Canel

samedi 23 septembre 2017

~ Roméo à la folie, Christine Sagnier

romeo

Editions Zinedi, 15 juin 2017, 147 p.

roméo

♥♥♥♥♥

Les violences faites aux femmes et les maltraitances parentales sur enfants sont très médiatisées, a fortiori quand elles sont suivies d'un décès. 
On entend beaucoup moins parler des parents terrorisés par leurs enfants/adolescents. Parce qu'ils ont honte ? Parce que les autres, les familles Ricoré, estiment que, quelque part, 'ils le valent bien', ces adultes qui ont perdu toute autorité sur leur rejeton ?

Il faut avoir connu des cas parmi ses proches pour mesurer l'ampleur des dégâts sur ces parents : terreur face aux violences verbales et physiques, inquiétude (où est-il/elle, ce soir, cette nuit ? dans quel état ?), sentiment d'impuissance et de culpabilité (je suis nul(le) comme père/mère), honte, mutisme, dépression, repli sur soi, envies de meurtre/suicide, parcours du combattant pour trouver LE psy, LA structure d'accueil, accueil froid, goguenard et/ou hostile de ces spécialistes (qui trouvent le gamin adorable, alors c'est forcément les parents qui 'ont un problème'), difficulté de concilier vie professionnelle et horaires fantaisistes des rendez-vous donnés par ces structures (pour tester votre résistance ? pour mesurer l'amour que vous portez à votre enfant ? pour montrer leur pouvoir ? par pur plaisir de faire ch!er le monde ?)...

Pour prendre conscience de l'enfer vécu par ces parents martyrs, on peut aussi lire ce roman - inspiré de l'expérience personnelle de l'auteur, je crois - que d'aucuns pourront trouver exagéré, et qui ne l'est pas. 

Christine Sagnier manie bien l'ironie du désespoir, mais pour peu qu'on reconnaisse des témoignages de proches ou qu'on accepte de la croire sur parole, cet ouvrage terrible est surtout triste à hurler.

Qu'avons-nous fait pour en arriver là, dans notre société ? Car si l'enfant devient bourreau, on peut imaginer la souffrance qui le ronge lui-même...

• Merci à Babelio et aux éditions Zinedi.

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 21 & 22 sept. 

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vendredi 22 septembre 2017

Actus

 

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 *   *   *

et l'incontournable en ce 1er jour d'automne que je mets presque chaque année sur ce blog...

 

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mercredi 20 septembre 2017

Hamon nous vivant - Le moment Meurice (France Inter, 20/09/2017)

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« Parlons amour avec Benoît Hamon et les Hamonistes qui veulent s'aimer entre eux. Un site de rencontre "Hamonamour.fr" a même été crée par un étudiant. Un projet très sérieux... »

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~ Le Jour d'avant, Sorj Chalandon

le jour

Grasset, 16 août 2017, 336 p.

-rl2017

« Si on fait trop de sécurité, on ne fait pas de rendement. » 
Quand le travail tue, brutalement ou à petit feu, au nom du profit. Hier, la mine au Nord et à l'Est de la France, aujourd'hui le bâtiment, l'industrie, etc., près de 'chez nous' ou à l'autre bout du monde...

Dans ce roman bouleversant, Sorj Chalandon rend hommage aux quarante-deux personnes « tuées par la mine, le rendement, et le souci d'économies » le 27 décembre 1974, à la fosse Saint-Amé de Liévins-Lens. 
A travers la voix de Michel, l'auteur raconte la mine et la vie dans les corons avant la fermeture des bassins houillers.

C'est l'histoire d'un amour infini entre Michel et son frère Jojo qui se rêvait pilote de F1 et est devenu mineur à vingt ans, au grand dam du père agriculteur. Une histoire de deuils impossibles, de vies brisées par le chagrin et la volonté de revanche pour certains, par le remords et la culpabilité pour d'autres.

Tandis que son dernier ouvrage (Profession du père) m'avait laissée froide, je redécouvre ici l'immense talent du journaliste Sorj Chalandon qui observe et décrit avec intelligence et sensibilité notre société, et les sentiments et rapports humains (cf. Mon traître, Retour à Killybegs...).

