Canel

dimanche 30 avril 2017

~ Le groupe, Jean-Philippe Blondel

le groupeActes Sud Junior, 8 mars 2017, 125 p.

jpb♥♥

Ce groupe, c'est un atelier d'écriture animé par deux professeurs et suivi assidûment par dix élèves de terminale. Les enseignants ne se contentent pas de donner les consignes et de veiller à ce que les instructions soient respectées - notamment bienveillance et respect entre participants -, ils sont aussi membres du groupe et se plient aux exercices d'écriture comme les autres. Ces moments sont riches en émotions : on écrit, on sollicite son imagination, on se met à nu, on affronte le regard des autres et forcément leur jugement, même muet, on écoute à son tour...

Le talent de Jean-Philippe Blondel se déploie depuis près de quinze ans, pour le plus grand plaisir des lecteurs qui lisent tous ses romans.
Le seul problème (de taille, quand même), c'est qu'on a l'impression de retrouver les mêmes personnages et les mêmes thématiques - nostalgie du quadra-quinqua, regrets sur ses rendez-vous manqués, ambitions de jeunesse déçues, adolescence et son lot de difficultés (parents et vie provinciale étriqués, envie de fuir, triangles amoureux...). On peut trouver ça agaçant, ça occulte en partie les bonnes trouvailles et les éléments nouveaux que développe l'auteur - ici, une agréable sensation de vertige lorsqu'on a plusieurs versions de la vie d'un même individu (son propre témoignage, et la fiction imaginée par un tiers, camarade ou prof).

L'écriture de Blondel est toujours aussi agréable, on se reconnaît forcément dans les préoccupations des protagonistes (a fortiori si on est de la génération de l'auteur et/ou si l'on côtoie des ados au quotidien).

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27 > 29 avril - emprunt mdtk

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samedi 29 avril 2017

~ 54 x 13 - Jean-Bernard Pouy

54première parution en 1996
L'Atalante Editions, 11 mars 2016, 189 p.

lu par Mr

♥♥

Lilian Fauger est un jeune coureur cycliste français. Lors de la 17ème étape du tour de France, il fausse compagnie au peloton pour se retrouver seul en tête de course. Les cadors et les grandes équipes qui roulent pour eux - ce qui n'est pas le cas de Lilian, jeune pro dont l'équipe est alors réduite à trois - laissent rarement ce type d'initiative aller à son terme. Par chance pour Lilian, aujourd'hui cela ne réagit pas très vite derrière lui, sans doute parce qu'il fait partie des mal-classés, jouant parfois le rôle de porteur de bidons pour ses partenaires. Lilian qui a prémédité son échappée commence croire à la victoire d'étape. L'auteur nous emmène dans son rêve, ou plutôt dans ses rêves puisque l'esprit de Lilian bat la campagne tandis qu'il tente d'oublier ses douleurs…

Malgré les louanges de cet ouvrage faites par plusieurs lecteurs (amateurs de cyclisme), la mise en page aérée a d'abord suscité ma méfiance, moi qui fuis les écritures hachurées et la poésie.

Très vite, j'ai été happé par l'histoire. le style et la typographie illustrent la manière dont l'esprit humain fonctionne parfois, passant d'une idée à l'autre, notamment quand on fournit un effort cadencé et pour ne plus penser aux douleurs qu'il occasionne.
De nombreuses gloires du cyclisme sont conviées, des destins tragiques rappelés, le décor et son envers (le dopage) exposés. Pour finir, et sans spoiler, on peut dire que la chute est inattendue…

Un livre que devraient adorer les amateurs de la grande boucle. Ceux qui, comme moi, aiment la petite reine mais détestent l'hypocrisie entourant la mise en scène de la compétition (cf. critiques de Bernard H. à l'encontre de Richard V. !) peuvent aussi l'apprécier.
Par contre, vous pourriez être déçu et vous ennuyer si vous appréciez surtout la déconne dans les romans noirs de JB Pouy, et êtes allergique au sport et au cyclisme... Canel, évite ! 😉

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jeudi 27 avril 2017

~ Rouge Tagada, Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini

Gulf Stream, 17 janvier 2013, 56 p.

Le bleu est une couleur chaude (Julie Maroh).
Et le rouge tagada (Charlotte Bousquet), c'est la couleur, le goût et la texture des lèvres de Layla quand Alex l'embrasse...

Deux histoires d'amour entre jeunes filles, deux couleurs pour en parler.
Ce deuxième album est destiné à un public plus jeune que celui de Julie Maroh, même si le ton n'est guère plus optimiste.

