Canel

lundi 25 mars 2019

A demain !

 

25 mars : journée mondiale de la procrastination

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 . . .

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dimanche 24 mars 2019

~ Il a jamais tué personne, mon papa - Jean-Louis Fournier

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Le Livre de poche, 1999, 150 p.

lu par Mr

♥♥♥♥♥

« Il a jamais tué personne, mon papa. »
Cette affirmation de Jean-Louis Fournier est largement démentie par son récit. Il y décrit en effet un papa qui se donne la mort à petit feu, tirant sur ses cigarettes et levant trop souvent le coude. Certains disaient même de lui qu'il "buvait plus que toute la Pologne" !
En tout cas, il est mort de ses excès dès 43 ans.

Le portrait que dresse Jean-Louis Fournier de ce père alcoolique et peu attentionné à son fils, est à la fois sévère et tendre. Le ton qu'il adopte et le regard qu'il lui porte sont ceux de l'enfant qu'il était alors.
Avec le recul des années, ce sont cependant la dérision et l'ironie qui dominent son propos. L'auteur montre les ravages du Byrrh (sorte de vermouth français fabriqué dans les Pyrénées-Orientales) et d'autres alcools sur la vie de cette famille où grandissaient quatre enfants.
Il n'était pourtant pas foncièrement méchant, ce père. Ses patients appréciaient même beaucoup ce médecin original mais humain, et ses copains de boisson aimaient ses excentricités et son humour.

Ce court récit (140 pages aérées) m'a fait penser à quelques billets d'un talentueux Babeliote dont je savoure les écrits, souvent hors sujet mais drôles et/ou très sensibles.

Ces phrases poignantes en fin d'ouvrage montrent que Fournier a finalement pardonné bien des choses à son père :
« Mon père est mort à quarante-trois ans, j'avais quinze ans. Aujourd'hui je suis plus vieux que lui. Je regrette de ne pas l'avoir mieux connu. Je ne lui en veux pas. Maintenant j'ai grandi, je sais que c'est difficile de vivre, et qu'il ne faut pas trop en vouloir à certains, plus fragiles, d'utiliser des 'mauvais' moyens pour rendre supportable leur insupportable. »

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jeudi 21 mars 2019

~ Les étoiles s'éteignent à l'aube, Richard Wagamese

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Medicine Walk, 2015
traduit de l'anglais par Christine Raguet-Bouvard
Zoé, 2016
10/18, septembre 2017, 310 p. 

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Après la visite du Musée du Nouveau Monde à la Rochelle, j'avais envie d'une histoire d'Indiens d'Amérique, façon Le premier qui pleure a perdu (Sherman Alexie). D'où cet achat.

Page 45, j'ai vu/lu des chevaux, et du 'chasse, pêche & tradition'. Je m'ennuie, j'abandonne ce roman de nature writing US.
« Il connut le nom de toutes les parties [du fusil] dès l'âge de quatre ans. A l'âge de cinq ans, il savait le démonter et le remonter et à, partir de ce moment-là, c'est lui qui avait entretenu le fusil et qui en avait eu la responsabilité. »
Cool… Pendant qu'il astique le fusil, il va pas au caté... 🤨

Si quelqu'un qui connaît mes goûts me dit que ça vaut le coup de persévérer, j'y reviendrai peut-être quand j'aurai plus de patience - j'ai aimé Une vie inachevée de Mark Spragg, alors pourquoi pas celui-là ?

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agenda219 & 20 mars

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mercredi 20 mars 2019

Marche pour le Climat (15 & 16 mars)

 

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C'était joyeux, déterminé et inventif... Florilège de slogans puisés dans la grande manif pour le climat...
(Tous certifiés d'origine contrôlée)
- Alain Goutal

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merci aux auteurs qui partagent sur FB :
Fred Sochard, Goutal, Sanaga, Rodho, Miko, Piérick, Bidu, Manu, Babouse...

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mardi 19 mars 2019

~ Fidèle au poste, Amélie Antoine

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Internet, puis Michel Lafon, 2016
amelLivre de Poche, février 2017, 320 p.