Lorsqu'il se présente en interview, l'auteur évoque fréquemment le bégaiement de son enfance, qui a laissé des traces dans sa façon d'écrire : « à l'os ». 
Pas de fioritures, en effet, des phrases courtes et sobres, des idées qui nous bousculent, et des images fortes comme celle-ci : 
« Et puis il a ri. Son beau rire de grand frère. »
Cette image donne le ton de l'histoire émouvante de Michel et de son frère. Non pas le ton du rire rassurant de l'aîné qui vous accompagnera et épaulera toute votre vie, mais celui du silence assourdissant laissé par sa disparition...

Splendide !

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 17 > 20 sept. 

mine

 terril
terril & corons

 vestiaire mineurs
vestiaire/salle de douche pour mineurs, autrement appelé-e salle des pendus

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mardi 19 septembre 2017

# Jojo, Jacques Brel (cover)

Chanson citée dans Le jour d'avant de Sorj Chalandon (en cours de lecture).

le jour d'avt

 

 
(je n'ai trouvé qu'un 'cover', une reprise... pas d'interprétation par Jacques Brel)

*  *  *

Jojo, 
Voici donc quelques rires 
Quelques vins, quelques blondes 
J'ai plaisir à te dire 
Que la nuit sera longue 
A devenir demain
Jojo,
Moi je t'entends rugir
Quelques chansons marines
Où des Bretons devinent
Que Saint-Cast doit dormir
Tout au fond du brouillard

Six pieds sous terre Jojo, tu chantes encore
Six pieds sous terre, tu n'es pas mort

Jojo,
Ce soir comme chaque soir
Nous refaisons nos guerres
Tu reprends Saint-Nazaire
Et je fais l'Olympia
Au fond du cimetière
Jojo,
Nous parlons en silence
D'une jeunesse vieille
Nous savons tous les deux
Que le monde sommeille
Par manque d'imprudence

Six pieds sous terre Jojo, tu espères encore
Six pieds sous terre, tu n'es pas mort

Jojo,
Tu me donnes en riant
Des nouvelles d'en bas
Je te dis « Mort aux cons »
Bien plus cons que toi
Mais qui sont mieux portants
Jojo,
Tu sais le nom des fleurs
Tu vois que mes mains tremblent
Et je te sais qui pleures
Pour noyer de pudeur
Mes pauvres lieux communs

Six pieds sous terre Jojo, tu frères encore
Six pieds sous terre, tu n'es pas mort

Jojo,
Je te quitte au matin
Pour de vagues besognes
Parmi quelques ivrognes
Des amputés du coeur
Qui ont trop ouvert les mains
Jojo,
Je ne rentre plus nulle part
Je m'habille de nos rêves
Orphelin jusqu'aux lèvres
Mais heureux de savoir
Que tu ne le sais pas

Six pieds sous terre Jojo, tu n'es pas mort
Six pieds sous terre Jojo, je t'aime encore.

-

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dimanche 17 septembre 2017

~ Le temps est assassin, Michel Bussi

le tps

Presses de la Cité, avril 2016
Pocket, 4 mai 2017, 624 p.

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♥♥♥♥

En août 1989, Clotilde avait quinze ans et passait ses vacances en Corse dans un camping avec papa-maman-frérot, pas loin de chez les grands-parents paternels. 
Clo était une ado un peu rebelle (vêtements noirs, têtes de mort, serviette de plage Metallica), volontairement en retrait des autres jeunes. Elle consignait ses rêves et son mal-être dans son journal intime, y notait ses observations acérées et cyniques sur les comportements des adultes et des ados un peu plus âgés qu'elle.
Elle a tenu ce journal jusqu'au 23 août, jour où ses parents et son frère ont péri dans un accident, à bord de la Fuego familiale.

fuegoVingt-sept ans plus tard, Clotilde revient pour la première fois en Corse, dans le camping de leur été 89, avec son mari et leur fille de quinze ans. Elle retrouve quelques personnes présentes l'année du drame...

Régal de lecture... mais seulement sur les trois premiers quarts.
Peu d'auteurs me font cet effet-là, à ce point : aussitôt le livre commencé, aussitôt addictif. Le poser à regret, avoir hâte d'y revenir, savourer avec délices les moments où on s'y remet.

