Canel

mardi 12 novembre 2019

~ Le voleur de poule, Béatrice Rodriguez

le voleur

Casterman, 4 mai 1993, 32 p.

bea

♥♥♥♥

Journée estivale dans la clairière.
Le lapin ouvre ses volets, l'ours hume le bon air du matin, le coq se pavane sur le toit, les poules et poussins picorent.
Et soudain, le renard surgit des fourrés et embarque une poule.
L'ours, le lapin, le coq lâchent leur petit déj pour courir après le voleur.
C'est le début d'une longue poursuite à travers bois, de jour, de nuit, en montagne, sur la mer...

Cette histoire sans paroles est adorable, sans doute grâce
- aux expressions et postures des personnages/animaux (dont on s'amuse à deviner les silhouettes endormies, dans la nuit)
- à leurs aventures
- à leurs forces et faiblesses respectives
- et à leur entraide pour continuer tous ensemble.

Tout est bien qui finit bien ** - syndrome de Stockholm ? - ** et la morale est sympa : ne pas se fier aux apparences.
On saluera la solidarité tenace des compères qui ont vaincu bien des obstacles avant de lâcher l'affaire, une fois rassurés, et pas avant.

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agenda2

9 nov. - emprunt mdtk

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lundi 11 novembre 2019

~ Et tu te soumettras à la loi de ton père, Marie-Sabine Roger

et tu te

1e parution : éditions Thierry Magnier, 2008
msrActes Sud, Babel, 2 octobre 2019

♥♥♥♥♥

« Dieu est Amour, Dieu est Lumière. » ♪♫
Pas pour tout le monde.

Dans l'album Paroles d'honneur (Leila Slimani & Laetitia Coryn), la religion au Maroc est associée à la peur - au moins pour les femmes.
Et dans ce roman de Marie-Sabine Roger, Dieu est rigueur, austérité, punition, ténèbres, mystère.

Comme sa mère et le reste de la fratrie, la jeune narratrice, petite Française des années 50-60, est écrasée par la tyrannie d'un père intégriste :
« Tu ne nous éduques pas, tu nous dresses.
Tu ne nous élèves pas. Tu nous rabaisses. »

Quand le père est là, on ne joue pas, ça fait du bruit ; on ne parle pas, les propos d'un enfant sont 'oiseux' ; on ne pose pas de questions, 'tout est mystère', c'est Dieu qui le veut, Amen !
Et on prie.
La mère rase les murs, ne s'autorise à chanter et rire que lorsque le père s'absente quelques jours.
La vie change, le soleil entre, enfin.

Intelligente et curieuse, la petite interprète à sa façon, décortique les paradoxes, se rebiffe en douce, sait qu'elle se démarquera de cette voie.
Avec ce 'tu' accusateur, lourd d'incompréhension et de déception, elle s'adresse à son père. Et indirectement à ce Dieu qui fait barrage à l'amour, à la vie. On reconnaît le Dieu de l'Ancien Testament, sadique, sans pitié, vengeur, qui distribue des 'épreuves' - tel que l'Eglise l'a présenté à de nombreuses générations avant nous (et à tous les 'fidèles', pas seulement aux 'intégristes').
« Pendant qu'un Abraham, ivre de sacrifices, Offre à son dieu vengeur les sanglots de son fils. » ♪♫ (Hubert-Félix Thiéfaine, Demain les Kids, 1990).*

Superbe texte, percutant, avec des paroles et questionnements d'enfant auxquels on croit (c'est rare).

J'ai plus ou moins apprécié les comédies de Marie-Sabine Roger. En revanche, cette auteur me touche lorsqu'elle s'empare de sujets graves.
Pour la découvrir dans ce registre, lire : Les encombrants, Attention fragiles, Un simple viol...
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   ■  Quelques extraits :

   « La foi, entre les mains d'un homme comme toi, c'est une arme de poing.
      Une arme blanche.
      Elle fait infiniment plus de mal que de bien. »

   « Je déteste ton Dieu rigide, s'Il ne t'a pas donné la force d'être faible,
      ni de prendre un instant ma mère dans tes bras. »


   « La charité chrétienne, c'est répondre 'courage !' à quelqu'un qui vient chercher secours.
      Et puis fermer sa porte, à double tour. »

   « Je sais déjà que dureté ne veut pas dire force. J'aurais besoin d'un autre père, plus sensible,
      qui n'ait pas honte de ses larmes et soit capable d'en verser. Un père qui me montre ce que
      c'est qu'être humain, et me fasse grandir, de le savoir faillible. »

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9 & 10 nov.

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dimanche 10 novembre 2019

Comme une petite ressemblance (novembre 2019)

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Comme Une Petite Ressemblance...

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de l'association d'idées perso à la copie conforme

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  cupr16    cupr15

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d'autres CUPR ? avril 2019, janvier 2019...

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jeudi 7 novembre 2019

# Les quotas d'immigration - Le Moment Meurice

-

Pour toutes les mesdames Turpin, Soleil, etc.
qui n'arrive(nt) plus à (s') appitoyer sur leur sort (sic)... 

