Canel

jeudi 23 février 2017

~ Trois saisons d'orage, Cécile Coulon

trois saisonsViviane Hamy, 5 janvier 2017, 272 p.
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cécile-coulon♥♥♥♥♥

Des a priori idiots peuvent nous faire passer à côté de lectures formidables.
J'ai failli bouder ce roman à cause :
- de la maison d'édition, dont certains auteurs me tiennent à distance (Vallejo) ;
- de l'auteur, pour diverses raisons : parce que je n'ai pas aimé une de ses nouvelles, parce que je trouve ses titres posés et prétentieux façon Nothomb, parce qu'elle est proche de quelqu'un que je connais, et que je ne pensais pas pouvoir la lire de manière objective.

J'ai bien fait de céder à la curiosité en empruntant cet ouvrage à la bibliothèque.
Je le commence un soir, pour voir. Scepticisme sur les premières pages : j'ai déjà lu ce genre, du roman du terroir contemporain, sans gros sabots, tout en finesse, comme j'aime, de temps en temps, façon Sandrine Collette, Myriam Chirousse, Fabienne Juhel, Franck Bouysse. Alors oui, bien, mais bof, je ne sais pas si j'ai envie de ce genre d'atmosphère en ce moment, avec du rural, du taiseux, du beau paysage...
Je poursuis le lendemain, toujours pour voir, sans grande conviction. Je suis ferrée, rapidement. Malgré un soupçon de maniérisme qui m'agace (trop de métaphores artificielles), j'aime de plus en plus cette plume douce, limpide, pudique. Cécile Coulon raconte très bien, suggère aussi, respecte ses personnages, et à part deux ou trois abrutis finis, nous les fait aimer - les ouvriers de la carrière, les paysans, le médecin et sa famille. La tension va crescendo, les émotions se succèdent à la lecture - sérénité, crainte, colère, tristesse...

Malgré quelques repères chronologiques (seconde guerre mondiale et mai 68, vite évoqués) cette histoire est atemporelle, tout comme le ton de l'auteur, tellement ciselé qu'il semble être d'une autre époque, et tellement maîtrisé qu'il semble être celui d'un 'vieux sage' - elle est si jeune, Cécile Coulon, elle a écrit cet ouvrage à vingt-six ans !

Ce roman m'a captivée, charmée, émue, et je sens que Valère, André, Clément et quelques autres, avec qui j'ai vécu pendant deux jours, vont m'accompagner encore...

agenda 22 & 23 février - emprunt mdtk

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mercredi 22 février 2017

~ Le Hibou, Samuel Bjørk

le hibouUglen, 2015
traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud
bjorkJC Lattès, 28 septembre 2016, 460 p.

Six mois après avoir résolu l'affaire des petites filles assassinées et y avoir laissé quelques plumes, Hunger Munch et Mia Krüger s'attaquent à un 'Hibou' assassin qui a accompagné son meurtre d'un rituel pour le moins tordu. Plus tordus encore : les sévices subis par la victime les semaines précédant sa mort. Qui fait tout ça ? Combien sont-ils ? Pourquoi ? etc. Des questions qu'on se pose en lisant un roman policier, quoi !

Je me suis immergée avec délice dans ce deuxième opus. On retrouve des thématiques qui semblent chères à l'auteur, et la construction est à peu près la même - quelques pistes pour embrouiller le lecteur.
Avantages sur le premier : on connaît les enquêteurs, on les aime déjà, et il y a moins de longueurs (les incursions auprès des allumés de la forêt étaient longuettes dans Je voyage seule).
J'aime beaucoup l'écriture de Samuel Bjørk, les relations subtiles qu'il tisse entre ses personnages, et tout particulièrement les dialogues ou monologues intérieurs des enfants et de ceux qui présentent des troubles mentaux.

Une fois le livre terminé, je me dis que l'intrigue est un peu tirée par les cheveux, sans doute, que certains éléments sont invraisemblables, et que j'ai déjà rencontré maintes fois ce profil d'assassin. Mais peu importe, ce délicieux page-turner m'a distraite pendant 4h30.

agenda 20 & 21 février - merci 🎅 !

