Canel

lundi 21 mai 2018

~ Appelle-moi Ferdinand - Durieux, Bourhis & Conty

appelle-moi

Futuropolis, 27 août 2009, 64 p.

■  lu par  Canel  (17 mai - emprunt mdtk)

♥♥♠♠♠

A la cinquantaine, Oscar est mollasson. 
Ce n'est pas l'âge qui l'a usé, non, il a toujours été du genre passif. Les querelles avec leurs filles ados, c'est à sa femme de gérer. Celle-ci le trompe copieusement depuis des années, il ferme les yeux. Son boulot lui échappe, pas grave. Il rumine en silence.
Mais toute cette lose, c'est pas de sa faute, attention : c'est son père, artiste célèbre, qui l'a toujours étouffé. Pratique, d'attribuer ses échecs aux autres...
Une mauvaise nouvelle lui redonne un coup de fouet, il envoie valser sa routine, prend du bon temps, et va peut-être même régler quelques comptes...

Aucune empathie ni pour le bonhomme, ni pour ses aventures, aussi tragiques soient-elles par moments. 
Ennui tout au long de cette BD où je ne discernais pas très bien les contours entre actes, fantasmes et rêves.
L'intrigue rappelle évidemment celle d'un roman récent, porté à l'écran, beaucoup plus fort, dérangeant, et même insoutenable. 'Deux jours à tuer' de François d'Epenoux.

___

■  et Mr

♥♥♥♠♠

Que faire des dernières semaines de sa vie quand on est atteint d'une grave maladie ?
 
C'est la question à laquelle répond Oscar, et que le lecteur lui-même est amené à se poser. Pour ce quinquagénaire, le temps des regrets est arrivé, et ils sont nombreux : impression de ne pas avoir maîtrisé son destin, soif de vengeances, multiples frustrations. Il tente de rattraper le temps perdu et d'enfin se libérer de contraintes qu'il a subies ou s'est lui-même imposées. Mais la pomme qu'il croque désormais à pleine dents, et la vengeance, ont un goût bien amer dans un tel contexte.

L'intérêt de cette histoire est d'amener le lecteur à s'interroger sur ce qu'il ferait en une telle situation, et par suite sur ce qu'il fait de sa propre vie. S'il s'identifie quelque peu à Oscar, il peut se projeter, voire jubiler quand l'homme "se lâche". Mais le propos est généralement outré et probablement très décalé de ce que chacun d'entre nous ferait réellement ou envisagerait dans cette situation.

Le graphisme, très dépouillé, restitue bien les personnages et leurs expressions, mais convient moins bien à leurs environnements intérieurs ou extérieurs d'autant que les coloris ne sont pas toujours réussis (ciel souvent uniformément bleu) par choix du dessinateur (Christian Durieux) de ne recourir qu'à quelques couleurs de base (jaune, bleu, jaune, et rouge - jamais nuancés - noir, blanc et gris ou beige).

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dimanche 20 mai 2018

Sur l'album de la Comtesse (les contrepèteries du Canard)

Pour Laurence ! Emoji

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je donne des indices avec photos & dessins
NB : cela fonctionne au son, pas à l'écriture
et 2 mots peuvent n'en faire qu'un, ou l'inverse, comme pour l'avant-dernière, ici

•   •   •

Edouard, des ministres bûchent avec votre cousin !

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Des porcs se livrent à des rapines.

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A Cannes, où nichent les acteurs ?

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Un coup de foudre pour Tati.

Ah, Tati et ses dures luttes !

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Le mauvais goût est très mode.

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Pepy a dû cliquer avant de prendre un train tôt.

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Koh-Lanta dans les Pouilles.

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 •   •   •

Laeticia parle d'alibi et de sa dette.

Une dette mobile ?