0911

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mercredi 6 novembre 2019

~ L'Odyssée d'Hakim, tome 1 : De la Syrie à la Turquie - Fabien Toulmé

l'odysséeDelcourt, 29 août 2018, 272 p.

On peut faire mentir les statistiques, tout est question d'interprétation. Mais bien utilisées, elles restent plus fiables que le feeling de l'opinion publique (au besoin biaisé par les médias). Guillaume Meurice s'emploie à le rappeler 4 soirs par semaine sur France Inter vers 17h30 - PUB ! 😍😉

Fabien Toulmé a eu l'idée de rendre hommage aux réfugiés qui fuient la guerre et/ou la famine (en Syrie, Erythrée, Somalie ou ailleurs) lorsqu'il a réalisé que 3 500 migrants noyés dans la Méditerranée en 2015, cela représentait 23 FOIS PLUS de morts que les victimes du crash de l'avion Germanwingsen en mars 2015 (pilote suicidaire).

L'auteur a rencontré Hakim, un jeune Syrien qui a vécu paisiblement et confortablement dans son pays jusqu'à la guerre civile.
Né de leurs échanges, cet album relate la première partie du périple d'Hakim, entre 2011 et mars 2013, de la Syrie à la Turquie via le Liban (et les geôles et tortures syriennes).

Toulmé situe bien le contexte géo-politique et rend le tout accessible grâce à un texte clair, un dessin propre & net.
On pense bien sûr à la série de Riad Sattouf ('L'Arabe du futur'). J'étais plus à distance, ici. Parce que le témoignage est indirect, et parce que la famille d'Hakim semble plus paisible - tandis que le couple Sattouf ne cesse de se déchirer au-dessus des têtes des enfants, ce qui effraie encore davantage qu'une guerre.

Je vais bien sûr lire la suite, déjà disponible : 'L'Odyssée d'Hakim, tome 2 : de la Turquie à la Grèce'.

Utile pour se rendre compte, si besoin :
- à quel point un pays et des vies peuvent basculer rapidement dans le chaos
- pourquoi des gens fuient leur pays, la mort dans l'âme - en risquant leur vie, en quittant leurs proches…

A compléter, côté BD, avec : 'L'arabe du futur' (Riad Sattouf), 'Des nouvelles de la Jungle de Calais' (Yasmine Bouagga & Lisa Mandel), 'Tous migrants ! - 60 dessins de presse' (Cartooning for Peace).
Et côté romans : 'Entre deux mondes' (Olivier Norek), 'Les chemins de la haine' (Eva Nolan).
En chiffres sur les vagues migratoires en Europe 'Eux, c'est nous' (collectif).

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 5 & 6 nov. - emprunt mdtk

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mardi 5 novembre 2019

~ Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu

leurs enfts

Actes Sud, 22 août 2018, 430 p.

nima♥♥♥♥

Pour ce billet, trois intro au choix :

1/ Je termine le Goncourt 2018 le jour où le vainqueur 2019 est connu. Et ouf, ce n'est pas l'insupportable dame au chapeau qui l'a emporté cette année. On me prend en flagrant délit de sale gu3ule de people, mais pas que.

2/ Ce même 4 octobre, une traditionaliste vaguement célèbre (que je ne connaissais pas) a déclaré sur LCI, à propos d'une mère célibataire en difficulté : « Je ne connais pas son parcours de vie, à cette dame, qu'est-ce qu'elle a fait pour se retrouver au SMIC ? Est ce qu'elle a bien travaillé à l'école ? Est ce qu'elle a suivi des études ? Puis, si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer non plus dans ces cas-là, à un moment donné, quand on se rajoute des difficultés sur des difficultés et des boulets sur des boulets, on se retrouve dans des problèmes. »
'Bien travailler à l'école'... 😕

3/ Que faisiez-vous pendant les mois de juillet 1992, 1994, 1996, 1998 ?
Vous dansiez comme Anthony, Hacine, Steph', Clem' en écoutant ♪♫ Nirvana, Cindy Lauper, La Bamba, I will survive, No woman no cry, etc. ♪♫
J'en suis fort aise !
Eh bien lisez les aventures de ces quatre ados, maintenant, et replongez dans vos jeunes années avec eux. Mesurez le chemin parcouru (ou pas), voyez à quel point Bourdieu avait raison avec sa 'Reproduction' (sociale, Hugo, pas sexuelle).
_ _ _ _ _ _

Une histoire de jeunes qui font la fête, rêvent, fument et picolent (beaucoup). Et surtout, qui entendent bien se sortir de ce monde étriqué sans avenir.
Un grand roman social, du Zola du XXIe siècle, du Despentes en moins trash & moins rock, du Pascal Manoukian en moins misérabiliste, du Marion Brunet (L'été circulaire) en plus étoffé, du Sylvia Avallone dans l'Est de la France (mais il fait chaud, aussi).

