Canel

mercredi 18 septembre 2019

~ Détox, tome 1 - Jim & Antonin Gallo

détox

Bamboo, Grand Angle, 27 mars 2019, 72 p.

♥♥♥♥

Matthias d'Ogremont brûle la chandelle par les deux bouts : bon vivant, gros bosseur, il risque le burn-out ou l'AVC. Le médecin du travail l'a mis en garde. Il n'y croit pas, ça n'arrive qu'aux autres. Jusqu'au jour où…

Comme l'indique le titre, il est question dans cet album de stage de détox. On trouve donc une poignée de citadins stressés ou paumés venus se ressourcer et/ou trouver un nouveau sens à leur vie.
Evidemment, pour ça, prière de lâcher le portable et la voiture. Les animateurs proposent de pratiquer « le jeûne spirituel et physique vers l'élévation ». Au menu : une potion fibro-diurétique à base de romarin, et rien d'autre. L'avantage à long terme du truc : vous purifier. A court terme : vous faire courir vers les toilettes sèches.
On imagine le genre de gags : participants rétifs, petites ruses pour enfreindre les règles, recadrage des animateurs tenaces, etc.
La lecture est plaisante, amusante, mais sans surprise.

Il s'agit du premier volet d'un diptyque. On reste donc sur sa faim, et ça agace. Il faudra attendre (un an ? plus ?) pour savoir quel souvenir d'enfance douloureux éveille ce retour aux sources chez Matthias. Et surtout, quel est le parti pris des auteurs : se gausser de ce genre de stage, ou en vanter les mérites ?

Merci à Apik qui m'a offert cet album en référence à un film qui nous avait amusés 'La cloche a sonné' (Bruno Herbulot, 2005).

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agenda218 sept.

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dimanche 15 septembre 2019

~ Famille nombreuse, Chadia Chaïbi Loueslati

famille nombreuse

Marabulles, 8 mars 2017, 192 p.

cha♥♥♥♥

Quand, en 1966, « un individu d'origine française [qui] sillonnait le nord de la Tunisie à la recherche de main d'oeuvre bon marché » a proposé 'au daron' (sic) un boulot en France, le jeune homme, déjà marié et père d'un enfant, a accepté. « Comme tous les immigrés à cette époque, il se voyait déjà rentrer au pays. » Riche, évidemment - le dessin le montre à bord d'une Mercedes.
La suite, on l'imagine, on la connaît : il est resté à balayer les couloirs du métro parisien, sa femme n'a pu le rejoindre qu'en 1972, ils se sont alors entassés dans un petit studio vétuste avec leurs trois enfants. Ils ont fini par obtenir un logement HLM en 1977 grâce à la pugnacité d'Omi - la maman. Et la famille a continué à s'agrandir avec un bébé tous les deux ans, jusqu'à devenir nombreuse, TRÈS nombreuse (onze enfants !).

Cette histoire nous est racontée par la sixième de cette fratrie : Chadia Chaïbi.
Le trait rappelle celui de Marjane Satrapi, et le ton celui de Riad Sattouf (plus proche de la légèreté des 'Cahiers d'Esther' que de la gravité croissante de 'L'Arabe du futur').
Dans cette autobiographie dessinée, l'auteur évoque avec humour le quotidien de cette joyeuse tribu, et quelques anecdotes sur la vie à la maison et à l'école. Elle donne une image optimiste de l'intégration d'enfants qui partaient avec pas mal de handicaps pour cette époque - parents étrangers, maîtrisant mal le français, nombreux frères et soeurs.
Chadia Chaïbi Loueslati signe là un bel hommage à sa famille, et surtout à sa 'Omi' (maman), organisée, déterminée, attentionnée et aimante, en dépit d'une petite tendance à distribuer des coups de savate…

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agenda211 & 12 sept. - merci L. ! 🙂

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samedi 14 septembre 2019

~ La terre des morts, Jean-Christophe Grangé

la terre des morts

Albin Michel, 2018
jcgLe Livre de Poche, 29 mai 2019, 670 p.

♥♥♥♥

Une strip-teaseuse assassinée, salement mutilée, et saucissonnée selon les règles du shibari - art japonais du bondage. Ses collègues du Squonk sont unanimes : cette Nina était une chic fille, sympa, sans histoires. Ni une ni deux, voilà Corso, notre flic un brin facho-macho qui enquête tous azimuts dans le milieu du sexe tarifé et/ou extrême (BDSM).

On est chez Grangé, on ne peut s'attendre à de la douceur et du politiquement correct. Mais il faudrait être de mauvaise foi pour prétendre avoir été trompé par la marchandise : la 1e et la 4e de couv' annoncent la couleur - crue : « plongée dans les méandres du porno, du bondage et de la perversité sous toutes ses formes ».