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 - source : Canard enchaîné du 16 mai 2018 (et 25 avril) -

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samedi 19 mai 2018

~ Marie pleurait sur les pieds de Jésus, Chester Brown

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traduit de l'anglais (US) par Jean-Baptiste Bernet
Cornelius Editions, 11 mai 2016, 270 p.

♥♥♠♠♠

Et si Marie, mère du Christ, avait été une prostituée - d'où cette grossesse surprise pour Joseph, mais pas si 'tombée du Ciel' ♪♫ que ça ?
Et si Matthieu, auteur d'un des quatre évangiles, avait voulu faire passer la pilule en introduisant dans la généalogie de Jésus cinq 'travailleuses du sexe' ou femmes infidèles - Marie, Ruth et Bethsabée, pour citer les trois plus célèbres.

Bien joué, l'auteur et l'éditeur ! Je me suis fait avoir en beauté. 😒
« Quelle rôle les femmes ont-elles joué dans la grande histoire de la Bible ? A quels moments le corps et la sexualité ont-ils influencé le récit de ce mythe fondateur ? »
En ne lisant que ces deux premières phrases de la présentation, je me suis laissée appâter, pensant trouver des réflexions intéressantes sur la place des femmes dans l'Ancien Testament et le Nouveau.

« En s'interrogeant sur les raisons qui poussent Matthieu à intégrer [ces femmes dans l'ascendance du Christ], Chester Brown développe un point de vue audacieux sur l'usage du corps et de l'argent dans les Evangiles. » Certes. Mais j'ai surtout eu le mauvais esprit de penser que tout cet édifice servait à soulager sa conscience de 'consommateur' de prostituées, ou en tout cas à se justifier.

Le monsieur va jusqu'à prétendre que si vous êtes contre le sexe tarifé, c'est que la Bible vous a (mal) influencé : « J'affirme d'ailleurs que les non-chrétiens qui pensent que leurs sentiments négatifs vis-à-vis de la prostitution n'ont rien à voir avec la religion se mentent sans le savoir. Ils ont forcément été influencés par le christianisme. » 
Minute ! On peut rester réfractaire à l'idée du corps-marchandise et trouver plein d'arguments tout seul, non puisés dans les textes religieux. Même s'il est difficile d'établir dans quelle mesure nos notions du bien et du mal sont issues de notre culture judéo-chrétienne...

Si vous êtes opposé par principe à la prostitution et êtes curieux d'entendre des arguments en sa faveur, lisez plutôt Virginie Despentes (King Kong Théorie), beaucoup plus légitime pour en parler, selon moi.

A part ça, Chester Brown explique aussi, exemples à l'appui, pourquoi Dieu est si injuste, si sévère avec ses fidèles qui respectent sa parole, et si prompt à récompenser les rebelles/jouisseurs. 
Rien de convaincant dans ses arguments - la parabole du 'Fils prodigue' m'indigne autant que quand j'avais 10-12 ans (étant alors plus docile que mes grandes soeurs, j'estimais mériter un traitement de faveur 😉)...

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15 > 19 mai

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vendredi 18 mai 2018

~ What a wonderful World ! (2) - Zep

what a wonderful

Delcourt, 16 novembre 2016, 144 p.

zep♥♥♥♠♠

Zep reprend ses réflexions sur le monde, assaisonnées d'auto-fiction.
C'est rarement dans ce registre que je préfère les auteurs de BD - sauf Manu Larcenet dans son touchant Combat ordinaire. L'auto-dérision mâtinée de fausse modestie peut vite devenir lassante lorsqu'elle sert manifestement à combler les vides de l'artiste en mal d'inspiration.

J'ai trouvé quelques saynètes amusantes, malgré tout, mais moins que dans le 1e opus de cette série What a wonderful World
Zep a souvent recours à l'humour qui me réjouit chez Titeuf, mais qui est un peu faiblard et facile dans une BD pour adultes.

