :
- la solitude
- le vieillissement
- l'alcool, beaucoup (trop) d'alcool
- l'Est de la France
- les magouilles pour se sortir du lot, ou simplement s'en sortir au quotidien
- une arme (fatale ?)
Et forcément, le talent de l'auteur pour raconter des histoires plombantes, planter des cadres sombres, des personnages mal barrés. Sa justesse de ton et ses ambiances borderline me rappellent Virginie Despentes (N. Mathieu est cependant beaucoup moins cru) et Marion Brunet.

Dans 'Rose Royal', il est question de décrépitude conjugale vaguement camouflée sous des faux-semblants. Malgré ses expériences malheureuses avec les hommes et le recul de ses cinquante ans, Rose ne veut pas voir que l'histoire se répète. C'est plus confortable de faire des concessions, de lâcher la pression de temps en temps auprès d'une oreille compatissante, de serrer les dents, de se dire que ça ira mieux, de rentrer dans le jeu des vacheries, mesquineries balancées à tour de rôle - douce vengeance courte qui peut se payer cher.
J'ai été furax de découvrir le sujet du récit (son dénouement) avant de commencer l'histoire, à cause d'une critique presse qui lâche les mots clefs d'emblée. Je ne sais pas si cela a biaisé ma lecture, et si c'est pour cela que j'ai su trouver... Dévoiler le texte masqué

La nouvelle 'La retraite du Juge Wagner' a des parfums de vieux roman noir.
Un juge, au placard, qui n'attend pas grand chose de l'avenir, hormis la retraite, tranquillou, sans grands projets.
Redresser les trajectoires pour les gamins mal partis, en revanche, il y croit. Est-ce que cette foi suffit, contre la guigne ?...

Merci à Judith de me rappeler (souvent 😉) que Nicolas Mathieu est un excellent auteur ! Je serais passée à côté de ce recueil, sans cela.

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 7 août

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samedi 7 août 2021

~ La photo de classe, Marie Saint-Dizier

la photoillustré par Claire Gourdin
Le Livre de Poche jeunesse, 1998, 190 p.

♥♥♥

La vie de collégien n'est pas une sinécure, souvenez-vous.
En 6e, on est souvent malmenés par les aînés, à l'école ou en famille. Et puis on doit assumer son physique. On se traîne déjà des complexes, pour la plupart (avant la magie douloureuse de l'orthodontie, par exemple), et tout ce qui pousse n'importe comment à la pré-adolescence (poils, boutons, nez, seins, jambes...), nous fait nous sentir gauches, laids. Il y a aussi ceux qui semblent avoir huit ans à l'entrée au collège, alors que leurs camarades sont nettement plus avancés. Tout cela peut rendre la perspective de la photo de classe encore plus empoisonnante que l'idée d'un devoir d'Histoire-Géo.

Marie Saint-Dizier raconte ici l'histoire de quelques élèves d'une même classe. A chacun sa galère à deux jours de la photo de classe (cicatrice, pied bandé, cocard...), mais malgré quelques coups vaches, quelques mesquineries 'naturelles', une belle solidarité opère entre ces enfants.

Après avoir regretté le ton un peu vieillot (davantage 1980's que veille du 21e siècle), j'ai fini par trouver ces petits intéressants et touchants. Ils sont beaucoup moins turbulents et rigolos que le Petit Nicolas et ses copains, mais bon... J'ai particulièrement aimé Julien et ses histoires de reflet.

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7 août - boîte à livres

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vendredi 6 août 2021

~ Homo Politicus (T.2 : Campagne à la campagne) - Soulcié & Nena

homo politicusFluide Glacial, 16 juin 2021, 96 p.