J'ai connu cet auteur beaucoup plus violent, dans ses premiers romans. Et côté pratiques sexuelles 'inhabituelles', je me souviens avoir été plus déroutée et dégoûtée par celles évoquées dans L'Anneau de Moebius (F. Thilliez). Ou alors je me suis sentie tellement loin de tout ça, ici, que je ne me suis pas du tout identifiée aux performances physiques proposées. Par exemple, je n'aurais jamais eu l'idée d'accueillir la poignée de main conviviale de deux personnes au creux de ma petite intimité (ou alors, éventuellement, grand maximum, format Playmob!l)...

L'histoire traîne un peu en longueur, avec pléthore de rebondissements dans les 200 dernières pages. Et certes, l'intrigue est tirée par les strings. Mais le plaisir de lecture est bien là : interrogatoires variés et punchy, humour grinçant, sens de la formule, suspense, enquêteurs aussi bourrins qu'attachants.

Le clin d'oeil final à... 'Dix petits nègres' m'a bien plu.

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agenda27 > 13 sept.

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mercredi 11 septembre 2019

~ L'Invention de nos vies, Karine Tuil

l'invention

Grasset & Fasquelle, 2013
ktLe Livre de Poche, 20 août 2014, 504 p.

♥♥♥♥

Si je dis 'La roue de la fortune' et des infortunes, et 'Tournez manège/ménage', je spoile.
Mais ce sont bien les deux sujets principaux de cette histoire dense : hauts et bas professionnels, financiers et amoureux de Samir, Samuel et Nina à l'approche de la quarantaine, soit vingt ans après la période où ils se fréquentaient, étudiants et amis. Tandis que le premier est devenu un brillant avocat new-yorkais, les deux autres tournent en rond ensemble en banlieue parisienne, dans un quotidien pas tout à fait à la mesure de leurs envies - Samuel se rêve écrivain, Nina veut des enfants.

Je me suis précipitée sur ce roman après avoir été séduite par les qualités de Les choses humaines (dernier titre de l'auteur). Mon seul regret est de ne pas avoir attendu davantage entre les deux lectures, car il y a beaucoup de points communs. Les personnages se ressemblent, et la plupart des thématiques sont les mêmes : ambition, réussite socio-économique à tout prix, imposture, mensonge, couple, famille... Mais, alors que le dernier roman de Karine Tuil interroge sur les relations hommes/femmes, celui-ci est davantage centré sur la question des origines religieuses et de leurs obstacles ou atouts pour trouver sa place - ségrégation, communautarisme…

Un livre brillant, que j'ai quand même trouvé un peu long par moments, peut-être à cause du déjà-vu, justement.
J'ai particulièrement apprécié le parallèle entre la création littéraire et l'ascension sociale reposant sur des petits arrangements : « Il s'était composé un personnage comme un auteur crée son double narratif. »
J'ai aimé également le tournant dans la vie d'un membre du 'trio', à la fin.

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agenda22  >  6 sept.

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lundi 9 septembre 2019

# Flou, Angèle

Géniale et adorable Angèle qui a accompagné cet été 2019 ! 😍

la colère à 2'06 ! 😁

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dimanche 8 septembre 2019

~ La mise à nu, Jean-Philippe Blondel

la mise à nu

BuchetChastel, 2018
Folio, 15 août 2019, 200 p.

♥♥♠♠

Louis Claret, prof d'anglais dans un lycée de Troyes, approche de la soixantaine. Ses deux filles adultes sont installées à l'étranger, il est divorcé, vit seul, attend la retraite sans passion - ni pour son boulot d'enseignant, ni pour ses années d'oisiveté à venir.
En l'invitant au vernissage de son expo, le célèbre peintre Alexandre Laudin secoue le cocotier. Ils ont fait un bout de chemin ensemble, vingt ans plus tôt, puisque 'Monsieur Claret' était le prof d'Alexandre.

Quand je lis un roman de JP Blondel, je passe généralement par trois phases : confort/plaisir, agacement, ennui.
J'aime la simplicité de ses histoires, les échos que j'y trouve - je suis de la même génération que l'auteur.
Mais après une dizaine de romans, et même bien avant, on a le sentiment qu'il tourne en rond, qu'il ne peut s'empêcher de ressasser certains éléments de son histoire personnelle (ville de province et parents étriqués, rêves de vie parisienne, expériences homo-sensuelles, métier de prof, déconvenues et regrets d'homme mûr).

Je me plains, mais cela ne m'empêche pas d'y revenir presque à chaque parution. Si je croise La grande escapade à la médiathèque, je l'emprunterai certainement.

En attendant, je vais me rouler dans la fange en lisant La terre des morts de JC Grangé... 😋😜 

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agenda27 sept.

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samedi 7 septembre 2019

~ Chères élites, François Ravard & James

chères

Fluide Glacial, mai 2019, 55 p.