La bonne idée que transmet l'ouvrage : la frontière est parfois tellement floue entre amitié et amour qu'on peut la franchir, sans devoir se censurer si l'autre est du même sexe (à condition qu'il/elle en ait envie aussi).
Mes bémols : la fin, qui laisse sans réponses les questions que l'on peut se poser à cet âge sur la 'norme' et la honte par rapport à des désirs homosexuels... ** spoil ** Alex reste seule et triste après cette déception amoureuse, Layla semble regretter leur étreinte, se rassure-t-elle en ayant un petit ami ? n'est-il là que pour cela ?
Ça effraierait presque les jeunes lecteurs : est-ce que le passage à l'acte peut remettre en cause les sentiments, voire tout briser ? **


Pour toute question sur la sexualité à l'adolescence, consulter plutôt le site OnSexprime.

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mercredi 26 avril 2017

Merci Alfred ! et merci Edouard...

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 On peut en ajouter plein, nés ici ou 'ailleurs' et importants dans nos vies, célèbres ou non : Agnès Jaoui (actrice née en 1964 à Antony, parents d'origine tunisienne), Nagui (animateur né en 1961 à Alexandrie, Egypte), Coluche (acteur né en 1944 à Paris, parents d'origine italienne), Olivia Ruiz (chanteuse née en 1980 à Carcassonne, famille maternelle d'origine espagnole qui a fui le franquisme), Emmanuel Da Silva (chanteur né en 1974 à Nevers, d'origine portugaise), Isabelle Adjani (actrice née en 1955 en France, d'un père d'origine kabyle et d'une mère allemande)... [ si vous avez d'autres idées, je prends... ]

Et quand Nicolas Sarkozy s'inquiéte d'une "Europe passoire", on a envie de lui rafraîchir la mémoire : T'es de quelle(s) origine(s), mon gars, déjà ? 
Wiki me répond : Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa est le fils de Pál (francisé en Paul) Sarközy de Nagy-Bocsa, immigré hongrois, et d'Andrée Mallah. La mère d’Andrée, Adèle Bouvier, est française, née à Lyon (Rhône-Alpes) ; son père, Bénédict Malah, est un juif séfarade de Thessalonique (Empire ottoman).
Si je compte bien, y a les 3/4 qui sont passés par les trous de la passoire ?

*  *  *

Et un joli texte d'Edouard Baer diffusé sur Radio Nova le 24/04, qui rappelle que pouvoir voter, c'est quand même "pas mal"...

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- source : Chrib' actu -

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mardi 25 avril 2017

Des T-shirts à gagner... le résultat !

Ce mardi 25/04 à 21h05, vous étiez ONZE participant-e-s :

Marina, ManU, Valérie, Violette, Manika, Amandine, La Chèvre Grise, Sandrine (SD49), Soukee, Saxaoul, Laurence.

Qui gagne un bon d'achat de 30 € à valoir sur toute la boutique RueDuTShirt.com ?

tirage

- tirage réalisé via le logiciel dcode, sous l'oeil aussi neutre que vigilant de Junior -

*     *     *

Pas de second tour, Sandrine et Soukee, vous gagnez toutes les deux !

Donnez-moi vite vos coordonnées par mail via 'Contactez l'auteur' dans la colonne de droite, juste sous la vache.

Mathieu, de RueDuTShirt.com, vous enverra votre code promo, et vous n'aurez plus qu'à choisir motif, taille, couleur, etc.

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  cligno   sans nouvelles de votre part avant le 30 avril, 20h, je procède à un nouveau tirage au sort !   cligno

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~ Sous la blouse, Marion Mousse (d'après une enquête d'Emmanuelle Zolesio)

sous la blouseCasterman, Sociorama, 12 avril 2017, 170 p.

Comme les autres titres de la collection Sociorama, cet album est l'adaptation BD de l'essai d'une sociologue de terrain, en l'occurrence Chirurgiens au féminin ? : Des femmes dans un métier d'hommes d'Emmanuelle Zolesio (2012).
On y voit que le métier de chirurgien « est toujours marqué par des codes virils et un machisme parfois pesant. »
Les médecins-chefs en milieu hospitalier sont présentés comme beaufs, vulgaires, dragueurs, qu3utards, mégalos... Une tradition dans ce milieu ? Un moyen d'évacuer la pression d'un boulot physiquement et moralement éprouvant ? de dissuader les femmes de les concurrencer sur un terrain qui reste majoritairement masculin ?

Le message passe bien dans cet album. On y suit en particulier deux jeunes femmes qui triment pour être acceptées par leurs homologues masculins, en attendant d'être respectées et reconnues comme leurs égales.
Le fond reste quand même assez superficiel, et l'intrigue est décousue. Pas toujours facile de s'y retrouver, d'autant que j'étais souvent perdue dans les personnages aux physiques proches (et le port de la charlotte et du masque en bloc opératoire n'arrange rien !).
Ma première déception dans cette collection...


