Canel

mercredi 23 juin 2021

~ In Waves, AJ Dungo

in wavesCasterman, 21 août 2019, 376 p.

♥♥♥♥♥

Puisque ma lecture des Garçons de l'été (R. Lighieri) est récente et qu'il y a des points communs, je compare, évidemment, mais juste un peu car le ton est différent.

Dans ces deux histoires, il est question de passion pour le surf, d'adolescents et de maladie/handicap.
Mais tandis que le roman noir de Lighieri est trash et caricatural, cet album est triste et doux, puisqu'il s'agit d'un hommage de l'auteur à la jeune femme qu'il a aimée.
En parallèle, l'histoire du surf d'abord à Hawaï, puis avec les deux sportifs qui l'ont popularisé : Duke Kahanamoku et Tom Blake.

Peu de texte, peu de couleurs, un graphisme épuré.
Magnifique sobriété pour évoquer le deuil et le chagrin en mots et en dessins, avec l'image forte de la vague qui nous submerge ou que l'on vainc, sur une planche de surf comme dans la vie...
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 5 juin - sélection Cezam 2021

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mardi 22 juin 2021

~ Au temps de la Préhistoire, Christine Naumann-Villemin & Marianne Barcilon

au tempsKaleidoscope, 30 août 2017, 32 p.

♥♥♥♥

D'une visite guidée passionnante au château de Murol, j'avais retenu que le cochon rose n'existait pas au Moyen Age. J'ai mal compris : ce n'est pas parce qu'on faisait bombance avec du sanglier, autre suidé, que le porc n'était pas né.

Donc cette histoire est crédible (ou presque), qui met en scène trois petits cochons, frères encouragés par leur mère à prendre leur envol, à l'âge de pierre.
Mêmes aventures que dans le célèbre conte avec le loup, seuls changent le décor et les matériaux disponibles pour se protéger du prédateur. Et bien sûr, tous ces personnages dissimulent leur nudité avec des peaux de bête, époque oblige !

J'ai vu sur Babelio après lecture que j'avais déjà lu cet album et lui avais attribué un sévère 3.5/5.
Cette fois, j'ai adoré : graphisme, humour, chute, et toutes les idées géniales : peintures rupestres, programmes préférés, trouvailles (fortuites) du loup qui le confortent dans son sentiment de supériorité...
J'en connais qui se seraient régalés avec cet ouvrage, quand ils étaient petits.

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16 juin - emprunt mdtk

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dimanche 20 juin 2021

Actus, 20 juin 2021

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Elections, Bac, déconfinement & retour en présentiel, été...

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avec le présentiel, on retrouve certaines contraintes,
dont on se libère en rentrant chez soi, ou sitôt le dernier collègue parti.

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Merci aux auteurs qui partagent sur FB et aux copines !

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samedi 12 juin 2021

~ La vie vue d'en bas, Stacey Lee

la vie vueThe Downstairs Girl, 2019
traduit de l'anglais (US) par Alison Jacquet-Robert
Milan, 17 mars 2021, 408 p.

♥♥♥

Note de l'autrice en postface : « Avez-vous été surpris-es d'apprendre que les propriétaires terriens du Sud des Etats-Unis avaient fait venir des Chinois pour remplacer les esclaves dans les plantations durant la Reconstruction, après la guerre de Sécession ? »
OUI, et c'est un des points forts de ce roman : enseigner une page d'histoire méconnue. Et de manière agréable, car il s'adresse à de jeunes adultes.
Autres richesses de l'ouvrage :
• quelques personnages dont Jo, bien sûr, vive & drôle, même si son audace et sa connaissance de certaines 'choses de la vie' sont bien peu crédibles eu égard à son âge et ses conditions d'existence
• la sagesse des anciens, avec moult métaphores et dictons (chinois ?) bien sentis ; l'exercice n'est pourtant pas aisé, cela aurait pu donner un ton moralisateur pénible
• les lettres aux lecteurs de Miss Sweetie, pour jeter quelques pavés dans la mare sur la ségrégation et la place des femmes, en cette fin de 19e siècle à Atlanta (un pur régal !).atlanta

J'ai moins apprécié la trame romanesque, qui m'a rappelé celle de La vie qu'on m'a choisie. Pas grand chose à voir entre les deux histoires, si ce n'est le formatage des best-sellers, je suppose, avec manichéisme, et en prime amour des animaux pour surfer sur la vague écolo. Ici, un chien (glop-glop), mais surtout des chevaux au galop (pas glop).