Là, l'auteur s'appelle Nicolas Mathieu, il a un regard acéré, le sens de la formule, une plume bien trempée.
Le récit m'a paru long, parfois, mais j'ai suivi avec intérêt, amusement et crainte les parcours de ces adolescents dans une région fortement touchée par la crise économique - entre chômage, précarité et repli entre gens de bonne (ou de moins mauvaise) compagnie.

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1er > 4 oct. - emprunt mdtk

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samedi 2 novembre 2019

~ Le Perroquet, Espé

le perroquet

Glénat BD, 15 février 2017, 152 p.espé

   avis de Canel

   ♥♥♥♥♥

Bastien, il a de la chance : sa maman Marie est funambule, elle avance sur un fil comme la dame du cirque. Et elle a des super-pouvoirs – comme Jean Grey des X-Men, elle peut exploser à tout moment.

En fait non, Bastien n'a pas de chance.
Comme tous les enfants, il essaie de se convaincre que son environnement est normal, mais ils vivent l'enfer. Sa mère est « bipolaire à tendance schizophrénique », le père essaie tant bien que mal de préserver une vie de famille, les grands-parents et d'autres proches les épaulent. Mais les crises de Marie reviennent, soudaines, violentes, spectaculaires et terrifiantes pour un petit garçon de huit ans qui ne reconnaît plus sa maman dans ce démon qui hurle, se débat, et veut mourir tant elle a mal.
A ces brutales dégringolades succèdent les internements. L'enfant et son papa rendent visite à une femme méconnaissable, apathique, épuisée, entourée de 'fous' qui disent et font n'importe quoi.
Quand elle revient à la maison, la maman a du mal à sortir du lit. Bastien la voit rarement sourire, mais il sait qu'elle l'aime, ils partagent de bons moments : « Je sais que c'est difficile pour toi quand je suis malade et que je dois partir me faire soigner. Je sais que je te manque. Mais je t'assure que tu me manques aussi. Alors quand je ne suis pas là, promets-moi de ne penser qu'aux bons moments que nous avons déjà passés ensemble. D'accord ? »

Dans cet album bouleversant, Espé raconte ce qu'il a vécu, enfant. L'adulte qu'il est devenu, pétri de cette douloureuse expérience, nous livre ses incompréhensions et interprétations d'alors.

Le propos et le graphisme s'harmonisent parfaitement pour rendre compte de la souffrance et de la violence de la maladie, qui alternent avec les moments de répit et de douceur autour de l'enfant.
Les troubles mentaux dont souffre cette femme sont illustrés de manière évocatrice : immersion, noyade, bête sauvage, feu, explosion...
La douleur des proches, leur peur, leur sentiment de culpabilité et d'impuissance sont extrêmement touchants.

Cet album va résonner longtemps, et je retiendrai l'image de ce petit garçon recroquevillé dans un placard, témoin d'une énième crise maternelle de l'autre côté du mur. Il arrache la tapisserie pour amincir la cloison, afin de se rapprocher de sa maman qui lui échappe une fois de plus. 

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2 nov. - emprunt mdtk

*    *    *

   avis de Mr

   ♥♥♥♥♥

Bastien, âgé de huit ans, vit chez ses parents, dans une maison proche de celle de son Papy et de sa Mamie. Il a aussi des copains. Apparemment tout pour être heureux. Ce n'est pourtant pas le cas : sa mère souffre d'une grave dépression associée à des troubles schizophréniques. Elle est souvent internée, et là, placée sous camisole, chimique ou matérielle. Lorsqu'elle est à la maison, elle est souvent apathique et peut être prise de violentes crises de délire à tout moment. Même le méfiant médecin de la Sécurité Sociale venu procéder à un contrôle en est impressionné. Alors imaginez l'effet sur un enfant de huit ans !

C'est ce que restitue Espé à travers ses dessins. Les traits sont souvent doux, sauf pour représenter les délires de la mère ou les cauchemars (éveillés) de l'enfant. Les couleurs sont également très expressives.
On ne rit pas, on sourit rarement, et la gorge nouée, on peut laisser échapper des larmes par moments, selon son degré d'émotivité. Le propos est dur, mais l'ouvrage se lit vite, puisque le texte est succinct et le graphisme éloquent.

Cet album montre que la dépression ne peut se résumer à des caprices ou un manque de courage comme certains peuvent le penser. La mère aimante de l'enfant est la première à souffrir de ses troubles psychiques, et à culpabiliser de la douleur qu'elle inflige à ses proches.

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vendredi 1 novembre 2019

~ Tout ira bien ma chérie ! - Hélène Bruller & Jaypee

tt ira

MARAbulles, 5 septembre 2018, 176 p.