Sur cette thématique du machisme dans le milieu médical, je conseillerais plutôt les ouvrages de Martin Winckler, notamment Le Choeur des femmes et Trois Médecins.

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23 avril

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lundi 24 avril 2017

Des T-shirts à gagner !

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Encore quelques heures pour gagner des bons d'achats de 30 € à valoir sur toute la boutique RueDuTeeShirt.com

Modalités du jeu ici.

Junior et Miss ont reçu ceux qu'ils avaient choisis. On a pris un peu trop grand pour la taille homme (L), le M féminin est parfait, en revanche !

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dimanche 23 avril 2017

~ Sauveur & Fils (saison 2), Marie-Aude Murail

sauveur et fils2L'Ecole des Loisirs, 9 novembre 2016, 315 p.

♥♥

Les revoilà, tous ! Sauveur & fils et les hamsters, bien sûr, mais aussi Blandine et ses bonbons, Ella et Elliott, Gabin et sa nonchalance, Samuel et ses odeurs, Mme Dumayet et son perfectionnisme, Alex & Charlie et leur désir de maternité, la famille de Paul, et quelques nouveaux...
Loin de s'apaiser, les problèmes des patients de Saint-Yves croissent et se multiplient à peu près autant que la progéniture de madame Gustavia.
Hyperactivité, tocs, addiction aux jeux vidéos, problèmes relationnels parents-enfants, filiations compliquées, guerres conjugales dont les enfants pâtissent, harcèlement scolaire, burn-out enseignant... Tout cela se dépose jour après jour sur les épaules de Sauveur, pourtant solides, mais là, ça commence à faire beaucoup. D'autant qu'il a lui-même quelques soucis dans sa vie privée, même s'il vient de retrouver l'amour. Ah les ex-, les ados, les mauvaises mères, les hommes cons...

Quatre étoiles pour ce deuxième volet, contre cinq pour le précédent. Il est tout aussi agréable à lire, pourtant, et on passe par les mêmes émotions, mais la barque devient trop chargée, et certains personnages tournent à la caricature - la mère castratrice, la jeune femme jalouse et immature, entre autres...
Un ouvrage moins subtil que le précédent, à mes yeux, il n'empêche que je me suis régalée à la lecture, que ces exemples et les conseils de Sauveur m'ont à la fois réconfortée et remise en question - vive les lectures qui bousculent ! J'ai aussi appris plein de choses, notamment les effets néfastes du sucre sur l'équilibre de l'humeur et du tonus.

A moi la 'saison 3', dans quelques jours, quelques semaines, après des lectures complètement différentes. Un petit break s'impose.

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18 > 22 avril

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samedi 22 avril 2017

22 avril, journée mondiale de la Terre

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Que cette petite BD soit produite par g**gle, ça peut faire grincer des dents, mais j'aime beaucoup le graphisme - et comme la grenouille me rappelle celle de la Maison de Toutou, je craque encore plus... J'en prendrais presque la bonne résolution d'aller à la bibli à vélo, la prochaine fois, et pas en voiture. Ah oui mais non, j'ai trop d'emprunts en cours, il me faudrait une petite cariole ! 😵 Demain, j'irai voter à pied... sauf s'il pleut !

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- images zoomables -

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vendredi 21 avril 2017

Dans 2h30, fin de la campagne pour le premier tour...

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Encore quelques dessins et répliques sur l'actu...

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(zoomable)

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débat du 04/04/2017

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- Dessin de #NicolasVadot , paru dans le journal #VifExpress (21/04/2017) -

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*  le moment Meurice du 21 avril, pour finir  *

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jeudi 20 avril 2017

~ L'amour est une haine comme les autres, Stéphane Louis & Lionel Marty

l'amour estBamboo, 1e février 2017, 72 p.

♥♥

Tout petit déjà, Will n'était pas futé, aux dires de ses proches. A trente ans, il est toujours perçu comme une « montagne de muscles sans cervelle » (sic). Il est pourtant à la tête de Will's Tools, une grosse boîte. Grâce à qui ? A son papa qui lui a donné les manettes de l'entreprise familiale, ça, tout le monde le sait. Mais aussi grâce à son copain Abelard, qui l'a aidé à apprendre à lire et à faire illusion tout au long de sa scolarité. Ce deuxième soutien est un secret entre eux puisqu'au début du XXe siècle, en Louisiane, un Noir et un Blanc ne peuvent pas être amis, chaque camp s'y oppose activement.