♥♥♥♥

Quand un mort parle, il n'y a pas 36 solutions :
- un imitateur s'amuse,
- un ventriloque n'est pas loin,
- c'est du play-back ou du replay,
- ou la langue de bois du ouija,
- il s'agit de citations, sur Babelio ou ailleurs (cf. Coluche, Desproges…),
- celui qui l'entend croit aux fantômes.

Quand un mort parle dans un livre :
1/ l'auteur croit (ou veut nous faire croire) en une vie dans l'au-delà, comme Marc Levy dans Et si c'était vrai ;
2/ le mort, il était pas vraiment mort, comme dirait Renaud (façon Agatha Christie, Boileau-Narcejac, etc.) ;
3/ le survivant en deuil invoque la mémoire du défunt et imagine comment il réagirait s'il était encore là, ce qu'il penserait des actions de ses proches ;
4/ ou alors, tous ceux qui semblent vivants sont morts, et ce petit monde-là papote et interagit où ne sait z'où, un peu comme dans un film célèbre de 1999… on en revient alors à la première hypothèse.

Je n'ai pas lu suffisamment de thrillers d'Amélie Antoine (ou j'ai oublié les dénouements) pour savoir dans quel registre elle pouvait nous promener.
Une grande partie du suspense réside donc dans ce mystère, et rend la lecture addictive. Avec son style léger et agréable, l'auteur nous parle aussi de couple, de loyauté, d'idéaux. Et bien sûr de deuil.

On aimera ou pas les rebondissements, la tournure prise par les événements. Après tout, pourquoi pas, c'est jouable.
J'ai apprécié l'ouverture autour d'un certain Ben dans l'avant-dernier chapitre.

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agenda217 & 18 mars 

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lundi 18 mars 2019

~ Né d'aucune femme, Franck Bouysse

né d'aucune

La Manufacture de Livres, 10 janvier 2019, 334 p.

frab♥♥♥♥

Ma grand-mère maternelle est née en 1920 à la Baule, dans un château. Son père était valet et sa mère, bonne. Elle-même, à douze ans, malgré d'excellents résultats scolaires, a commencé à travailler comme domestique. Elle n'a pas été aussi mal traitée que Rose, ici, ou que Céleste dans Amours (L. de Recondo). En revanche, elle devait vouvoyer le fils des maîtres et l'appeler 'Monsieur', alors qu'il n'avait que quatre ans.
'L'eau et l'huile ne se mélangent pas', comme dit un personnage de ce roman.

Bref, l'histoire de Rose imaginée par Franck Bouysse ressemble un peu à la jeunesse de ma grand-mère.
Mais c'est pire ici, bien pire. Sombre, violent, cruel, pervers.
On touche le fond à mi-parcours, puis l'auteur semble vouloir nous laisser un peu de répit.
Et ça repart. Révoltant, triste à pleurer.

L'intrigue change de celles des deux autres romans que j'ai lus (Grossir le ciel et Plateau), on n'est pas tout à fait dans du polar rural. Et le style est plus accessible, le vocabulaire plus simple.
Je me suis rendu compte tardivement, en tombant sur un remarquable échange père-fille, que ce que j'aime tant chez cet auteur se faisait trop rare ici - les dialogues entre taiseux, du 'parlons peu mais parlons bien'.
La fin, par contre, ne surprend guère, mais elle a le mérite d'être limpide, cette fois, même s'il faut du temps pour y arriver.
Bouysse semble abonné à... ** Je suis ton pèèère ! **

j'ai tjsDécevant, trop de rebondissements prévisibles et de grosses ficelles déjà utilisées.
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La couverture* est aussi jolie que doublement dérangeante.
Dans un premier temps, on détourne pudiquement le regard, guère habitué à voir une femme allaiter en public.
Si on s'y arrête, on remarque un décalage d'une bande d'image, au milieu. On a beau essayer de recoller les morceaux, ça ne fonctionne pas. On comprend pourquoi, vers la fin du livre...

* inspirée de l'affiche du film J'ai toujours rêvé d'être un gangster (Samuel Benchetrit, 2008) ?

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13  >  17 mars 

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dimanche 17 mars 2019

~ Escalier C, Elvire Murail

escalier c

L'Ecole des Loisirs, 1983. 

