Canel

vendredi 29 juillet 2016

~ 146298, Rachel Corenblit

146298

RCActes Sud Junior, D'une seule voix, septembre 2015, 69 p.

♥♥♥♥♥

La peau. Un support formidable pour écrire des maux.
Eczéma, psoriasis. Auto-mutilation. Ceux-là s'imposent, on les subit, alors on ne sait pas toujours les décrypter (donc les guérir).
Le tatouage en revanche, on le choisit. En principe...

Pour Elsa, le '146298' qu'elle s'apprête à se faire tatouer a un sens, il va matérialiser des stigmates qu'elle porte déjà - la déportation et l'internement de sa grand-mère Claudia dans un camp nazi.
Elsa a toujours vu ces six chiffres sur le bras de la vieille femme, personne n'a jamais voulu lui expliquer. Sa mère « clame haut et fort qu'on accorde trop d'importance au passé », et pour Claudia, rescapée des camps, les souvenirs sont trop douloureux.

Après un cours sur la Shoah en classe de troisième, Elsa a commencé à deviner l'horreur. Elle a lourdement insisté pour que sa grand-mère lui raconte : « Elle s'attendait à quoi ? Que je la laisse silencieuse, avec son nombre ? Elle a commencé par dire que c'était le passé. Que le passé, on le laissait dans un trou et qu'on le recouvrait de terre et que c'était inutile de vouloir le déterrer. Rien de bon ne sortait du chaos. Et son passé, c'en était un, de chaos, immense. L'apocalypse. »
Les adolescents sont des éponges, des écorchés-vifs, ils ont besoin d'expérimenter pour comprendre. Elsa va tenter à sa manière de revivre ce qu'a subi sa grand-mère...
« C'est pas imaginable, elle me répond. N'essaie pas d'imaginer. »

Excellent roman pour adolescents sur la Shoah qui m'a fait penser au témoignage de Marceline Loridan-Ivens (Et tu n'es pas revenu).
Court, à la fois sobre et terrible, ce texte évoque la déportation, les camps, le retour (l'horreur ne s'est pas arrêtée quand les alliés sont arrivés en Allemagne, il a fallu rentrer).
Ce passage de relais émouvant entre Claudia et Elsa nous montre également le poids du passé familial et nous invite à réfléchir au casse-tête de la transmission entre générations : que dire à nos enfants des traumatismes de leurs ancêtres, des drames vécus dans la famille ? A quel âge ? Certains événements sont indicibles, trop lourds à entendre, trop difficiles à revivre par la parole, aussi...
Pas facile de s'y retrouver entre le non-dit, le mal-dit, le trop-dit...

Je conseille aux adolescents, notamment à ceux de Troisième, en complément aux cours d'Histoire et à la préparation de l'oral d'HDA. Les 66 pages très aérées se lisent en 1/2 h., ça ne devrait pas les effrayer...

agenda 28 juillet

Posté par Canel à 15:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


jeudi 28 juillet 2016

~ Hé ! Mademoiselle ! - Yatuu

hé mademoiselle

yatuuDelcourt, juin 2014, 96 p.

♥♥♥♥♥

Trop de bol : s'il fait chaud, je peux mettre une jupette, une robe courte, un short, un grand décolleté, je n'entendrai pas « Hep, tu b@ises ? Tu sµces ? Tes jambes, elles ouvrent à quelle heure ? Tu me donnes ton 06 ? Tu répares ma braguette que j'ai cassée tellement t'es b@ndante...!? Tu viens dans mon lit ? Une sodo alors ? »...
Privilège de l'âge sans doute. Et d'un physique très moyen, qui n'a enflammé bruyamment que les bidasses en rut des rues de Chalôns-en-Champagne quand j'avais vingt-cinq ans.
J'ai été relativement tranquille le reste de mon existence...

Sous des airs de BD girly (dessin tout rond tout mignon aux couleurs acidulées), cet album traite d'un sujet sérieux : le harcèlement de rue, et plus généralement le harcèlement sexuel que subissent les filles/femmes mignonnes, bien "présentées" et/ou sexy.
C'est amusant, mais on rit jaune parce que c'est réaliste, donc triste.
Triste si on est harcelée : « Fille draguée toutes les 5 minutes : Nan mais sérieux les mecs sont grave en chaleur, là ! Direct ils pensent qu'à baiser ! »
Triste si les hommes vous ignorent : « Fille non draguée : BOUHOUUUHOU ! CHUIS MOOOCHE !! CHUIS GROSSE, MA ROBE EST MOOOCHE, BOUHOUHOUUU ! »
(p. 39)

Comment prévenir la drague relou ?
- être moche, on l'a dit
- ne pas sortir
- s'habiller comme un sac
- rester telle que la nature vous a faite (sans maquillage, poilue)

Comment y remédier ?
- riposter verbalement ou physiquement (avoir un bon niveau en arts martiaux ou maîtriser le coup de genou dans les c******* après avoir vérifié que le type était seul)
- stratégie offensive, attaquer en premier :
« Hé, M'sieur ! Ta mère c'est une voleuse ! Elle a piqué toutes les pastèques pour les mettre dans tes burnes ! »
« Hé, M'sieur, t'es charmant ! Ça te dirait une belle paire de moules pour aller avec tes frites ? »
« Hé, t'es italien, toi, non ? Tu me fais monter sur ta Tour de Pise ? »
(p. 44-45)
Ah tiens, ça fait tout drôle quand les rôles s'inversent !