♠♠♠♠

Je n'avais pas l'intention de célébrer Halloween hier, même pas en regardant le génial 'Rosemary's Baby' pour la 8e fois (je boude R. Pédoski). Mais je suis tombée sur une histoire de sorcière. Une maman-sorcière qui vous pourrit la vie en continu, plusieurs fois par jour, à vous rendre dingue. D'ailleurs ça a plombé mes rêves, cette nuit…

Alice et James ont recueilli les parents de la jeune femme dans leur appartement parisien.
Avant de pleurer, précisons que ledit logement s'étale sur 250 m2, et que le couple vit à mi-temps à Londres. C'est dire si :
1/ ils ont de la thune
2/ ils ne sont pas collés aux deux vieux.

Mais si le papi est discret et cool, la mémé, aussi bête que méchante, a un pouvoir invasif phénoménal. Visiblement, elle a toujours été aussi toxique, c'est à se demander pourquoi Alice a été assez bête pour introduire le loup dans la bergerie.
Des exemples : elle demande de l'argent à la femme de ménage, invite vos soeurs et leur marmaille dans vos pièces, raconte à tous qu'elle vous paie un loyer, etc. 
Quand Alice s'énerve et la recadre (trop rarement), sa mère joue l'innocence ou l'insulte. Douche écossaise.

Très déçue par cette histoire caricaturale - même si cette vieille femme toxique est totalement crédible.
J'attendais beaucoup plus de finesse sur la cohabitation difficile entre générations, sur l'accompagnement des personnes âgées qui ne peuvent plus vivre chez eux de façon autonome.

Sur ce sujet, lire plutôt le subtil Est-ce qu'on pourrait parler d'autre chose ? (Roz Chast).

PS : le trait est plutôt agréable, mais la typo dans les phylactères géométriques déroute, met à distance, fait penser à un roman feuilleton des années 60, et je n'ai pas compris les taches de couleurs.

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31 oct. - emprunt mdtk

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jeudi 31 octobre 2019

Pour Halloween : des citrouilles 🍅 et surtout des crocos 🐊

 

Bravo à Euphoween, qui a imaginé des polémiques d'actu
derrière le Haribo Croco parent/enfant ! 🐊

- ceci n'est pas un encouragement à bouffer des bonbons sucrés, bourrés de colorants dégueu -

Creapills : Cette friandise, qui se trouve dans les boîtes 'Aventure' et qui existe vraiment, se présente sous la forme d’un crocodile attaché à son petit. Mais s’agit-il d’un papa ou d’une maman qui élève seul(e) son petit ? Pourquoi le parent est-il d’une couleur différente de son enfant ? Autant de questions absurdes qui ont permis à Euphoween de construire un thread (une histoire sous la forme de plusieurs tweets) absolument savoureux. Et au-delà du côté humoristique, on détecte une amusante critique d’une société ultra-connectée qui se cherche constamment des polémiques, sans grand intérêt. Bien joué ! Vous retrouverez ci-dessous les premiers tweets et un bouton pour voir la suite sur Twitter.

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cro3

cro4*

 à suivre, ici.

 

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mercredi 30 octobre 2019

~ Enfermé.e, Jacques Saussey

enfermée

French Pulp éditions, 2018
sauLe Livre de Poche, 9 octobre 2019, 400 p.

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« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu'être emprisonnée dans un corps qui n'est pas le mien. »

Emprisonnée, enfermée, Virginie l'est depuis l'enfance : dans son corps de garçon, alors qu'elle se sent fille. Et quand vos parents prennent un tel décalage pour une lubie, qu'ils s'attendent à ce que 'ça passe', quitte à sévir violemment pour vous remettre dans le droit chemin (éventuellement avec l'aide d'un psy), c'est douloureux pour le corps et pour l'âme, surtout. En-dehors de la maison, c'est encore pire avec le harcèlement scolaire, entre 'simples' moqueries et passages à tabac : « Ce besoin de torturer ceux qui ne vous ressemblent pas, ceux dont les moyens de défense sont réduits à l'espoir que les choses changent un jour. »

Virginie connaît ensuite un double enfermement : la prison. Une prison pour hommes, puisqu'officiellement, elle est de sexe masculin.
Et si le milieu carcéral est particulièrement impitoyable et violent, il l'est plus encore pour les 'minorités visibles', notamment les homosexuels et transgenres. On imagine les pires sévices de la part de co-détenus et de matons. Un enfer dont on s'échappe un peu (avec la drogue), ou beaucoup, en se suicidant.

Ce roman est magistral ! ♥
La lecture est douloureuse, on passe de la colère à la nausée, on est souvent triste à hurler, poings serrés, sourcils froncés, certains passages sont insoutenables. J'ai pensé à Meurtres pour rédemption, de Karine Giebel pour la violence carcérale, à En finir avec Eddy Bellegueule pour le calvaire vécu par ceux dont l'identité sexuelle 'dérange'.
Mais surtout, le talent de l'auteur m'évoque celui de Thierry Jonquet, pour la construction de l'intrigue, la richesse des personnages (jamais nommés, habilement désignés par des pseudos ou des fonctions) et la pertinence des propos.
A travers l'histoire cruelle de Virginie, Jacques Saussey nous bouscule et fait réfléchir à la transidentité, à la sexualité en général, au regard de l'autre, aux relations parents-enfants, à la prison et aux Ehpad...