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 32e  💀

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# Loin, Aliose

Mon coup de coeur (de midinette) à la radio en ce moment. 😍

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mardi 21 février 2017

~ Je me suis tue, Mathieu Menegaux

je me suis tueEditions Grasset & Fasquelle, 2015
Points, 12 janvier 2017, 144 p.
mm-
♥♥♥♥♥

Claire est en prison. Comment cette quadragénaire « équilibrée, éduquée, sans le moindre antécédent psychiatrique, bourgeoise, aisée, sans angoisse vitale » est-elle arrivée là ?
Je ne vous dirai pas ce qu'elle a fait, on l'apprend doucement, tardivement. L'auteur remonte le fil par le biais d'une lettre ultime que la détenue écrit à son mari.
Entre le drame déclencheur et son geste fatal, plusieurs mois se sont écoulés. Pour se protéger et épargner ses proches, cette femme forte et fière s'est emmurée dans un silence destructeur, dans l'orgueil et le déni, a tissé sa propre toile, s'est empêtrée dans des désirs inconciliables...

Mathieu Menegaux signe là un premier roman aussi captivant que dérangeant. Je l'ai lu d'une traite, il m'a bouleversée, j'ai admiré la capacité de l'auteur à « se glisser dans la peau d'une femme », comme il le dit lui-même dans les remerciements. ** SPOIL ** Il nous parle de désir d'enfant, de viol, d'avortement, de couple, de maternité, de folie, mais aussi de dignité et de solitude extrême... **

Même si le suspense tient rapidement le lecteur en haleine, cet ouvrage n'est pas vraiment un thriller. Plutôt un roman très noir au cheminement intelligent et réaliste, donc saisissant et perturbant.

agenda 19 février

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 31e  💀

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 Parmi les nombreuses chansons évoquées dans l'ouvrage : Quelques mots d'amour...

« Il manque quelqu'un près de moi,
je me retourne, tout le monde est là.
D'où vient ce sentiment bizarre que je suis seule,
parmi tous ces amis et ces gens qui ne veulent
que quelques mots d'amour. »

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lundi 20 février 2017

~ Et toujours elle m'écrivait, Jean-Marc Savoye

et tjsAlbin Michel, 1e mars 2017

♥♥♠♠

« J'étais à deux doigts de la dépression. J'ai choisi l'analyse. »
Je dirais bien qu'en France, cette option reste un luxe de citadin intello friqué, les gens du peuple se contentant de soigner leurs déprimes à coup de médocs remboursés par la Sécu. Mais je ne vais pas commencer par du négatif frontal, même si j'ai eu du mal à aller au bout de cette lecture interminable, et que je rechignais à m'y remettre (huit jours pour 260 p.)...
Non, ce n'est pas de la résistance, de la gêne face au miroir de mes propres névroses, je trouve l'exercice analytique plutôt sympa, j'ai aimé lire Freud, Dolto, et d'autres psys pas trop compliqués, cette façon de tout décortiquer m'amuse, mais encore faut-il que l'auteur d'un tel témoignage aille un peu au-delà de son cas particulier pour qu'on s'y intéresse vraiment.
Qu'on s'y intéresse, à défaut de compatir, parce que JMS est né avec une cuiller d'argent dans la bouche, dans une famille bancale, certes, mais aimante ; il n'a jamais eu de mal à trouver du boulot, et même si ce n'était pas dans la branche souhaitée, ces postes de cadre dans l'édition ont de quoi faire baver d'envie les lecteurs que nous sommes.

Jean-Marc Savoye est resté plus de cinquante ans empêtré (et peut-être y est-il encore) dans des histoires de filiation, de prénom, de place dans la famille, de manque (ou d'excès ?) de désir maternel (en psychanalyse, les opposés n'existent pas, ou quelque chose comme ça), d'absence du père.
Il lui a fallu (phallus ?) pas moins de trois cures psychanalytiques, dont les deux dernières avec des célébrités - et ça aussi, ça se paie, par le fric et les fréquentations mondaines - et une EMDR pour y voir plus clair, pour s'alléger, pour arrêter de piétiner.

Comme beaucoup de lecteurs, j'ai été attirée par le nom de Philippe Grimbert en couverture. Il fut le troisième analyste de JM Savoye et à ce titre, il commente de loin en loin ce témoignage. L'a-t-il fait par amitié ? Pour faire avancer la "science" ? Heum... Est-ce un petit coup de pouce commercial ? J'ai trouvé l'exercice à quatre mains sans grand intérêt.

