Canel

dimanche 23 septembre 2018

~ Les heures rouges, Leni Zumas

Red Clocks, 2018
lenitraduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Rabinovitch
Presses de la Cité, 16 août 2018, 408 p.

♥♥♥

« Nous ne sommes pas là pour retirer des vies », a déclaré récemment Bertrand de Rochambeau à propos de l'avortement (reportage diffusé le 11/09/2018 sur TMC). 
Propos inquiétants de la part de ce médecin, puisqu'il est président du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens de France (Syngof). Qui l'a promu à ce titre, au fait ?

Si on regarde l'actu récente, on constate que ce n'est pas le seul exemple de remise en cause de la pratique de l'IVG.
Le droit à l'avortement n'est donc pas définitivement acquis. Il faut par conséquent rester vigilants, comme pour d'autres sujets qui furent au centre des 'Manifs pour tous' en France en 2013 : opposition au mariage homosexuel et à l'homoparentalité (adoption, PMA, GPA), défense de la « famille traditionnelle ».

Ces thèmes sont au coeur du roman de Leni Zulmas. 
Elle imagine les Etats-Unis ‘demain' : avortement interdit et lourdement sanctionné ; adoption et PMA pour femmes seules, en voie de l'être également. Et, pour blinder le truc : accord entre Canada et Etats-Unis pour refouler à la frontière et dénoncer les petites malines qui essaieraient d'aller faire ‘ça' ailleurs.

Tout cela m'intéresse, l'intrigue se découvre avec plaisir, et les personnages mis en scène ne manquent pas de piquant : une guérisseuse (donc, aux yeux de beaucoup, une ‘sorcière' responsable de tous les maux), une épouse mère de deux jeunes enfants qui a des envies d'ailleurs, une femme battue, une jeune fille pleine d'ambitions. Et puis Ro, cette prof célibataire quadra qui veut faire et élever un bébé seule, sans trop savoir pourquoi : horloge biologique ? peur de la solitude en vieillissant ?

Malgré tous les bons côtés de ce livre, la lecture fut longue et je rechignais parfois à m'y remettre. A cause des extraits énigmatiques de la biographie sur l'exploratrice islandaise Eivør ? des façons elliptiques de désigner les uns et les autres (la fille, l'épouse, la biographe) ? des redondances ? 
Il faut dire que je pensais à des auteurs plus 'accessibles' qui abordent aussi ces thématiques, avec ce style d'ambiance féminine (Silvia Avallone, Auður Ava Olafsdottir, Liane Moriarty...).

En bref : le genre de livre sur lequel j'aurai peiné mais que je suis contente d'avoir découvert, et dont je relirai des extraits. Comme celui-ci :

 « Dépensons l'argent du contribuable pour pénaliser les femmes vulnérables » a dit [la prof d'Histoire] en classe, et un élève s'est exclamé : « Mais si elles enfreignent la loi, ce sont des criminelles ! »
« Les lois ne sont pas des phénomènes naturels, a répondu [la prof]. Elles ont des histoires particulières et horribles. Vous avez déjà entendu parler des lois de Nuremberg ? Ou de Jim Crow ? »

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agenda27 > 15 septembre

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vendredi 21 septembre 2018

~ Pénis de table, Cookie Kalkair

pénisSteinkis, 29 août 2018, 180 p.

ch♥♥♥♥♥

Vous connaissez Charly, Stéphane, Michel, Sofiane, Francis, Christophe, Damien ?
Moi oui, un peu, puisque je les ai écoutés attentivement parler de leur sexualité : masturbation, orientation sexuelle, forme et taille du sexe, orgasme, fantasmes, performance.

Ils ont entre 26 et 43 ans, vivent seuls ou en couple, sont hétéro-, homo-, bi-, pan-.
Et il se réunissent autour d'une table pour parler de leur pénis, d'où ce titre.
A chaque séance, un thème différent. C'est Charly (l'auteur) qui mène la danse : il lance le débat et recadre quand ça dérape. Il est vrai que le sujet se prête à l'humour potache, aux boutades et les plus pudiques/sensibles/susceptibles peuvent se froisser.

Comme dans tout groupe, la parole est plus ou moins aisée selon les individus, mais le gentil organisateur veille à ce que tout le monde participe, quitte à jouer les naïfs parfois pour mettre à l'aise.

Charles Huteau, alias Cookie Kalkair, a créé ce projet de rencontres, débats, confessions intimes, et restitution sous forme dessinée (d'abord sur un blog*, puis dans cet album BD) « dans l'idée d'aider des mecs plus jeunes à s'y retrouver dans leur sexualité ou à se trouver moins 'bizarres'. » 

Alors là je dis bravo et merci tout plein !
Et je précise que toutes ces aveux échangés entre hommes sont également intéressants pour les femmes et les jeunes filles. Parce que, comme le dit si bien le sexologue Philippe Brenot en préface : « Mystère est le maître mot de la sexualité, qu'on soit ado, qu'on soit adulte. Le sexe reste toujours mystérieux, une manière de nous permettre de toujours le découvrir un peu plus. »

L'album est en plus très agréable à lire : à la fois didactique et touchant. Et aussi plein d'humour, tant sur la forme (dessins amusants, imagés, visage et décors expressifs) que sur le fond.
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Pour s'éduquer à tout âge (dès 15 ans), se rassurer, se décomplexer, etc. - parce que les pseudo normes et les diktats, ça va cinq minutes - lire également :
- Les Monologues du vagin (court recueil de témoignages féminins, par Eve Ensler)
- Homo Erectus (roman de Tonino Benacquista sur un groupe de parole un peu semblable)
- Extases (BD témoignage de Jean-Louis Tripp)
- Une histoire du sexe (BD de Philippe Brenot & Laetitia Coryn)