♠♠♠

Les puissants de ce monde, et les hommes/femmes politiques en particulier, sont une source inépuisable de rigolade (rire jaune, mais bon). D'une part parce qu'ils sont mégalos et riches - donc forcément suspects pour nous, gens du peuple -, d'autre part parce qu'ils s'affichent publiquement, donc aucun dérapage ne leur est épargné.

C'est pour ça que je suis friande des dessins de presse, sur FB ou ailleurs, que je lis le Canard enchaîné et que j'écoute avec délice quelques chroniqueurs de France Inter, dont le brillant 'gauchiasse' (sic) Guillaume Meurice - merci, L. ! 😉
Dans cet album, François Ravard & James prétendent égratigner « héritiers, dirigeants politiques, châtelains, capitaines d'industrie, actionnaires, rentiers, traders ».
Ils y évoquent l'argent et le pouvoir, bien sûr, et ce qui l'accompagne : le mépris de classe, la corruption, le sexe...

Bof, pas assez corrosif. Raccord avec le dessin vieillot & terne, la plupart des gags sont gentillets ou usés.

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agenda24 sept. - emprunt mdtk

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mercredi 4 septembre 2019

~ Pierre de cristal, Frantz Duchazeau

pierre

Casterman, Ecritures, 6 mai 2017, 150 p.

♥♥♥

Pierre a une dizaine d'années.
Comme la plupart des petits garçons des 1970's, il lit Rahan, regarde Casimir et L'Age de cristal à la TV, porte sous-pulls en acrylique & débardeurs, et passe ses vacances chez ses grands-parents.
Enfant solitaire et rêveur, il aime prendre des photos, mais se prête aussi au jeu quand son grand frère lui propose de mimer les parents avec leurs Big Jim :
« Lui, il dit : 'Tu as passé une bonne journée' ? Et la maman répond : 'Ah non, atroce, je me suis ennuyée à mourir, il y a rien à faire dans ce bled pourri, pourquoi tu m'as emmenée vivre ici ?'
- AHAHAH !
- On continue ?
- Ouais.
- 'Alors qu'est-ce qu'on mange, ce soir ?' ... 'Si t'as faim, t'as qu'à te faire à bouffer, patate.' »
Ambiance ! 😢
Pierre en souffre, d'autant plus qu'il est particulièrement sensible et observateur. Il se pose plein de questions, certaines terre à terre : ses parents vont-ils divorcer ? D'autres plus existentielles sur la fuite du temps, l'irréversibilité des événements.

Comme il est touchant, cet enfant !
Grâce à la délicatesse du graphisme et à la subtilité du propos, on s'immerge rapidement dans cette histoire, a fortiori si on a connu 'ces années-là' et ressenti ce genre de malaise en passant des vacances forcées avec des 'vieux' un peu effrayants, loin des parents.
L'intrigue a un petit air de 'Le grand chemin' (film de JL Hubert, 1987), avec la découverte des cruautés de la campagne, et les reparties de l'intrépide petite cousine - reparties bienvenues pour alléger le propos.

Un bel album doux-amer qui exprime à merveille les angoisses enfantines. 

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agenda24 sept. - emprunt mdtk

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lundi 2 septembre 2019

~ Jour de courage, Brigitte Giraud

jour de courage

Flammarion, août 2019, 158 p.

bg

♥♥♥♠♠

Nous sommes dans une banlieue lyonnaise de 'classe moyenne', en Terminale ES (Eco-Socio). L'année scolaire touche à sa fin. Ce vendredi matin, Livio a une heure pour présenter son exposé en cours d'Histoire. Il a choisi le thème de la censure nazie et des autodafés. A ce titre, il évoque l'oeuvre de Magnus Hirschfeld (médecin juif et homosexuel), et la destruction en 1933 de ses textes sur la sexualité - textes à 'l'esprit non allemand' (sic).

Jeune Livio, je salue ton travail de recherche, tes idées, et ton courage.
Le sujet que tu as choisi était casse-gueule, il t'impliquait, et comme tes camarades ne semblent pas très ouverts ni curieux pour des lycéens de filière littéraire, tu as pris des risques en te dévoilant ainsi.
magnTon exposé n'était pas toujours passionnant, tu as trop digressé, d'ailleurs la prof était aussi intéressée qu'inquiète ; certains élèves ont trouvé le temps long, perdu le fil par moments - moi aussi, parfois.
J'ai eu d'autant plus de mal à t'écouter que cette intervention publique ne te ressemble pas : « C'était étonnant de voir Livio dans ce rôle, lui qui était du genre silencieux. » Alors je n'y croyais pas vraiment.
Mais, jeune homme, tes questionnements et ta souffrance m'ont quand même émue, et j'ai mal compris que tes parents ne les aient pas perçus. Même si je sais que plus les difficultés sont proches, moins on est clairvoyant.