Ça démarre fort : passage à tabac d'Abelard, qui n'aurait pas respecté les limites assignées aux Nègres (sic) ; Will est avec ses potes du Klan, ils ne portent même pas de cagoule.
Retour vingt ans plus tôt, sur la rencontre entre les deux garçons, lorsqu'ils ont scellé leur pacte. Comment leur amitié a-t-elle pu dégénérer ? Etait-elle d'emblée vouée à l'échec, vu l'environnement, les pressions sociales et familiales ?

On pourrait trouver simplistes les messages de ce bel album, heureusement, il réserve quelques surprises. On s'y laisse balader avec plaisir, entre haine, révolte, et bons sentiments... A faire lire aux adolescents pour montrer ce qu'est une société ségrégationniste !

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mercredi 19 avril 2017

~ Sombre Sentier, Dominique Manotti

sombre sentierSeuil, 1995 - Points, 1996 - 405 p. pour la présente édition poche

mano♥♥

Exploitation d'ouvriers clandestins dans des ateliers de confection, trafic de drogue et d'armes, proxénétisme, réseaux pédophiles, blanchiment d'argent - entre Français et Turcs essentiellement. Et les dommages collatéraux de toute cette économie souterraine aux enjeux financiers monstrueux : règlements de comptes sanglants et dérapages meurtriers...
Dominique Manotti, historienne et économiste née en 1942, évoque tous ces sujets dans son premier roman, publié en 1995. L'intrigue se situe en 1980, dans le Sentier. Quand on a entendu l'auteur parler de son expérience de militante CFDT aux côtés des grévistes turcs à cette époque, on sait que ce sujet lui tient à coeur et que ce roman est parfaitement documenté.

Chez Manotti, les flics sont pourris, de la b!te au portefeuille en passant par l'ego, et en plus, ils sont violents. Ça ne les empêche pas d'avoir de temps en temps une conscience professionnelle et un petit coeur qui palpite, mais ça peut interférer avec le boulot, quand même.
Chez Manotti, les politiques sont véreux, et les symptômes sont placés aux mêmes endroits - sexe, compte en banque, soif de pouvoir.
Dominique Manotti est bien informée ; son parcours, ses bagages culturels et son acuité sont impressionnants. Avec ce Sombre Sentier, elle tisse une intrigue dense qui balance, dont les ramifications complexes m'ont parfois égarée - mais peu importe, le contexte socio-politique est passionnant !

Un grand merci à Diablotin0 😊 qui a attiré mon attention à Rennes sur cette auteur que je ne connaissais pas. Le polar engagé, je crois à son pouvoir, moi, contrairement à quelques 'jeunes' écrivains entendus récemment au festival de Mauves. En tout cas, j'aime ; ça défoule
!

agenda216 > 18 avril

  💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 39e  💀

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mardi 18 avril 2017

~ Sauveur & Fils (saison 1), Marie-Aude Murail

L'Ecole des Loisirs, 13 avril 2016, 330 p.

♥♥♥♥♥

mamIllustrant l'adage 'Les cordonniers sont les plus mal chaussés', le psychologue Sauveur Saint-Yves est plus doué dans son rôle de thérapeute que dans celui de père. Il éduque seul son petit garçon de huit ans, c'est un papa formidable, mais quand même, parfois, ses comportements sont discutables et son manque de clairvoyance peut surprendre...

Encore un livre que j'ai failli bouder à cause d'une photo neuneu de bestiole façon 'calendrier PTT' sur la couverture.
C'eut été dommage ! Il me semble que j'ai autant savouré ce roman que mon préféré de l'auteur à ce jour, Oh, boy !
Beaucoup de finesse, de tendresse, d'humour pour parler de sujets graves : le mal-être des adultes, des enfants, des adolescents - avec des symptômes très actuels tels que la phobie scolaire, l'auto-mutilation, l'addiction aux jeux vidéos...
A travers les voix des patients qui défilent dans le cabinet de Sauveur et les réflexions de ce psy au grand coeur, Marie-Aude Murail évoque avec brio les difficultés à vivre sereinement en couple et en famille, les mésententes parentales et les non-dits qui forment un terrain fertile pour les pathologies de l'enfant et de l'ado (et qui laisseront des cicatrices sur l'adulte, voire sur les générations suivantes).
Dit comme ça, ça peut sembler effrayant, mais cette auteur talentueuse nous installe dans un univers douillet peuplé de personnages attachants, qui nous font passer par toutes sortes d'émotions, tout en nous invitant à cogiter sur nos propres difficultés.

L'histoire ne s'arrête pas là, la série compte trois opus à ce jour. Je coupe avec un roman policier et j'attaque le deuxième volet (malgré la couverture du même style !).