Je déconseille à ceux qui ne supportent pas la masturbation intellectuelle des auteurs passés par la psychanalyse et centrés sur leur personne, tout fiers de décrypter que dans leur nom, il faut entendre "sa voie, "sa voix", et "vois ça" (vois ça comme j'ai souffert). Et le Mont-Blanc que monsieur escalade, de même qu'il s'est élevé grâce à l'analyse, eh bien il est en Haute-Savoie (ôte ou haute sa voie/voix) alors que dans sa famille, ils sont plutôt branchés "Pyrénées" (pire aîné, pire est né...) - dingue, non ?
A vous de voir...

agenda 11 au 19 février - merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.

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# Dust in the Wind, Kansas

Envie de changer de coupe de cheveux ? de renouveler votre garde-robe ?

Ou juste de rire ? Ça serait dommage, la chanson est jolie, alors fermez les yeux pour rester sérieux et pleinement savourer ! 😉

extrait de l'album Point of Know Return (1977)

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samedi 18 février 2017

~ A la dure, Rachel Corenblit

a la dureActes Sud Junior, D'une seule voix, 1e février 2017, 63 p.

corenblit■   lu par Canel

♥♥♥♥♥

Cinq bassines, des chaussettes chaudes et des couvertures douces en polaire, des draps de rechange, des bouteilles d'eau et des grandes serviettes de plage dont celle que préférait So quand elle était petite, la délavée avec Batman.
A quelle expédition se prépare Arthur en s'équipant ainsi ? A un sauvetage, celui de sa grande soeur, tombée très bas, partie très loin...

Un roman beau et poignant qui traite des dégringolades possibles à l'adolescence, des mauvaises rencontres, de l'amour entre frère et soeur, des liens qui unissent une famille, de la douleur des autres quand l'un va mal.

Une histoire forte, ponctuée de moments intenses et d'images marquantes : « Papa et maman couchés par terre, l'un dans les bras de l'autre. Ils ne m'ont pas remarqué, occupés qu'ils étaient à chuter plus bas que terre. C'est l'effet que ton départ a eu sur eux. Tu leur as coupé les jambes, ils ne tenaient plus debout. »

J'ai pensé à l'excellent roman Moi et toi de Niccolò Ammaniti en lisant cet ouvrage.
A faire découvrir dès 15 ans.

■   et Mr

Arthur rassemble des affaires, façon inventaire à la Prévert.
Ces préparatifs et le soin qu'il y apporte sont tellement intrigants qu'on peut douter de sa santé mentale.
Que se passe-t-il dans sa tête ? Qu'est-il arrivé à ce jeune homme de dix-sept ans et à sa famille ?

Bien que rebuté a priori par le style, j'ai rapidement été intéressé par l'histoire à la fois singulière et banale de la famille d'Arthur.
La souffrance y est omniprésente. La tendresse est là, aussi, tout au long du livre, et jusqu'à la dernière page, en particulier entre Arthur et So, sa soeur aînée.

Ce récit est tellement émouvant que j'ai vite oublié la narration à la deuxième personne du singulier.

agenda 17 février

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vendredi 17 février 2017

~ Aussi loin que possible, Eric Pessan

aussi loinEcole des Loisirs, 30 septembre 2015, 140 p.

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Ils n'ont rien prémédité. Ça commence par une petite course entre deux copains pour rigoler en allant au collège, et puis une foulée en entraîne une autre. Les voilà partis pour sécher la première heure de cours... et plus, finalement, beaucoup plus.

Ces deux garçons qui courent, ce sont Antoine et Tony. On les appelle 'les Tonio'. Ils ont treize ans, vivent dans la grisaille d'une banlieue bétonnée, sont bons élèves mais un brin indisciplinés.
Tony vit dans la crainte de l'expulsion de ses parents, parce qu'il leur « manque deux ou trois tampons sur deux ou trois formulaires ».
Antoine est malheureux, en colère, frustré : son père passe ses nerfs sur lui. Quand il voit des affiches de gamins avec des cocards, il se dit qu'il n'est pas vraiment maltraité, lui, non, il se prend juste des baffes et se fait engueuler quand le bonhomme est énervé (souvent !).

Il faut être ado, sans doute, pour avoir suffisamment de courage et d'insouciance pour « quitter le chemin quotidien pour emprunter un sentier exceptionnel », pour fuir les emmerdes sur un coup de tête, comme ces 'Tonio'.