Et pourquoi sont-ils relous, les mecs relous, au fait ?
- Moi... parce que je m'emmerde...
- On s'amuse, quoi, on fait de mal à personne !
- Parce qu'elles attendent que ça, les meufs !
- A quoi ça sert qu'elles se maquillent et s'habillent si c'est pas pour se faire draguer ?
- T'façon y en a forcément une à qui ça plaira !
- C'est pour montrer à mes potes à quel point je suis viril !
- C'est pas méchant, en plus ! Faut arrêter !
- La meuf est là pour se faire draguer, c'est logique !
- C'est elles aussi qui nous allument !!
- C'est pour les énerver !
- Pfff... si on peut même plus rigoler...
(p. 74)


A faire lire à nos ados, mâles et femelles, pour l'humour, pour une prise de conscience, pour ouvrir le débat sur le harcèlement sexuel, pour évoquer la différence qui peut exister entre les attentes des filles et celles des garçons à l'adolescence, pour souligner que même si c'est flatteur, c'est pas normal...

agenda 27 juillet - merci Gambadou, pour l'idée ! 😊

Posté par Canel à 15:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

lundi 25 juillet 2016

~ Macaroni ! - Thomas Campi & Vincent Zabus

macaroniDupuis, 1e avril 2016, 144 p.

♥♥♥

Pour un gamin en vacances, il y a des perspectives plus réjouissantes que d'aller s'enterrer à la campagne chez un grand-père qu'on connaît à peine. D'autant qu'il semble plutôt rugueux, le bonhomme...
Roméo va devoir se passer de télé pendant une semaine chez ce pépé pas marrant, jardiner et s'occuper de Mussolini, le cochon. Ces activités rapprochent finalement l'enfant et le vieil homme, qui se laisse aller peu à peu à des confidences sur son passé : son enfance, la guerre, la famine, l'exil en Belgique, le travail dans les mines de charbon, les espoirs déçus...

« Grand-père, c'est vrai que tu as fait la guerre du côté des Allemands ?
- Oui.
- Mais ils ont tué les Juifs et attaqué tout le monde !
- Mon avis, on ne me l'a pas demandé. J'étais Italien et les Italiens se sont battus avec les Allemands. Vingt ans, j'avais... Mussolini, il m'a collé le fusil dans les mains et m'a dit où tirer, basta !
- Qu'est-ce que le cochon vient faire là-dedans ?
- Mussolini était le chef des Italiens. Il s'est rallié à Hitler pendant la guerre. Depuis, tous mes porcs s'appellent Mussolini !
- Et des gens, grand-père, t'en as tué beaucoup ?
- ... [long silence, le vieil homme s'éloigne, revient]... Oui. »

Très bel album sur les relations entre les enfants et leurs grands-parents, sur la difficulté de communiquer en famille, et sur les émigrés italiens venus travailler dans les mines belges après la seconde Guerre mondiale.
Tendresse, émotion, beaux sentiments pas gnangnans ni formatés, et jolies couleurs. J'ai trouvé les visages ingrats, mais malgré tout formidablement expressifs et les grands yeux du petit Roméo superbes - reflétant bien son intelligence et sa sensibilité.

L'ouvrage s'ouvre sur une préface intéressante du chanteur Salvatore Adamo. Il évoque en deux pages ses aïeuls siciliens, sa propre jeunesse heureuse en Belgique « grâce à l'amour indéfectible de [ses] parents qui ont réussi à occulter à [ses] yeux la misère de [leur] vie d'alors. »
En postface, la genèse de l'album. On y apprend que l'histoire a d'abord donné lieu à un spectacle de marionnettes pour enfants, et que la version BD s'est doucement orientée vers un public adulte.

Jolie conclusion de Vincent Zabus : « [...] je crois qu'il ne faut jamais figer une histoire mais la laisser se patiner, la garder vivante, trouver chaque fois un peu plus ce qui est au coeur de son sujet et développer ce qui la relie aux préoccupations profondes des auteurs qui la travaillent. » Perfectionnisme et maturation qui me semblent faire défaut aux stakhanovistes de la parution BD...

agenda 17 & 24 juillet - merci Magi ! Relecture encore plus savoureuse une semaine après première découverte.

Posté par Canel à 10:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 24 juillet 2016

~ Rêver, Franck Thilliez

rêver

thillFleuve Noir, 26 mai 2016, 600 p.

♥♥♥

Disparitions d'enfants, troubles du sommeil, amnésie, psychiatrie, jeu de piste...
Sujets rebattus dans le registre thriller depuis quelques années, mais indéniablement ultra-efficaces s'ils sont bien traités et si l'auteur arrive encore à faire du neuf avec du vieux.

Alors, bien traités, ici ?
OUI, pour le côté page-turner grâce
aux cliffhangers en fin de chapitre
à tous les rebondissements
à la confusion entre rêve et réalité (l'auteur n'en abuse pas et reste honnête dans sa manière de présenter les choses)
aux aller-retours dans le temps clairement signalés (mais c'est un peu casse-tête)
NON parce que Thilliez 'oublie' ici de nous servir la dose de vulgarisation scientifique que j'ai tant aimée dans certains de ses ouvrages dont Gataca et Le Syndrome E, et qui me font applaudir comme Meeva : 'Vas-y Francky, c'est bon !!!'

Faire du neuf avec du vieux ? A coup d'invraisemblances dans l'intrigue, le mobile et les comportements (argh, une narcoleptique qui prend le volant pour des centaines de km), oui, c'est possible. Mais c'est trop facile et ça peut agacer. Je me suis retrouvée vers la fin à me demander si c'était complètement con ou carrément grotesque, s'il fallait en rire. La surenchère est d'autant plus cocasse que Thilliez se moque à deux reprises dans ce roman de polars qui manquent totalement de crédibilité.