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14 > 16 avril - emprunt mdtk, puis achat pour faire circuler largement autour de moi - c'est l'avis de Juin qui a vaincu mes dernières résistances, merci ! 😊

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lundi 17 avril 2017

- A voix haute (La force de la parole), film de Stéphane De Freitas & Ladj Ly

a voix hautedocumentaire de Stéphane De Freitas & Ladj Ly, sorti le 12 avril 2017  -  🕙 1h39

Mr et fiston (20 ans) se sont régalés   coeur_1

L'avis de Mr

Un concours d’éloquence est organisé chaque année entre des jeunes du département de la Seine-Saint-Denis, plus connu sous le terme réducteur de 9-3, avec toutes les images qui lui sont asssociées.

Ce film documentaire résume quelques semaines de préparation d’un groupe d’une vingtaine d'entre eux, jusqu’à la finale. Ils vivent dans un département présenté comme défavorisé, et qui l’est de fait à de nombreux égards ; certains de ces jeunes ont été confrontés à de grandes difficultés sociales, à l’exclusion, à la discrimination (plus ou moins consciente chez ceux qui discriminent), au racisme… Ils sont cependant ceux qui ont le mieux réussi à l’école puisqu’ils sont sur les bancs de l’Université. Cette réussite, il la doivent à leur « gniaque », qui transparaît à l’écran.

D’un sujet a priori sombre, le réalisateur a tiré un film vivant, plein d’optimisme, où le spectateur rit souvent et s'émeut parfois aux larmes. Cet excellent reportage rappelle un peu « Etre et avoir » (thématique de l’apprentissage) et « Entre les murs ». Il m’a aussi fait penser à une formation que j'ai suivie récemment sur la pédagogie et la communication, par les techniques d’apprentissage mises en œuvre et la dynamique de groupe. Dans chaque cas, il n’y a pas une technique universelle applicable à tous, seulement la prise de conscience par chacun de ses points faibles et surtout de ses points forts, avec la manière d’exploiter au mieux ces derniers. S’exprimer en public peut être difficile pour tout un chacun, et l’est d’autant plus quand la maîtrise de la langue française n’est pas une valeur ou une référence dans son milieu d’origine, comme le montre le film...

*    *    *

Canel : j'ai aimé, à part la mise en compétition façon télé-crochet. Même si elle est présentée dès le début, on en vient à l'oublier en suivant avec jubilation les séances, les exercices, les interactions (tour à tour drôles et émouvants)... Ce beau film laisse espérer une France multicolore, où chacun a droit à la parole, il « suffit » de la prendre. Place à un pays toujours plus ouvert, riche de tous les apports culturels favorisés par les immigrations des dernières décennies, et de celles à venir !

Pour tout savoir sur Eloquentia, c'est ici.

*    *    *

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dimanche 16 avril 2017

# France Amour, Loubaki Loussalat

Poème/slam découvert avec le film 'A voix haute' (Stéphane De Freitas & Ladj Ly, 2017) - un excellent documentaire, qui montre que les jeunes d'origine étrangère font partie de l'avenir de la France, n'en déplaise à certain-e-s, qu'ils sont riches de leur culture, de leurs combats, de leur énergie, de leurs idées...

Mr a été tellement emballé par ce film qu'il en a fait un billet, je le poste demain.

En attendant, écoutez, savourez ce texte de Loubaki Loussalat :


Loubaki / France amour- Street Talent... par villedesaintdenis

France d'en bas de gamme, contre France haut-de-forme
France baskets, ou France de l'uniforme
France qui se noie, ou France qui brûle
France éveillée, ou France somnambule
France qui s'assume, ou France qui se fume
France agricole, et France du bitume
Certains te baisent la main, les autres te font la nique
On veut gagner ton coeur et c'est matière à polémique
France République, contre fascisme en France
France terre d'asile, ou charter Air France
Afrique francophile, contre France-Afrique
France de la matraque, contre France qui m'fout la ***
France bleu-blanc-rouge dans mes pétales de rose
France arc-en-ciel dans mes vers ou ma prose
France Rugby et France Football
Sprinter de France contre flashball
France de la peur contre France de l'espoir
Journal l'Aurore ou bien France-Soir
Ouest-France et Parisien libéré
France du meilleur contre France du pire
France qui m'inspire, ou France qui respire
France attentive qui aime les arts
France du corbeau, et France du renard
France de la colombe, contre France de la guerre
France de ton fils à la gloire de mon père
France à l'apogée, ou France au bord du gouffre
France qui sent le soufre, égale France qui souffre
France qui rit, ou France qui pleure
France qui aide, ou France qui leurre
France laïque et Notre-Dame de France
France à histoires ou Histoire de France
Y a-t-il une France libre si la ligne est occupée ?
France nature ou France Culture
France caryatide, j'vous dis sculpture
France passion, ou France raison
Radio-France ou bien France Télévision
France qui sera ou France qui était
France qui manifeste ou France qui se tait
France ISF, et France SDF
France qui meurt dans un local EDF...
Ile-de-France et France des îles
Eldorado ou France exil
France du véto et France du vote
France généreuse, protège mes potes
French manucure mets pas tes doigts dans la pisse
France amour, voici mon french kiss.