L'ouvrage commence comme un roman noir, il le reste, mais se double d'une intrigue 'policière' troublante en huis clos qui évoque une ambiance Cluedo, Agatha Christie…

Passionnant et bouleversant ! Les explications de l'auteur en fin d'ouvrage rendent l'histoire de Virginie encore plus poignante, alors qu'on pense avoir atteint des sommets et être passé par toutes sortes d'émotions.

Bravo et merci à l'auteur pour son intelligence et sa sensibilité.  

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 28 > 30 oct.

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lundi 28 octobre 2019

~ Le coeur battant du monde, Sébastien Spitzer

le coeur battant

Albin Michel, 21 août 2019, 450 p. 

spit

♥♥♥♥

Karl Marx a eu un fils caché, issu d'ébats furtifs avec une de ses domestiques. Ce petit Freddy est né à Londres en 1851, et son entrée dans la vie ressemble à l'histoire de Blanche-Neige : le médecin censé procéder à l'avortement a confié le bébé prématuré à Charlotte, une nourrice d'origine irlandaise qui l'a élevé comme son enfant.

Dans ce roman, Sébastien Spitzer imagine l'existence tumultueuse de Charlotte et Freddy (qui apparaissent peu dans l'Histoire officielle), tout en retraçant fidèlement, à partir de documents, les vies de Marx & Engels et de leurs proches, dans une Angleterre en pleine crise industrielle et commerciale.

A la fin de cette lecture, j'ai eu l'impression de sortir d'une saga de presque mille pages. A cause de longueurs ? Ou parce que le souffle romanesque m'a rappelé Le gang des rêves (Luca di Fulvio) et certains ouvrages de Ken Follett ?

Je me suis davantage régalée avec le contexte socio-politique qu'avec les destinées individuelles : guerre de Sécession aux Etats-Unis et ses conséquences désastreuses sur l'économie anglaise qui reposait alors sur le coton et l'industrie textile. J'avais une vision binaire du conflit américain : gentils nordistes contre vilains sudistes esclavagistes. C'est un brin plus compliqué, et la guerre ne s'est pas arrêtée après la reddition du général Lee, puisqu'elle a nourri la révolte des Irlandais contre l'occupant britannique...

A lire !
•  pour l'ambiance à la Dickens
• pour en savoir plus sur Engels et Marx, deux 'grands hommes' pétris de paradoxes, qui professaient de belles idées en contradiction avec leurs façons de vivre
• pour la leçon d'Histoire et d'économie - on y voit l'articulation entre politique et commerce & industrie.

Je conseille notamment aux lycéens et étudiants de filière socio-éco.

Prochaine étape pour moi : me documenter sur l'attachante Tussy, la troisième fille de Karl Marx (Jenny Julia Eleanor, 1855–1898).

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21 > 27 oct. - emprunt mdtk 

marx
Friedrich Engels, Karl Marx, ses filles Laura, Eleanor et Jenny sa femme (à Paris, vers 1845).-

 

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dimanche 27 octobre 2019

~ Une vie de moche, François Bégaudeau & Cécile Guillard

une vie de

MARAbulles, 2 octobre 2019, 208 p.

♥♥♥♥ 

Est-ce que la laideur condamne à une vie de m3rde ?
Et d'abord, c'est quoi, être moche ?

Guylaine et son voisin Gilles jouent beaucoup ensemble.
Guylaine est une fillette jouasse, insouciante. Jusqu'au jour où un petit con la traite de moche. Il ne lui dit pas qu'elle est laide, non, mais comme c'est le genre à ne jouer qu'avec des petits mâles, il l'exclut en disant à Gilles : 'Non, pas la moche'.
Voilà, il n'en faut pas plus à Guylaine pour se sentir vilaine, pleine de défauts, et se ratatiner, raser les murs, s'exclure. Et donc tirer la gueule et, partant, s'enlaidir et se rendre antipathique. Cercle vicieux.

Pour comprendre la réaction de Guylaine, j'ai cherché des exemples autour de moi, de mon enfance et mon adolescence à celles de mes enfants et de leurs camarades d'école. Et cette histoire ne me convainc pas tout à fait.
En revanche, je vois tout à fait les dégâts que provoque la sensation de laideur. Mais elle est rarement objective, et les enfants/ados les plus harcelés, les moins bien dans leur peau ne sont pas forcément les plus 'moches'. Les critères d'exclusion sont beaucoup plus subtils et donc vicieux, difficiles à combattre - statut social, différence, confiance en soi, etc.

Ce qui est intéressant dans cette histoire, ce n'est donc pas le problème de la 'laideur', mais celui de la perception de soi, de son corps, et de la place qu'on s'autorise à prendre dans la société en fonction de cette image (en se donnant parfois de fausses excuses pour se mettre en retrait).
Les parents ont un rôle à jouer aussi, mais il est vrai que Guylaine est d'une génération et d'un milieu social (les miens, grosso modo) où l'on ne disait pas à un enfant qu'il était beau, ça risquait de le rendre 'prétentieux'.