Belle histoire d'amitié, de solidarité, de courage, de persévérance, d'espoir.
Je m'y suis un chouïa ennuyée parce que je ne suis guère friande de road-trip, ni de course/marche.
Les adolescents qui rêvent de taper du poing sur la table, de tout envoyer balader, ne serait-ce que quelques jours, devraient beaucoup aimer, en revanche - de même que ceux (jeunes et moins jeunes) qui trouvent un défoulement salutaire dans le sport...

agenda 15 février - emprunt mdtk

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jeudi 16 février 2017

~ Interviews à Nantes, Pollux

polluxEditions Nomades, 5 octobre 2016, 130 p.

lu par Mr

Pollux, qualifiée d' « historienne du dimanche », interroge ici dix-sept personnalités.
Parmi les interviewés figurent notamment des auteurs, des hommes d'affaires, des politiques, des architectes, un célèbre navigateur.
Ils (une seule femme dans le lot) ont vécu du IIIème au XXème siècle.
Le titre annonce leur point commun : un lien avec Nantes - ville plus ou moins bretonne selon les époques et les points de vue...

Certains personnages ne m'étaient familiers que parce que des lieux de cette ville portent leur nom (Ceineray, Pommeraye, Saint-Félix). D'autres personnages sont plus célèbres (Anne de Bretagne, Henry IV et Louis XVI, Jules Verne, Eric Tabarly…).

A travers l'histoire de ces personnages, c'est une partie de l'Histoire de la ville (et du pays) qui nous est présentée, et ce de manière originale et agréable. Les questions de Pollux sont posées sans détour, font mouche, l'auteur n'hésite pas à titiller ses interlocuteurs imaginaires, tout en expliquant le contexte de la période concernée.

Un excellent livre de vulgarisation historique, qui s'adresse à tous et qui m'a beaucoup appris. Les Nantais devraient particulièrement apprécier.

• Merci à Babelio et aux éditions Nomades !

►  L'avis de Canel.

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mercredi 15 février 2017

4e semaine

Il ne lâche pas...

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... mais la presse, les dessinateurs et quelques citoyens non plus !

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(pour les jeunes qui ne l'auraient pas connu : le pépé en pantoufles est l'ex-président Jacques Chirac)

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source : La réalité n'est qu'un point de vue.

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Xavier Gorce, un dessinateur que je découvre "grâce" à cette affaire, j'aime beaucoup sa subtilité.

  son site

retrouvez son dessin quotidien 'Les indégivrables' sur le Monde.fr.

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A la semaine prochaine pour une rubrique équivalente ? On aimerait mieux pas...

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mardi 14 février 2017

~ La myéline, Le turbo du cerveau - Florence Rosier & Boris Zalc

la myélineOdile Jacob, 9 mars 2016, 312 p.

lu par Mr

Florence Rosier est journaliste (notamment pour « le Monde »), Bernard Zalc est chercheur en neurosciences.
Ensemble, ils nous expliquent :
- ce qu'est la myéline (une gaine entourant certaines fibres nerveuses),
- l'histoire de l'apparition de cette substance chez des êtres vivants,
- comment elle fût découverte par les scientifiques au XIXe siècle,
- les rôles qu'on lui connaît dans le fonctionnement de notre organisme, en particulier celui résumé en sous-titre d'accélérateur de la vitesse de transmission d'influx,
- ses modes de fonctionnement (l'influx nerveux saute d'un noeud de Ranvier – zone de rétrécissement de la gaine de myéline – à un autre),
- les conséquences de dysfonctionnements qui affectent la myéline, dont la sclérose en plaque et les « dégradations » causées par la grande prématurité.

Malgré quelques passages particulièrement ardus pour le néophyte, les thèmes et thèses développées sont globalement compréhensibles.
J'ai été impressionné à la fois par l'importance des connaissances sur le sujet (favorisée par l'amélioration des techniques d'observation et exploratoires) et par l'étendue de ce qui reste à découvrir dans le fonctionnement de notre cerveau.
Cet ouvrage a le mérite d'inviter le lecteur à réfléchir sur ses propres comportements et ceux des autres, à travers la manière dont l'organisme fonctionne.

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lundi 13 février 2017

~ Le journal de Nine, t.3 : Pourquoi c'est pas juste ? - Géraldine Maillet

le journal de nine3illustré par Line T
Flammarion jeunesse, 11 janvier 2017, 128 p.

Troisième épisode des aventures de la pré-ado Léopoldine, alias Nine.
Elle grandit, elle a douze ans, elle va bientôt entrer en 5e.
Ça y est, chez cette pré-ado, l'ADO l'emporte sur le PRÉ, autant dire que c'est pas rose dans sa tête tous les jours, on a connu ça, et on s'en rend compte si on côtoie des 12-18 ans. Nine digère le divorce parental, disons qu'elle s'en accommode mieux, elle a plutôt bien adopté sa famille recomposée.