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samedi 15 avril 2017

~ Un sac, Solène Bakowski

un sacMilady, Bragelonne, janvier 2017, 280 p.

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Ce n'est pas à la naissance d'Anna-Marie que les mauvaises fées sont arrivées en masse, c'est beaucoup plus tôt ! Le cafouillage a dû commencer dès Cupidon.
Elise aimait son mari, ce n'était pas réciproque, et comme il n'était pas plus attaché à la vie qu'à sa jeune épouse, il a tiré sa révérence quelques mois avant la naissance de leur premier bébé. Un aller simple vers l'armoire à pharmacie trop bien garnie, et bim, Fred est devenu le bel au bois dormant, sans résurrection le 3e jour ni 100 ans plus tard...
Cet abandon a anéanti Elise, et c'est une sorte de sorcière qui a pris la petite Anna-Marie en charge. Douze ans plus tard, 'Gretel' a rencontré son 'Hansel', et ils ont erré ensemble dans la vie, dans Paris...

Ce roman m'a fait penser à plusieurs contes, et c'est bon signe. Il réveille des peurs ancestrales, des angoisses d'enfant (abandon, folie, séquestration, prédation, rivalité et jalousie, meurtre...).
J'y ai trouvé aussi un petit côté 'Ensemble c'est tout' (Anna Gavalda), qui rassure de temps en temps : le bonheur, c'est simple comme un bon copain et un gros toutou fidèle. L'auteur a la bonté et l'habileté de nous ménager quelques pauses de douceur... pour repartir à fond de train dans le sordide et nous remettre mal à l'aise de plus belle. J'aime beaucoup la douche écossaise dans ce genre de thriller psychologique.

Cet ouvrage, aussi subtil que cruel et dérangeant, est la preuve qu'il existe des pépites dans l'auto-édition. Merci aux lecteurs qui l'ont plébiscité, permettant ainsi une publication plus visible !

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 38e  💀

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vendredi 14 avril 2017

~ La Présidente, tome 2 : Totalitaire - François Durpaire & Farid Boudjellal

totalitaireLes Arènes, 26 octobre 2016, 140 p.

♥♥

Le sous-titre est : « Il est encore temps d'éviter le pire... »
Il faut faire vite quand même ! Et je ne suis pas certaine que les pro-bleu marine liront cette BD. En fait, comme le premier opus, elle sert surtout à conforter dans leurs idées ceux qui flippent déjà, et éventuellement à informer nos ados majeurs indécis, qui auraient décidé de ne pas se déplacer ou de voter blanc...

Nous sommes fin 2021 et déjà, Marine Le Pen s'inquiète pour sa ré-election en 2022, puisque les sondages placent le candidat musulman Mohamed Labbes en tête. C'est doublement bon signe : Le Pen n'a pas encore réussi à supprimer le suffrage universel, et les Français affichent une préférence pour le parti 'Fraternité' !
Pour le reste, la situation est plutôt catastrophique, comme on peut l'imaginer si on est déjà contre son programme : traque des étrangers, et plus particulièrement des maghrébins, recul des libertés des individus et de la presse, flicage accru de la population grâce à des technologies toujours plus performantes... Et, au niveau international : alliance avec d'autres présidents aux politiques similaires, renforcement des grandes puissances occidentales au détriment de l'Afrique, de l'Asie, de l'Amérique du Sud qui s'appauvrissent encore davantage...

Cet album ressemble beaucoup au précédent, tout aussi sombre et néanmoins réaliste. Publié fin 2016, il tient compte des derniers événements politiques, donc résonne plus avec notre actualité (le premier datait de 2015, et on a eu quelques surprises depuis) : Brexit, montée du populisme en Europe et aux Etats-Unis...
Ce deuxième volet m'a semblé plus simple que le premier, notamment sur la partie économique, et j'ai apprécié que l'intrigue se ré-oriente, que les auteurs évacuent rapidement le complot de politique-fiction un peu outré qui terminait le premier opus.
La fin laisse attendre une suite. On espère que tout ce petit monde y sera évincé de la scène politique, on a hâte de respirer...