Captivant - la preuve, je l'ai fini à 3h30 ce matin, les neurones de plus en plus englués, reboostés de temps en temps par de la brioche aux pépites (il lui manque 5 cm depuis hier soir), et au réveil, là, le dénouement reste très imprécis dans ma mémoire, d'autant qu'on n'a pas toutes les clefs il faut compléter soi-même le jeu de piste sur le net.
Captivant, mais souvent du grand n'importe quoi, des tortures psychologiques insoutenables sur enfants, et un rebondissement qu'on voit arriver gros comme une petite maison dans une prairie (Ingalls a déforesté pour construire sa cabane).

- ma note : 3,5 (4,5 pour le plaisir de lecture, souvent 2 parce qu'il faut pas déconner et prendre le lecteur pour un abruti, et Fantômette, ses jeux de piste, son talent pour se jeter dans la gueule du loup et s'en sortir, j'ai passé l'âge)

PS : on trouve de plus en plus de clins d'oeil aux blogueurs dans les polars, ça laisse craindre du copinage et donc des critiques pas forcément très objectives - bon à savoir pour relativiser certaines super notes et critiques dithyrambiques...

agenda 20 au 24 juillet

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 3e 💀

logo sharon polar 201617

Posté par Canel à 11:30 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

samedi 23 juillet 2016

~ Santiago, B-Gnet

santiago

bgnetWarum Editions, 24 février 2016, 104 p.

   • lu par Canel

♥♥♥♥

Ma culture 'western' :
- la musique générique du film 'Il était une fois dans l'Ouest' (Ennio Morricone)
- un film avec Robert Mitchum dont j'ai oublié le titre et l'intrigue depuis quarante ans
- quelques couvertures de Lucky Luke, Ph. Candeloro déguisé, un puzzle de 500 pièces du Poor Lonesome Cowboy dans un saloon
- un western spaghetti
- cet épisode des Têtes à Claques

CV un peu léger pour apprécier pleinement une parodie du genre.
Je me suis malgré tout bien amusée en découvrant les aventures mouvementées de ces quatre terribles losers, même si je n'ai pas pigé tous les gags, ni saisi toutes les allusions - à part le clin d'oeil à 'La petite Maison dans la prairie', quand même !
L'humour est délirant, tout mignon. Cet auteur m'avait déjà réjouie à bord de son Saint-Etienne Lyon.

   • et Mr

♥♥♥♥

A première vue, la couverture et les pages intérieures annoncent de grandes aventures aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle.
La qualité du graphisme se confirme dès les premières pages, avec des couleurs agréables. Mais le séquençage de l'ouvrage en courtes histoires a priori sans lien entre elles m'a surpris, de même que le ton moqueur de l'auteur à l'égard de ses personnages. Santiago n'est en effet pas le héros que je pensais rencontrer, et ses acolytes ne relèvent pas le niveau du groupe…
Les chutes des premiers gags ne m'ont en outre pas vraiment emballé. Cependant, peu a peu, un récit construit apparaît, et je me suis amusé à voir les protagonistes tournés en permanence en dérision et à suivre leurs aventures délirantes.

Cette bande dessinée qui évoque inévitablement Les Tuniques Bleues (ne serait-ce que par son cadre) est un ouvrage original, qui ne laisse pas indifférent. Je peux comprendre à la fois les réticences que pourraient ressentir certains, et l'enthousiasme d'autres lecteurs (comme pour le Zaï, Zaï, Zaï de Fabcaro).

Merci Gildas !

Posté par Canel à 11:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


vendredi 22 juillet 2016

~ En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut

en attendant

olivFinitude, 16 janvier 2016, 160 p.

♥♥

Cette histoire d'un « amour fou » a cartonné à sa sortie. Que d'éloges, partout, dans les medias et chez les 'vrais' lecteurs (auxquels je fais davantage confiance).
« On rit comme on pleure au rythme de la valse », dit Télérama.
Je n'ai pas ri, ni pleuré, mais vite grincé des dents parce que j'ai du mal à suivre les narrations - artificielles - d'enfants, et surtout parce que les mères malades, ça ne me fait pas marrer, surtout si elles boivent, même si elles ont l'alcool joyeux, même si elles ne s'en prennent pas à leur progéniture...

Cette façon d'évoquer le tragique à travers un filtre de légèreté m'a fait penser à La vie est belle de Roberto Benigni, et je suis complètement hermétique à ce mélange d'humour, de poésie (?) et de désespoir. Pire, ça m'agace. Et je suis confuse d'avoir offert ce livre, en l'occurrence.
Je retourne lire un bon roman noir réaliste où les dégâts des troubles bipolaires sur les proches du 'malade' ne font rire personne...

agenda 18 au 20 juillet

Posté par Canel à 06:30 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

jeudi 21 juillet 2016

~ Notre mère, Koren Zailckas

notre mère

korenMother, Mother - 2013
traduit de l'américain par Samuel Sfez
Belfond, janvier 2015
10/18, janvier 2016, 428 p.

♥♥♥

Leur mère, c'est quelqu'un de bien. La preuve : elle fait cours au petit frère autiste depuis qu'il est déscolarisé. Elle a même laissé tomber son boulot de prof pour ça.
Leur père, il semble moins présent - éclipsé par sa femme, sans doute.
Ils sont un peu stricts, ces parents, du genre : "pas de portes fermées et pas de garçons à l'étage". Mais bon...
Les deux filles... ah les plaies ! L'aînée a fui la maison à vingt ans et n'a plus donné de nouvelles, la cadette a blessé son frère avec un couteau, elle était défoncée, elle est partie soigner ses addictions en HP.