Alors je ne sais pas ce que j'ai en ce moment, je dois être encore moins patiente que d'habitude, mais les jérémiades d'enfants gâtés, ça me « saoule grave », comme ils disent. C'est marrant, parce que je me plains beaucoup, moi aussi...

Ce qui m'a agacée :
• que l'auteur se mette en avant avec ses photos persos en début d'ouvrage, au cas où on oublierait que cette Nine et sa maman formidable sont fortement inspirées de sa propre fille et d'elle-même (l'auteur, journaliste, est ancien mannequin, ça peut aussi expliquer ce m'as-tu-vu)
• la futilité du propos de cette gosse de riche - mais le public visé est pré-ado... cela dit, la série 'Mentine' (Jo Witek) qui s'adresse à la même tranche d'âge est beaucoup moins superficielle
• que l'illustratrice, Line T., qui fait un travail formidable et dont les dessins craquants contribuent sans doute énormément à appâter le client, ne soit pas mentionnée en couverture

Ce qui peut être intéressant :
• la vision du divorce par un enfant (les mesquineries entre parents séparés, sur le fric, les principes éducatifs, etc.)
• la description du malaise adolescent dont on supporte tant bien que mal les manifestations, nous, adultes : mauvaise humeur, mauvaise foi, provocation, crises, caprices, réponse à tout...
• l'expression des inquiétudes de nos petits quant à leur avenir
• l'humour ? pas mon genre, celui-là, mais bon, je conçois que ça puisse faire sourire à 10 ans...

Conclusion : il y a beaucoup mieux à lire pour nos jeunes filles...

agenda 11 & 12/02 - merci aux éditions Flammarion !

 - tube des 80's mentionné dans l'ouvrage -

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dimanche 12 février 2017

~ Dans le désordre, Marion Brunet

dans le désordreEditions Sarbacane, 6 janvier 2016, 251 p.brunet-

lu par Mr

♥♥♥♥♥

Lors d'une manifestation, deux étudiantes rencontrent des « marginaux » qu'elles trouvent sympathiques. Tous partagent l'envie d'un monde différent de celui qui les entoure, d'une vie autre que celle que la société leur offre. Rapidement ils partagent aussi leur habitat, en squattant une maison inoccupée.

Le lecteur découvre peu a peu l'histoire de ces sept personnages, et comprend ainsi la colère qu'ils éprouvent et les choix de vie qui en résultent.

Même si l'idéalisme de certains de ces jeunes a parfois fait sourire (jaune) l'adulte désabusé que je suis, j'ai dévoré ce roman subtil avec plaisir et émotion. Il donne une image intéressante des rapports entre les parents et leurs enfants, lorsque ceux-ci veulent prendre leur envol et s'affranchir de certaines contraintes.
Les thématiques de la révolte, de l'amitié, de l'amour et du deuil y sont également abordées avec une grande justesse.

A faire lire aux adolescents, pour en discuter éventuellement, un jour où ils sont décidés à parler et écouter... 😉

►  L'avis de Canel.

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samedi 11 février 2017

~ Les fauves, Ingrid Desjours

les fauvesRobert Laffont, 2015
Pocket, 13 octobre 2016, 448 p.
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Ancien soldat traumatisé par ce qu'il a vu, fait et subi en Afghanistan, Lars s'est reconverti dans la garde rapprochée en France. Sa nouvelle mission : protéger Haiko, cible d'une fatwa. Cette jeune femme célèbre empêche des jeunes de rejoindre l'Etat islamique. Avec la complicité des familles, elle les intercepte juste avant leur départ et les envoie dans un lieu mystérieux, où ils se font "déradicaliser". Enfin ça, c'est la mission affichée de son ONG, NerF (Nos enfants resteront en France), mais qu'en est-il réellement ? La rumeur court et enfle : Haiko destinerait ces gamins à d'autres trafics louches, aussi dangereux pour eux...