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agenda220 & 21 septembre

pdt

[ un clic sur l'image vous conduit droit devant au site ! ]

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mercredi 19 septembre 2018

~ Shots, Guillaume Guéraud

shotsEditions du Rouergue, La Brune, 6 avril 2016, 280 p.

gg♥♥♥

Shots, c'est :
- un album photo sans photos, mais abondamment légendé
- un carnet de voyage entre Marseille et Miami, avec les emplacements pour les clichés
- et une intrigue, illustrée par ces photos absentes qu'on s'amuse à imaginer.
Pourquoi ces vides ? On le saura à la fin, et les dernières pages constituent le point fort du roman*, même si je ne suis pas fan... des pirouettes fantastiques. 

Dans ce roman noir-action, Guillaume Guéraud exprime encore une fois sa passion pour le cinéma, rendant ici hommage à 'Scarface' et à 'Blow up' - entre autres, car ses références en 7e art ne me parlent pas, je loupe donc beaucoup de clins d'oeil.

Je savoure souvent le ton vif et les réflexions subtiles de l'auteur, et j'aime sa sensibilité de grand gamin à fleur de peau, que l'on perçoit en interview IRL. On retrouve ici l'ambiance de Je mourrai pas gibier, et certains éléments de Baignade surveillée : adulte immature aussi attachant qu'inquiétant, frères, délinquance, violence...

C'est beau, triste, parfois drôle aussi. 
Mais trop vaudou, sanglant et testostéroné pour que j'apprécie vraiment.

* je ne devrais pas le préciser, j'en connais qui vont s'empresser d'aller voir la fin, maintenant... 😉

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agenda215 > 17 septembre - emprunt mdtk

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mardi 18 septembre 2018

La traversée des apparences...

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On n'a jamais vu autant de passages piétons dans les dessins de presse !

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Traverser la rue pour retrouver un emploi - Le Moment Meurice, France Inter, 'Par Jupiter', 17/09/2018

(...) Alors oui ! Faites gaffe à ça. Une fois que vous avez traversé la rue, ne revenez pas. Sinon ça sert à rien, ça annule l'emploi. Si ça se trouve, c'est ce qui est arrivé à Pénélope Fillon. Elle a voulu retraverser, elle s'est rendu compte de la boulette, elle était au milieu. Vous connaissez la suite : emploi fictif, son mari battu, l'action 'mocassins à glands' dévisse à la bourse de Paris, etc. etc. (...)

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dimanche 16 septembre 2018

~ Café Budapest, Alfonso Zapico

café buSteinkis, 9 mars 2016, 164 p.

zapi♥♥♥♥♥

1947.
Jeune violoniste juif, Yechezkel vit à Budapest avec sa mère Shprintza, rescapée d'Auschwitz. Son oncle installé à Jérusalem les invite à l'y rejoindre. Shprintza ne veut pas quitter la Hongrie pour retrouver ce frère avec qui elle a coupé les ponts.
L'exil se fait néanmoins. 

A travers le regard de Yechezkel, nous découvrons la mise en place de l'Etat d'Israël, la dégradation du climat entre les différentes populations qui cohabitaient jusqu'alors paisiblement, et les débuts de la guerre.

Le violon de Yechezkel et le joyeux ‘Café Budapest' de l'oncle Yosef rassemblent, mais les rancoeurs partisanes se développent chez certains, et il semble difficile de ne pas prendre parti pour l'un ou l'autre camp sans se voir accuser de lâcheté ou de trahison. 
Et pendant que la tension monte, Shprintza se laisse mourir. Les nazis ont gagné, ils ont réussi à la détruire, finalement…

Dans cet album à la fois 'document' et 'fiction', l'auteur montre les origines du conflit israélo-palestinien, qui semble encore insoluble plus de 70 ans après la création de l'Etat d'Israël, en raison d'enjeux internationaux toujours plus complexes.

Instructive, cette page d'Histoire se lit facilement puisque l'auteur l'inscrit subtilement dans le quotidien d'une famille juive, rendant ainsi la situation plus réaliste et émouvante.

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agenda29 septembre - emprunt mdtk

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vendredi 14 septembre 2018

Migrants nantais



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Depuis fin juin, des migrants à la rue dorment sous des tentes au square Daviais, dans l’hypercentre de Nantes. Les conditions d’hygiène sont déplorables et ils ont le moral dans les chaussettes, qu’ils essaient tant bien que mal de maintenir propres. Question de dignité.

Le square Daviais, à deux pas de la Fnac et de la place centrale de Nantes, est devenu le théâtre d’une situation désolante : 400 exilés, venus principalement du Soudan et d’Érythrée, s’entassent sous 200 tentes et tentent de sauvegarder le peu de dignité qui leur reste. Arrivés fin juin, ils ont été expulsés sur décision de justice le 23 juillet, mais sont revenus, et encore plus nombreux, faute de solution d’hébergement.
Pour se protéger de la pluie qui ruisselle depuis les bords surélevés du square, ils rehaussent leur tente avec des palettes. Dans ces abris de fortune, un matelas et une couverture, souvent insuffisants pour se protéger du froid qui commence à sévir la nuit.
Quatre douches de bric et de broc placées au milieu du camp, le 23 août, leur servent de salle de bain. Et en guise de toilettes, des bottes de paille amenées par des associations. Les toilettes publiques, prises d’assaut, ont été fermées par la mairie, qui en a installé 800 mètres plus loin. Un unique robinet pour laver les vêtements et les clôtures de la « station gourmande » du Voyage à Nantes, pour faire sécher son linge.
Plus de moyen de recharger son téléphone depuis l’évacuation du square le 23 juillet : le seul point électrique a été fermé. Pour appeler le 115, souvent sans solution, ou solliciter l’administration française pour espérer voir son dossier avancer, une seule solution : passer des heures dans un café.