Au-delà de l'histoire de Guylaine, le contexte social présenté est très intéressant : dégâts de la TV, de la mode, des stars et paillettes à partir du milieu des années 1970, et de la pub - où les yaourts, shampoings, frigos semblent réservés aux 'belles'. Et d'autres diktats : une femme ne peut être heureuse qu'en couple.

Bref, l'album est riche de réflexions sur l'apparence, la notion de féminité, de confiance en soi. Il mérite donc d'être lu, et partagé, notamment avec les ados, pour en discuter : pourquoi veut-on être 'beau' ? Pour séduire, avoir des amis ? Alors il faut savoir que ce qui compte, c'est plutôt le charme, le sourire, l'attitude, l'humour, l'écoute, etc.
En plus, si les hommes sont vraiment tous des porcs, mieux vaut passer un peu inaperçue dans la rue, quitte à s'enlaidir, tiens. Décidément, c'est compliqué d'être une femme, en France 😉- mais beaucoup moins qu'au Maroc 😕 (voir Paroles d'honneur, Leïla Slimani & Laetitia Coryn).

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26 oct. - merci à Babelio et à MARAbulles !-

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samedi 26 octobre 2019

~ Paroles d'honneur, Leïla Slimani & Laetitia Coryn

paroles

Les Arènes BD, 6 septembre 2017, 106 p.

slim

♥♥♥♥

Parlez-moi d'amour
et dites-moi des choses tendres... ♪♫

Parlez-moi de sexe, ô femmes marocaines
et dites-moi des choses dures...
à entendre.


Leïla Slimani, auteur notamment de Chanson douce et du Jardin de l'Ogre a recueilli en 2015 des témoignages de Marocaines sur leur place dans la société, leurs rapports aux hommes, leur sexualité. Ce travail a fait l'objet d'un essai, Sexe et mensonges, adapté en BD - album intitulé Paroles d'honneur.

corynAvant de connaître l'origine de ce roman graphique, je me suis interrogée sur l'intérêt d'un tel support, puisqu'on y trouve essentiellement des dialogues et de longs textes, et qu'on s'y perd dans les personnages, trop ressemblants. Cela dit, une telle présentation a le mérite de toucher davantage de lecteurs : on lit plus volontiers une BD qu'un essai…

Comme dans Broderies, de Marjane Satrapi (Iran), les témoignages recueillis révèlent l'hypocrisie autour de la sexualité, dans certains pays musulmans, ou ailleurs - dieux et ses émissaires, quand vous prétendez avoir un droit de regard sur notre intimité féminine (masturbation, contraception, avortement…), en étant beaucoup moins sévères avec les hommes (sauf pour l'homosexualité).

Poids de la religion, de la tradition ? Quoi qu'il en soit, la « loi telle qu'elle existe et la morale telle qu'elle est transmise » au Maroc entravent la liberté féminine. Quant à l'homosexualité, la prostitution, l'adultère, ils sont censés ne pas exister. Et une femme 'qui couche' risque davantage d'être violée.

La virginité des femmes au mariage reste importante (y compris aux yeux des hommes élevés 'à l'occidentale') :
« Même si [les hommes] souffrent aussi de cette situation, eux, au moins, ils ont un menu et peuvent faire un choix 'à la carte' :
- pas vierges : celles avec qui ils baisent
- vierges : celles qu'ils épousent. »

Le célibat au féminin est mal vu. La 'vertu' des femmes est un principe.
« Quand tu vois ta femme comme une machine à procréer, qui n'est pas censée éprouver de plaisir, et dont le corps est quasiment ta propriété, comment veux-tu avoir un rapport sain à la sexualité ? »
« Avant d'être un individu, une femme est une mère, une soeur, une épouse, une fille, garante de l'honneur familial, et, pire encore, de l'identité nationale, sa vertu est un enjeu public. »

En conclusion, pour espérer que les mentalités évoluent :
« Nous ne pouvons plus nous permettre d'ignorer la réalité sous prétexte qu'elle n'est pas conforme à la religion, à la loi, ou tout simplement à l'image que nous voudrions donner de nous-mêmes. »

Instructif et forcément révoltant.

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agenda2

8 oct. - emprunt mdtk

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jeudi 24 octobre 2019

\ o / SOS aux Bretons, aux parents, à tous ceux qui peuvent...

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Soaz est une copine de blogo et de Babelio,
on se rencontre parfois en Bretagne.

Avant sa retraite, Soaz était prof des écoles, bilingue français-breton.

bret

Je trouve ça très exotique, mais ce n'est pas le sujet du jour.