La fascination de nos jeunes Occidentaux pour l'EI m'intéresse, parce que le phénomène dépasse notre entendement, parce que c'est effrayant pour notre société - les actes terroristes eux-mêmes, certes, mais aussi et surtout ce que cela exprime du mal-être des recrues.
Je cherche plus volontiers des réponses dans des fictions que dans des témoignages ou des essais. Ce roman policier d'Ingrid Desjours, tout autant que 'Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte' (Thierry Jonquet) a répondu à mes attentes. Grâce à son intrigue documentée et à ses personnages tout en ambivalences et mystères, Ingrid Desjours nous instruit sans manichéisme sur la radicalisation et les 'guerres de religion' du XXIe siècle. Elle propose des pistes de réflexion, sans nous engluer dans les clichés et les discours pontifiants. Elle évoque la conversion à l'Etat islamique, mais aussi le phénomène parallèle : le recrutement des 'nouveaux croisés', des jeunes embrigadés pour partir protéger les chrétiens d'Orient contre les islamistes. Elle défend et condamne tour à tour ces deux extrêmes, les confronte, les explique, tout en illustrant ses propos d'extraits d'articles de presse.

Un roman parfait ♥, très différent des autres ouvrages d'Ingrid Desjours, que j'avais appréciés aussi mais pour d'autres raisons.
Du suspense jusqu'à la dernière page sur les motivations réelles des personnages principaux - j'adore ça dans un polar. Et des sujets passionnants : internet, rumeur, propagande, guerre, traumatismes des soldats, pertes de repères chez les jeunes, jeux de combats virtuels...

agenda 7 au 11 février

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 30e  💀

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jeudi 9 février 2017

C'est pas fini !

Troisième semaine ! (et il ne lâche pas)

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Merci, petit    canard

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*   *   *

... et pendant ce temps à « gauche »

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source : L'Actu en patates

A moins que... ?

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mercredi 8 février 2017

~ L'amie prodigieuse, tome 3 : Celle qui fuit et celle qui reste - Elena Ferrante

celle qui fuitGallimard, 3 janvier 2017, 480 p.

♠♠

Prodigieusement toxique et mesquine, cette amie ! Laquelle ? Chacune, l'une pour l'autre, mais elles ne le montrent pas de la même façon, et le lecteur n'entend que la voix de Lena.
Dans ce troisième opus, il y a celle qui fuit et celle qui reste. Celle qui gémit et celle qui se bat. Celle qui est odieuse, et l'autre qui vient prendre des coups. Celle qui se fait exploiter, et l'autre qui s'en sort bien...
Et celle qui a tous les défauts, toutes les guignes, n'est pas forcément Lila-la-méchante. La roue ne cesse de tourner, comme dans les deux précédents épisodes.

Nous voilà arrivés dans l'Italie des années 70, celle des jours fastes pour ceux qui ont l'argent et le pouvoir, celle du mouvement révolutionnaire des Brigades rouges, celle des réflexions et actions plus ou moins timorées des intellectuels de gauche. Elena et Lila ont la trentaine, elles sont épouses, mères, leurs relations restent très compliquées.

Elena Ferrante a beaucoup de talent... pour me prendre dans sa toile. Je m'ennuie souvent à la lecture de cette saga touffue, me demande à chaque fois que j'ouvre un nouveau pavé pourquoi je m'y suis laissé entraîner. Il y a des longueurs, je trouve Elena particulièrement tête à claques - elle se regarde le nombril, s'estime lésée, mal-aimée, victime, soupire après Nino (et d'après elle, Lila est toujours à l'origine de ses malheurs, d'une manière ou d'une autre).
Mais j'ai beau être agacée par ce personnage et quelques autres, j'y reviens et me précipite sur chaque suite, grâce à des fins généralement plus intéressantes que ce qui précède, et un dernier chapitre cliffhanger.

agenda 27/01 > 07/02


Chanson que j'avais en tête à la lecture.
Remplacer Léa par Lena, parisienne par napolitaine...
Pour le reste, c'est tout pareil, surtout ça : « ... mais putain qu'est-ç'qu'elle est chiante ! » ♪♫

MAIS QUI SE CACHE DERRIERE CE NOM, ELENA FERRANTE ?

Le mystère reste entier !

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mardi 7 février 2017

~ Le surprenant cycle de l'eau, Vazken Andréassian & Julien Lerat

le cycle de l'eauillustré par Claude Delafosse
Editions le Pommier, Les Minipommes, 30 mai 2007, 64 p.

♠♠

Le cycle de l'eau, du robinet à la station d'épuration, via le château d'eau, la rivière, les eaux usées.