- article de Sarah Boucault et Vincent Hamard, Ouest-France, 31/08/2018 -

*   *   *

Quelles solutions pour les 500 migrants du centre de Nantes ?

Une table ronde inédite sur l’intégration des migrants par le travail se tient le 14 septembre à la Chambre de Commerce de Nantes. Reste à trouver une solution pour mettre à l’abri 500 migrants vivant sous des tentes au cœur de la ville.

On la surnomme déjà « la jungle » de Nantes, en référence à l’expérience de Calais. À ceci près que ce campement de tentes rouges, bleues ou vertes blotties les unes contre les autres se situe au cœur du centre-ville. Impossible de ne pas voir que 500 migrants vivent ici dans des conditions de promiscuité et d’hygiène déplorables – pas de vraie douche, une seule toilette publique fermée la nuit.

Ces jeunes hommes de 20 à 30 ans, majoritairement demandeurs d’asile et originaires du Soudan, d’Érythrée et de Guinée, « sont épuisés physiquement et psychiquement par leurs parcours de migration, témoigne Carine Rolland, médecin généraliste et responsable du programme « Migrants, droits et santé » à Médecins du monde Nantes. Ce qu’ils vivent ici ne fait que renforcer ces traumatismes. »

Avec une clinique mobile dépêchée sur place en juillet dernier, son équipe a repéré d’énormes besoins en santé. À la mi-août, la mairie a ouvert 90 places dans un gymnase pour mettre à l’abri les personnes les plus malades.

Divisions politiques

Mais devant l’ampleur des besoins, le maire (PS) Johanna Rolland, qui refuse d’expulser le square tant qu’aucune solution de relogement n’a été trouvée, en appelle à l’État : « Notre ville contribue activement à construire des solutions dignes et pérennes pour ces personnes envers lesquelles notre pays a un devoir d’assistance. Mais sans relais fort au plus haut niveau de l’État, cette mobilisation trouve aujourd’hui ses limites. »

L’opposition, qui décrit ce campement comme « la honte de Nantes », regrette que la mairie refuse l’évacuation. « Par son inaction, elle fait le choix de laisser la situation humanitaire et politique se dégrader », dénonce Laurence Garnier, conseillère municipale LR et vice-présidente à la Région, qui préconise de « bien accueillir » les réfugiés politiques et de « reconduire dans leur pays ceux qui viennent pour des raisons économiques ».

La députée (LREM) de Loire-Atlantique Valérie Oppelt, qui organise aujourd’hui une table ronde sur l’intégration des migrants par le travail, regrette que la situation prenne « une tournure politique où chacun se renvoie la balle ». Et suggère de « mettre à l’abri temporairement ceux qui peuvent rester sur le territoire » dans un local inoccupé. La préfecture, qui renvoie la responsabilité de l’évacuation du lieu à la mairie, précise que 706 réfugiés sont aujourd’hui hébergés dans le dispositif d’accueil de la région faute d’accès au logement classique, ce qui « obère les disponibilités pour les nouveaux demandeurs d’asile ».

« Une crise de l’accueil »

Pour Carine Rolland, de Médecins du monde, « nous ne sommes pas face à une crise migratoire mais à une crise de l’accueil. Il faut créer des places en CADA et en hébergement d’urgence. »

Même constat pour Christophe, l’un des trois fondateurs de l’Autre Cantine, qui prépare et distribue chaque soir 500 repas pour les exilés du square. « Il faut simplement appliquer la loi pour mettre ces demandeurs d’asile à l’abri, souligne ce jeune juriste. En attendant, pourquoi ne pas occuper un des nombreux bâtiments vides de Nantes ? Les associations sont prêtes à coopérer avec les pouvoirs publics pour gérer ces lieux. »

Jean-Louis, qui organise un atelier d’alphabétisation auprès des migrants du square, avance aussi des solutions. « On compte parmi ces personnes de nombreux agriculteurs. Pourquoi ne pas les aiguiller vers des communes rurales en voie de désertification ? » Carine Rolland fait un parallèle entre le sursaut citoyen sur le climat et celui sur les migrations. « Dans ce champ-là aussi, des solutions existent. Encore une fois, c’est la volonté politique qui manque... »

- Florence Pagneux (correspondante régionale, à Nantes), La Croix, 13/09/2018 -

 

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jeudi 13 septembre 2018

~ Les heures silencieuses, Gaëlle Josse

les heures

Editions Autrement, 2011
josseJ'ai Lu, mars 2012, 88 p.

♥♥♥♥♥

Ignare en arts plastiques, je m'éduque en douceur avec la newsletter de vulgarisation d'Artips.
Et parfois, de manière inattendue, grâce à un roman.

Avec Les heures silencieuses, par exemple, j'ai regardé minutieusement le détail d'un tableau du peintre flamand Emmanuel de Witte : 'Intérieur avec femme à l'épinette' (1667). 