Voilà pour les apparences.
Quand on écoute la voix de Violet, la fille cadette, la réalité est plus complexe.
Enfin pas tout de suite. Au début, comme elle, on la croit responsable en grande partie du bordel ambiant - elle semble déjà prendre un malin plaisir à rendre sa mère dingue.
motherMais en dehors de sa maison, grâce aux regards extérieurs de jeunes "co-détenues" aussi paumées qu'elle et d'adultes, elle voit le microcosme familial différemment, et nous avec. Quand un adolescent dégringole, ce n'est pas forcément lui le plus malade de la famille...

La jeunesse de l'auteur a été douloureuse - addiction à l'alcool, comportements d'autodestruction. J'ai imaginé que ce récit était en partie autobiographique, je n'ai pas vérifié. Quoi qu'il en soit, ce tableau ** d'une mère toxique ** est terrifiant, donne le tournis (qui croire ?), rend parano (quelle mère je suis ? quelles erreurs je reproduis ? mes exigences à l'égard de mes enfants sont-elles dictées par un amour sincère, désintéressé ?).

Ce roman m'a fait penser à d'autres ouvrages aussi dérangeants sur la famille, le rôle des mères, la place des pères, l'adolescence, la psychiatrie, la dépression, l'addiction : Il faut qu'on parle de Kevin (Lionel Shriver), Le chant de Dolores (Wally Lamb), Bye Bye Blondie (Virginie Despentes), Tout ce qu'on ne s'est jamais dit (Celeste Ng), et quelques romans de Laura Kasischke. C'est dire si on rigole en le lisant...

agenda 13 au 18 juillet

Posté par Canel à 06:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

mercredi 20 juillet 2016

~ Congo Requiem, Jean-Christophe Grangé

congo requiemAlbin Michel, 4 mai 2016, 726 p.

lu par Mr

♥♥♥♠  (3.5/5)

Dans cette suite de Lontano, nous retrouvons la famille Morvan, avec ses excès en tous genres...
Suspectant son père Grégoire de n'avoir pas totalement élucidé le mystère de L'Homme-clou, Erwan reprend l'enquête au Congo, plus de vingt ans plus tard. Grégoire revient aussi dans ce pays, pour "affaires", mais aussi pour surveiller son fils : à la fois pour le protéger dans un contexte politique très dangereux, et pour s'assurer qu'il ne découvre pas des vérités cachées.

L'intrigue est particulièrement vivante, avec de l'action à gogo, dans un style agréable. Outre des scènes d'action en excès (à mon goût), je déplore l'image caricaturale de l'Afrique et de ses habitants que donne ici l'auteur, même s'il ne le fait (probablement) que pour la recherche de sensationnel. Voici quelques exemples :
« Il faut que tu comprennes que les guerriers que tu vas croiser n'ont rien à voir avec les meurtriers qu'on voit au 36 [quai des Orfèvres à Paris]. La plupart sont cannibales et ont le crâne farci de croyances délirantes. » (p. 30)
« Difficile d'admettre que ces abrutis à la gaieté bon enfant étaient les mêmes qui violaient des fillettes et mangeaient la chair cuite des bébés. » (p. 135)
« Difficile d'imaginer, avec cette méthode typiquement africaine – vol de coeur, cannibalisme : on avait finalement retrouvé des fragments mordus de l'organe -, que le Vieux ne soit pas lié au drame. » (p. 140)
« Le cannibalisme ici n'était ni une manière de survivre, ni un rite animisme. Simplement une habitude. » (p. 191)

En résumé la lecture de Congo Requiem, comme celle de Lontano, est très divertissante - idéale pour un voyage en train. Mais le roman manque de subtilité et de crédibilité.

Merci à Aurore et aux éditions Albin Michel.

Posté par Canel à 10:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

mardi 19 juillet 2016

~ P'tit Loup ne veut pas partager, Orianne Lallemand & Eléonore Thuillier

ptit loupAuzou, 4 septembre 2014, 24 p.

♥♥

Les problèmes de partage et de jalousie : un grand classique dans les albums jeunesse. Et pour cause, c'est une occasion fréquente de dispute quand deux enfants ou plus sont en présence.

Rien de nouveau sur le sujet dans cet épisode de P'tit Loup (querelle, pleurs, réconfort, vertus du partage et de l'amitié vs solitude et ennui), mais beaucoup d'atouts dans la présentation :
- héros récurrent (une quinzaine de titres à ce jour, traitant des préoccupations des jeunes enfants)
- personnage à la fois sympathique et plein de petits défauts
- format idéal (17x17)
- pages plastifiées
- couleurs punchy
- dessins super mignons (notamment les petits animaux doudous)

Et puis, le truc tout bête : rien de mieux que des animaux personnifiés pour que le lecteur s'identifie sans prendre ombrage des différences. J'ai du mal à trouver des enfants asiatiques, noirs, métis dans la littérature jeunesse, ailleurs que chez Usborne. C'est loin d'être un détail quand vous offrez un livre à une petite fille à qui l'on reproche sa "peau marron" (sic).

De deux à quatre ans.

Posté par Canel à 13:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 17 juillet 2016

~ Les beaux étés, tome 1 : Cap au Sud ! - Zidrou & Jordi Lafebre

les beaux étésDargaud, 4 septembre 2015, 56 p.