Lecture fastidieuse, voire ch!ante comme un exposé scolaire maladroit. Est-ce la force de ce texte, de nous rendre palpables le malaise de Livio, de Camille, de la prof, et l'ennui de certains élèves avachis ?
L'intention de l'auteur est louable, Br. Giraud soulève des questions importantes, surtout pour cet âge charnière - minorité indésirable à guérir/emprisonner/éliminer, homosexualité, liberté d'expression, intégration familiale & sociale, exil contraint : « Il se rendit compte en le disant que l'homosexualité était la seule minorité qui ne trouve pas forcément de réconfort auprès des siens. C'est la seule communauté qui se construit la plupart du temps hors de la famille. Et parfois contre. Tout le monde [dans la classe], ou presque, hochait la tête face à cette idée d'exil, tout le monde mesurait la violence d'être mis dehors, d'être chassé ou de devoir se chasser soi-même. »
Bref, le sujet est intéressant, rien à redire, mais le ton est pesant - volontairement ? comme la lourdeur qui précède un orage ?

De cette auteur, j'avais beaucoup aimé Marée noire, Nico, Une année étrangère, Un loup pour l'homme.

     PS : encore des coquilles chez cet éditeur ! Flammarion serait mauvais élève en syntaxe ?

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agenda231 août & 1er septembre 

°  rentrée 2019 ~ 03  °

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dimanche 1 septembre 2019

~ De terre et de chair, Valérie Rossignol

de terre

Storylab, 1 juin 2019, 120 p.

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Sculptrice, la narratrice intellectualise la création, et les relations particulières entre l'artiste et son modèle vivant, homme nu.

… Encore une invitation que j'ai acceptée par erreur...
Disons que j'ai présumé de mes capacités à me couler dans un texte intime et ronflant sur le processus de création.
Je ne parviens à m'intéresser au sujet qu'avec un style accessible, et à condition qu'il y ait une intrigue. Je garde ainsi d'excellents souvenirs de 'La jeune Fille à la perle' (Tracy Chevalier) et 'Les Heures silencieuses' (Gaëlle Josse) - tandis que j'étais restée à distance de 'Pietra viva' de Léonor de Recondo.

Pour m'instruire sur les arts plastiques, je préfère la vulgarisation sans prétention, façon 'D'art d'Art' ou Artips.
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   ▪️  Merci à Babelio pour cette offre de partenariat.

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vendredi 30 août 2019

~ Les Choses humaines, Karine Tuil

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les choses

Gallimard, Blanche, 22 août 2019, 350 p.-

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Sexe, pouvoir, médias, réseaux sociaux, opinion publique, justice.

Jean Farel est un célèbre journaliste - ou présentateur TV, plutôt : davantage dans le show que dans l'investigation. Son épouse Claire, de vingt-cinq ans sa cadette, écrit des essais et des articles féministes. Leur fils Alexandre est promis à son tour à une belle carrière : bac à 16 ans, Polytechnique, Université de Stanford. Sa réussite est d'autant plus importante pour le père que lui-même est 'parti de rien'.
Bien sûr, derrière cette belle façade, la famille a connu des difficultés. Jean n'est pas exemplaire, ni comme époux, ni comme père, mais il a su se préserver des scandales en jouant de prudence, de discrétion, et grâce à ses relations. Un dérapage 'de 20 minutes' (sic) en pleine tourmente #MeToo menace la quiétude familiale…

Dans ce roman à la fois simple et fouillé, Karine Tuil montre les rapports hommes-femmes dans notre société : ceux qui font scandale (inégalités professionnelles, harcèlement, viol...) mais aussi la domination masculine plus insidieuse, implicitement acceptée, voire utilisée par certaines femmes elles-mêmes. Cette domination est d'autant plus facile à imposer pour les hommes célèbres, influents et riches. Les exemples ne manquent pas dans l'actualité, où l'on voit - comme dans cette histoire - l'importance des relations entre people du monde politique et de la presse. Les exemples ne manquent pas dans l'actualité, où l'on voit - comme dans cette histoire - l'importance des relations entre people du monde politique et de la presse.

J'attribue la note maxi à cet ouvrage plus efficace (explicite et subtil) qu'un essai de sociologue. Il n'assène pas de théories féministes, il présente des faits et invite subtilement à réfléchir à nos façons de penser et d'agir, notamment en matière de séduction et de sexualité. Grâce au regard de Claire, en particulier, à ses ambivalences de femme et de mère, on y voit que le sujet n'est pas si simple. 
Je souhaite le meilleur à ce roman en cette rentrée littéraire, et pendant la période des prix. Parce qu'il le mérite, mais aussi (surtout) parce que j'espère qu'il sera beaucoup lu, par tous les sexes & tous les âges (à partir de 14-15 ans).