J'ai savouré la narration, particulièrement le ton de Clotilde adolescente, son humour grinçant, et certains détails m'ont enchantée, comme les façons de définir la couleur du ciel à chaque nouvelle date du journal... 
J'ai adoré découvrir la Corse de cette manière, réfléchir sur le hiatus tourisme/écologie, être replongée dans cette ambiance de fin des 80's, de camping en bord de mer, de vacances où l'on ne trouve sa place ni en famille ni avec les autres ados, où l'on assiste, troublé(e), aux parades de séduction des plus grands - les corps dénudés à la faveur de l'été, qui se cherchent, se promettent, se trouvent (ou pas) : « Moi j'observe, cachée, subjuguée. J'apprends. J'apprends ces choses que les mamans n'enseignent pas. »

Bussi est très doué pour les ambiances, et tout autant pour les intrigues à suspense.
Mais comme avec Maman a tort et N'oublier jamais, j'ai regretté que l'histoire traîne et s'éparpille autant. Au lieu d'y gagner en suspense, on y perd en intérêt, l'attention se relâche, et on finit par se ficher un peu de qui a fait quoi. D'autant que l'auteur a parfois recours à des techniques discutables pour retomber sur ses pieds et nous donner le mot de la fin...

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10 au 14 sept. - image (zoomable) : une Fuego rouge

•  quelques morceaux de la playlist  •

 

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samedi 16 septembre 2017

~ Femme à la mobylette, Jean-Luc Seigle

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Flammarion, 23 août 2017, 238 p.

JLS

♥♥♥♠♠

Histoire triste d'une femme, d'une femme à bout, bout de (vieilles) ficelles, selle de mobylette, let me get off the (love) story...

De Jean-Luc Seigle, j'avais aimé Je vous écris dans le noir, et plus encore le bouversant En vieillissant les hommes pleurent
J'étais impatiente de le retrouver en cette rentrée littéraire. 

Le début de ce dernier roman m'a enthousiasmée, même si la ressemblance avec les premières lignes de Chanson douce (Slimani) m'a fait tiquer. 
bethsabéeDéception rapide ensuite, impression d'emprunts épars, à Joncour, Goolrick (Arrive un vagabond), Ono-dit-Biot, Benameur, Olmi, Gallay, ainsi qu'à Sizun, De Vigan et Bourdeaut pour la mère bipolaire. 
Et puis à d'autres auteurs non-identifiés - impression tenace de déjà-lu, et renouvelée à mesure que d'autres éléments s'ajoutaient à l'intrigue.

Comme son héroïne Reine avec ses 'tissanderies', l'auteur coud, assemble, recycle à pas cher, pour rendre vivant ce qui ne l'est pas/plus. Ça donne un patchwork pas convaincant, cousu de gros fil, kitsch et clinquant. Rien de féérique dans le résultat - ou plutôt si, un conte de fées mais à la Disney, convenu et démago.

• 5/5 pour le personnage bouleversant d'Igor, 4 pour le début et la fin, 2 pour le reste, -1 pour la bluette...

EXTRAIT : Seul Igor a du mal à se réjouir de ce [cadeau]. Pire que la crise, il redoute tout autant ces moments où sa mère réussit à faire vibrer la vie autour d'elle, où elle s'excite pour rien, quelquefois sans raison. Il mesure l'extrême dangerosité de cet état qui risque à la moindre contrariété de la fissurer tout entière. Le phénomène a empiré depuis que son père a quitté la maison, comme si sa présence avait, toutes ces dernières années, servi de digue aux débordements de sa mère. Igor en a voulu à son père d'être parti, mais depuis qu'il échange avec lui par Internet quand sa mère est absorbée dans ses travaux de couture et ses tissanderies, il a fini par accepter. C'est à lui-même surtout qu'il en veut, parce qu'il n'est pas capable de servir de digue aux débordements de sa mère ; sûrement parce qu'il est trop petit et que son corps d'enfant ne réussit pas encore à se mettre en travers de la folie. Il doit falloir un corps de colosse. (p. 84-85)

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14 > 16 sept. - emprunt mdtk - image : Bethsabée au bain, Rembrandt (1654)

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jeudi 14 septembre 2017

~ Une bouteille à la mer, Orianne Lallemand

une bouteille

Editions Millefeuille, 21 mars 2013, 45 p.

SL

♥♥♥♠♠

St-Lunaire (près de St-Malo, en Bretagne), vacances de la Toussaint. Timothée s'ennuie, parce que les stations balnéaires, « c'est bien en été, mais triste après ! ». Alors il lance une bouteille à la mer, dans l'espoir de trouver des copains, ou au moins quelqu'un qui lui écrirait en retour.