Donc je n'ai pas aimé la fin, interminable et saturée de rebondissements attendus... *** secrets de famille, filiations surprenantes, victoires... ***

De ce roman, que je vais faire circuler autour de moi, je retiendrai cette idée : la difficulté pour les Chinois de « se faire une place dans une société qui, comme les journaux, n'existe qu'en noir et blanc. » (p. 374)
Aussi méprisés et mal traités que les Noirs, mais encore moins prévus au programme. C'est dire !
Aberrant dans un pays dont le peuplement par des 'étrangers' (occidentaux) est si récent, et s'est fait en spoliant les populations indigènes de leurs terres. Déjà que le concept de 'Français de souche' m'interroge, mais là...

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1er au 9 juin

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mercredi 9 juin 2021

Une actu qui claque ! (début juin 2021)

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J'avais une petite flemme pour recopier mes trouvailles, depuis quelque temps.
Mais une baffe salutaire, hier, m'a bien réveillée (j'aurais préféré qu'elle vienne par la gauche).
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En UNE du Canard enchaîné du 09/06/21

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merci Laurence pour cette photo prise sur le vif ! 😘

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et ça, c'était AVANT ! on a bien "entendu"
le bruit retentissant de sa joue (contre une main), oui :

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***  d'autres pépites bientôt, sur le sujet - repassez par là !  ***
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et sinon, dans l'actu

* écologie *

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* divers *

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* (in)sécurité *

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• Eurovision •

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 Merci aux auteurs géniaux pour ces moments
de bonne humeur,

à leur partage sur Facebook !

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😥   et toujours...   😥

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mardi 1 juin 2021

~ La petite et le vieux, Marie-Renée Lavoie

la petite

mrlXYZ, 2010
Denoël, 2010, titre : Mr Roger et moi
Folio, 2015, 275 p.

♥♥♥♥♥

La petite, c'est Hélène, alias Joe parce qu'elle se sent un peu 'garçon manqué' (sic). Et le vieux, c'est Roger.
D'ailleurs, le titre initial était 'Roger et moi', puisque la petiote est la narratrice.

Deuxième d'une fratrie de quatre filles, Hélène a une dizaine d'années dans les années 80, au Québec. Avec sa mère stricte, on obéit, on ne discute pas, on anticipe même ('C'est toute'). Sous cette apparente dureté, cette femme est compréhensive et aimante. le père, prof malmené par ses élèves, noie son mal-être dans l'alcool, mais reste un bon époux et un papa attentionné.
C'est grâce à cet environnement bienveillant qu'Hélène est ainsi, d'après elle : « Mais c'était facile pour moi de n'être pas méchante : je n'étais pas malheureuse. »

Le regard de cette enfant si attachante est à la fois candide et lucide sur ceux qui l'entourent, sur la religion, les apparences, la pauvreté... La vie de Lady Oscar, SON héroïne de dessin animé inspirée du Chevalier d'Eon, l'aide à analyser son propre monde, même si deux siècles les séparent.
Ce délicieux roman est aussi l'histoire d'un quartier où l'on se connaît tous, où la misère sociale s'ajoute parfois au dénuement économique.

D'Hélène et Roger, j'ai tout aimé ♥ : leur personnalité, leurs échanges (expressions québecoises à l'appui), leur relation pleine de tendresse bourrue.

Un régal de finesse et d'émotion, avec une touche finale qui m'a fait fondre (les marges du livre). ♥
Et pourtant, je me laisse difficilement convaincre par les narrations d'enfants, et j'ai beaucoup de mal à m'attendrir sur les romans autour de personnes âgées, souvent mièvres et consensuels.

L'index en fin d'ouvrage m'a amusée : sur la cinquantaine de mots présents, près de vingt ne sont pas traduits mais simplement désignés comme 'jurons' (et Roger en profère pléthore !)...

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 26 > 30 mai

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lundi 31 mai 2021

~ La meute, Adèle Tariel

la meuteMagnard Jeunesse, 9 mars 2021, 95 p.

♥♥♥

En quatre ans, Léa a déménagé à trois reprises et changé autant de fois d'établissement scolaire. La faute aux ambitions professionnelles de sa mère. Elle attaque la Seconde la boule au ventre, dans un gigantesque lycée, et tout le monde semble se connaître dans sa classe. Elle rase les murs, s'isole, et lorsqu'elle se fait remarquer pour ses talents des basketteuse, c'est une aubaine. Infiniment reconnaissante à Theo & Cindy de la voir comme l'une des leurs, les winners, elle s'efforce désormais de ne pas les décevoir, même si les exigences lui donnent de plus en plus de remords.

Dans cette collection, j'ai lu récemment Ma Story (Julien Dufresne-Lamy). Je fais le même constat à l'issue de cette lecture : convenu, sans surprise, si on a déjà lu sur le sujet, mais édifiant pour les adolescents, et efficace.
Hiérarchie sociale, lâcheté ordinaire, réflexe de survie, harcèlement... On a tous observé, vécu ces effets de groupe : on savait déjà être des sales petits cons quand j'étais jeune, dans les 80's, mais avec les réseaux sociaux, ça ne s'est pas arrangé. Et le condensé et l'accélération, dans cette intrigue, ont de quoi donner la chair de poule et mettre en colère. Et accessoirement faire pleurer les mamans de jeune(s) prof(s).