    ▪️  lu grâce à la critique élogieuse de Clara Bamberger dans le Canard enchaîné du 28/08/2019 

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agenda2 28 > 30 août

°  rentrée 2019 ~ 02  °

 

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mardi 27 août 2019

~ Je voudrais que la nuit me prenne, Isabelle Desesquelles

je voudrais

Belfond, 2018
isdPocket, 14 août 2019, 210 p.

♠♠♠♠

Un coin isolé dans l'Aubrac.
Un trio fusionnel : un couple d'intellos bohèmes et leur fillette.
Le papa est instituteur et aimé de tous - on pense à 'La Gloire de mon père', même si l'époque n'est pas la même.
La maman est 'toute folle' (sic) : « (...) et paf, ma mère se fissurait, on ne savait pas pourquoi. Ça me mettait par terre et je me tenais à l'écart, de toute façon elle n'avait pas envie que je sois là (...). [Ma grand-mère] comparait sa fille à un plancher plein d'échardes, fallait faire attention où on mettait les pieds. Ou à une pomme de pin, elle s'ouvre, elle se ferme, elle s'ouvre, elle se ferme. Une drôle de météo. »
Et là, effroyable souvenir de En attendant Bojangles (O. Bourdeaut), où l'on prétend vivre comme une fête la folie d'une mère, d'une épouse...
Et puis la fillette... *** meurt à huit ans et continue à vivre dans la tête de son père qui lui imagine des existences - une peu comme Isabelle Monnin avec Les vies extraordinaires d'Eugène. ***
Et dans cet entre-soi sclérosant comportant moult descriptions de la sexualité du couple parental, une seule ouverture (tout aussi ennuyeuse) : la contemplation de la nature.

De cette auteur, j'avais beaucoup apprécié Les hommes meurent, les femmes vieillissent.
En attendant la parution de UnPur, je me suis offert ce roman paru en 2018, comme une petite gourmandise apéritive.
Je n'ai plus faim, j'ai la nausée, d'ailleurs il me reste quarante pages pour terminer, et je ne sais pas si je les lirai un jour tellement ce récit m'ennuie et me dérange.

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agenda224 > 27 août

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dimanche 25 août 2019

~ Il était une fois... n'importe quoi ! - Mimi Zagarriga & Marianne Vilcoq

il était une fois

Casterman, 29 août 2018, 10 p.

♥♥♥♥♥

Où l'on croise quelques VIP de contes traditionnels :
1/ tels qu'on les connaît
2/ puis, sous un rabat, à contre-emploi : en mode n'importe quoi !

Ainsi le grand méchant loup
porte une culotte à froufrous
La princesse rose choupinou
aime se rouler dans la gadoue
L'effrayante sorcière
a peur d'un ver de terre…

Dessins simples, ronds, colorés, adorables.
Contrastes amusants, qui surprendront et feront rire les petits, s'ils sont déjà un peu familiarisés avec les personnages.

Encore un détournement de conte à la fois simple, inventif et génial.

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agenda2 19 aout

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vendredi 23 août 2019

~ Mon gamin, Pascal Voisine

mon gamin

Calmann Levy, 16 août 2017, 248 p.

pav♠♠

Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez le 16 août 1977, en apprenant la mort d'Elvis ? Il paraît que tout le monde s'en souvient.
Réponse de Thierry (alias Marc Alder) : « Bizarrement, non. J'ai complètement oublié cette journée. Alors que je me souviens très bien de celle de Claude François. »
Tout pareil ! Sauf que je dis la vérité, contrairement à Thierry/Marc.
Il avait quatorze ans cet été-là, et cette journée en particulier l'a marqué à jamais, pas seulement parce qu'elle est associée à ses premiers émois sexuels et aux débuts de sa carrière musicale.

Ne vous attendez pas à en apprendre sur les années-paillettes de Marc Alder, chanteur (fictif) à succès des années 80-90. Le récit, centré sur les souvenirs de la star, nous plonge dans un drame qui s'est noué à son adolescence, autour d'une femme émoustillante & immature et d'un 'idiot du village'.

L'histoire est touchante, drôle, triste, un peu longue. La relation entre les deux garçons peut faire penser à Des souris et des hommes (J. Steinbeck), à Je mourrai pas gibier (G. Guéraud). Le sens de la formule et l'humour de l'auteur rappellent ceux de Marie-Sabine Roger, Pierre Raufast, Arnaud Le Guilcher. Et la fin m'a laissé en tête ♪♫ trois petites notes de musique (triste)… ♪♫

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agenda218 > 23 août 

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jeudi 15 août 2019

~ Cadavre exquis, Agustina Bazterrica

cadavre

Cadáver exquisito, 2017
traduit de l'espagnol (Argentine) par Margot Nguyen Béraud
aguFlammarion, 21 août 2019, 295 p.