♥♥

Pour cartonner au rayon BD en période estivale :
- prenez une famille moyenne des années 70 qui a du mal à joindre les deux bouts, donc qui s'entasse à cinq dans une 4L
- collez-les sur la route des vacances - de la Belgique au sud de la France, via la Nationale, ça dure plus longtemps
- mettez deux soeurs qui se chamaillent à l'arrière de la voiture et une autre qui écorche les mots comme un bébé (normal, c'est presque encore un bébé)
- poissez l'ambiance entre les parents, faites couler des larmes sur les joues de la maman
- ajoutez un cancer dans la famille, un truc bien avancé, qui ne laisse plus d'espoir
- parsemez de quelques gros gags (comment garder SON coin pic-nic, façon Brasseur dans 'Camping') pour dissiper l'émotion qui a failli gagner le lecteur
- allumez l'auto-radio de la 4L ou le transistor Radiola sur RTL ou Europe1 pour entendre 'La maladie d'amour' ♪♫ et autres tubes de l'époque
- affublez la maman d'une frimousse à la Sophie (in 'Les vieux fourneaux', Lupano & Cauuet)
- et surtout, surtout, signez bien Zidrou - avec ses 4, 5, 6 parutions par an, c'est devenu un incontournable de la BD. D'aucuns diront que ça prouve qu'il est génial, d'autres penseront que ça explique que ses scénarios soient si superficiels et diablement démagos...

Du duo Zidrou & Lafebre, j'ai préféré La Mondaine.
Il m'arrive d'apprécier Zidrou dans son registre émotion (Le roi de Prusse, Le beau voyage...).

agenda 17 juillet - merci à l'ECL.

Posté par Canel à 21:30 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

samedi 16 juillet 2016

~ Il était une fois les Bidochon, 40 ans de bonheur absolu - Christian Binet & Co

les bidochonFluide Glacial, 16 mars 2016, 200 p.

♥♥♥

Quarante ans de bonheur absolu...
Entre eux, je ne sais pas, mais vu comme ça, ça ne fait pas envie.
Je n'échangerais pas ma lecture du soir contre leur TV, pas plus que mes bourrelets, mon tablier, mes chaussons, mon air et mon R. contre ceux de Raymonde. Question d'habitude, sûrement. Parce que finalement, on n'est sans doute pas si différents, eux et nous, et voilà pourquoi ils m'agacent et me font rire, parfois franchement, parfois jaune.

Comme le dit fort justement Gotlib à propos de l'adaptation au théâtre : « [...] sur scène, la ménagère en pantoufles et bigoudis devient soudain et par moments une femme tout bêtement malheureuse. Le Français moyen à moustaches et béret basque, tyran égoïste et exécrable, devient par moments rien d'autre qu'un pauvre type dont on n'ose pas dire ‘comme vous et moi'. » (p. 138)

Cet album hommage aux Bidochon reprend des extraits d'ouvrages publiés. Bonne idée mais ça me fait le même effet qu'une compilation musicale d'un auteur, d'un groupe : si j'aime, je découvre tout, si je ne veux pas me ruiner, ou apprivoiser doucement, je demande à des connaisseurs de me conseiller les meilleurs albums pour les appréhender dans leur globalité, parce que des bribes, ça ne veut pas dire grand-chose.

Quelques inédits, quand même (j'ai particulièrement apprécié les planches de Charb, d'Edika, de Sattouf…), quelques interviews de célébrités sur la question ‘Bidochon' (Pierre Perret, Bruno Masure, Michel Onfray...). Mais pas assez de valeur ajoutée. Donc pas mal de frustration à la lecture.
Mon conseil : (re)lisez les albums dans leur intégralité, plutôt...

• Merci à Babelio et aux éditions Fluide Glacial.

Posté par Canel à 16:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

vendredi 15 juillet 2016

Challenge polars & thrillers chez Sharon

challenge thrillers polars sharon

Bilan de ma session 2015-2016 : 44 polars/thrillers lus depuis juillet 2016 (même pas un par semaine) contre 54 l'année précédente. En vrac :

Les derniers jours d’un homme, Pascal Dessaint - Hématome, Maud Mayeras - Derrière la porte, Sarah Waters - Les Réponses, Elizabeth Little - La maison en pain d’épices, Carin Gerhardsen - Un bel âge pour mourir, Barbara Abel - Fenêtre sur crime, Linwood Barclay - Les Assassins,  R.J. Ellory - La Faute, Paula Daly - Une autre vie, SJ Watson - Cherche jeunes filles à croquer, Françoise Guérin - La dame de pierre, Xavier-Marie Bonnot - Les filles oubliées, Sara Blaedel - Un hiver en enfer, Jo Witek - Les histoires cruelles finissent mal (en général), Nicolas Cauchy - Famille parfaite, Lisa Gardner - Les mères, Samantha Hayes - Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte, Thierry Jonquet - Grossir le ciel, Franck Bouysse - Cruelles, Cat Clarke - Tout pour plaire, Ingrid Desjours - Mon vieux, Thierry Jonquet - La piscine était vide, Gilles Abier - Celle que vous croyez, Camille Laurens – Les Marécages, Joe R. Lansdale – Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, Celeste Ng – L’inconnue du quai, Mary Kubica – Le coma des mortels, Maxime Chattam – Psychiko, Paul Nirvanas – Il reste la poussière, Sandrine Collette – L’Arbre à bouteilles, Joe R. Lansdale – Pères, fils, primates – Jon Bilbao – Les rêves sont faits pour ça, Cynthia Swanson – Les racines du sang, Natacha Calestrémé – Le Chien arabe, Benoît Séverac – Les enfants de la dernière pluie, Françoise Guérin – Trois jours et une vie, Pierre Lemaitre – Désordre, Penny Hancock – Et le silence sera ta peine, Elodie Geffray – Plateau, Franck Bouysse – La Fille quelques heures avant l’impact, Hubert Ben Kemoun – Pretty Girls, Karin Slaughter – La Nuit derrière moi, Giampaolo Simi - Maman a tort, Michel Bussi

Pendant ce temps, Sharon en a boulotté 111 et Belette 144.