♥♥♥

Je ne sais pas ce qui est arrivé au brave de Lapègre avant de se retrouver sur le carreau, je prends la série en cours avec ce tome 2 (ce n'est pas toujours clair sur les couvertures). Avant, il était peinard au Ministère du Travail, avec notes de frais et avantages en nature à gogo. le voilà relégué à des tâches subalternes : il sert le café à son ancienne secrétaire. Bore-out imminent. Une occasion inespérée de retrouver une fonction à la hauteur de ses ambitions se présente : être élu mairie de Pa... Patelin-sur-Bouyasse, un tr*uduc du monde, pour lui qui ne s'est guère aventuré au-delà du Bois de Vincennes.

Cette petite BD joue sur le décalage Paris/France profonde, se moque des politiciens en général, de tous les élus, mais aussi de ceux qui leur servent la soupe, font la pluie et le beau temps dans les petites communes et les tiennent par les *** à force de corruption - ici l'entrepreneur qui emploie la quasi-totalité des habitants, également président des chasseurs.

Album amusant, sans plus. Les gags sont assez attendus, et ça balance quand même moins qu'un bon numéro du Canard enchaîné...

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 25 juillet

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lundi 2 août 2021

~ L'Ecole des filles, Pascale Hugues

l'école des fillespa hLes Arènes, 27 mai 2021, 300 p.

♥♥♥♥♥

Dans les années 60 et 70, chez les classes moyennes suffisamment à l'aise pour vivre avec un seul salaire, papa conduit la voiture, va au travail, se met les pieds sous la table aux repas, lit le journal dans son fauteuil en fumant... Tandis que maman cuisine, fait le ménage, lave le linge (parfois à la main) et la vaisselle, coud, tricote, reprise, rafistole. Maman se doit d'être fidèle, soumise, coquette mais pas trop.
Même quand leur épouse travaille à l'extérieur, les hommes (pères et fils) sont rois. L'épouse et les filles sont là pour les servir. Dans les familles nombreuses, il arrive qu'elles n'aient pas le temps de s'asseoir pendant le repas.

L'auteur, née en 1959 en Alsace, a contacté quelques unes de ses camarades d'école primaire, présentes sur sa photo de classe de CE2 (4e de couv). Elles s'étaient pour la plupart perdu de vue à 10 ans, elles se retrouvent cinquante ans plus tard, à l'aube de la soixantaine - et donc de la retraite, pour certaines.

Pascale Hugues raconte leur enfance, parfois éloignée de l'image que pouvaient en avoir les autres enfants, et leurs parcours de femmes. Issues pour la plupart de familles modestes, originaires d'Alsace ou filles de parents récemment exilés d'Italie, d'Espagne, du Portugal.

Le récit rappelle ceux d'Annie Ernaux, notamment Les Années, mais il est beaucoup moins égocentré puisque différents points de vue se confrontent via les témoignages de chaque femme.
Même si je suis un peu plus jeune que l'auteur, j'ai retrouvé ma jeunesse, les diktats de l'époque. L'auteur les rappelle de façon imagée et parlante à travers plein d'exemples qui semblent si désuets, et pourtant pas si éloignés (publicité, principes éducatifs et religieux à l'école et à la maison, sexisme...).
J'ai aimé (re)découvrir également les conditions de vie des 'migrants' d'alors, un peu mieux tolérés que ceux d'aujourd'hui, car la France avait besoin de bras, et leur religion était la même que 'la nôtre'. On y voit aussi les difficultés d'une Alsace au sortir de trois guerres qui l'ont ballottée entre deux pays, deux cultures, deux langues.

Ce témoignage de la condition féminine des années 60-70's et de la condition des classes dites 'populaires' est passionnant et très riche.
On y voit le chemin parcouru en cinquante ans, et l'on prend conscience de la fragilité de nos acquis. Attention les filles !

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 27 juilllet > 1er août

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dimanche 1 août 2021

Actus fin juillet 2021

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actu fin juillet 2021 : Pass', pass', pass'
passera (ou pas), la dernière restera . . .   ♪♫

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•  politique, divers (dont Pass', encore)  •

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•  environnement  •

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•  société - divers...  •

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•  laïcité  •

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•  affaire d'espionnage Pégasus  •

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•  Bezos s'envoie en l'air  •

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•  bonnes vacances !  •

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