 

     lu par Mr

        ♥♥♥♥♥

Il y avait le monde d'avant, tel que nous le connaissons.
Puis survint le Virus, qui rendit les animaux mortels pour l'Homme, notamment par la consommation de leur chair.
La 'Transition' occasionna l'avènement d'une nouvelle civilisation : la viande animale y est remplacée par de la chair humaine, prélevée sur des individus spécifiquement sélectionnés et élevés pour servir de nourriture aux autres. Surpopulation humaine et ressources alimentaires semblent ainsi facilement régulées !

Marcos Tejo travaille dans un abattoir. Bras droit de Grieg, le patron, il gère à sa place les relations avec le personnel et celles avec quelques clients importants. Son travail et sa vie sont devenus pesants pour lui. Il lui devient en effet difficile d'organiser l'abattage d'êtres qu'il voit de plus en plus comme des semblables…
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schCe livre m'a fait penser au remarquable Dîner secret de Raphaël Montes, dans lequel des copains organisent la dégustation de plats à base de chair humaine pour quelques fortunés en quête de sensations.
cadMais le ton est ici sérieux du début à la fin, avec une réflexion profonde sur la manière dont les individus intègrent les valeurs de la société dans laquelle ils vivent, et sur la nature humaine. L'écriture rend tout à fait crédible l'histoire racontée ici, aussi décalée soit-elle. On ne peut pas rester indifférent, et l'on s'interroge nécessairement.

Dès les premières pages du roman vous saurez si vous l'appréciez ou non : la couleur et la tonalité y sont en effet annoncés dès le début. J'ai été accroché immédiatement, et la suite ne m'a pas déçu, jusqu'au dénouement choc.


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    et Canel 

       ♥♥♥♥♥

Lire ce Cadavre exquis revient à regarder sans baisser les yeux et jusqu'au bout une vidéo de L214.
En transposant un tout petit peu : les animaux entassés, détenus en cage et abattus ici ne sont ni des porcs, ni des volailles, mais des hommes, des femmes, des enfants humains.
On les appelle des 'têtes' et on leur a coupé les cordes vocales, histoire de vaincre les résistances des consommateurs les plus sensibles :
« Certains mots dissimulent le monde. Il y a des mots convenables, hygiéniques. Légaux. »
-

rotuDans cette histoire de cannibalisme organisé, l'exploitation de l'homme par l'homme, poussée à son paroxysme, perturbe à plus d'un titre.
D'abord parce qu'elle pose la question de la hiérarchisation entre humains - qui existe déjà (cf. organisation du travail à l'échelle mondiale, prostitution, sort des plus précaires…).
Ensuite parce que toutes les pratiques relatées ici ne sont que la transposition du sort subi par les animaux, pour la recherche, les loisirs et évidemment la consommation de viande (le nec plus ultra étant la chair vivante ou celle de 'petit'). Cet aspect montre d'ailleurs à quel point la bouffe qu'on nous vend est malsaine et trafiquée - mais ça, ça serait presque un détail tant le reste du propos interpelle.
agu-

D'abord parasitée par les ressemblances entre cet ouvrage et Dîner secret (Raphael Montes), j'ai de plus en plus admiré la plume de l'auteur, son talent pour nous plonger dans ce portrait immonde d'une société en dérive et nous rendre le personnage central terriblement touchant dans ses ambivalences.

« Après tout, depuis que le monde est monde, nous nous mangeons les uns les autres. Quand ce n'est pas symboliquement, nous nous dévorons littéralement. La Transition nous a offert l'opportunité d'être moins hypocrites. » 

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agenda2

 23 & 24 juillet - merci à Babelio et à Flammarion pour cette découverte en avant-première !


Traduction des différentes couvertures :

- en allemand : Wie die Schweine (Comme les Porcs)
- en finnois (Finlande) : Rotukarja (Bovins d'élevage ?)
- en néerlandais : Schitterend lichaam (Corps magnifique ?)
- en anglais (visuel non diponible) : Tender is the Flesh (Tendre est la chair ?)
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°  rentrée 2019 ~ 01  °

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samedi 10 août 2019

~ Commis d'office, Hannelore Cayre

commis

Editions Métailié, 2004
hcPoints, 2018

♥♥♠♠♠

Christophe Leibowitz-Berthier est derrière les barreaux.
Cela semble étonnant pour un avocat pénaliste. Soit il est réglo, droit comme la justice (on sait depuis belle lurette que ce n'est qu'une expression), soit il connaît les ficelles pour ne pas se faire choper.
Que s'est-il passé ?
On le découvre lentement, trop lentement, alors que le roman est très court, à grand renfort d'allers-retours qui sèment la confusion plus qu'ils n'éclairent.