♥♥

Fille de poète, Elvire Murail (alias Moka en littérature jeunesse) est la soeur cadette des écrivains Marie-Aude et Lorris Murail, et du compositeur Tristan Murail. Je n'aimerais pas qu'on me décrive en rappelant qui sont mes soeurs, mais bon, ça situe le personnage, qui a toujours baigné dans un milieu intellectuel, artistique, littéraire.

Elle n'avait que 25 ans lorsqu'elle a publié Escalier C.
Ce livre a été remarqué - parce qu'il a été adapté au cinéma par Jean-Charles Tacchella (1984), avec le beau Robin Renucci ?
J'ai vu ce film, et je crois avoir lu le livre dans la foulée. Aucun souvenir de l'histoire, ni même de l'ambiance.
Après la lecture de l'autobiographie familiale de la soeur aînée, Marie-Aude (En nous beaucoup d'hommes respirent), j'ai eu envie de le redécouvrir.

Intrigue mollassonne, atmosphère conflictuelle, style ampoulé, personnage principal odieux de suffisance qui me rappelle quelques crétins pseudo-artistes, poseurs, égoïstes et cruels que j'ai pu connaître quand j'étais jeune, influençable, et facilement éblouie par les apparences.

J'abandonne p. 145/240 - je suis en retard pour le rapporter à la médiathèque.

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samedi 16 mars 2019

~ Space Battle Lunchtime, t. 1 - Natalie Riess

spaceEditions Kinaye, Fresh Kids, 15 février 2019, 120 p.

♥♥

Sachant que je n'aime pas
- les mangas
- les BD surchargées de dessins et de couleurs, au scénario pauvre
- la SF
- les extra-terrestres verts
- la télé-réalité
- la pâtisserie (sauf pour la manger)
- les gâteaux anglais, volumineux et colos comme la Reine Elisabeth, sans saveur, bourrés de E
- la bouffe industrielle froide, mal décongelée...
… avais-je une chance d'apprécier cette BD ?
Non, alors j'aurais dû m'abstenir quand les Ours me l'ont proposée.
Mea culpa.
Je la 'recycle' sans problème pour en faire profiter des enfants de collègues, mais je n'ai aucune idée de l'âge et du sexe du public visé.

▪️ Merci à Babelio et aux éditions Kinaye.

pour le plaisir des yeux, on continue avec quelques images de la jeune & sexy BB
(où l'on voit que le personnage public de V. Paradis lui doit beaucoup)

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jeudi 14 mars 2019

~ La petite danseuse de quatorze ans, Camille Laurens

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Editions Stock, 2017
Gallimard, Folio, 180 p.

♥♥♥♥

La première fois que j'ai entendu parler de 'la Petite danseuse de quatorze ans' d'Edgar Degas, c'était fin janvier, grâce à Artips, ma dose d'art tri-hebdo. Comme souvent, l'article m'a donné envie d'en savoir davantage sur l'oeuvre, l'artiste et son modèle, Marie Geneviève Van Goethem.

la petite danseuse2Dans cet ouvrage passionnant, Camille Laurens évoque la famille de la jeune fille, les conditions des petits rats de l'Opéra d'alors - également appelées 'marcheuses', ce qui en dit long sur leur boulot d'appoint ou leur reconversion si elles n'ont pas le talent nécessaire pour devenir danseuses. Issues de familles pauvres, elles répètent une dizaine d'heures par jour. Et c'est d'autant plus difficile qu'elles sont affaiblies par le manque d'hygiène (nourriture, soins...). Leurs mères sont de véritables maquerelles puisqu'elles espèrent, en les inscrivant à l'Opéra, que des hommes leur proposent des 'extras', voire qu'un riche devienne leur 'protecteur', et leur assure une rente à vie. Cela dit, si elles sont proxénètes, elles ne sont pas au service de pédophiles, juridiquement parlant, malgré la jeunesse de leurs filles : « La majorité sexuelle a été fixée à treize ans par la loi de 1863 - elle l'était auparavant à onze. » Affreux !