■  Les derniers mots à l'auteur du scénario, François Durpaire, historien, qui s'explique en préface :
« Le genre que nous tâchons d'initier - la science-fiction civique - a pour objectif de prendre un temps d'avance sur le temps politique, en s'arrachant au flux imposé par l'immédiat. En cela, la culture est une lanceuse d'alerte. Elle ouvre la voix à une meilleure maîtrise de notre destin commun.
Nos démocraties, sous les coups de boutoir du terrorisme, sont déstabilisées et assistent à la montée des nationalismes d'exclusion. D'une part se développe une aspiration à l'autoritarisme et au repli identitaire dans un contexte de mondialisation. D'autre part, le progrès des technologies offre des moyens d'intrusion dans la vie privée inégalés au cours de l'histoire. »

 agenda 8 > 13 avril

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jeudi 13 avril 2017

~ Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin

Zoé Editions, 18 août 2016, 144 p.

♥♥

Hiver à Sokcho, en Corée du Sud.
Eté à Nantes, ou presque (presque été ou presque Nantes ? les deux).
On recommence à avoir assez d'énergie pour mettre le nez dehors le soir et le week-end, surtout que c'est la saison des festivals littéraires. Le temps de lecture en pâtit et le courage pour rédiger des billets aussi.

J'ai vu passer l'avis d'Acoun sur ce joli roman juste avant de commencer ma lecture. Je ne l'ai toujours pas lu pour ne pas être influencée, mais je suis sûre qu'il est excellent, comme d'hab', alors foncez le découvrir, il saura vous donner envie, d'autant que ce petit bijou délicat* le mérite !
--- là, j'ai cru que je pourrais faire l'économie de quelques lignes, en disant que c'était pas la peine de me faire suer, qu'Acoun en parlait beaucoup mieux, et puis j'ai trouvé ça deux brins : un feignasse et un malhonnête. ---

Ce joli roman ressemble à l'image que donne Elisa Shua Dusapin lors des salons (et sans doute des interviews télé) : cette jeune femme franco-coréenne de vingt-cinq ans est fine, gracieuse, intelligente ; elle semble à la fois modeste et franche...
Beaucoup de sensualité se dégage de cet ouvrage, sous la douceur et derrière la pudeur.
Une grande place est donnée à la cuisine et à la nourriture
pour le meilleur : un art véritable qui suscite le plaisir des sens (comme dans Chocolat de Joanne Harris, Mangez-moi d'Agnès Desarthe...)
et pour le pire : elles érigent/entretiennent des barrières culturelles, servent à malmener un corps mal-aimé...

La plume, l'histoire et les images sont belles, tout en subtilité. J'ai été un peu déçue par la fin, j'aurais aimé redescendre un peu sur terre, moins rester dans le flou. Dévoiler le texte masqué

PS : je viens de lire le billet d'Acoun, j'aime beaucoup. Je n'ai pas pensé à Corto Maltese parce que je ne le connais pas, ni à Camus dont je n'ai lu que L'Étranger, mais le parallèle avec le film 'Lost in translation' me plaît bien !

* Je parle du roman, pas d'Acoun, dont je ne connais que les talents sur Babelio. Je ne saurais dire s'il est petit, bijou, et/ou délicat... 😉

agenda 2 & 3 avril - emprunt mdtk

sokcho

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mardi 11 avril 2017

Des T-shirts à gagner !

Il fait beau ✴ et presque chaud, sortez les T-shirts à manches longues ou courtes - les 'marcels', comme dirait l'autre !

A gagner : deux bons d'achat de 30 euros offerts par RueDuTeeShirt.com
valables sur toute la boutique.

ruedu

Pour jouer, c'est simple : vous faites un petit tour sur le site, vous m'indiquez en commentaire sous ce billet 3 dessins/logos/slogans que vous aimez particulièrement, et c'est tout ! ceci avant le mardi 25 avril, 21h.

Les deux gagnants seront désignés par un tirage au sort parmi les participants.

Je lancerai quelques rappels d'ici là, je n'oublie pas que ce sont les vacances de printemps et que l'ordi peut être loin de nos pensées...

/!\ Les préférences que vous signalez en comm' ne vous engagent pas pour votre commande ultérieure si vous gagnez un bon d'achat ! Vous choisirez ce que vous voudrez sur toute la boutique.

Précision : je repère et évite les visiteurs arrivés ici via des mots-clefs comme 'concours' ou 'jeu' tapés dans un moteur de recherche, et qui n'auraient jamais mis les pieds sur ce blog avant !