En tant qu'avocate pénaliste, Hannelore Cayre a plein de choses édifiantes à nous apprendre sur notre système judiciaire véreux. Elle s'y emploie avec un humour décapant, politiquement incorrect en diable.
J'avais beaucoup aimé La Daronne.
Ici, l'intrigue a beau être déjantée et le propos toujours aussi corrosif, je me suis ennuyée et perdue. Malgré le sens de la formule de l'auteur, ses personnages hauts en couleur, le récit manque de souffle, on tourne en rond.

A tel point que je n'ai pas envie de lire les deux autres romans (ou nouvelles ? 100 et quelques pages) de ce recueil : 'Toiles de Maîtres' et 'Ground XO'.

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agenda26 > 10 août

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mercredi 7 août 2019

~ Le salon de beauté, Melba Escobar

le salon

La Casa de la Belleza, 2015
meltraduit de l'espagnol (Colombie) par Margot Nguyen Béraud
Editions Denoël, 2018
Folio Policier, 6 juin 2019, 288 p.

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Femme du monde (ou bien putain, qui bien souvent êtes les mêmes ♪♫ - Renaud), tu t'épileras dans la douleur, tant qu'il y aura des hommes pour préférer les te-cha, SL et jambes glabres... Et aussi, tu lisseras tes cheveux, siliconeras ta bouche et ta poitrine, porteras des vêtements et accessoires de luxe pour étinceler au bras de ton mari/compagnon/amant.

Voilà le genre de clientèle de la Maison de la Beauté, à Bogotá. Dans ce salon de luxe, on croise des femmes de ministres (et de mafieux) qui viennent se faire épiler, masser, etc. Les employées sont priées de s'écraser, et avec le sourire, s'il vous plaît, quelle que soit la manière dont on les traite. Toute familiarité entre clientes huppées et esthéticiennes est malvenue, chacune doit rester à sa place. Malgré cette règle, la jeune, douce et jolie Karen a tendance à se confier à Claire, une psy qui fréquente le salon. C'est ainsi qu'elle lui parle d'une adolescente retrouvée morte, probablement assassinée.

Séjour instructif et agréable - quoiqu'effrayant - en Colombie où les corrompus règnent et s'entretuent, où on te fait vite passer de vie à trépas via quelques trous de balles au coin d'une rue.
L'intrigue est intéressante, avec une semi mise en abyme pas toujours très claire autour de Claire, justement.
Hélas, la fin de ce roman policier donne l'impression d'être bâclée. On assiste à un premier revirement étonnant de la narratrice (on ne sait alors plus très bien où on en est), suivi d'un autre.
Encore une fois, je m'empresse d'oublier les dernières pages du livre pour ne retenir que le meilleur.

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3 & 4 août
 

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mardi 6 août 2019

~ Sur les épaules de Darwin, t. 2 : Je t'offrirai des spectacles admirables - Jean-Claude Ameisen

sur les épaules

Babel, septembre 2015, 450 p.

ameilu par Mr

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Ma première tentative avec ce livre fut un échec.
En lisant les premières pages, j'avais l'impression d'entendre la voix de Jean-Claude Ameisen, qui a compilé ici des chroniques radiophoniques consacrées aux sciences, en particulier à la biologie (sur France Inter). Il faut dire qu'Ameisen raconte admirablement bien. Mais j'aime lire à mon rythme, non à celui d'une diction que j'imagine, et j'ai donc momentanément reposé ce livre. Quelques mois plus tard, l'essai fut plus concluant, et je me suis plongé dans ce livre avec ravissement, comme promis par le sous-titre.

Les premiers chapitres montrent la manière dont les fourmis tirent parti de leurs environnements, par leurs organisations sociales et leurs caractéristiques génétiques. Sens de l'orientation et communication sont particulièrement nécessaires à leur survie.

Il en est de même pour les abeilles, autres insectes sociaux présentés. Karl von Frisch (1886-1982), avant de décoder les fameuses danses des abeilles - découverte qui lui valut le prix Nobel de physiologie en 1973 (avec Konrad Lorenz et Nikolaas Tinbergen) - avait travaillé sur leur perception des couleurs. Ameisen résume certaines de ses expériences à ce sujet ; elles étaient simples mais dénotaient des capacités de von Frisch à ne pas regarder le monde comme le ferait un homme… Ameisen explique comment les équilibres nécessaires au fonctionnement d'une ruche (température, taux de CO2, répartitions des tâches entre les abeilles…) s'établissent en lien avec la biologie de ses membres (transformations corporelles nécessaires à la production de la cire, rôle des phéromones…). Pour affronter les froids hivernaux, les abeilles se comportent un peu comme les manchots empereurs, se disposant en grappe et organisant des rotations d'individus de la froide périphérie vers le centre (voir le merveilleux film « La marche de l'empereur »). C'est là le contraire de l'organisation sociale en place dans nos métropoles. Les pauvres y restent cantonnés en banlieue, tandis que les plus fortunés organisent leur entre soi dans les centres historiques… Nos politiques devraient parfois s'inspirer de la nature, qui démontre son efficacité sur le long terme. Il est vrai qu'ils n'ont souvent en ligne de mire que l'issue du prochain vote et les avantages individuels qu'ils en attendent, non la survie de l'espèce…