Où l'on apprend qu'il est plus économique et plus écologique de boire l'eau du robinet plutôt que celle en bouteille, de prendre des douches plutôt que des bains, etc. Ça paraît évident, mais les chiffres, ça parle :
- un bain, 200 l., une douche, 80 l. (j'en connais qui dépassent largement, mais bon)
- l'eau en bouteille est 100 fois plus chère que celle du robinet (30 centimes le litre, contre 0.3, sans parler de la pollution engendrée par la fabrication et le recyclage de la bouteille plastique).

Hydrologues, Vazken Andréassian et Julien Lerat ont eu la fausse bonne idée de nous expliquer tout ça à travers un roman. L'intrigue est tirée par les cheveux, forcément : il faut que nos trois petits héros soient réduits à la taille de fourmis par la grâce d'une bonne étoile pour faire leur visite. La clarté de l'exposé en pâtit, et ça manque de schémas.

On peut aussi se poser la question de l'indépendance des auteurs, chercheurs au CEMAGREF, instance nationale aujourd'hui rebaptisée IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture). L'eau dite 'potable' l'est-elle vraiment autant qu'ils le prétendent ?

Intéressant malgré tout, mais il y a sûrement mieux, plus didactique, pour les 8-12 ans.

< emprunt mdtk >

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lundi 6 février 2017

~ Les échoués, Pascal Manoukian

les échouésSeuil, Don Quichotte, 2015
Points, 19 janvier 2017, 287 p.

lu par Mr

♠♠

Virgil est moldave, Assan somalien, et Chanchal bangladais.
Leurs points communs : la pauvreté, et la nécessité de fuir leur pays d'origine pour survivre.
Leur destination : la France, du moins si chacun parvient à parcourir les milliers de kilomètres qui l'en séparent, à franchir les frontières politiques et naturelles, à survivre à un voyage accompli dans la clandestinité. Le statut de clandestin est d'ailleurs l'une des rares choses qu'ils sont sûrs de conserver s'ils arrivent à destination. Ce statut leur vaudra des conditions de vie abominables, d'autant que certains individus n'ont aucun scrupule à profiter de leurs faiblesses…

A travers l'histoire de ces trois personnages et de leurs familles, Pascal Manoukian évoque des mouvements migratoires contemporains de manière complète : il explique ce qui oblige certains à fuir leur pays d'origine, montre les conditions dans lesquelles il accomplissent le voyage, et décrit « l'accueil » qui leur est fait.
Cette dénonciation est émouvante et extrêmement triste ; elle oblige le lecteur à ouvrir les yeux sur ce qu'il préférerait ignorer, et l'amène à réfléchir.

Malgré les qualités de ce roman, j'avoue l'avoir beaucoup morcelé et lu à reculons, rebuté par la tristesse qu'il dégage, et gêné par un fort sentiment d'impuissance face à cette misère.

•  L'avis de Canel.

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dimanche 5 février 2017

~ Che Guevara habite au 7e étage, Bertrand Solet

che guevaraEditions du Jasmin, 2 mai 2008, 61 p.

solet

Ras-le-bol de la terreur que font régner le Rusé, Grosse Brute et le Fada dans la Cité. A court d'idées, un grand leur balance : « A votre place, je ferais attention : Che Guevara est mon ami, et il habite ici au septième étage. » Les trois lascars incultes se calment direct, d'autant que celui qui dit ça porte un T-shirt avec la tête du Che, justement, et le bonhomme n'a pas l'air de rigoler.
Impressionnés par l'efficacité de la menace, Grenouille, Paulo et Vincent décident, du haut de leurs dix ans, d'aller voir de plus près ce monsieur du 7e étage et discuter avec lui. Ils découvrent un vieil homme sage qui n'est évidemment pas Ernesto, mais connaît bien sa vie, la leur raconte, leur parlant, à travers l'exemple de la révolution cubaine, d'oppression, de révolte, de solidarité, et donc d'espoir.

Bonne idée de faire découvrir un personnage historique aux enfants à travers un roman simple dont les protagonistes leur ressemblent. L'auteur montre également par ces échanges inter-générationnels que les 'aînés' sont des passeurs de relais sur un passé dont on a beaucoup à apprendre...
Dans une postface de deux pages, Bertrand Solet explique qui fut le Che. Il 'oublie' juste de mentionner qu'une révolution, aussi nécessaire et bénéfique soit-elle pour un peuple opprimé, provoque aussi des dommages collatéraux...

agenda 1e février - emprunt mdtk

cuba
- source image : wikipedia -

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samedi 4 février 2017

~ Tes petits camarades, Valérie Dayre

tes petits camaradesThierry Magnier Editions, Petite Poche, 13 octobre 2008, 45 p.