degasL'auteur s'interroge aussi, bien sûr, sur Edgar Degas - l'artiste, mais aussi l'homme « seul, intransigeant, sarcastique, tendre rarement », sur les relations qu'il a pu entretenir avec Marie Geneviève et ses autres jeunes modèles (chastes, apparemment, mais froides et distantes). Elle se demande ce qui l'a conduit à façonner cette sculpture, de cette façon-là, qui a tant choqué à l'époque. Pour cela, Camille Laurens situe le contexte socio-historique, artistique (réalisme en littérature), scientifique (anthropologie criminelle, thèses sur la supériorité de certaines 'races'). On découvre le 'beau monde' élitiste, misogyne et friand de chair fraîche de la fin du XIXe siècle…

Cet ouvrage documenté et riche se lit comme un roman, d'autant qu'on y sent la passion et la fascination de l'auteur pour ses sujets.
Accessible sans pré-requis, à tous les curieux.

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 10 > 13 mars - merci à Babelio, Gallimard et Folio.

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mercredi 13 mars 2019

~ Zombillénium, tome 4 : La fille de l'air - Arthur de Pins

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Dupuis, 23 novembre 2018, 48 p. 

adp♥♥♠♠♠

Amateurs de l'immortelle série 'Plus belle la Vie', vous risquez de ne pas aimer cette espèce de 'Plus longue la Mort, tu meurs pas'.

Je n'ai presque rien compris à l'intrigue.
Comme dit JamiK, j'aurais dû relire les trois premiers épisodes.

L'originalité du premier tome m'avait enchantée.
Entre Harry Potter (J.K. Rowling) et Millenium (S. Larsson) pour l'ambiance et l'héroïne. Plein d'humour, avec des jeux de mots et des allusions - aussi pertinentes qu'amusantes - à la logique capitaliste et donc au monde de l'entreprise.

Cet esprit s'est effacé au profit de scènes d'action et de bastons. Les reparties drôles se comptent sur les doigts d'une main. A tel point que ce quatrième opus me semble être un petit épisode dilué, creux, poussif d'un feuilleton qui promet de traîner en longueur.

Comme dirait Pascal Garnier « Je n'ai rien contre l'éternité, mais pour ma part, je crains de m'y ennuyer à mourir. »
(in Comment va la douleur ? - 2006)

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13 mars - merci à Wesley et Rakuten pour l'opération La BD fait son Festival.

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mardi 12 mars 2019

~ L'Humanité disparaîtra, bon débarras ! - Yves Paccalet

l'humanité

Editions Arthaud, 2006
J'ai Lu, 2007, 192 p.
yvp

♥♥♥♥

Vous avez loupé le grand show de la création du monde ?
Pas de panique, vous assisterez sans doute à sa destruction.
Parce que l'apocalypse est pour demain, comme l'annonçait Jean Yanne dans les années 70.
Vraiment demain.

Publié en 2006 par le philosophe Yves Paccalet, cet essai 'amusé et désabusé' (sic) est en effet aussi drôle qu'effrayant.
Drôle, par le ton, façon Julien Blanc-Gras ou Guillaume Meurice. Un humour du désespoir, du dernier recours pour une prise de conscience collective.
Effrayant, parce qu'on sait que l'auteur n'exagère pas. L'humanité court à sa perte, notamment depuis la révolution industrielle du XIXe siècle, et ça s'aggrave de manière exponentielle. « Saccages et pollutions, nouveaux virus, destruction de la couche d'ozone, climats en folie, armes de destruction massive. »

Longtemps militant écolo optimiste, Yves Paccalet ne semble plus croire au salut et n'épargne pas son lecteur dans ce 'procès contre l'humanité'. Références scientifiques à l'appui, il illustre ses propos d'exemples socio-politiques et économiques simples, pour montrer que les comportements humains sont collectivement auto-destructeurs.
On sait tout ça, en théorie.
On peut en lire des exemples flippants chaque semaine dans la rubrique 'Plouf' du Canard enchaîné, signée Jean-Luc Porquet.
Cette excellente synthèse de Paccalet renforce nos craintes.