L'ouvrage présente des théories expliquant l'intérêt évolutif et les mécanismes des horloges internes présentes chez de nombreuses espèces animales et végétales, en particulier les rythmes circadiens.
L'auteur montre aussi d'étonnantes capacités d'apprentissage chez des animaux : des mésanges qui apprirent à percer l'opercule de bouteilles de lait, et des bourdons à découper des parties basses de la corolle de fleurs pour accéder plus aisément au nectar….

La dernière partie est consacrée à l'histoire de découvertes relatives au système solaire et à notre planète. On y trouve la citation de Newton (1643-1727) qui inspira le titre de l'émission d'Ameisen et de cette série de livres : « (Quant à moi), si j'ai vu un tout petit peu mieux, c'est parce que je me tenais sur les épaules de géants » (à propos de sa découverte de la gravitation universelle, dans une lettre à Robert Hooke). Joannes Kepler (1571-1630), découvreur des trois Lois qui portent son som fait partie de ces géants, bien que dans toutes ses recherches il ait cherché à retrouver la main du Créateur auquel il croyait. S'appuyant sur les observations de l'astronome danois Tycho Brahé (1546-1601), Kepler sut notamment se détacher de l'idée préconçue selon laquelle le système solaire devrait nécessairement posséder des caractéristiques reflétant une perfection divine (Terre en centre su système, orbites circulaires…). Pour compléter cette lecture, sur ce thème, je recommande vivement le remarquable essai intitulé 'Les Somnambules' d'Arthur Koestler. Quelques chapitres du livre d'Ameisen résument bien l'évolution des idées, tandis que le livre de Koestler ajoute une recherche de compréhension du processus de découverte.

En résumé : cet ouvrage d'Ameisen est à la fois accessible sans connaissances scientifiques préalables, et passionnant.
Billets à venir sur les deux autres tomes.

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dimanche 4 août 2019

~ Une femme que j'aimais, Armel Job

une femme que

Robert Laffont, 1er février 2018, 300 p.

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Cette femme, c'est Adrienne.
Le je est multiple, et le verbe aimer n'a pas la même signification pour chacun de ces 'je'.

Claude, préparateur en pharmacie, rend visite à Adrienne tous les samedis. Par plaisir, non par contrainte. C'est sa tante, et ils s'entendent à merveille.
Elle a voulu confier au jeune homme le grand secret de sa vie, elle n'en a pas eu le temps, elle est morte avant, brutalement, à cinquante-cinq ans.
Claude se fait un devoir de reconstituer son histoire. La quête est longue, elle le mène entre Belgique, France et Suisse, dans les années 50 et au milieu des eaux troubles du passé familial.

Peut-être ai-je lu ce roman trop lentement ? J'ai trouvé que l'intrigue n'en finissait pas, et que l'auteur multipliait les rebondissements. J'ai préféré ses autres ouvrages lus à ce jour (en particulier En son absence, Tu ne jugeras point) - des thrillers psychologiques également, mais plus subtils, plus sobres, et moins 'terroir'.

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28 juillet > 2 août - emprunt mdtk

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samedi 3 août 2019

~ La vie moderne, Livio Bernardo

la vie

Delcourt, 3 avril 2019, 224 p.

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Compilation de chroniques publiées par l'auteur sur Instagram depuis 2017 (@livioetlaviemoderne).

De quoi ça parle, que croque Livio, de qui se moque-t-il ?
De nous. Ou plutôt de lui et de ceux qu'il côtoie, les Parisiens de 20-30 ans branchouilles, friqués, cocaïnés, exhibi- (réseaux sociaux), tantôt écolos-bobos, tantôt flambeurs. De fête, de rigolade, de drague, de solitude.

Trop éloignée de cet univers, j'ai souri de loin en loin, quand même, parce qu'il y a des défauts qu'on trouve partout, quel que soit l'âge, le milieu :
« Nan, franch'ment, voilà, j'te l'dis... T'as vraiment un problème de tact ! Et... j'suis pas l'seul à l'penser...
- Ouais ?! Et dans ceux qui l'pensent avec toi, y en a pas qu'en ont profité pour te parler d'ton incapacité à te remettre en question ?! »

Conclusion de l'auteur en préface : « Si t'as moins de trente ans : merci d'avoir acheté ce livre (ça doit pas t'arriver souvent…), si t'as plus : merci d'avoir pris le risque ! »
J'ai plus, je l'ai emprunté à la bibli - moindre risque.

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27 juillet - emprunt bibli

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