A faire lire en collège & lycée.

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31 mai - merci à Babelio et à Magnard Jeunesse

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samedi 29 mai 2021

~ La nuit est mon royaume, Claire Fauvel

la nuit estRUE DE SEVRES, 19 février 2020, 152 p.

♥♥♥♥

Quand la douce Alice débarque à Créteil, elle risque de se faire bouffer tout cru par les autres collégiens : trop girly avec ses barrettes et ses chaussettes de petite fille. Nawel la rebelle la prend vite sous son aile. Elles deviennent amies, autour de 'Paul', et rêvent d'avoir autant de talent. Elles y travaillent, mais les parents de Nawel, marqués par les traditions, souhaitent un 'vrai' métier pour leur fille : la musique, c'est pour les loisirs.

Album sur les passions et la soif d'absolu à l'adolescence, d'autant plus violentes lorsqu'elle rencontre une résistance parentale, sociale.
L'histoire ne m'a pas semblé très originale, mais c'est un plaisir de suivre les hauts et bas de l'aventure de 'Nuit noire', même si on voit venir les rebondissements ; et Nawel, si entière, est particulièrement touchante.J'ai aimé m'attarder sur le graphisme : les visages & regards, les émotions générées par des voix & des musiques, l'ameublement et ses étoffes & couleurs, et certains détails, comme la pochette de 'Abbey Road' stylisée, page 23 (cf. infra)...

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18 > 25 mai - sélection 2021 pour le prix BD Cezam

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la nuit
-  zoomable  -

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mercredi 26 mai 2021

~ Les garçons de l'été, Rebecca Lighieri

les garçons de l'étéP.O.L, 2017
Folio, 5 avril 2018, 416 p.

♥♥

Thadée et Zachée, fils de bourgeois biarrotes - papa pharmacien.
Surfeurs depuis dix ans, ils sont jeunes et beaux (corps et visages de rêve, si on aime les armoires à glace version 'Boucle d'Or'), et sûrs d'eux.
L'aîné fait un break d'une année à la Réunion avant de retenter des concours d'écoles d'ingé- prestigieuses (Centrale, Polytechnique). le second l'y rejoint le temps des vacances de Noël. Lui s'oriente vers la médecine ; il réussira (peut-être) où les parents ont échoué.

Leur mère, qu'ils appellent Mi- (Mylène), les idolâtre : « Peu m'importe d'être terne et ordinaire : j'ai enfanté des titans quand tant d'autres se contentent de pondre des gniards. »
Elle en est insupportable, d'autant qu'en bonne bourgeoise à la fois satisfaite et frustrée, elle est blindée de suffisance, de condescendance et de certitudes à la con.
Ce culte voué à ses fils lui ferait presque oublier son mari Jérôme et leur fille de 10 ans, Ysé, gamine futée, mûre, artiste et libre.
Leur père a plus été coach que papa : « Il ne nous laissait pas une seconde de répit : c'était sans cesse des livres à lire, des exercices à faire, des distances à parcourir à pied ou à vélo, et des records familiaux à faire tomber. (...) A croire qu'il élevait des animaux de compétition. »
Famille de rêve...

Beaucoup de sentiments contrastés à cette lecture (je ne parlerai pas d'émotions, je n'ai été touchée que par trois personnages).
Malaise intense dès le troisième chapitre. Un petit aperçu de la perversité qui suivra et ira crescendo.
Le voyeurisme maternel m'a dégoûtée et mise en colère - cette femme est tarée, au secours !
Et seules les voix de Zachée et Cindy nous offrent un peu de répit, en milieu d'intrigue.
La fin, interminable, est malsaine et complètement grotesque. C'est sans doute ce que O. de Lamberterie appelle du 'Stephen King à la française'. Cette 'journaliste' (?) a toujours eu un sens de la formule éblouissant, et une honnêteté sans failles quand il s'agit de servir la soupe à des amis (auteurs ou éditeurs)...

Un des tarés de l'histoire m'aurait presque rendue agressive, j'avais envie d'arracher les pages, en avançant (lentement) vers le dénouement.
Et en plus, on voit venir pas mal de trucs, mais l'auteur a peut-être choisi de nous laisser quelques longueurs d'avance sur les protagonistes.