Un de ses anciens élèves est aujourd'hui malade. Je lui laisse la parole :

Lorsque je prenais ma retraite en 2014, Androu était un petit garçon de cinq ans curieux et joyeux. Aujourd’hui, il a dix ans et souffre d’une tumeur au cerveau, sa vie est sur le fil du rasoir et seuls des soins aux Etats-Unis pourraient le sauver. (...) Ce voyage coûte évidemment très cher, aussi une cagnotte est en ligne pour aider la famille. N’hésitez pas à essaimer, ça urge pour notre ancien petit élève... Merci à tous (et notamment à ceux que je vois moins et que je me permets de solliciter tant l’ urgence est considérable).

Merci d'avance pour votre aide, ici.

gof

 

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mercredi 23 octobre 2019

~ Mademoiselle Julie, August Strindberg

mademoiselleFröken Julie, 1888
aslu dans la collection l'Avant-Scène Théâtre
traduction de Elena Balzamo
1996, 34 p. 

♥♥♥♠♠

Inconvenante, mademoiselle Julie qui danse avec les domestiques en cette soirée de Saint Jean, au lieu d'accompagner son père, le Comte ?
Sa présence déroute le 'peuple', dérange la bienséance. Sont-ils obligés de la tolérer parmi eux, eu égard à sa condition ?
« Ne prenez pas ça comme un ordre ! Aujourd'hui c'est la fête et nous sommes tous égaux, sans distinction de rangs ! »
Devient-elle l'une des leurs ? Quid du respect ?

amEst-ce la question du désir, qui est au centre de la pièce ? Fugace, alors - le petit coup d'un soir. Jeu de séduction pour elle, faire fi des conventions. S'amuser, et s'accrocher quand elle voit que le domestique, prétendument amoureux, se dérobe une fois 'la chose' faite, ou montre froidement ses intentions.

La pièce a choqué à sa sortie, à la fin du XIXe siècle.
Il semble exagéré de la trouver 'crue' et féministe, aujourd'hui.
L'auteur nous parle d'émancipation féminine, certes, mais limitée. ** Puisque la jeune femme 'déshonorée' doit payer de sa vie ce moment d'égarement. **
J'y ai surtout perçu des enjeux de pouvoir, de domination - homme/femme, maître/serviteur, dominant/dominé - avec un mouvement d'alternance perpétuel. Et la volonté de s'extraire d'une condition sociale déterminée à la naissance.


Légère déception, je m'attendais à un texte plus universel, à la fois plus 'flamboyant' et plus subtil, après avoir entendu Anna Mouglalis* en parler.

   * Elle joue actuellement la pièce au théâtre de l'Atelier, à Paris (jusqu'au 3 novembre).
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agenda2

19 oct. - emprunt mdtk

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mardi 22 octobre 2019

~ Le Discours, Fabrice Caro

le discoursGallimard, Sygne, 4 octobre 2018, 208 p.

fab

Pas de long discours sur ce roman de Fabrice Caro, alias Fabcaro, l'auteur de BD dont 70 % des albums me font rire.

Adrien est un quadra déprimé. Il s'est fait larguer, et il apprend en prime, au cours d'un interminable repas de famille, qu'il doit préparer un petit discours pour le mariage de sa soeur.

Comme Adrien est un grand angoissé de la vie, qu'il a toujours peur d'oublier un truc, il fait des listes.
Salut l'ami, on était faits pour se rencontrer, je note mes idées en lisant.
Je reprends donc le petit papier que j'avais glissé dans le livre :
- parents : gentils, rikikis, TV
- maman : Claude Barzotti, jus d'orange
- soeur : se marie, béate devant son chéri, tarte (et re-tarte)
- futur beauf : vulgarisation scientifique
- l'ex : Sonia, pause, Romain, arbre à vœux (que Solène se laisse ***) -> giga smiley et cette lettre en grand : L.
- références TV : 'C'est pas sorcier', 'Le gendarme à St Tropez'
- Adrien : loser, sympa, rigolo mais un peu chiant
- le livre : sympa, rigolo mais un peu chiant, comme Adrien
- ressemble : à Paris-Venise (Florent Oiseau), Ric-Rac (Arnaud le Guilcher), aux romans de Pierre Raufast... et puis aux BD de Fabcaro, quand même.
La boucle est bouclée.

PS : ne pas perdre cette liste avant d'avoir rédigé le billet, ne pas non plus la laisser dans ce livre, prêté par une collègue (dire à celle-ci que les p. 136 et suivantes sont vraiment drôles, d'ailleurs je dois les envoyer à L.)

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agenda2

19 & 20 oct.

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lundi 21 octobre 2019

~ La Soutenable Légèreté de L'être, Eléonore Costes & Karensac

la soutenable

Delcourt, 30 mai 2018, 120 p.

♥♥♠♠♠

Quelques jours avant son trentième anniversaire, Eléonore, alias Lolo, n'est pas bien.
Elle a mal au ventre.
Dans son entourage, chacun
- a sa petite idée : elle a toujours somatisé, elle continue ;
- y va de son conseil (scato).