L'ambiance rappelle le 'St-Lunaire dimanche matin' d'Etienne Daho (après la 'fête', on est seul et tristounet), mais là, rien de sensuel, heureusement, puisque les deux protagonistes sont un vieux pêcheur veuf et un garçon de dix ans.
Le vieillard ronchon est d'abord hostile, puis on les voit s'approcher timidement, sympathiser et devenir copains malgré la différence d'âge.

La quatrième de couverture annonce « une belle histoire d'amitié, par-delà les générations ».
Je l'ai trouvée décevante (courte, convenue, et vieillotte dans le ton et le graphisme). On a l'impression que cette intrigue légère n'est qu'un prétexte pour introduire les six pages 'documentaires' de la postface - passionnantes, en revanche : l'histoire des 'bouteilles à la mer' et leur utilisation par les climatologues, aujourd'hui encore. 

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14 sept - emprunt mdtk

Souvenez-vous... ♪♫

J'avais oublié que j'ai été amoureuse à ce point de ce chanteur 😍, que je trouve bien fade aujourd'hui.

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mercredi 13 septembre 2017

Actus

Etats-Unis, ouragans, écologie, Macron & les fainéants... et puis, loin derrière dans les médias, les migrants.

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en haut de la pyramide : VOTE MACRON - juste dessous : PARCE QU'IL EST JEUNE/NOUVEAU 

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 - mouvement social du 12/09 -

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 - les paradoxes féministes -

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- menace nucléaire -

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 le mot de la fin à Bruno Masure - merci !

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 - même phénomène en Asie avec la persécution des Rohingyas en Birmanie -

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dimanche 10 septembre 2017

~ Respire, Anne-Sophie Brasme

respireFayard, 2001
Le Livre de Poche, 9 octobre 2002, 190 p.

asb♥♥♥♥♥ 

Charlène est incarcérée, elle n'a que dix-neuf ans. 
Elle a tué, à seize ans. Qui ? Pourquoi ? On le découvre à mesure que la jeune fille égrène ses souvenirs d'enfance, de collège, de lycée...

Histoire d'une relation toxique, d'autant plus dérangeante qu'on a du mal à distinguer comment cette amitié a dégénéré, et si Sarah est sadique, Charlène masochiste, ou les deux. 

L'habileté de ce roman m'a bluffée, d'autant qu'il a été écrit par une jeune fille de dix-sept ans. On y reconnaît les tourments de l'adolescence (problèmes d'identité et d'affirmation de soi). Le ton et l'histoire sont d'une grande justesse : sans mièvrerie ni esbroufe, l'auteur décrit parfaitement la fragilité, le mal-être et les excès de cette période difficile. 

A lire dès quinze ans. On ne peut qu'y trouver des échos, à tout âge, et pour tout type de relation à deux - amicale, amoureuse, familiale, professionnelle...

Ce roman a été adapté au cinéma par Mélanie Laurent en 2014. La bande-annonce ne me convainc pas, je préfère rester sur l'intensité du roman.

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9 & 10 sept.

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samedi 9 septembre 2017

~ Nature morte, Louise Penny

nature morte

Still Life, 2005
louise pennyFlammarion Québec 2010 pour la traduction française
traduit de l'anglais (Canada) par Michel Saint-Germain
Actes Sud, Babel noir, 440 p.

♥♥♥♠♠

« Nature morte ».
Nature : oui, on y est, dans un charmant village québecois au milieu des arbres et des cervidés. Une nature engourdie, parce que c'est l'automne, parce que les habitants sont plutôt paisibles, malgré quelques vieilles rancoeurs - comme partout quand on se connaît depuis des générations.
Morte : oui, la voilà, Jane, allongée dans les feuilles, cette dame âgée qui était très vivante avant trépas et appréciée presque à l'unanimité, avant de recevoir une flèche en plein coeur.
Nature morte : reférence au hobby de la défunte, institutrice à la retraite, et peintre à ses heures perdues.

Jusqu'ici tout va bien, il n'y a pas tromperie sur la marchandise - enfin tout ce baratin ne sert à rien quand on sait que le titre en VO était 'Still Life', mais il faut bien commencer...

Voilà un roman policier à énigme, dans la plus pure tradition des Agatha Christie où on suppute interminablement sur les potentiels coupables. Ambiance so british, qui rappelle également la lenteur de certains romans (policiers ou autres) nordiques, avec la bonne dose de fausses pistes pour entretenir le suspense. 
Pas de bol, ce n'est pas ce que je préfère dans un polar, trop d'atmosphèèère, et que de l'atmosphèèère... et je fais la gu3ule. J'aime bien apprendre, dans un cadre socio-historique dépaysant, rire, être émue, angoissée, trouver des personnages un peu complexes, cogiter avec eux, et pas seulement sur l'enquête - on a juste droit ici à une flic abrutie caricaturale qui sert de tête de turc à ses chefs, j'en aurais pleuré de pitié.