Comme Tracy Chevalier en écrivant La jeune fille à la perle, Gaëlle Josse a imaginé les circonstances de l'élaboration de cette oeuvre, et la vie de la femme qui y est représentée. Le lecteur en prend connaissance à travers les pages d'un journal intime – fictif.

Ce court récit est ravissant comme une nouvelle de Stefan Zweig, tant sur le fond que sur la forme. Douceur, grâce et délicatesse (pléonasmes ?), pour décrire le quotidien et les tourments de Magdalena van Beyeren, 'vieille femme' – trente-six ans, en 1667, c'est le début de la fin.

Outre le portrait psychologique et social de Magdalena, l'auteur restitue parfaitement l'atmosphère des Pays-Bas du XVIIe siècle, à Delft en particulier, chez ces marchands qui faisaient fortune grâce au commerce de produits des Colonies.
Petite piqûre de rappel pour comprendre comment certaines villes d'Europe se sont enrichies et affichent une telle splendeur aujourd'hui encore – Amsterdam, notamment, et certains quartiers de Nantes préservés des bombardements de la seconde guerre mondiale.

Court, très beau, subtil, émouvant...

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agenda2

 31 aout & 1e sept

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mercredi 12 septembre 2018

Rachid Taha (1958-2018)

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est décédé cette nuit

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 •  en duo avec Soan - 'Sens interdits' (2013)  •

•  reprise de 'Douce France' de Charles Trénet (1943), avec 'Carte de Séjour' (1987)  

précision Wikipedia sur la VO de cette chanson : écrite par Charles Trenet en 1943, composée avec Léo Chauliac, enregistrée en 1947 ; soutien moral aux « expatriés de force » (prisonniers de guerre et travailleurs du STO) et en aucun cas un acte de collaboration.

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lundi 10 septembre 2018

~ Moins qu'hier (plus que demain), Fabcaro

moins qu'hierGlénAAARG ! - 23 mai 2018, 65 p.

 

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♥♥♥♥

Un homme, une femme. Différents pour chaque strip d'une page - sauf Géraldine & Fabien, personnages récurrents.
En vrac : première rencontre, bilan d'une relation, scènes de la vie conjugale...

J'ai savouré l'album, pour l'humour de Fabcaro, du même genre que dans 'Zaï zaï zaï zaï' : à la fois loufoque, grinçant, bien vu, noir, politiquement incorrect. 
Et parce que, comme avec la série TV des années 2000 'Un gars, une fille', on trouve des échos avec les côtés pas réjouissants de sa propre vie de couple, forcément : doute, mauvaise humeur, mesquinerie, agacement, mauvaise foi, manque de tact masculin et susceptibilité féminine et autres divergences hommes/femmes (je pense que ce n'est pas uniquement une construction sociale)...

Pas de couple homosexuel dans cet album. Dommage : je me demande parfois si ça fonctionne mieux, s'il y a moins de malentendus et de sujets de discorde au quotidien entre deux personnes de même sexe...

Dans ce style, en plus convenu : Du moment qu'on s'aime, album d'Antoine Chéreau.

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agenda2 4 septembre - merci Mr !  🎂🎁😘  et merci Laurence pour l'idée ! 😊

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samedi 8 septembre 2018

~ Des forêts et des âmes, Elena Piacentini

des forêtsEditions Au-delà du raisonnable, 2014
Pocket, 9 février 2017, 416 p.

elpi♥♥♥

Starsky & Hutch sans Starsky, sans Hutch, sans voiture lancée à toute blinde, sans ville. Mais la même impression trépidante/stressante pour le lecteur qui n'aime pas les polars nourris d'action et de courses poursuites.

D'autant qu'ici, l'intrigue est très diluée. Les personnages se traquent et se tirent dessus dans la forêt vosgienne, essentiellement à pied, sans arrêt et sans fin…

Dommage car les souffrances des adolescents Matthieu, Juliette, Lucas, dans les premières pages, m'ont touchée. Et le sujet central du livre m'intéresse : le lobby pharmaceutique, les ‘maladies imaginaires' lucratives, la complicité du milieu médical, les citoyens qui en sont victimes… * (problématique bien explicitée en postface, en revanche). 

Comme dit Renaud, ‘La médecine est une putain, son maquereau c'est le pharmacien'… ♪♫ **

Je n'ai pas retrouvé la vivacité et le suspense présents dans Aux vents mauvais de cette auteur. C'est moins percutant, plus gentillet, et la grand-mère de Leoni, avec ses leçons de (sur)vie, fait piètre figure à côté de la Colette des ‘Vents mauvais', autrement plus rock'n roll…

Je ne suis plus si pressée de découvrir le reste de l'oeuvre d'Elena Piacentini, désormais… J'en remercierais presque la librairie D., de Brest, de ne pas avoir eu d'autres titres disponibles – tandis que l'E.C. d'Edouard était mieux achalandé, lui ! 😉

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agenda21e  >  7 septembre

    * sur le sujet :
        • un livre La quatrième plaie, Patrick Bard (2004)
        • un film (adapté d'un roman de John Le Carré, 2001) : 'La constance du jardinier' (2005)


    ** 'Etudiant, poil aux dents', 1982

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jeudi 6 septembre 2018

~ Communistes ! - Pascal Thivillon

communistesGlénat, Collection 1 000 Feuilles, 29 août 2018, 120 p.

♥♥♥♥

Les Fatals Picards chantent « Mon père était communiste comme on porte une croix. » ♪♫ *
... ou les convictions politiques comme sacerdoce, prosélytisme, engagement chronophage, contraintes. 