En route pour la saison 2016-2017 avec un logo tout nouveau tout beau.

logo sharon polar 201617

Pour vous inscrire, c'est !

Posté par Canel à 13:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

jeudi 14 juillet 2016

~ Chien Pourri à la plage, Colas Gutman & Marc Boutavant

chien pourri plageL'Ecole des Loisirs, Mouche, 28 mai 2014, 62 p.


Chien Pourri, je t'aime bien : ta bonne tête, ta langue pendante qui promet des léchouilles baveuses, tes yeux, ta silhouette efflanquée...
Mais j'aime pas du tout tes aventures. Non seulement elles ne m'amusent pas, mais les mauvais traitements que t'inflige ton auteur me font grincer des dents. J'ai l'impression de voir un SDF se faire insulter et tabasser par des beaufs.

J'ai eu ce sentiment désagréable à la lecture de 'Chien Pourri' tout court, je pensais que 'Chien Pourri à la plage' serait plus fun (sea, sand, tendresse & sun), d'autant que le brave toutou semblait avoir trouvé une famille à la fin du premier opus.
Eh non, c'est reparti : il pue (sic), il ressemble à une serpillère (sic), il est bête (sic), débile (sic), il sert de souffre-douleur aux enfants comme aux adultes...

Un humour auquel je n'adhère pas du tout, bien que je ne sois pas une farouche défenseuse des animaux...

agenda 13 juillet - emprunt mdtk

Posté par Canel à 10:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

mercredi 13 juillet 2016

~ Les Mécanos de Vénus, Joe R. Lansdale

les mécanosSavage Season, 1990
traduit de l'américain par Bernard Blanc
Denoël, Sueurs froides, 2014
Folio Policier, 25 février 2016, 280 p.

♥♥

Où l'on apprend comment Leonard s'est bousillé une jambe, puisque ce Savage Season est le premier épisode des aventures de L. Pine & H. Collins.
En général, on a lu L'arbre à bouteilles (deuxième de la série) avant, puisqu'il a été traduit plus tôt en français, alors on risque d'être déçu par celui-ci, qui n'a pas la même envergure...

Les deux potes trimaient déjà dur dans des champs de rose, quand Trudy, l'ex femme de Hap, s'est ramenée les jambes bien ouvertes, les lèvres en coeur, et un projet foireux en tête. Leonard a flairé l'embrouille, il se méfie de la belle garce comme d'une armée de morpions, il a déjà dû ramasser son copain à la petite cuiller plusieurs fois à cause d'elle, de ses départs, de ses retours...
Cette fois encore, Hap ne résiste pas à la bombasse, Leonard est furax. Mais il a beau jurer qu'il ne se mêlera plus de leurs histoires, il cède quand Hap lui demande son aide pour la combine chelou qui doit leur permettre d'empocher 100 000 dollars, sans se mouiller - c'est ce qu'on dit.

Voilà, j'ai retrouvé avec bonheur le réjouissant duo et ses reparties. Cette ambiance me convient mieux que celle des 'Marécages' (roman noir one-shot de Lansdale sur fond de nature writing trop prononcé).
Malgré l'action (trop) burnée, malgré les castagnes, malgré l'intrigue simple, je ne me suis pas ennuyée - merci aux deux héros, aux dialogues, merci aux réflexions (trop rares, hélas) sur les idéaux des sixties et les désillusions, vingt ans plus tard...

La couverture de l'édition Folio est moche (aaarghh ce fond bleu, aaarghh cette chevelure filasse, ce chapeau texan et ce boléro US), je préfère afficher celle de l'édition brochée avec le combi VW vintage, d'autant que les allusions aux années hippies m'intéressent davantage que le côté chaudière de Trudy.

agenda 11 au 13 juillet

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 2e 💀

logo sharon polar 201617

Posté par Canel à 11:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 12 juillet 2016

~ La mAiSoN, Mathias de Breyne

la maisonBelfond, 9 juin 2016, 240 p.

♥♥

Magdalena ne vit que pour son ordi et ses livres, Gab est amoureux des maisons et des meubles qu'il bricole.
Il se rencontrent au gré d'une petite annonce... immobilière. Triple coup de foudre à la visite : elle pour la demeure et son propriétaire, lui pour l'acheteuse potentielle.
Malgré un malentendu, ils se jettent rapido dans les bras l'un de l'autre après quelques échanges épistolaires et photographiques.
Et là, une fois ensemble, ils n'ont de cesse « d'éclater de rire », de faire l'amour partout, dans la nature, et même dans des lits. Il faut dire qu'ils ont des années de tendresse et de plaisir des sens à rattraper.
Ils font des envieux, ils font un bébé, puis ils se séparent (on le sait d'emblée, je ne dévoile rien)...

Un roman d'une banalité affligeante malgré le parallèle intéressant entre nos existences et les cadres que nous choisissons pour vivre.
Une bluette agaçante, plutôt mal écrite à mon goût, de longs descriptifs de matières nobles et de pièces joliment agencées - on se croirait dans un magazine d'architecture-déco de luxe, comme on peut en voir chez certains médecins/dentistes (qui aiment étaler leur fric et/ou croire que leur patientèle est trop intello pour préférer 'Voici').
Quelques scènes présentées comme érotiques, donc censées émoustiller la ménagère d'environ cinquante ans - mais là encore, d'une platitude soporifique. Et enfin l'inévitable... ** happy end : ils se rabibochèrent, furent heureux et firent un autre bébé. **
Ennui à la lecture de ce roman que j'ai failli abandonner à plusieurs reprises.

agenda 9 au 11 juillet

Merci à Celia et aux éditions Belfond.