Quand deux lettres (in) font toute la différence !
Cet album est aussi superficiel et vide que le roman de Milan Kundera* est profond et riche.
Ici : nombrilisme et futilités.
Cent pages pour ne pas raconter grand chose.
Le dessin rond et mignon rattrape un peu le coup, et l'auteur exprime plutôt bien les angoisses qui liquéfient.
Heureusement que les couleurs indiquent les périodes de la vie de la narratrice : elle a la même tête à dix ans qu'à trente…

Des BD intéressantes sur les angoisses, la dépression :
- Goupil ou face (Lou Lubie et Isabelle Leygnac-Solignac)
- L'effet kiss pas cool : Journal d'une angoissée de la vie (Leslie Plée)
   ...


* Nesnesitelná lehkost bytí
    en VF : L'Insoutenable Légèreté de l'être, 1984 

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agenda2

20 oct. - emprunt mdtk

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dimanche 20 octobre 2019

~ Une super histoire de cow-boy, Delphine Perret

une super

Les Fourmis Rouges, 24 mai 2018, 32 p.

dp

Ne jamais s'avouer vaincue !
Mon échec avec Harley McKenna (Mon Territoire, Tess Sharpe) ne m'a pas découragée : je me confronte de nouveau au western. En douceur : un petit singe 🐵 et une banane sur la couverture, c'est à ma portée, même si y a écrit 'cow-boy', je fonce.

Si on ne lit que le texte des pages de gauche, aïe ! C'est violent, ça décoiffe : bébés lapins en guise de petit déj', braquage de banque, baston avec le shérif, blessure, cavalcade, crasse et odeur de bad boy. A couper le souffle.

Si on lit soigneusement dans l'ordre, avec la page qui illustre le texte en vis-à-vis, ça va beaucoup mieux.
Et surtout, on s'amuse et s'émerveille du génie de l'auteur ! Elle réécrit l'histoire en politiquement correct, ne dessinant que ce qui est 'acceptable' : une banane pour remplacer le Colt, un chewing-gum pour le whisky et la clope, UNE autruche pour respecter la parité, etc.
Et parfois, selon le principe du mouton du Petit Prince dans sa boîte : ça se passe derrière les portes.

Conclusion officielle du livre : « C'était une super histoire de cow-boy, non ? »
Et là je dis : « Oooh yeah, a fuuucking good story ! »
Mais comme il faut éviter les termes anglais et la vulgarité, je remplace par « Oui, alors, une excellente histoire !' »

Pied de nez au politiquement correct ? Pas que.
L'art de contourner les règles avec humour.
Avec, en prime, un graphisme adorable.

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agenda2

19 oct. - emprunt mdtk

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samedi 19 octobre 2019

~ Nos vies en l'air, Manon Fargetton

nos vies

Rageot, 9 janvier 2019, 192 p.

man

♥♥♥♠♠

Should I stay or should I go ?
Je continue à vivre tant bien que mal, les semelles plombées ? Ou je me jette du haut d'un immeuble pour en finir ?

La question semblait tranchée pour Mina et Océan. Sauf qu'ils ont choisi le même soir et le même toit pour le grand saut ! Quelques échanges polis (ou pas) s'imposent.
Ils ne se connaissaient pas et tout les sépare, a priori, hormis la souffrance.
Elle, moquée de tous, subit le harcèlement au lycée.
Lui, "coupable" de la dépression maternelle, s'automutile.
A défaut de retrouver l'envie de vivre en discutant ensemble, ils se décident mutuellement à 'tenir jusqu'à l'aube', ensemble. Après, on verra. Demain est un autre jour, etc.

S'ensuit une longue nuit, avec Mina et Océan dans le rôle de la chèvre de monsieur Seguin, et la mort dans le rôle du loup. Avec pour décor Paris by Night, et comme luttes des défis à la con, dangereux.

Je n'ai pas été passionnée par cette intrigue road-trip.
La façon dont l'auteur présente le suicide rappelle Treize raisons (Jay Asher), mettant aussi mal à l'aise, mais heureusement la discussion entre les deux adolescents nourrit le débat et fait évoluer la question (se tuer pour se délivrer ou pour punir les autres ?).

Même si les déambulations parisiennes de Mina et Océan m'ont souvent ennuyée, j'ai apprécié quelques phrases, idées, de loin en loin. Mais pas au point d'avoir envie de conseiller ce roman à des adolescents en difficulté.

« (…) Je vais rentrer et... appeler ma mère, j'imagine.
- Vous êtes proches ?
- Non. Mais, c'est ma mère. C'est la seule personne au monde à qui je peux avouer la merde totale qu'est ma vie, qui me jugera, comme d'hab, et qui continuera de m'aimer malgré tout en m'aidant du mieux qu'elle peut. »  

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agenda2

15 > 17 oct. - emprunt mdtk

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jeudi 17 octobre 2019

# Los Chikos del Maíz - El Extraño Viaje ft. Ana Tijoux

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Ana Tijoux, découverte hier dans Popopop avec Antoine De Caunes, sur France Inter.

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