Idem pour Pascal Thivillon, qui décrit sa jeunesse dans les 70-80's de fils de militants PCF : manifs, distribution de tracts sur les marchés, porte-à-porte, collage d'affiches, réunions du comité, syndicalisme, fête de l'Huma. Et, le meilleur pour les enfants : Pif-gadget. 
Et puis l'euphorie en ce soir du 10 mai 1981 quand s'est affiché progressivement sur nos écrans TV, grâce à CII Honeywell Bull, le crâne chauve de... François Mitterrand, ouf ! Le changement, c'était enfin maintenant...

10 maiJ'ai aimé ce témoignage parce que :

- étant de la même génération que l'auteur, et de milieu modeste également, j'ai replongé avec lui dans mes années d'enfance et d'adolescence

- bien que fille de sympathisants PS frileux 😉 (non encartés), j'ai entendu ce genre de discours dans la famille et chez des amis de mes parents, et je garde la plus grande sympathie pour la gauche de l'époque et ses idéaux, pour ces gens qui bossaient dur le jour et ne ménageaient pas leur peine le soir et le WE pour essayer de mettre en place un avenir collectif meilleur

- l'auteur allie très bien le regard naïf du petit garçon d'alors et le recul de l'homme adulte qu'il est devenu (ceci à la fois dans son graphisme et dans ses propos), maintenant que l'eau a tellement coulé sous les ponts qu'elle est de plus en plus trouble, mais que les requins y trouvent toujours leur compte.

Les mots de la fin à l'auteur :  « Presque quarante ans plus tard, on connaît la suite... qui, pour papa, maman et leurs camarades fut sacrément décevante. Comme toujours, le poids implacable du réel a fini par tout écraser. C'est aux livres d'Histoire qu'appartient désormais cette époque. Elle fait régulièrement l'objet d'études universitaires, de débats idéologiques ou de controverses politiciennes. Mais de l'histoire des militants, ces petits soldats du quotidien, que reste-t-il ? Quelques photos aux couleurs délavées, quelques coupures de presse jaunies, quelques fragments de mémoires glanés de-ci de-là. Des souvenirs aux contours flous enfermés dans des boîtes d'archives... qui résisteront toujours. »

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agenda21er septembre

*  Le combat ordinaire

... et en primeMon père était tellement de gauche

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mercredi 5 septembre 2018

~ Aux vents mauvais, Elena Piacentini

aux vents mauvais

Pocket, 14 juin 2018, 352 p.

♥♥♥♥

Un commandant chargé d'enquêter sur le cadavre d'une jeune femme, un tagueur de seize ans, un petit ‘Réunionnais de la Creuse' * (selon la formule consacrée) et quelques autres personnages dans cette intrigue aux ramifications multiples.
Les trois premiers ont pour point commun d'avoir des grands-mères formidables, à qui ils doivent beaucoup. L'ado ne le sait pas encore, mais on va assister avec lui à l'éclosion d'une belle complicité inter-générationnelle. Et ce sont sans doute les moments en compagnie de Rémi et de son aïeule Colette (un peu vargassienne, la dame) que j'ai préférés dans cet ouvrage, très riche par ailleurs.

Je ne sais pas pourquoi je n'avais jamais entendu parler de cette auteur talentueuse, alors que nous sommes si nombreux sur Babelio à être friands de bons polars et que le bouche à oreille y fonctionne très bien.

Si j'étais l'éditeur, je n'aurais pas mis ce mot de Bussi en bandeau d'accroche, mais la recommandation d'un auteur un peu plus ‘rebelle', genre Ledun, Lebel, Norek (qui sont pour l'instant un chouïa moins connus, ceci explique cela ?). 
Et plutôt que ‘addictif', j'aurais dit que ce roman était ‘politique, social, engagé'. 
L'auteur dézingue nos dirigeants (et pas seulement les petits derniers en date, on fait un voyage dans les années 60, aussi), les libertés qu'ils prennent avec l'individu pour servir des intérêts généraux discutables. Elena Piacentini s'en prend aussi, parmi d'autres sujets d'actualité, à la banalisation de la haine et du passage à l'acte, et à notre éco-(ir)responsabilité.

« ‘Liberté, égalité, fraternité', hein… Ses lèvres s'étirèrent en un sourire désabusé. ‘Avec de vrais morceaux d'idéal dedans'. A quel moment la devise s'était-elle vidée de sa substance, il n'aurait su le dire. Ce matin, elle lui apparut comme un slogan publicitaire vantant les mérites d'un produit dont la formule n'avait jamais existé, que nul n'avait plus l'ambition de mettre en fabrication. L'arche de la république était vaste. Haut, son fronton. Mais le passage de plus en plus étroit. J-T., M., J. et tant d'autres ne l'avaient jamais franchi. Ils avaient grossi l'armée de ceux, toujours plus nombreux, condamnés à grignoter en périphérie du mythe. »
Vite, un autre ouvrage de l'auteur ! J'adore ces bouffées d'air frais via des discours désabusés, lucides, et paradoxalement porteurs d'espoir.
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* pour un bon aperçu du sujet, ce roman jeunesse : L’île de mon père, Brigitte Peskine (Casterman, 2005).