Quelques jolies réflexions malgré tout, une poignée de personnages attachants, des paysages qui peuvent faire rêver si on aime la forêt en automne. 
Pas mal d'ennui pour ma part quand même, et la fin ne rachète rien, au contraire : des indices et un mobile tirés par les cheveux et un coupable qui est, j'ai déjà vu ça quelque(S) part(S)... un de ceux auxquels on s'attendait le moins... 

Merci Cécile/Latina pour cette lecture commune. Ton enthousiasme m'a fait accélérer le rythme, il me tardait de pénétrer chez Jane, et tu m'y as devancée, curieuse ! 😉

• Déjà douze enquêtes de l'inspecteur-chef Armand Gamache sont parues à ce jour. Adieu l'ami, je ne referai pas de bout de chemin avec toi...

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 3 > 8 sept.

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jeudi 7 septembre 2017

~ Mato Grosso, Ian Manook

mato grosso

Albin Michel, 4 octobre 2017, 315 p.

♥♥♠♠♠

Retour au Brésil après trente ans d'absence pour Jacques Haret, écrivain parisien. Il est convié à Petropolis pour présenter son dernier ouvrage, 'Roman brésilien' - croit-il. La véritable raison de l'invitation est un chouïa plus complexe, et surtout beaucoup moins agréable qu'une rencontre littéraire. 

Ayant eu de bons échos de la trilogie mongole de Ian Manook, ayant entendu/vu l'auteur la présenter, j'attendais de découvrir le Brésil sous sa plume, tout en redoutant les côtés action & aventure.

Le début m'a agréablement surprise, rappelant la pièce 'La jeune fille et la mort' (du dramaturge chilien Ariel Dorfman). Les références aux derniers jours de Stefan Zweig m'ont paru un peu artificiels (cf. roman de Laurent Seksik), mais bon, attendons pour voir...
J'ai finalement vite manqué d'air entre la moiteur tropicale, les descriptions d'une nature aussi hostile que superbe, et d'animaux redoutables (en VO, s'il vous plaît), et surtout les règlements de comptes entre mecs sévèrement b*rnés & armés.

Abandon page 137/315. Je pensais avoir le courage de reprendre ma lecture avant l'échéance fixée pour la rédaction du billet, j'ai cinq jours de retard et n'en ai toujours pas envie, désolée...  
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Merci à Babelio et à Albin Michel pour ce partenariat.

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01 > 03 sept.

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mercredi 6 septembre 2017

~ Prézizidentielle, une enquête de Julie Pagis & Lisa Mandel

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Les élections vues par les enfants
Casterman, Sociorama, 29 mai 2017, 168 p. 

♥♥♥♥

Le titre initialement prévu, annoncé en fin des précédents ouvrages Sociorama, était plus sobre. C'est bien parce que je suis devenue fan de cette série que j'ai passé outre ce 'zizi' racoleur, rougeâtre & turgescent (même si ce genre d'humour ne me fait pas toujours reculer)...

mandel et pagisDe février à avril 2017, la sociologue Julie Pagis et l'illustratrice Lisa Mandel sont allées ensemble dans une école primaire pour interroger et écouter deux classes (CE1 et CM2), sur l'élection présidentielle à venir. Il y avait de la matière pour faire réagir des enfants sur ce sujet, l'actualité politique a été chargée, la campagne aussi spectaculaire que navrante et ridicule.

Ils sont vraiment rigolos, ces gamins de huit à douze ans ! Ils répètent ce qu'ils entendent à la maison, dans la rue, à la TV, ils font leurs amalgames, créent leurs raccourcis pour piger des discours complexes et une situation qui les dépasse. Comme nous, quoi - sauf qu'ils sont plus sincères, et plus manichéens (grande mansuétude utopique vs égoïsme assorti d'une discipline de fer).