De Rebecca Lighieri, j'avais apprécié Il est des hommes qui se perdront toujours.
En relisant mon billet, je vois que les thématiques et le ton sont proches.
Sur les (post)adolescences difficiles, chaotiques, je préfère les romans de Silvia Avallone et Marion Brunet, plus subtils et moins voyeuristes (insistance gênante ici sur la façon dont une jeune femme est 'bonne').

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18 > 25 mai

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dimanche 23 mai 2021

~ Comme une respiration... - Jean Teulé

comme uneJulliard, octobre 2016, 160 p.

♥♥♥♥

Inspirés de personnages ou de pages de l'Histoire pour la plupart, les romans de Jean Teulé sont documentés, certes, mais outrés et très crus. Son 'écriture radicale', comme dit Guillaume Meurice, n'épargne rien au lecteur - sexe, sadisme, violence, noirceur humaine...

J'ai découvert une autre facette de l'auteur avec ce recueil calme, plein de douceur et de bienveillance.
Les sujets n'en sont pas moins graves, mais le ton est mesuré, et j'ai aimé.
Ici, des faits divers, des anecdotes, des gens ordinaires, vous, moi, Yann, Arthur ♥, Roger, et lui, l'auteur, puisque certains passages semblent autobiographiques.
Des histoires très courtes, parfois illustrées, souvent émouvantes, autour de la vie, de la maladie, de la mort, du deuil, de l'amitié.

Touchée par ce Teulé à contre-emploi.

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17 > 19 mai - emprunté (gîte)

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samedi 22 mai 2021

~ Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps - Jean Teulé & Florence Cestac

cestac teulé

Dargaud, janvier 2009, 96 p.

♥♥

Si Charlie Schlingo n'avait pas existé, Jean Teulé aurait pu l'inventer.
Comme celle de 'Darling', la vie de Jean-Charles Ninduab a démarré du pied gauche. Il a chopé la polio trois mois avant l'apparition du vaccin et est resté petit et handicapé. Risée des gamins de son âge, il a appris à marcher sur les mains - pour fuir plus vite ou épater ? Il a rapidement compris que sa grand-mère italienne savait mieux l'aimer que ses parents, qui le cachaient quand ils avaient de la visite.
C'est d'ailleurs son aïeule qui, en lui offrant plein de BD, a suscité sa vocation de dessinateur. Il a rencontré Wolinski et Choron à vingt ans, au milieu des 70's, et a connu une carrière chaotique, avec trois compagnes : sa Josette de Rechange de papier, sa chienne baptisée 'La Méchanceté', et la boisson, celle qui met minable, fait vomir, tomber, se pisser dessus...
Yves-Marie Labé (Le Monde) disait de lui : « Il écrit et dessine des planches délirantes et cinglées, maniant la crétinerie et la scatologie avec génie. » C'est ce qui apparaît à travers cette BD.

Album emprunté à la médiathèque ; le titre m'avait longtemps fait fuir, à cause d'un mot maudit.
J'attendais du Cestac, pas du Teulé. Et son dessin est tellement caractéristique que j'ai mis du temps à réaliser que le ton et les scènes crues étaient typiques du scénariste. Il a fallu que je regarde la 4e de couverture pour réaliser que Charlie Schlingo n'était pas un personnage de fiction ; je n'en avais jamais entendu parler.
Je ne sais pas si le trait est forcé. Drôle, le personnage l'était peut-être, mais quelle tristesse ! La déglingue, c'est triste, c'est moche.
Je n'apprécierais pas un tel hommage sur des proches, même signé par ces deux grands auteurs.

Extraits de critiques dans la presse :
• Pour Sud Ouest, ce scénario reflète la vie du personnage : « bordélique, drôle et pathétique » ; l'album est « juste et touchant ».
• Télérama, qui souligne la qualité de l'ouvrage, estime par ailleurs que les deux artistes ont évité l'écueil de la complaisance en dépeignant Schlingo, ce qui fait écho à l'avis de Sud-Ouest. L'album, « dur et drôle en même temps », inspire autant le rire que les larmes.
    source Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Je_voudrais_me_suicider_mais_j'ai_pas_le_temps

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21 mai - lu à la médiathèque de la Rochelle

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vendredi 21 mai 2021

~ Les Mères, Claire Bretecher

les mèresEditions Bretécher, 1982, 65 p.

♥♥♥♥♥

Mères, ou sur le point de le devenir, et femmes ayant choisi de ne pas l'être (donc s'étant posé la question).
Vues par Bretécher, donc cash, pénibles, de mauvaise foi... loin de l'image d'Epinal de la future maman toute douce qui fredonne des berceuses à son ventre en le caressant et tricote des mini chaussons, tandis que le géniteur est aux petits soins. D'ailleurs, elles ne se fournissent pas chez Prénatal ou Natalys, mais 'Au Cloquon'...
Qu'on ne s'y trompe pas, cependant : la gouaille peut cacher de la tendresse.