Plus efficace qu'un thriller archi-noir pour se faire peur.
J'ai failli abandonner après la première évocation de la fin du monde.
Je m'y suis remise après quelques jours de pause, et j'ai même réussi à 'affronter' les treize scénarios possibles de la disparition du genre Homo, bien avant celle du soleil…

« Nous ne nous en tirerons que par la vertu d'une décroissance déraisonnable.
Sauf que c'est impossible, parce que personne n'en veut. »
On peut montrer que si, on en veut, en marchant samedi (16/03/2019) ? 🤔

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agenda29 > 12 mars

 

 

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samedi 9 mars 2019

~ Les gratitudes, Delphine de Vigan

les gratitudes

JC Lattès, 6 mars 2019, 175 p.

♥♥♥♥

« Vieillir, c'est apprendre à perdre. »
Perdre des gens qu'on aime, forcément, c'est mathématique.
Mais aussi ses facultés physiques et mentales :
ddv« Perdre ce qui vous a été donné, ce que vous avez gagné, ce que vous avez mérité, ce pour quoi vous vous êtes battu, ce que vous pensiez tenir à jamais.
Se réajuster.
Se réorganiser.
Faire sans.
Passer outre.
N'avoir plus rien à perdre. »

A 80 ans passés, Michka perd quelque chose.
Quoi ? Elle ne sait pas exactement. La mémoire, les mots. Et cet effacement la terrorise : « Et puis ça ne sert à rien tout ça, je sais très bien comment ça va finir. A la fin, il n'y aura plus rien, plus de mots, tu comprends, ou bien alors n'importe quoi, pour remplir le vide. »

Dans son Ehpad, trois personnes viennent lui rendre visite. On fait la connaissance de deux d'entre elles : Marie, une jeune femme qui lui doit beaucoup, et Jérôme, l'orthophoniste.

Ce roman pourrait être une pièce de théâtre tant les mots y sont importants, et le décor volontairement minimaliste.
J'ai commencé par trouver le propos trop léger.
C'est mal connaître Delphine de Vigan qui démarre en douceur, sur le ton de l'anecdote autour de sujets rebattus (personnes âgées, fin de vie, enfance, famille), et fait monter la tension, éveille l'empathie, suscite l'émotion. Ses personnages lui ressemblent, et cela me touche, comme Marie ici - les cheveux en bataille, les yeux cernés, femme douce et déterminée, au passé douloureux.

Malgré le tragique de l'histoire, on arrive à sourire, notamment avec ces 'jeux' de mots qui méritent qu'on s'y arrête, parce qu'ils en disent long sur les souffrances de Michka :
« C'est à cause des mots, je t'ai dit. C'est la nuit que... ça se terre... ça se perd, quand je n'arrive pas à m'endormir, je sais bien que c'est à ce moment là qu'ils s'enfouillent, qu'ils s'enfuitent, j'en suis sûre, mais il y a rien à faire, des wagons entiers… ».
Des wagons...

Je ne suis sans doute pas la première et ne serai pas la dernière à conclure avec un MERCI à l'auteur pour sa sensibilité et les échos que je rencontre en la lisant.
Parce qu'on oublie parfois de le dire - c'est l'un des sujets de ce roman, d'où le titre.

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9 mars

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vendredi 8 mars 2019

~ Sang famille, Michel Bussi

sang famille

Presses de la Cité, 2018
bussiPocket, 28 février 2019, 590 p.

♠♠

Colin Remy est orphelin depuis dix ans. Les circonstances de la disparition de ses parents ne sont pas claires, l'oncle et la tante qui l'élèvent semblent lui cacher beaucoup de choses.
A la veille de son seizième anniversaire, Colin fait un stage de voile avec d'autres ados à Mornesey, une île normande (fictive) au large de Granville. Il n'a pas choisi ce lieu par hasard : c'est là qu'il a passé son enfance avec ses parents. Il espère éclaircir quelques mystères.