Pour que vous osiez vous lancer, je vous montre quelques uns de mes préférés :

 

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ts9  ts15  ts16  ts18

- images [bientôt] zoomables -

C'est parti,  à vos comms !

Edit du 16/04 à 17h, je récapitule les participant(e)s :
Marina, ManU, Valérie, Violette, Manika, Amandine, La Chèvre Grise, Sandrine (SD49), Soukee, Saxaoul, Laurence.
Vous êtes ONZE. Dites-moi si j'en oublie !
Les jeux sont toujours ouverts !!

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dimanche 9 avril 2017

~ Eugénie, Côme de Bellescize

eugénieL'Avant-Scène théâtre, Collection 'Quatre-Vents Contemporain', 16 novembre 2015, 76 p.

comedeb♥♥

Ils voulaient un enfant, ils n'y arrivaient pas. Ou plutôt si, mais l'enfant ne « s'accrochait pas », comme on dit lorsqu'on voit tristement le sang couler alors que le test de grossesse était bon, quelques jours ou quelques semaines plus tôt...
C'est devenu un défi pour Sarah et Sam, une obsession, une course contre la montre, au point de faire l'amour sur le lieu de travail du futur papa au moment de la ponte ovulaire. Au point d'aller se palucher à la va-vite dans une pièce sinistre d'hôpital, devant des DVD et revues, pour recueillir les précieuses gouttes séminales dans un flacon en plastique.
Ça a l'air bon, cette fois, le bébé tient, c'est une petite fille. Comment l'appellera-t-on ? Débat passionné entre papa et maman. Ah oui mais tiens, à l'échographie, à l'amniocentèse, on voit que... peut-être... il se pourrait bien que...

Une pièce surréaliste, grinçante, dérangeante. On y retrouve ses propres angoisses ou celles de proches lorsque l'enfant tarde à paraître, et celles qui jalonnent la grossesse. La voix de la future grand-mère est bien vue, se faisant l'avocat du diable (féministe, entre autres). J'ai reconnu également la froideur médicale, et trouvé l'auteur doué pour rendre compte du hiatus mère-père lorsqu'il s'avère que l'enfant ne sera peut-être pas aussi parfait qu'on l'imaginait, et que la question de l'avortement thérapeutique se pose - déjà des différences : la femme, déjà une maman attachée à son tout-petit, l'homme plus pragmatique, plus froid...

Idée de lecture suscitée par la pièce 'Soyez vous-même' (du même auteur), vue sur scène récemment - aussi cruelle, mais cette fois sur les rapports de force entre une recruteuse sadique et une jeune postulante lors d'un entretien d'embauche...

agenda 6 avril

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samedi 8 avril 2017

~ Les Piqûres d'Abeille, Claire Castillon

Flammarion Jeunesse, avril 2017, 155 p.

castillon

Jean est un gamin de neuf ans, "mûr, marrant, intelligent". Trouvant sa petite copine trop immature, il jette son dévolu sur une certaine Abeille lors d'un repas de famille. Allez comprendre pourquoi il s'enflamme à ce point. Peut-être parce qu'elle a du caractère et qu'elle est un peu plus âgée que lui ?
Comme ils habitent loin l'un de l'autre, ils s'écrivent, se racontent leur quotidien. Alors que Jean est tout mignon, Abeille se fait de plus en plus moqueuse et cruelle...

Du Claire Castillon c'est censé piquer, mordre, gratter, appuyer là où ça fait mal, et même à des endroits dont on ne soupçconnait pas la fragilité. Alors en plus, si le titre est 'Piqûre d'Abeille', ça promet de décaper. On ne s'attend sûrement pas à du feel-good book ! Oui mais nous sommes en littérature jeunesse, ce roman s'adresse aux 10-12 ans. Cela dit, certais auteurs jeunesse n'ont pas froid aux yeux et savent être caustique sans traumatiser leur public...

La richesse de ce livre est d'illustrer l'adage 'Mieux vaut être seul que mal accompagné', de montrer les limites de ce qui est tolérable en amitié/amour (rapports de force, respect...). J'ai aimé aussi le personnage de la grande soeur, toujours de bon conseil, peu affectée par les réflexions désobligeantes de sa mère sur son physique (on retrouve là un des sujets fétiches de l'auteur, la toxicité dans les relations familiales). Pour le reste, je me suis plutôt ennuyée avec cette histoire tantôt mièvre, tantôt cruelle, tantôt poétique, où l'auteur semble avoir du mal à trouver le ton juste. Cela a éveillé ma curiosité sur ses autres titres publiés en littérature jeunesse.

agenda 3 au 5 avril - Merci à Flammarion Jeunesse !

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