Posté par Canel à 11:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 11 juillet 2016

~ Ma fille a 14 ans, Vincent Ravalec

ma fille a

VRLibrio, 29 décembre 2004, 78 p.
illustré par Pierre Ouin

♥♥♥♠ 

Sa fille a quatorze ans !? Tiens, la nôtre aussi ! Dingue, cette coïncidence, quand même...
La maman d'Eglantine s'absente quelques jours pour le boulot, laissant seuls l'adolescente et son père.
Ce quadragénaire va pouvoir mesurer l'ampleur des changements qui se sont opérés chez "sa petite fille". Faute de pouvoir se reposer entièrement sur la mère pour les décisions et prises de tête du quotidien, il va découvrir qu'entre un(e) ado et un de ses parents, il peut faire beau plusieurs fois par jour, comme en Bretagne - avec dominance de grisaille et tempêtes fréquentes (que les chauvins de cette belle région me pardonnent ce raccourci...).

Bien sûr, si on a des enfants de cet âge, on se retrouve dans ces préoccupations, ces portraits et ces échanges souvent conflictuels - conflictuels mais pleins d'amour, comme le montre la fin, faut pas se fier aux apparences !
De Vincent Ravalec, auteur de Cantique de la racaille et de quelques autres romans qui m'ont réjouie, j'attendais quelque chose de plus percutant, plus fouillé (comme Teen Spirit de Virginie Despentes, par exemple).
Ça reste trop gentillet, malgré quelques passages drôles (interview F**n Radio, fantaisies du papa sur la plage...).

agenda 9 juillet

un passage du livre évoque l'émission parodiée par De Caunes

Posté par Canel à 16:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 10 juillet 2016

~ Une vie merveilleuse, Dominique Brisson

une vie merveilleuseSyros, Tempo+, 13 février 2014, 121 p.

♥♥♥♥♥

A partir de quand un mal-être adolescent devient-il pathologique ? Quels signes doivent inquiéter l'entourage, amener à consulter ? Les parents sont-ils les plus clairvoyants en la matière ? L'ado est doué pour faire illusion, et même les parents les plus anxieux sont souvent dans le déni.
« Sans doute voulaient-ils croire que leur fille 'au fond' n'était pas si paumée, pas si indifférente à son milieu, à son sort, à son avenir ? Sans doute espéraient-ils très fort que ce n'était qu'un passage, une de ces crises d'adolescence particulièrement aiguës, futur mauvais souvenir à ranger dans les tiroirs de la mémoire et dont on pourrait peut-être sourire un jour. Ils voulaient avoir confiance : la chrysalide allait devenir papillon. [...] Ils pensaient qu'il fallait la laisser sortir de ce sombre tunnel, longue nuit d'hiver plus rigoureuse pour elle que pour d'autres adolescents. »

Elève de troisième, la soeur du narrateur est en train de s'enliser dans une dépression sévère et bien que celle-ci s'accompagne de violence, de colères publiques fracassantes, et de comportements auto-destructeurs, seul son petit frère de douze ans semble mesurer l'ampleur du drame.
« Je sentais que cela allait mal tourner, mais je ne savais pas si je devais le dire, ni comment le dire. »
A défaut d'en parler à des tiers, il entoure la jeune fille d'attentions. Mais l'amour des proches suffit-il à guérir des troubles mentaux ?

Un texte poignant, d'une grande sensibilité, d'une grande finesse. Beaucoup de tendresse, de générosité, de douceur chez ce jeune garçon formidable qui assiste au naufrage de sa soeur aînée.
Une histoire terrible, superbement écrite.

• Une petite pensée émue et pleine de gratitude pour les enseignants qui ont le courage de tirer la sonnette d'alarme quand ils remarquent la dégringolade d'un adolescent...

agenda 6 juillet - emprunt mdtk

Posté par Canel à 09:45 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

samedi 9 juillet 2016

~ Quand le diable sortit de la salle de bain, Sophie Divry

sophied

quand le diableNoir sur Blanc, Notabilia, 20 août 2015, 320 p.

♥♥♥♥♠              

Journaliste trentenaire, Sophie ♀ est tombée ↓ dans la spirale infernale ҨҨҨ : boulot précaire, chômage, RSA, fins de mois difficiles [€ + £ + $ < 0]. Elle n'est pas encore à la rue, elle a une famille, pas tout près, certes, mais elle peut toujours s'y réfugier.╔╗

Ce roman « émaillé d'élucubrations incontrôlables » est un formidable fourre-tout, foutraque, délirant, loufdingue.
Sophie Divry s'amuse avec le style, joue avec les mots (leur sonorité et leur sens), avec la forme des lettres et la ponctuation. Les mots se tordent - calligrammes et autres fantaisies. C'est drôle !
L'auteur liste à n'en plus finir aussi ∞, et ça, c'est parfois agaçant. J'ai lu certains de ces longs recensements minutieusement, mais en ai zappé beaucoup d'autres ►►. Quand j'ai abordé cette lecture, cette particularité m'a découragée ♠, de même que les effets de style appuyés façon Queneau et Vian ©. J'ai toqué chez Cortoun, qui me semblait être encore dans cette lecture, ou tout juste sorti du truc. Le stylo-censeur à la bouche, il m'a gentiment indiqué quelles pages je pouvais 'arracher' (sic) -> pas possible, il n'est pas à moi, ce livre, mais merci tout plein, je vais te demander en 304e ami Babelio, tiens !☺