■  lu par Canel

♥♥

Parmi les 1 001 craintes du parent anxieux : que son enfant ait du mal à s'intégrer dans un groupe, à l'école, qu'il ne parvienne pas à se faire des amis, et pire encore, bien sûr, qu'il se fasse malmener par les autres.
Valentin est un petit garçon de ce genre, isolé et parfois victime de brimades. C'est un peu mieux depuis qu'il a déménagé, mais il n'a toujours pas de copains.
Sa mère ne lui en parle pas directement, mais elle en souffre, visiblement : elle le pousse à inviter quelques camarades pour son anniversaire.
Il va falloir trouver une solution pour sauver la face et rassurer la maman...

J'emprunte souvent des romans de la collection 'Petite Poche' (Thierry Magnier) à la bibliothèque : ils sont intéressants pour les adultes, mais le ton et les thématiques me semblent rarement adaptés au public visé (6-8 ans).
J'ai trouvé celui-ci parfait, les lecteurs de tous âges peuvent s'identifier aussi bien au parent inquiet qu'à l'enfant soucieux de rassurer son entourage.
L'histoire serre la gorge d'emblée, on attend impatiemment des jours meilleurs pour Valentin, on espère... Et on réfléchit sans prise de tête sur l'amitié, l'ouverture et la tolérance, mais aussi sur la solitude : un plaisir à savourer ou une mise à l'écart honteuse ?

■  et Mr

L'anniversaire de Valentin approche. Sa maman lui redemande la liste de ses invités, le petit garçon s'affole. Il n'a pas d'amis et n'ose pas l'avouer à sa mère. Il en a tellement honte que tous les stratagèmes deviennent bons pour le cacher.

Bien qu'écrite à la 3e personne du singulier, l'histoire est racontée du point de vue de l'enfant de dix ans, ce qui la rend particulièrement crédible et triste.
Adapté au jeune public auquel il est destiné, ce court roman peut être l'occasion d'échanges intéressants avec les enfants. Il permet d'expliquer que certains problèmes doivent être confiés aux adultes pour trouver ensemble des solutions.

< emprunt mdtk >

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vendredi 3 février 2017

Ils reviennent en 2e semaine !

Grâce à notre petit Palmipède préféré qui a soulevé de nouveaux lièvres...

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on se régale cette semaine encore de dessins de presse sur l'affaire P.

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*   *   *

Merci mon petit

canard

>  d'autres dessins ici  <

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jeudi 2 février 2017

~ Martha & Alan (D'après les souvenirs d'Alan Ingram Cope), Emmanuel Guibert

marthaL'Association, 19 septembre 2016, 115 p.

♠♠

Album pris au hasard à la médiathèque, parce qu'on m'a vanté le travail d'Emmanuel Guibert, notamment son 'Photographe' (co-écrit avec Didier Lefèvre), que je n'ai pas lu.

L'ouvrage est en bout de gondole, gage de qualité, la couverture m'attire, je ne sais rien de ce couple, ou de ce duo, « Martha et Alan », mais à en croire le titre, Alan Ingram Cope est célèbre.
Allez hop, je prends, je vais apprendre des trucs, et comme j'aime bien les surprises, je laisse l'album me dévoiler qui sont ces gens, je ne regarde pas sur le net. Donc pendant plus de cent pages sans bulles, illustrées à la Norman Rockwell, je navigue à vue dans des souvenirs d'enfance très anecdotiques : Martha était gentille, la belle-mère d'Alan beaucoup moins, elle l'empêchait de boire du lait, heureusement que la maman de Martha lui en donnait. Et puis les deux enfants ont grandi, se sont perdus de vue, se sont retrouvés, se sont séparés, et chacun pour soi est reparti, dans l'tourbillon de la vie, quoi... on sait ce que c'est ! ♪♫ *

Je n'ai compris qu'à la fin, en lisant quelques avis sur Babelio, qu'Emmanuel Guibert revenait sur l'enfance d'un des personnages récurrents de son oeuvre, Alan.
Cette tranche de vie ne m'a pas semblé présenter grand intérêt pour qui ne connaît pas le monsieur...
Tant pis pour moi. Encore la preuve qu'on devrait peut-être, parfois, lire les quatrième de couv/présentations de l'éditeur...

* cf. interprétations de Jeanne Moreau et de François Hadji-Lazaro avec son groupe 'Pigalle'

agenda 1e février - emprunt mdtk

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