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agenda2

 26 > 30 août

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mardi 4 septembre 2018

~ Un homme, ça ne pleure pas - Faïza Guène

un hommeFayard, 2014, 315 p.
Le Livre de Poche, 2015

 

fai  ■  l'avis de Canel

♥♥♥♥

Dans la famille de Mourad, c’est le papa que je préfère. Il ne sait ni lire ni écrire, et quand il demande à son fils de lui faire la lecture à haute voix, il attend que l’intonation soit celle d’un journaliste. Cordonnier, il ne compte pas sa peine pour que ses trois enfants puissent ‘travailler avec leur tête’, eux. 
La maman est du genre ‘mama’ excessive et étouffante, mère méditerranéenne, mère juive, appelez ça comme vous voulez - « une mère pieuvre aussi aimante qu’envahissante ».

L’éducation de ce couple algérien exilé à Nice aura des effets différents sur les trois enfants : l’aînée reniera ses origines au nom de l’émancipation féminine et de la laïcité ; la cadette, docile, suivra la ‘voie tracée’ ; tandis que Mourad, le benjamin, sera à la hauteur des ambitions paternelles en devenant prof de français.

Encore une chronique familiale tendre, émouvante et bien vue. Et comme l’auteur est Faïza Guène, fille d’émigrés algériens, il est question d’identité culturelle et de volonté de s’affranchir des traditions, d’autant plus forte, sans doute, lorsqu’on a changé de pays, et/ou de milieu social (cf. Annie Ernaux, Edouard Louis). 
Au-delà de ces thématiques, on retrouve toutes les difficultés d’une famille ‘ordinaire’ : différends dans le couple parental, querelles dans la fratrie notamment quant au partage des tâches pour veiller sur les vieux parents, brouilles durables…

Un bon moment de lecture, qui m’a rappelé certains romans de Samuel Benchetrit, Yaël Hassan, Entre les murs (Bégaudeau), Présent (Benameur)…

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agenda2 23 > 25 août - emprunt mdtk

 

 ■  l'avis de Mr

♥♥♥♥

« Un homme, ça ne pleure pas », telle est la devise de la famille Chennoun, en tout cas celle du 'padre'. 
Ce cordonnier et son épouse ont quitté l'Algérie pour la France où ils ont élevé leurs trois enfants : Dounia, Mina, et Mourad, petit dernier de la famille et narrateur. 
Dounia, c'est la rebelle de la famille, qui refuse le destin déjà tracé pour elle par une mère trop possessive et un père attaché aux traditions. 
Mina en revanche met un point d'honneur à répondre aux attentes parentales, se distinguant ainsi de sa turbulente soeur aînée. 
Mourad, seul garçon de la fratrie, est couvé par sa mère, et deviendra professeur de français.

Cette histoire semble a priori banale. A travers elle, l'auteure analyse avec finesse l'ambiguité de sentiments et de comportements parentaux. Des parents qui prétendent vouloir le mieux pour leurs enfants, mais qui en réalité projettent sur eux certains de leurs propres rêves et/ou les empêchent de s'émanciper. 
Le regard de Mourad sur sa famille et sur lui-même est très lucide. Il me semble transposable à beaucoup de familles. Certains de ses propos relatifs aux rapports à la nourriture font d'ailleurs écho à des explications que j'ai lues dans un essai que je lis en parallèle Gros n'est pas un gros mot (Daria Marx et Eva Perez-Bello, Librio). 

Faïza Guène nous présente aussi les difficultés d'une famille algérienne à concilier ses références culturelles et celles de son pays d'accueil. Il n'y a rien de misérabiliste dans ce roman, qui aborde des sujets graves (maladie, difficultés d'intégration,…) sur un ton léger voire humoristique. 

Un agréable moment de lecture. 
Merci à Canel pour son insistance... 😉

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samedi 1 septembre 2018

Mon hit-parade de l'été 2018, suite

 

 

 

c'est mieux avec le délicieux Matthew 😍
ah, les mains d'un homme qui joue de la guitare... et sa cambrure... chaud !!! 😵😋😘😍

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jeudi 23 août 2018

~ Dans la Jungle, Didier Daeninckx

dans la jungleLarousse, 23 août 2017, 128 p.

did

♥♥♥♥♥

Naëlle se fait virer de son boulot de caissière pour avoir été trop complaisante avec une cliente dans la mouise – elle ne bipait qu'une partie de ses articles.
C'est un collègue qui l'a dénoncée. Sympa. Il faut dire qu'elle avait refusé ses avances.
Comme elle a coupé les ponts avec ses parents, Naëlle part rejoindre sa soeur à Londres... et se retrouve accidentellement dans la Jungle de Calais.

La réputation de Didier Daeninckx n'est plus à faire : cet auteur engagé s'attaque à des problèmes de société (guerre, colonialisme, racisme), tout en présentant la nature humaine avec une palette contrastée et des lueurs d'espoir.

Pas toujours facile à lire dans ses ouvrages pour adultes, il est très abordable ici. Le récit est vivant et réaliste grâce à une poignée de personnages attachants. A travers les paroles de Tarek, Belula, Françoise et de quelques autres, on découvre les situations de pays que les migrants ont fuis, leurs longs périples, les conditions de vie dans la Jungle de Calais (entre tension et entraide), les méthodes pour traverser la Manche, le formidable travail des bénévoles et humanitaires, l'hostilité de riverains ou d'individus beaucoup plus éloignés, l'absurdité de certaines lois... 

Destiné aux adolescents à partir de treize ans, ce roman émouvant est parfait pour appréhender la question de l'immigration en général, et en particulier celle des individus qui tentent de rejoindre l'Europe depuis quelques années. Non pas « pour profiter de la richesse de l'Europe, pour voler une part de gâteau à laquelle [ils n'ont] pas droit... ». Seulement pour « sauver [leur] peau, [tandis] que des centaines d'entre [eux] sont restés en chemin, ensevelis au fond des océans ou enterrés à la hâte sans identité, sans personne pour les accompagner... ».