On peut déplorer quelques longueurs, les jeux de rôle pour faire débattre les élèves m'ont semblé superflu. 
Les passages où la sociologue explique sa méthode (absence de l'enseignant pour que l'élève ne se sente pas jugé), et décrypte les comportements et réflexions sont en revanche passionnants.
Exemple
« Les enfants sont-ils de gros fachos ?
On a demandé à des enfants de 7 ans comment ils verraient la France idéale.
-> « Plein de police. Des caméras partout ! La cigarette interdite. de la propreté. On tue les voleurs ! C'est quoi cette coiffure ? Les barrettes c'est pas fait pour les chiens ! Je peux te chanter l'hymne nazi que j'ai appris à la récré ? »
On serait donc tenté de répondre OUI. Et on en vient même à se demander si cet autoritarisme ne serait pas BIOLOGIQUE ! Genre : tous les enfants auraient un 'penchant' réactionnaire. Mais gardons-nous des conclusions hâtives... [...] Les enfants sont perpétuellement l'objet de pratiques autoritaires [On ne coupe pas la parole à un adulte. Hop, en pyjama ! On ne répond pas ! Lave-toi les dents. ne mets pas de l'eau partout !! Les pantoufles ! Mets pas tes doigts dans ton nez ! Tiens-toi droit ! . Il ne faut donc pas s'étonner que nos chers bambins soient tentés de recycler les schémas répressifs auxquels ils sont soumis, à la terre entière... Dieu merci, ils n'ont pas l'âge légal. »
(p. 72 > 76)

Intéressant et amusant !
A lire, comme la plupart des autres ouvrages de la série 'Sociorama'. 

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 19 & 20 août

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lundi 4 septembre 2017

Bonne rentrée à tous !

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et mollo sur les goûters gras/sucrés/salés, les petiots (et les mamans gourmandes) ! 😋😏

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samedi 2 septembre 2017

~ Une poignée d'étoiles, Rafik Schami

une poignée

Eine Hand voller Sterne, 1987
rafiktraduit de l'allemand par Bernard Friot
L'Ecole des Loisirs, Médium, 1998, 295 p.

-

 

Un quartier populaire de Damas, en Syrie, vu par un fils de boulanger qui rêve de devenir journaliste, à une époque que je n'ai pas su déterminer (années 50-60, lorsque les putschs se succèdent ?).

On suit les observations et réflexions de cet adolescent par le biais de son journal intime, rédigé entre ses quatorze et dix-sept ans. Le jeune homme mûrit, ses résolutions s'affirment, tandis que se dégrade la situation de son pays, jusqu'alors riche de la diversité culturelle d'individus d'origines et de religions variées, cohabitant pacifiquement...syrie

Je ne sais plus comment ce livre a atterri entre mes mains. Sans doute était-il signalé par un grand coeur en librairie. Et comme je suis curieuse d'en savoir plus sur la Syrie « d'avant », pour comprendre un peu mieux ce qui se passe aujourd'hui mais de façon simple (littérature pour ados, en l'occurrence), j'ai pris.

Ce roman est probablement en partie autobiographique puisque l'auteur est né à Damas au milieu des années 1940. Excellent conteur, Rafik Schami mélange à merveille petits détails du quotidien de jeunes garçons, drames d'adultes dans un contexte politique chahuté, et sagesse de contes orientaux toujours introduits fort à propos via la voix du formidable 'oncle Salim'.

Grandiose ! A la fois drôle, tendre, instructif, révoltant et émouvant.

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30 août > 1e septembre

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vendredi 1 septembre 2017

~ Le Peuple des endormis, Didier Tronchet & Frédéric Richaud

le peuple

Futuropolis, 26 mai 2016, 144 p.

lu par Canel

♥♥♥♥♠ 

la menagerie

Cet album est une adaptation du roman de Frédéric Richaud, La ménagerie de Versailles, où un marquis, pour gagner les faveurs de Louis XIV, entend rapporter d'Afrique de superbes spécimens d'animaux exotiques. 

Même si le dessin épais et chargé de Didier Tronchet rend la lecture parfois ardue, on jubile à suivre les aventures mouvementées de ce marquis fantasque, aussi rusé que naïf, à la fois prétentieux et loser, globalement bien sympathique.

Au-delà de ces péripéties pleines d'humour, l'album témoigne également de la mentalité de l'homme blanc à l'égard du 'nègre' aux débuts du commerce triangulaire - un sauvage à civiliser, exploiter et/ou évangéliser...

Délicieux moment de lecture, grâce à l'humour et aux dialogues savoureux qui rappellent les meilleurs romans de Jean Teulé et le film Ridicule (Leconte, 1996).