En général, je me régale en lisant les thrillers de Bussi.
Pas là. Ou plutôt : je me suis lassée avant la moitié du récit, après quelques anecdotes historiques intéressantes.
L'intrigue ressemble trop à celle de Le temps est assassin. On a en gros les mêmes sujets (ado en quête de vérité sur sa famille, mafieux), et quelques ressemblances avec Boileau-Narcejac... ** les morts sont-ils vraiment morts ? **
Et surtout, on se croirait dans un roman d'aventures jeunesse avec des traques, des méchants, des jeux de piste, des niaiseries. Entre Fantômette et le Club des 5. Beaucoup moins élaboré, en tout cas, que Harry Potter, dont les enfants peuvent être friands dès huit-neuf ans...

L'auteur explique en préface que Sang famille est un des premiers romans qu'il a écrit. Nous voilà rassurés.
Et qu'il l'a très peu remanié. Re-ouf.
A-t-il quand même dilué pour aboutir à près de 600 pages ?
Est-ce une commande de l'éditeur ?
Je ne sais pas si c'est un bon calcul de prendre les lecteurs pour des gogos de cette façon.

Bussi précise qu'il a « une grande tendresse pour la légèreté de ce roman ».
Moi, ça me fait de la peine, ce manque de respect pour soi-même et pour son public.

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1er  >  8 mars

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jeudi 7 mars 2019

~ Flash (ou le grand voyage), Charles Duchaussois

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Le Livre de Poche, 8 janvier 1974, 700 p.

  lu par Mr

Le 'Flash', c'est le mot trouvé par l'auteur pour décrire la brève mais intense sensation procurée par l'héroïne lorsqu'elle atteint les centres nerveux immédiatement après l'injection.
Il décrit ce 'Flash' comme une sorte d'orgasme titanesque. Et le voyage ne s'arrête pas là, puisque la drogue distille ensuite ses effets pendant plusieurs heures. Le 'Flash' serait d'ailleurs un moment tellement jouissif que l'auteur en est devenu dépendant dès sa première prise.
Charles Duchaussois s'étonne d'être resté en vie et de pouvoir faire part de son témoignage. Il y décrit les deux faces de la médaille : d'un côté les sensations extrêmes procurées par l'héroïne, de l'autre la déchéance absolue à laquelle elle amène souvent.
Cet aspect-là de son livre évoque un autre récit célèbre sur le sujet : Moi Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée, qui fut adapté au cinéma (BOF de David Bowie).

L'ambiance du début des années 1970 et l'extraordinaire liberté que des jeunes ont su conquérir à l'époque sont très bien restituées, ce qui contribue beaucoup à la crédibilité et à la puissance de ce témoignage.
J'ai retenu qu'à la différence de beaucoup de drogues (y compris de certaines autres drogues dures), l'héroïne peut installer une forte dépendance dès la première prise.

Certains pourraient voir dans le livre de Duchaussois un plaidoyer pour cette drogue, tant il y exprime bien l'attraction qu'elle a exercée sur lui. D'autres y trouveront au contraire une sérieuse mise en garde.
J'avais une vingtaine d'années quand je l'ai lu (il y a donc bien longtemps), il m'a à la fois fasciné et effrayé. Et durablement marqué.

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dimanche 3 mars 2019

Kill the kid...

 

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Intouchables : un projet photographique puissant au service des enfants.

Erik Ravelo, un photographe cubain, a eu une idée forte : crucifier symboliquement des enfants dans le dos de leur bourreau. Ça interpelle...

*   *   *

Article de l'Hexatrône, ce dimanche 03/03/2019.

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erik

D'autres photos avec l'article de Golem.

 

Petite poupée brisée entre les mains salaces
De l'ordure ordinaire putride et dégueulasse
(...)
Sacrifiez les enfants, fusillez les poètes
S'il vous faut tout ce sang pour animer vos têtes
(...)
Pendant qu'un Abraham ivre de sacrifices
Offre à son dieu vengeur les sanglots de son fils
Kill the kid
(...)

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samedi 2 mars 2019

~ Fendre l'armure, Anna Gavalda

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Le Dilettante, 2017
J'ai Lu, 2 mai 2018, 280 p.