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 22 août

 

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mercredi 22 août 2018

~ Evanouies, Megan Miranda

évanouies

All the Missing Girls, 2016
megtraduit de l'anglais (Etats-Unis) par Pierre Brévignon
Editions de la Martinière, 2016
Points, 14 juin 2018, 480 p.

♥♥♥

Evanouie, Corinne, depuis dix ans. Qu'est-il arrivé à cette jeune fille ? L'enquête a révélé qu'elle n'était pas telle qu'on l'imaginait. Seuls ses amis savaient à quoi s'en tenir - et encore...
Partie, Nic. Peu après la disparition de sa meilleure amie, elle a fui cette petite ville de Cooley Ridge, se promettant de ne jamais y revenir. Mère décédée, père alcoolique, frère autoritaire. Et puis l'ambiance délétère laissée par le drame, l'enquête, les rumeurs. Mieux valait repartir à zéro, loin.
Effilochée, la mémoire du père de Nic. Quand des bribes du passé lui reviennent, il se confie à sa fille, et celle-ci voit enfin le moyen de comprendre ce qu'il s'est passé dix années plus tôt.

Encore une histoire de disparition, eh oui, ça inspire les auteurs de thrillers, et ça m'attire inexplicablement - rien de pire, sans doute, pour un proche que d'ignorer ce qu'il est advenu d'un(e) disparu(e). 
Pour rendre l'ambiance encore plus anxiogène, Megan Miranda met en scène des adolescents qui jouent à des jeux dangereux, dans un décor à risques : « forêts où se perdre, cavernes à explorer, torrent à traverser sur des troncs trop glissants. »

Parmi les thrillers, il y en a que je boulotte avec gourmandise, et qui me déçoivent a posteriori - fin et/ou vision d'ensemble.
C'est l'inverse qui s'est produit ici : lecture fastidieuse avec cette chronologie bordélique et cette intrigue beaucoup trop diluée, et moments de grâce sur les derniers chapitres, non pas grâce au dénouement mais en savourant des réflexions sensées sur la famille, la loyauté, le mensonge, les faux-semblants... 

Et sur l'adolescence : « Dix-huit ans. Un âge dangereux. Les garçons en proie à leurs passions, à leurs pulsions. Les filles et leurs envies incontrôlables de quelque chose de tangible. de différent. »

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14 > 21 août

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mardi 21 août 2018

~ Trois filles en colère, Isabelle Pandazopoulos

3 fillesGallimard, 27 octobre 2017, 336 p.

♥♥♥♥

1966. Athènes, Paris, Berlin.
Des lettres de Suzanne, Magda, Cléomèna, trois jeunes filles nées en Europe en 1949.
Elles sont issues de milieux sociaux favorisés - parents intellectuels et/ou bourgeois aisés. 
Mais les contextes socio-politiques sont loin d'être idéaux, en revanche : les parents de Cléomèna, communistes, ont été déportés. Son frère et elle doivent se cacher.
Les familles de Suzanne et Magda ont dû fuir.

Les relations entre ces trois filles et leurs mères, essentiellement, nous présentent les problèmes de jeunes filles entre enfance et âge adulte, partagées entre raison et passion.

Je l'ai offert à une demoiselle souvent en colère et plutôt trois fois qu'une (contre sa mère ?), pour qu'elle y trouve des échos, peut-être.

Outre les pages d'Histoire enseignées (dictature grecque, guerre froide en Allemagne, mai 68), cet ouvrage a le mérite de montrer qu'au seuil de l'âge adulte, rien n'est simple, ni avec les autres, ni avec soi-même. Et qu'une mère, c'est plus facile à aimer de loin...

Dans ce registre, j'ai préféré La décision, de la même auteur, Dans le désordre, de Marion Brunet, et Refuges, de Annelise Heurtier.

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29 juill. > 1e août

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dimanche 19 août 2018

Un dimanche en ville.

Une petite ligne [verte]...
et autres curiosités - en chemin, pour nulle part ♪♫

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  la plupart des photos sont zoomables, faites les curieux !  

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~ Balades en philosophie, Janine

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Delcourt, 23 mai 2018, 136 p.

♥♥♥

Vive la vulgarisation en BD ! Après la socio avec la collection Sociorama (éd. Casterman), place à la philo avec Janine, prof et blogueuse BD.

Véritable road-trip dans le temps en compagnie de philosophes et sociologues, cet album nous éclaire sur quelques théories, illustrées par des exemples du quotidien. 
Faisant surgir dans son salon, sa salle de bain, ses toilettes, quelques penseurs plus ou moins célèbres, Janine nous rappelle leurs apports à la philosophie, à la pensée.

L'auteur, titulaire d'un doctorat, étant prof de philo et auteur de BD, ses propos sont à la fois didactiques, clairement exposés, et pleins d'humour.

On réfléchit ainsi avec Platon, Spinoza, Bergson, Beauvoir, Guillaumin, Bourdieu et quelques autres à des notions telles que la morale, le libre-arbitre, le temps, les sentiments, les représentations...