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30 août - emprunt mdtk

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... et Mr

♥♥♥♥ 

Un adolescent subit le manque d'affection de sa mère et ses exigences morales insensées. Le père, souvent absent, ne conçoit pas l'éducation de son fils de la même manière. Le jeune homme voit dans les activités paternelles macabres un moyen d'échapper à l'emprise de sa mère. Lorsque cette liberté risque de s'envoler, l'adolescent doit faire des choix.

Cette histoire d'aventure originale, pleine de suspense et racontée avec humour, met en scène quelques personnages hauts en couleur. Les aventures d'Ulysse servent parfois de fil conducteur, amenées dans cette BD avec subtilité, pour notre plus grand plaisir.

Il est dommage que le graphisme soit si sombre, avec des dessins si chargés et des visages aux traits saillants. Il est vrai que ce visuel s'accorde souvent avec l'ambiance de l'histoire. J'aurais néanmoins préféré un graphisme plus reposant, avec des dessins plus faciles d'accès.

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 (zoomable)

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jeudi 31 août 2017

~ Mala Vida, Marc Fernandez

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Préludes Noir, 7 octobre 2015
Le Livre de Poche, 8 mars 2017, 288 p.

MF

♥♥♥♥

Après trente-six années de franquisme et quarante ans de répit relatif, ses nostalgiques reviennent au pouvoir, 'grâce' à la crise économique qui touche sévèrement  l'Espagne depuis 2012. 
On imagine les conséquences : une république en marche... arrière. Le vent de liberté qui a soufflé avec la Movida semble bien loin, les médias sont muselés, on garde quand même quelques soupapes pour faire illusion. Diego Martin est l'un de ces journalistes qu'on laisse s'exprimer, même si les lièvres qu'il soulève avec des complices bien informés dérangent beaucoup dans les hautes sphères...

Parce que la menace est réelle, des auteurs imaginent l'accession au pouvoir de l'extrême droite dans des pays d'Europe. François Durpaire et Farid Boudjellal ont fait l'exercice pour Marine Le Pen en France (BD La Présidente), le journaliste Marc Fernandez pour l'AMP (mouvement populiste plus ou moins fictif) en Espagne.

J'ai d'autant plus apprécié ce récit de politique-fiction qu'il m'a appris des éléments de l'Histoire espagnole que j'ignorais (des méthodes de 'redressement idéologique' proches de celles utilisées par les nazis, la loi d'amnistie votée en 1974...). 
Si l'intrigue, ses ingrédients, ses personnages et son rythme lent risquent de décevoir les passionnés de littérature policière, le contexte est en revanche passionnant. Et rien que pour ça, ce roman mérite vraiment qu'on s'y arrête.

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27 > 30 août

 

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mercredi 30 août 2017

Actus

Les vacances, c'est quasi fini. Que s'est-il passé ces derniers jours, alors qu'on était loin de tout ça ?

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mardi 29 août 2017

~ Abraham et fils, Martin Winckler

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Editions POL, avril 2016
winckFolio, 17 août 2017, 535 p.

♥♥♥♠♠

Un père médecin, son fils de dix ans, l'exil pour fuir un drame personnel, l'arrivée dans une petite ville du centre de la France, l'acclimatation avec les gens du cru...

Comme l’a déjà souligné Gambadou, les ressemblances entre ce roman et la dernière série de Marie-Aude Murail sont nombreuses : 
- titres : Abraham et filsSauveur & fils ;
- lieu : Orléans ou pas très loin ;
- deux personnages principaux : un père veuf et son jeune fils orphelin ;
- profession médicale du père, approche formidable avec les patients ;
- enfant qui se cache pour écouter les échanges entre adultes ;
- non-dits autour de la mort de la mère, maladresse paternelle.
Ces deux ouvrages étant parus en même temps (avril 2016), comment expliquer ce phénomène, sinon par l’intervention d’un ghost-writer qui aurait soufflé les mêmes idées aux deux auteurs pour quelques éléments de la trame ? 

Le contexte est en revanche complètement différent : Abraham est un Juif expatrié d’Algérie, l'intrigue se situe dans les années 60. On appréciera d’autant mieux ce parfum de nostalgie si on a connu cette époque, je pense. Martin Winckler rend hommage aux séries TV, films, acteurs, et chanteurs de l’époque, à la littérature jeunesse alors disponible (les « illustrés » et les romans d’aventure que Franz boulotte sans modération). 