♥♥♥

Ma dernière lecture d'un ouvrage d'Anna Gavalda remontait à 2008 : La consolante. Je ne fréquentais alors ni la blogo, ni Babelio.
Depuis, j'ai lu que cette auteur était infréquentable. Ou qu'aimer ses textes faisait partie des plaisirs honteux.
Mais ce n'est pas pour cette raison que j'ai zappé Billie, c'est juste à cause de la couverture hideuse avec l'âne (et un peu parce que La consolante m'avait déçue).

Sept nouvelles ici, que je n'aurais pas mises dans cet ordre. Notamment 'L'amour courtois', qui ouvre le recueil. Je me suis demandé pourquoi une dame BCBG se mettait à écrire comme Virginie Despentes (en moins bien).
Le ton redevient plus classique dans les récits suivants.

'Fendre l'armure' signifie se dévoiler, montrer son côté humain, ses faiblesses. Ce que font les protagonistes de ces histoires au 'petit coeur tout mou', tout tendre.
Ces gens ordinaires, auxquels on s'identifie aisément, nous parlent de désir, d'amitié, d'amour (pour un animal, un conjoint, ses enfants). Ils vivent des situations qui les amènent à tomber le masque, à se révéler aux autres et à eux-mêmes, à renaître, profiter de plaisirs, les saisir quand ils s'offrent à eux, quitte à abandonner certains principes...

Une lecture agréable malgré des longueurs - certains récits mettent du temps à démarrer.

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agenda2 24 > 28 février

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jeudi 28 février 2019

Manu social.

 

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Merci à tous ceux qui partagent leurs dessins géniaux sur Facebook !

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mercredi 27 février 2019

~ La vraie vie, Adeline Dieudonné

la vraie vieL'iconoclaste, 29 août 2018, 265 p.

♥♥♥♥

adiA la télé, dans les pubs, les familles sont heureuses, elles sautillent d'allégresse dès le petit déjeuner et les signaux d'amour clignotent de partout - regard bienveillant, sourire lumineux, bisou, caresse, bol tendu.
Dans la vraie vie, un papa peut être un ogre, un monstre, une terreur ; une maman, une 'amibe' (sic), 'une taie d'oreiller vide' (sous les coups de poing du père) ; et le rire d'un petit garçon de six ans peut s'éteindre durablement, en même temps que l'éclat d'enfance dans son regard, remplacé par un vide effrayant.

Ce roman secoue.

La couverture, d'abord, dérange - cet oeil de bête disproportionné. Monstre dans une vraie maison, ou vraie bête dans une maison de poupée ?

L'écriture est puissante, évocatrice.
On est dans la tête d'une enfant, puis d'une jeune fille. Ses réflexions et observations sont à la fois naïves et justes, entre imaginaire fertile et espoirs de l'enfance (sans mièvrerie), et courage lucide d'adulte.

Les personnages sont bouleversants dans leurs forces et faiblesses.
Il y a ceux qu'on aime, sans réserves, ceux qui déçoivent, ceux qu'on croit détester absolument, mais qui s'avèrent 'prisonniers d'un corps de bourreau'.

L'histoire de cette famille est à hurler de tristesse et d'horreur.
Réaliste, elle réveille aussi des peurs confuses, intimes et universelles : prédation, impuissance du faible contre le fort, maltraitance, meurtre, forêt, animaux sauvages (qu'ils soient morts et empaillés n'y change rien, bien au contraire).

Au milieu de l'enfer, l'héroïne se débat, avance, comme dans un conte initiatique. Elle rencontre une 'fée', mais la femme s'est trompée, l'a trompée malgré elle. On ne joue pas de cette façon avec les enfants, c'est trop cruel de les duper.
En grandissant, la jeune fille perd ses illusions. Passionnée par les sciences, l'esprit de plus en plus rationnel, elle cherche d'autres solutions, d'adulte, à la mesure du problème…

On pense à Barbe-Bleue, avec la 'chambre des cadavres', à Hansel & Gretel et au Petit Poucet, que les parents ont abandonnés, à la Belle au Bois dormant (Gilles comme en léthargie, et la grande soeur qui veut le ramener à la 'vraie vie'). Tout en ayant à l'esprit que tout est, hélas, terriblement réaliste...

Un premier roman intense, brillant de noirceur.