J'ai emprunté ce roman à la médiathèque parce qu'il était en bout de gondole ║ et orné d'un petit ♥. Deux signes prometteurs...
Je me suis quand même longtemps demandé pourquoi il avait mérité une telle médaille ¤, ce drôle de petit bouquin, puis je l'ai adopté à mi-parcours, appréciant de plus en plus ☼ les libertés prises sur la forme, et savourant l'humour (quelques scènes Q chaudasses cocasses (•)(•) - ((l)) - 8==>). Mais aussi, et plus encore, les réflexions sur le travail (en avoir ou pas), la place du chômeur dans la société, l'argent qu'il est facile de mépriser quand on en a suffisamment, etc.

De Sophie Divry, j'ai lu le plus classique La cote 400 qui m'a déplu - il m'a semblé renvoyer une image stéréotypée de la bibliothécaire acariâtre (ça existe encore, ces "choses"-là ? celles que je connais sont charmantes !).

agenda 7 & 8 juillet - emprunt mdtk

ManU a beaucoup aimé ce roman « plein d'humour et de profondeur. »

Posté par Canel à 10:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

vendredi 8 juillet 2016

~ Les trop petits cochons, Christian Oster

les trop petits cochonsL'Ecole des Loisirs, Mouche
13 janvier 2016, 44 p.

illustré par Frédéric Stehr

♥♥♥

Dans cette famille de trois petits cochons, il y a l'aîné, grand et svelte parce qu'il mange bien sa soupe de poireaux. Et les deux plus jeunes, trop petits, et surtout trop gras, à cause de leur penchant pour la malbouffe.
Voilà qui rappelle une autre fratrie de porcelets où, selon Bruno Bettelheim ('Psychanalyse des Contes de Fée'), l'aîné obéit au principe de réalité en construisant une maison solide pour se protéger des dangers (le loup) tandis que les deux autres préfèrent s'amuser et bâcler la construction de leurs abris - principe de plaisir...
Ici aussi, un loup reluque des cochons et boulotterait bien les plus accessibles - les deux petits, en l'occurrence.

Dans ce même registre de contes détournés, j'ai vu mieux chez cet auteur : intrigues plus originales, vocabulaire plus riche... Mais je me suis régalée, malgré tout, parce que j'ai un faible pour les histoires de petits cochons, surtout quand les illustrations sont sympas, et c'est vraiment le cas ici - mode de déplacement futé et rigolo de Max & Mix, confrontation loup-Mox avec quelques indices pour que le petit lecteur ait une longueur d'avance sur les protagonistes...

agenda 7 juillet - pour Zia

/!\  attention, mes photos spoilent  /!\

PCL1

PCL2

PCL3
(images zoomables)

Posté par Canel à 15:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 7 juillet 2016

~ Prendre Lily, Marie Neuser

prendre lilyFleuve Noir, 2015
Pocket, 12 mai 2016, 560 p.

♥♥

« Maman a été coupée en morceaux ! Maman a été coupée en morceaux ! » crient Maddy et June, onze et quatorze ans, en ressortant de leur maison plus vite qu'elles n'y sont entrées au retour du collège. Leur mère Lily gît en effet dans la baignoire, dans une mare de sang, le ventre ouvert, les seins détachés du buste, pas tout à fait décapitée mais l'intention y était, une mèche de cheveux dans chaque main...
Cette image n'a pas fini de hanter les enquêteurs Jim, Daphné, et surtout Gordon McLiam (le narrateur) qui, comme le dit fort à propos Télérama "confond parfois justice et vengeance".

D'emblée, on a un suspect que tout accable, les preuves s'accumulent, mais le "gros lard" (sic) est insaisissable comme une savonnette, ce qui rend McLiam totalement dingue. L'enquête et la traque durent, s'éternisent, piétinent, se répètent... Et je m'ennuie comme jamais en découvrant ce récit vide et long.
Serviette jaune, fétichisme capillaire, sudation, 'gros lard', baskets, Javel, Italie, Gloria. On reprend ces idées d'une page à l'autre et on tourne en rond. A l'image d'une véritable enquête, certes, mais j'attends autre chose d'un roman policier (des protagonistes convaincants, des échanges bien menés).
D'autant que j'ai vite trouvé le flic narrateur au moins aussi antipathique que son suspect - suffisant, arrogant, macho, snobinard. A l'opposé d'un autre britannique de littérature policière : le délicieux Tom Lynley d'Elizabeth George, par exemple.

neuserDe Marie Neuser, j'ai lu Je tue les enfants français dans les jardins et Un petit jouet mécanique. J'ai beaucoup aimé, appréciant l'originalité des intrigues. Ici on assiste à une enquête sur un présumé serial killer, déjà vue maintes fois, et surtout d'une lenteur exaspérante. Je crois ne m'être jamais autant barbée à la lecture d'un polar ! 560 pages interminables.
Après avoir "pris" cette Lily nous sommes invités à poursuivre l'affaire et à Prendre Gloria (suite de cet opus) - la jeune Gloria dont on entend déjà abondamment parler dans la première partie de l'enquête.
Non merci, trop contente d'en avoir enfin fini avec ce roman poussif.

agenda 3 au 7 juillet

challenge polars & thrillers 💀 2016-2017 chez Sharon - 1e

logo sharon polar 201617

Posté par Canel à 11:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]