Paru en 1982, ce recueil de planches d'abord publiées dans Le Nouvel Observateur confirme que Claire Bretecher était pionnière pour la liberté de ton en BD féminine pas girly.
Et oui, Madameduberry, pour la liberté de ton tout court. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer ses personnages aux clichés sur les "femmes des 80's" dictés par les fantasmes masculins d'un Sardou ou d'un Christian Dingler ('Femme libérée', Cookie Dingler, 1984).

Un régal d'humour cynique, notamment avec l'histoire de Bernard, René et Jeanne, aux allures de feuilleton à l'eau de rose qui pique.

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18 & 19 mai - emprunté (gîte)

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jeudi 20 mai 2021

~ Mes premières chansons de Johnny Hallyday, Aurélie Guillerey

mes 1e chansons Grund, octobre 2020, 12 p.

Cette collection est-elle bien nécessaire ?
Pour des musiques un peu difficiles d'accès, ça me semble être une bonne idée.
Mais pour des artistes pop comme Céline Dion (livre musical vu hier dans les propositions de la Masse Critique) ou Johnny Hallyday ?
On écoutait Louise Attaque et Noir Désir en 1999, et notre fils de deux ans n'avait pas besoin de décryptage pour traduire les paroles à sa guise - courir dans le petit appartement en prétendant être l'homme pressé, par exemple. Notre fille, à quatre ans, se chantait en femme chocolat (Olivia Ruiz).

Dans cet ouvrage consacré à l'idole des jeunes des années 60, on retrouve six titres. LES grands succès de Johnny Hallyday, annonce l'éditeur : Souvenirs, souvenirs // Le bon temps du rock'n roll // Cours plus vite Charlie  // Let's twist again  // Que je t'aime  // Allumer le feu.
Ce ne sont pas les titres que j'aurais choisis, mais pourquoi pas. Il y a peut-être de sombres histoires d'héritage et de droits d'auteurs/succession derrière cette sélection.

L'album est enrichi d'illustrations montrant la star.
Et un petit texte interpelle l'enfant.
Je suis dubitative sur les commentaires accompagnant le torride 'Que je t'aime' : et toi, tu aimes tes parents ? ou quelque chose comme ça.
On espère qu'il n'y a pas, dans la réponse, de chatte qui devient chienne et brise enfin ses chaînes à l'appel du loup, aaaah oooooh... ♪♫

    <   lu en quelques minutes en librairie   >

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mercredi 19 mai 2021

~ Maman était petite avant d'être grande, Valérie Larrondo & Claudine Desmarteau

maman était petiteSeuil Jeunesse, 2 février 1999, 48 p.

♥♥♥♥

Avant d'être grande comme aujourd'hui, maman a été petite.
Et quand maman était petite, elle était sage comme une image, sage comme sa photo dans le cadre.
Ça, c'est la version officielle, ce que prétend maman pour se faire obéir.
La réalité est un peu différente, mais si peu !
Il suffit de jouer avec les mots :
'Maman ne disait pas UN gros mot.'
En effet, la page en vis à vis montre une sale gosse hurler : 'CACA ! BOUDIN ! PROUT ! CROTTE !'
Même principe pour le respect dû au petit frère, aux inconnus, pour l'obéissance aux parents, etc.

Amusant et malin pour rassurer les enfants turbulents.
Mais l'autorité parentale risque d'en prendre un petit coup.

•  lu en librairie  •

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mardi 18 mai 2021

~ La Guerre des vanités, Marin Ledun

la guerreGallimard, 2010
Folio, 14 février 2013, 465 p.

♥♥

Dix petits suicidés - ou presque, on perd le compte qui, de toute façon, n'est pas bon, pas bon du tout. D'autant moins si on ajoute l'âge des défunts dans l'équation : entre 7 et 16 ans.
Tout cela en quelques jours, dans la petite ville de Tournon, entre Ardèche et Drôme.

On fait venir de Valence le lieutenant Korvine. Et d'emblée, le bonhomme sent le truc :
1. il n'y a pas de hasard
2. tout le monde sait, tout le monde se tait.
Un bon début ! Dommage qu'il en reste là presque jusqu'à la fin, parce qu'il a une piste à un moment, mais il semble la perdre de vue. Et, comme en regardant un Guignol simplet, on a envie de lui crier qu'il est devant, ou juste à côté, bordel !
A sa décharge : il est malade, c'est écriiit ♪♫ (dans sa poche), il a un pied dans la tombe, tousse beaucoup, et fume, fume, fume, même au petit-déjeuner ♪♫ (qu'il ne prend pas d'ailleurs parce qu'il ne dort pas la nuit ni le jour, et oublie de se nourrir). Aussi too much et stressant que la médecin qui s'enfile des cachetons au pif dans Les Visages écrasés.