On peut être agacé par un léger côté franchouille qui rappelle 'Les choristes' (Barratier), ou gentillet façon 'Les enfants du marais' (Becker). Comme dans les autres ouvrages de cet auteur traitant de près ou de loin de la pratique de la médecine, on retrouve un sujet qui lui est cher : le respect et la confiance mutuels entre soignant et soigné. 
La lecture est très agréable, mais je regrette quand même quelques longueurs : la voix de l’enfant (répétitive) l'emporte sur les échanges entre adultes. Et c'est dommage car la partie 'énigme' autour de souvenirs de guerre, façon ‘Un long dimanche de fiançailles’ (S. Japrisot), est passionnante.

La fin annonce clairement une suite. Pas sûr que je me jette dessus, même si j'ai apprécié les jolis échanges père-fils. 

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16 au 23 août

Posté par Canel à 11:30 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

lundi 28 août 2017

~ L'illusion délirante d'être aimé, Florence Noiville

l'illusionStock, août 2015
Points, 16 février 2017, 196 p.

flon

♥♥♥♠♠

« On peut devenir fou parce qu'on s'est retrouvé du jour au lendemain otage d'un cerveau détraqué qui n'est pas le sien. »

La discrète Laura et la volubile C. sont devenues amies en intégrant une prépa littéraire parisienne, puis se sont perdues de vue. Elles se retrouvent quelques années plus tard (par hasard ?) au cours d'une séance de signature. Journaliste TV et romancière, Laura Wilmote vit ses heures de gloire, tandis que C. végète comme pigiste pour un magazine féminin. C., fascinée par Laura, resserre les liens au point d'étouffer sa 'proie' - la relation prend vite des allures de prédation.


Si le début du roman ressemble beaucoup à D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan, il s'en éloigne peu à peu, tout en restant dans le registre 'thriller psychologique' (façon Tatiana de Rosnay, c'est-à-dire assez léger). On apprend beaucoup sur l'érotomanie, cette « conviction délirante d'être aimé » décrite par le psychiatre Clérambault à la fin du XIXe siècle et c'est l'attrait principal de cet ouvrage, dont l'intrigue elle-même, bien que prenante et oppressante, m'a semblé manquer d'envergure et de subtilité.
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24 & 25 août

Posté par Canel à 11:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

vendredi 18 août 2017

~ Tous migrants ! (60 dessins de presse) - collectif, préface de Benjamin Stora

tous migrantsGallimard, Cartooning for Peace, 11 mai 2017, 116 p.

benj

♥♥♥♥♥

« Depuis 2014, un million et demi de migrants ont rejoint l'Europe. Benjamin Stora nous interpelle face à ce phénomène migratoire sans précédent dans l'histoire contemporaine, qui frappe par son ampleur et sa durée. »

Dans la collection Cartooning for peace, où l'on voit qu'un petit dessin vaut souvent mieux qu'un long discours, et dans le même esprit que Eux, c'est nous, ce recueil de dessins de presse montre et explique cette actualité qui dérange - hostilité pour les uns, mauvaise conscience pour les autres...
Le sociologue-historien Benjamin Stora expose en préface comment/pourquoi « relever le défi de l'hospitalité », déclinant le sujet en sept thèmes : départ, passeurs, voyage, murs & frontières, politiques d'accueil, xénophobie, 'vivre ensemble'.

Cet ouvrage est bien utile pour clarifier des aspects un peu compliqués, et rappeler que les pays d'Europe, et en particulier la France, se sont construits grâce aux mouvements de population. D'autant que la force de frappe de certains de ces dessins est puissante !

Si on a peur des essais trop ardus, on peut aussi lire : Eux, c'est nous (collectif), Akim court (album jeunesse de Claude K. Dubois)...
Et compléter par l'étude sociologique en BD Les nouvelles de la jungle (de Calais) de Lisa Mandel et Yasmine Bouagga.

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 11 août

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 Celui-ci m'émeut particulièrement (quid des deux personnes tout en haut ? portées disparues ? décédées ?) :

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Posté par Canel à 20:30 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Bonne rentrée sportive !

Publicité affichée sans vergogne ces jours-ci :

decathlon

En effet, on préfère ne pas imaginer. Parce qu'il y a ça aussi, non ?

nike

 ... et ça...

pollu3

... et ça...

pollu

... et ça...

pollu2

etc.

Posté par Canel à 06:30 - - Commentaires [2] - Permalien [#]