L'ouvrage ne se veut bien sûr pas exhaustif, il invite à la réflexion, rappelant que la philo, ce n'est pas suivre des dogmes à la lettre, mais les comprendre tout en gardant un esprit critique pour les triturer :
« 'Critique' vient du grec 'krinen', qui veut dire 'séparer'. D'abord se séparer de soi-même, de ses propres représentations. C'est le principe de la réflexion. Comme un miroir, je réfléchis. C'est faire un retour sur soi. Ne pas rester rivé à soi-même. Prendre du recul. [...] Séparer, c'est aussi faire des distinctions. Ça permet d'y voir plus clairement. De ne pas confondre des choses qui se ressemblent. » 

L'album donne également envie d'aller plus loin.
Par exemple d'aborder son année de Terminale avec un enthousiasme gourmand, en se disant qu'on ne se contentera pas de bachoter cette matière passionnante avec du pré-mâché (annales de bac). 😉
Et/ou de lire d'autres ouvrages de vulgarisation – tels que Le monde de Sophie de J. Gaarder, ou les BD de Jul & Charles Pépin.
Et/ou, pour les adultes, de se pencher sur des auteurs qu'on ne connaissait pas ou qu'on avait oubliés.

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18 août

le blog de l'auteur : janinebd.fr

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samedi 18 août 2018

~ Fabuleuses erreurs (De Darwin à Einstein), Mario Livio

fabuleuses

Cnrs, Le Banquet scientifique, 5 octobre 2017, 300 p.
liviotraduit de l'italien par Jean Audouze

lu par Mr

♥♥♥♥

A l'aune des connaissances actuelles, l'astrophysicien Mario Livioréexamine les théories de cinq chercheurs qui ont considérablement contribué au progrès scientifique, dans divers domaines (biologie, géologie, physique, astrophysique) : Charles Darwin (1809-1882), Linus Pauling (1901-1994), Lord William Kelvin (1824-1907), Fred Hoyle (1915-2001) et Albert Einstein (1879-1955). 

Après un exposé synthétique et clair d'une de leurs découvertes*, Livio explique des raisons de ces erreurs et certaines de leurs conséquences. Il montre ainsi que la pensée scientifique n'est pas seulement fondée sur des raisonnements rationnels mais qu'elle naît dans un contexte historique et sur la base de présupposés (philosophiques ou intuitifs) qui l'orientent sur des voies sinueuses mais finalement fécondes. 

Les passions humaines (comme l'orgueil) sont aussi des moteurs de progrès ou, selon les cas, des freins au raisonnement. L'entêtement de Fred Hoyle à défendre la théorie d'un univers stationnaire malgré l'apparition puis l'accumulation d'observations la contredisant en est une illustration frappante : ce cosmologiste considérait que l'univers est éternel et immuable, et expliquait son expansion observée par un processus de création continue.

Malgré quelques exposés théoriques ardus (chimie organique, théories de la relativité), l'essai de Mario Livio est globalement abordable pour des non-scientifiques, et je le recommande vivement à tous ceux que ces sujets intéressent. Pour des scientifiques, il devrait être particulièrement salutaire : le monde ne se 'comporte' pas forcément comme ils souhaiteraient qu'il le fasse, mais des hypothèses de travail restent nécessaires.

Sur les processus de découvertes scientifiques, je recommande aussi le brillant ouvrage Les Somnambules d'Arthur Koestler, encore plus édifiant et agréable à lire - à défaut d'être aussi précis et exact. Dans un genre plus romancé, Koestler montrait que le renoncement au modèle géocentrique avait nécessité l'association des méticuleuses observations de Tycho Brahé (1546-1601) et du génie mathématique de Johannes Kepler (1571-1630) avec sa volonté de construire un système solaire conforme à ses présupposés, lesquels étaient par ailleurs erronés (selon lui, les mouvements combinés des planètes dessineraient des polyèdres réguliers).
Dans des genres et des styles différents, ces deux ouvrages se complètent très bien.

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* Je suis cependant toujours perdu dans les résumés des théories de la relativité, quelles que soient les qualités de vulgarisateur de l'auteur.

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jeudi 16 août 2018

~ La vérité sort de la bouche du cheval, Meryem Alaoui

la vérité

Gallimard, 23 août 2018, 272 p.

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♥♥♥

Casablanca (Maroc), 2010*.
Pour Jmiia, prostituée de 34 ans, la plupart des femmes sont des connes, des connasses, et les hommes des bâtards, des fils de putes, des pédés (sic). Elle se prend vite la tête avec tout le monde, et quand les insultes à voix normale ne suffisent plus, elle crie et castagne - avec ses partenaires, ou ses collègues de la rue. Il faut dire que dans son milieu, la misère a beau se vivre au soleil, beaucoup de boisson et de fumette sont nécessaires pour la trouver moins pénible. Et une fois bien 'chargé', on est vite à cran.

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Ce personnage de Jmiia, son franc-parler et l'animation hystérique autour d'elle ont quelque chose d'exotique, de touchant et de tragicomique. Le ton m'a un peu rappelé ceux de Faïza Guène et de Virginie Despentes, mais l'intrigue reste au premier degré, factuelle, et tourne vite en rond.

Plus j'avançais, moins les aventures de cette caricature de femme m'intéressaient. J'aurais volontiers sabré quelques dizaines de pages lors des journées répétitives de tournage, qui n'avancent ni de la queue ni de la bouche du cheval. 
Et j'aurais sans doute abandonné après les cent premières pages (réussies) si j'avais su que finalement, je lisais là un remake (autobiographique ?) de... ** Cendrillon. **

* J'ai situé l'année grâce à la finale foot Espagne-Pays Bas – remerciements à Wiki !

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11 > 14 août - merci à Babelio et aux éditions Gallimard.

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