Alors l'enquête s'éternise, et le lecteur peut s'impatienter. Ce que je n'ai pas manqué de faire, après une centaine de pages addictives.
Petite chasse à l'homme - pour redonner un peu de souffle ? Agacement accru : on ne me reconquiert pas avec des courses poursuites.

Ennuyée par cette histoire, pas du tout convaincue par la démonstration sur cette 'guerre des vanités'.
Et déçue d'être déçue par cet auteur dont j'aime tant les idées et les interventions sur les salons.

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13 > 17 mai

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jeudi 13 mai 2021

~ Le coeur battant de nos mères, Brit Bennett

le coeur battantbritThe Mothers, 2016
traduit de l'anglais (US) par Jean Esch

éditions Autrement, 2017
J'ai Lu, 22 août 2018, 380 p.

♥♥♥♥♥

Titre en VO : The Mothers.
Des mères trop présentes : deux par leur absence obsédante, une par son côté intrusif. Et toutes ces vieilles bigotes, autour, auxquelles rien n'échappe...

Vu de ma zone urbaine où l'on peut rester relativement anonyme, j'ai eu l'impression de revenir au moins quarante ans en arrière, avec ces histoires croisées de trois jeunes gens appartenant à une communauté religieuse noire.
La couleur de peau reste déterminante, même sous l'ère Obama :
« Les jeunes Blancs intrépides finissaient politiciens ou banquiers, les jeunes Noirs finissaient à la morgue. »
A Oceanside, tout le monde se connaît, s'épie, s'entraide, se juge. Et le pire du pire : tout gravite autour du pasteur, de son épouse et de la religion. Les femmes semblent uniquement occupées par leurs activités de dames patronnesses.
Ce milieu clos et étouffant est assurément trop étroit pour Nadia, adolescente indépendante et brillante.

Brit Bennett est une jeune auteur afro-américaine que j'ai découverte, admirative, avec 'L'autre moitié de soi'. Son talent se confirme dans ce roman, son premier. Beaucoup de subtilité pour décrire les tourments de l'amitié et de l'amour, mais aussi la jalousie, les relations familiales, la culpabilité, la résilience, la féminité, les choix de vie.

L'ambiance m'a rappelé Arrive un vagabond (Robert Goolrick), et la pertinence des réflexions me fait penser au talent de Silvia Avallone (notamment dans La vie parfaite) et à la plume délicieuse d'Alison Lurie.

Des phrases comme celles-ci, j'admire et m'y arrête :
« Maintenant, elle est adulte, du moins elle le pense. Mais elle n'a pas encore appris les mathématiques du chagrin. le poids de ce qui a été perdu pèse toujours plus lourd que ce qui reste. »
 
Beau, poignant, sensible, intelligent.

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agenda2

8 > 13 mai

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samedi 8 mai 2021

~ La mer qui prend l'homme, Christian Blanchard

la mer quichbBelfond, 18 octobre 2018, 320 p.

♥♥♥♥

... 'Three men in a boat' ou 'They were four'...
Anciens soldats en Afghanistan, ces hommes seraient victimes de SPT (trouble de stress post-traumatique) ; cela paraît évident pour deux d'entre eux, un peu moins pour le troisième, un aumônier. Un programme thérapeutique pourrait les aider à aller mieux. Il leur 'suffit' de se joindre à une équipe de marins-pêcheurs, entre Concarneau et la Norvège, pour quelques semaines. Ils sont accompagnés d'Emily Garcia, jeune lieutenant qui travaille pour les services sociaux de la Défense. Il doivent d'abord vaincre le mal de mer, puis s'adapter à des conditions de vie et de travail aussi pénibles qu'épuisantes.
Un autre ancien combattant est retrouvé mort, pendu dans sa maison de l'île de Batz. L'enquête officielle est menée par la gendarmerie locale, mais une jeune femme est mandatée par une compagnie d'assurance pour déterminer les causes du décès.

Huis clos, passé trouble, souvenirs et traumatismes de guerre, magouilles, vengeance...
Ce roman noir est prenant et subtil, notamment grâce au personnage de Paul.
J'ai trouvé la fin un peu longue, mais je m'ennuie vite dans les dénouements 'action'.

De Christian Blanchard, j'ai beaucoup aimé Iboga, également.

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agenda2

2 > 6 mai

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vendredi 7 mai 2021

~ Les bijoux de pacotille, Céline Milliat Baumgartner

les bijouxcelbHatier, Classiques & Cie Collège, 24 avril 2019, 165 p.

♥♥♥

Il me semble avoir été orientée vers ce titre par un article du Canard enchaîné, très élogieux. J'avais compris, à tort, qu'il s'agissait d'une pièce de théâtre. Mais l'auteur, qui est actrice, a peut-être lu ce texte intime sur scène ? Je ne me souviens plus exactement, et je ne retrouve pas l'article, je creuserai la question plus tard.