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agenda2

 25 & 26 février

cezam

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mardi 26 février 2019

~ Je vais m'y mettre, Florent Oiseau

je vaisPocket, 7 septembre 2017, 190 p.

♥♥

Fred, c'est le gars qui « ne veut rien branler ».
A 43 ans, il « se laisse vivre, porté par le courant d'air d'une porte de bistrot entrouverte. Un demi de bière à la main, des espoirs en pagaille. »
Un jour, il va « s'y mettre ». Arrêter « de tout arrêter avant de commencer ».

Je l'ai suivi laborieusement dans ses initiatives mollassonnes ou maladroites pour se prendre en main, trouver du boulot, changer de vie.
Et freiner sur la picole ? Non, jamais de bonne résolution à ce sujet.

Mois de février compliqué, besoin de légèreté, d'humour.
Tentative loupée avec 'Escalier C' (E. Murail). Mis en stand-by.
Après la lecture savoureuse de 'Paris-Venise', je pensais que Florent Oiseau était une valeur sûre.
Roman et Fred, les losers de chacune de ces histoires, ont beaucoup de points communs (taiseux, à l'écoute, marrants, immatures mais pas méchants), sauf que l'un est beaucoup plus sympa et touchant que l'autre.
Fred geint, est de mauvaise foi, n'a aucun sens moral, ses idées et ses plans sont foireux.

Si on n'arrive pas à se hisser au énième degré voulu par l'auteur, son ton peut faire bondir - surtout les femmes ? ** Un homme qui met des femmes sur le trottoir, ça ne m'amuse pas... **
La bonne nouvelle pour ceux qui avaient blacklisté Florent Oiseau après ce premier roman : Paris-Venise, le deuxième, est nettement meilleur - aussi impertinent et bien écrit, mais beaucoup plus fin.
 

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dimanche 24 février 2019

~ En son absence, Armel Job

en son absence

Robert Laffont, février 2017
Pocket, 1er février 2018, 300 p.

♥♥♥♥♥

En route pour le lycée, ce jeudi 5 mars 2005, Bénédicte s'est attardée près du pont de la Sûre. Il faisait beau.
Elle n'a pas pris le bus habituel, n'est pas rentrée chez sa mère le soir. Il s'avère qu'elle n'est pas allée en cours. Que lui est-il arrivé ?
On imagine le pire, le procès Dutroux a débuté quelques mois plus tôt. L'affaire hante les esprits, a fortiori dans les Ardennes belges.

Roman noir, thriller psychologique d'une remarquable finesse.
On découvre alternativement les pensées sombres et les secrets des parents de Bénédicte et des autres habitants du village, les drames passés, les vieilles rancoeurs. 
Chacun fait son mea culpa de son côté, dissimule (pour se protéger) des éléments qui pourraient faire avancer l'enquête, suspecte untel ou untel, quitte à pousser certains à faire justice eux-mêmes.

Lecture angoissante, douloureuse. On se détend de loin en loin avec les réflexions bêtes et méchantes de la vieille Mme Maca. Si tout n'était pas si tragique, on pourrait en rire.

J'avais décidé de faire une pause avec les histoires de disparitions d'enfants/adolescents.
C'est le nom de l'auteur qui m'a attirée, souvent encensé sur Babelio.
Le titre aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
Quoi qu'il en soit, je ne regrette rien. Armel Job dissèque à la perfection les relations de voisinage et les rapports complexes au sein des couples, des familles. Tout en posant subtilement la question de l'homme 'prédateur' (viol, pédophilie, inceste) : 
« Avant de se sécher, elle resta un moment, frissonnante, devant la glace. Une femme peut-elle vraiment imaginer ce qu'un homme ressent à cette vue ? Longtemps, à une fille, chaque parcelle d'elle-même semble aussi innocente que sa main ou que son pied. Jusqu'au jour où le regard hébété des garçons lui révèle le double sens de sa chair. Comme si son corps, dont elle connaissait la langue familière, s'adressait tout à coup à l'autre dans un idiome nouveau qu'elle ne maîtrise pas. C'est parti pour le grand malentendu. »

A lire, dès quinze ans. ❤️

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agenda2

23 & 24 février

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