L'autobiographie est au programme de 3e, d'où cette publication dans la collection 'Classiques & Cie - Collège', lourdement enrichie de notes en bas de page, sur des termes qui paraissent souvent très simples au lecteur adulte, mais qu'on se prend quand même à lire - au cas où on les aurait mal interprétés durant toutes ces années.

Dans son bref témoignage, Céline Milliat Baumgartner nous parle d'un deuil difficile : ses parents sont décédés en même temps, dans un accident de voiture, alors qu'elle n'avait que huit ans et son frère, six.
Les adultes de l'entourage ont eu du mal à leur annoncer le drame, l'irréversible, comme si les enfants ne sentaient pas la chape de plomb autour d'eux.
« Ils attendront d'avoir digéré un tant soit peu leur douleur avant de la transmettre à leur tour. Ils débattront longuement pour savoir lequel d'entre eux se fera porteur d'une mauvaise nouvelle en prononçant ces mots définitifs. Lequel d'entre eux trouvera les mots justes pour dire l'injustice. Lequel prendra la responsabilité de graver cette marque indélébile dans l'esprit des enfants. »
On les comprend. Mais on comprend aussi les dégâts sur les enfants, que les proches ont également choisi d'écarter de la cérémonie funéraire.
« Sans doute, dans la précipitation, auront-ils oublié la force dévastatrice de l'imaginaire enfantin. Ils auront oublié que les enfants refusent de croire à ce qu'ils n'ont pas vu. Sans y prendre garde, ils négligeront combien il est plus dangereux de laisser la porte ouverte au fantasme et, sans le faire exprès, ils prendront le risque de laisser entre les pires chimères, les plus indestructibles, celles qui portent en elles de faux espoirs. »

J'ai été touchée par la réflexion de l'auteur sur le deuil, sur le statut d'orphelin lorsqu'on est enfant (le regard, la pitié des autres), sur son propre travail de réappropriation d'un morceau de l'histoire familiale et de résilience pour devenir adulte, pour "tuer le père" (et la mère, pour une fille) comme dit Freud, d'une autre façon...
Je me suis retrouvée dans certaines de ses superstitions et dans son désarroi à devenir plus âgée que ses parents défunts.
michb-
Ce qui a longtemps freiné mon empathie et mon intérêt, ce qui m'a même agacée pendant plus de la moitié du texte, ce sont les souvenirs d'enfance, parce qu'ils sont axés sur la (relative) célébrité maternelle : l'auteur est la fille de Michèle Baumgartner, qui tient le rôle de l'épouse trompée dans 'La Femme d'à côté' (Truffaut, 1981 - voir photo ci-contre). Je me suis donc demandé si ce premier roman aurait été publié si l'auteur n'était pas 'fille de...'.
Et j'ai été gênée par certains comportements parentaux qui rappellent ceux d'autres people de l'époque, aujourd'hui accusés par leurs enfants d'être 'allés trop loin'...

Je n'ai pas encore lu le dossier explicatif qui suit le témoignage.

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agenda2

6 & 7 mai

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mardi 4 mai 2021

~ Le sexe tout bête, Gideon Defoe

le sexe tout bêteHow Animals Have Sex, 2005
traduit de l'anglais par Thierry Beauchamp
illustré par Florence Cestac
Wombat, Les Insensés n° 42, 18 mars 2021, 160 p.

♥♥

Il y a des stratégies pour séduire, dans le but de copuler - pour le plaisir du corps à corps, ou pour la survie de l'espèce.
Il y a des stratégies marketing pour vendre des livres. Le biznessman est gagnant s'il a bien visé, mais le client peut se sentir lésé. Trop tard pour lui, mais on ne l'y reprendra plus avec l'auteur et/ou l'éditeur.

Ici, il suffisait de présenter Florence Cestac comme (co)auteur, et le tour était joué pour ceux qui aiment son travail en BD.
Sa participation est très limitée : elle a gribouillé quelques dessins à la fin de la plupart des chapitres. Même pas drôles, ces illustrations, quoi qu'en dise la présentation, sauf si la vue de bestioles emboîtées ou aspergées vous tord de rire.

L'auteur des textes, c'est Gideon Defoe. Je ne le connaissais pas, je ne perdais rien. Est-ce son humour anglais qui ne passe pas ? Aucune idée. Axé people, plutôt lourd, parfois douteux, un brin grossophobe.

Quant au sujet annoncé dans le titre, il est survolé : quelques anecdotes sexuelles sur chacun des 50 animaux cités. Présentation de la bête en quelques lignes (nom scientifique, classification, mensurations...) et voilà un quart de l'article rédigé. Puis petite intro fantaisiste, tirée par les cheveux, censément rigolote. L'exposé d'éducation sexuelle est confus, souvent elliptique. En gros, il y a cinq lignes intéressantes par rubrique, et elles ne font pas le tour de la question, si je me réfère à mes connaissances approfondies du kama-sutra de la punaise de lit (merci à Bernard Werber et ses Fourmis).

On apprend à la fin que la rigueur du recueil est très approximative, et l'auteur s'en amuse :
« Naturellement, j'exprime toute ma reconnaissance aux véritables scientifiques dont les livres et les articles ont été déformés ici avec la plus grande désinvolture. »
Ceci explique cela.

J'ai lu mieux sur le sujet, je n'ai pas les titres en tête.

L'intérêt : quelques cas m'ont poussée à faire la curieuse sur G**gle Im@ges, et je connais des copines qui ne se lassent pas de regarder les zizis géants ou tordus que je leur ai envoyés.
Attention à bien choisir vos mots-clefs dans la recherche, Google-i a toujours quelques trucs humains dégueu à proposer...
'Non, ce n'est pas sale !' - mais ça peut y ressembler...

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agenda2

 

3 & 4 mai - merci à Babelio & Wombat

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dimanche 2 mai 2021

~ Le bel Obus, Guillaume de Fonclare

le bel obusCours Toujours - La vie rêvée des choses, 25 février 2019, 90 p.

    lu par Mr

En moins de 70 pages, avec quelques personnages centraux (dont un objet), nous traversons deux guerres mondiales !

La guerre 14-18 est bien décrite : une inepte boucherie dirigée par de stupides chefs de guerre dans chaque camp. La manière dont Emile Adam a traversé ces années m'a fait penser au témoignage d'Ernst Jünger dans Orages d'acier, même si cet auteur s'est illustré dans le camp allemand. Il est d'ailleurs ici aussi beaucoup question d'obus, comme l'indique le titre.
J'ai apprécié l'évocation de la place des personnes intégrées à la Prusse en 1871 suite au traité de Francfort signé par la France après sa défaite dans la guerre de 1870.

Cette lecture me semble idéale pour compléter les cours d'Histoire des jeunes élèves sur la première guerre mondiale, et les plus âgés apprécieront également.

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  ►  et Canel

Histoires croisées :
  • celle d'Emile, père de famille né en Allemagne à la fin du XIXe siècle par le caprice des mouvements de frontière, mais résolument français et soucieux de défendre son pays de coeur lorsque la guerre éclate en 1914 ;
  • celle d'un obus, fabriqué pour tuer des soldats, fort justement considérés comme 'chair à canon', tant leurs vies sont interchangeables, juste utiles à gagner quelques mètres sur le territoire ennemi.

Je ne suis pas friande des ouvrages sur la première Guerre mondiale. J'ai lâchement l'impression d'avoir eu ma dose avec quelques films et documentaires et des dizaines de romans abordant le sujet sous des angles variés (combats, tranchées & boucherie, animaux réquisitionnés, civils à l'arrière, 'après' difficile pour les gueules cassées, les traumatisés ayant perdu la raison, les familles endeuillées, les femmes renvoyées chez elles pour laisser leur place à l'usine aux anciens combattants...).

Mais ce texte est original. Publié par les éditions 'Cours Toujours' dans la collection 'La vie rêvée des choses', il donne la parole à un objet - un obus :
« Ce sont 1,6 million de mes congénères qu'on a jetés sur les lignes allemandes durant ces sept jours de bombardements [la bataille de la Somme]. (...) Bientôt ce sera mon tour, je serai amené à la pièce qui convient à mon calibre, et j'irai semer moi aussi mort et destruction sur une ligne allemande. »
Zélé, il a hâte d'accomplir cette mission, d'être à son tour l'auteur d'un flamboyant carnage, mais le 'destin' (ou une anomalie de fabrication) en décide autrement, et tout change aussi alors pour Emile... ** masqué paradoxalement gagné par une folie meurtrière en se sentant invincible, et devenant ainsi la 'main du Diable', à la place de l'obus. **

Court et percutant, ce roman aborde également le thème de la Mémoire (au sens 'historique'), collective et familiale, ainsi que la délicate question des non-dits sur nos aïeuls anciens combattants, généralement présentés comme des héros ou des 'administratifs' qui ont gardé les mains propres.
J'ai aimé le personnage du fils, qui rééquilibre le 'bilan' familial par ses activités qui sauvent des vies, indirectement - de même qu'un obus tue aveuglément, au hasard.

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agenda2

1er & 2 mai - un grand merci à Thibaut & AMH Communication pour toutes ces découvertes (texte, auteur et éditeur/collection) !

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