L'album s'ouvre sur une pépite d'émotion qui m'a peu touchée ici, alors qu'elle m'avait bouleversée lorsque je l'avais découverte sur Internet - Titeuf vivant dans un pays en guerre.
Peut-être parce qu'on ne s'attend pas à trouver autant de gravité ici ? Peut-être parce que l'histoire est mal placée dans l'album ? Qu'elle devrait avoir un autre titre ? Qu'elle mériterait une petite préface ?

Je vous invite à la découvrir : Mi-petit, mi-grand.

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15 mai - emprunt mdtk

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jeudi 17 mai 2018

~ Un castor très occupé, Nicholas Oldland

un castor

Bayard Jeunesse, 6 avril 2016, 32 p.

♥♥♥♥

« Lis l'énoncé en entier, et plutôt deux fois qu'une, avant de foncer tête baissée ! »
Quel parent ou enseignant n'a jamais dit ça à un enfant qui a malencontreusement foiré son exercice pour avoir voulu se lancer trop vite ?
Le temps perdu à rattraper le coup est souvent beaucoup plus important que celui qu'on croyait gagner en démarrant sur les chapeaux de roue.

C'est en gros la morale de l'histoire de ce petit castor qui commence plein de chantiers en dépit du bon sens et de la sécurité. 
Il s'éparpille, bousille beaucoup trop d'arbres et blesse des copains faute de réfléchir avant d'entreprendre quelque chose. 

Présentée comme ça, l'intrigue peut sembler lourdement moralisatrice. Mais cet aspect, évident pour les adultes, n'est sans doute pas ce qui marquera le plus les jeunes lecteurs qui liront/regarderont cet album. 
L'histoire est amusante, et les petits détails dans les illustrations sont vraiment délicieux - avez-vous déjà vu un caribou crawler ? un castor avec un pansement sur le nez, ou sur un lit d'hôpital orné d'un douillet oreiller bleu à pois blancs ?

En plus, la fin est plutôt cool, vantant, au-delà des vertus du sens de l'organisation, celles de l'hédonisme...

A partir de 3 ans.

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15 mai - emprunt mdtk

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mercredi 16 mai 2018

Des titres qui chantent ! ♪♫

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Un clic clic sur la couv' et la chanson démarre  ♪♫  - magic juke-box ! 😏

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C'est varié : Boney M, Thiéfaine, Jeanne Mas, Bashung, Calo & Passi...

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Et pour finir, un clin d'oeil à un grand Jacques qui nous a quittés récemment.

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mardi 15 mai 2018

~ La soupe aux frites, Jean Leroy & Ella Charbon

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L'Ecole des Loisirs, Loulou & Cie, 3 avril 2017, 26 p.

♥♥♥♥

Jusqu'où irait-on pour faire avaler aux enfants une soupe bien verte, cuisinée maison avec des poireaux ? Prétendre qu'il y a des frites dedans ? Non, on n'oserait pas !! Et même des bonbons !? Re-non ! Je ne peux pas imaginer de telles énormités. 😲
Quoique... 😇

Album rigolo aux dessins punchy, mignons et colorés.
L'histoire m'a amusée, même si je n'aime pas trop qu'on raconte des craques aux enfants. Je le fais, hein, ça m'arrive de loin en loin, mais justement, je n'assume pas, alors ça me chiffonne un peu de voir ça écrit et dessiné noir & couleurs sur blanc.

Grâce à la pirouette finale, la morale est sauve, alors me revoilà en paix avec ma conscience.
Tel est pris qui croyait prendre, ce parent va devoir quelques explications aux deux petits malins. 
Les jeunes lecteurs devraient adorer !

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15 mai - emprunt mdtk

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dimanche 13 mai 2018

En mai, fais ce qu'il te plaît !

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Ça fait 2 mois qu'on entend parler des 50 ans de mai 68. Je m'y mets !

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   et en mai, on savoure les jours fériés

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 « Mai 68, je sais pas c'est quoi... »

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samedi 12 mai 2018

~ Surtensions, Olivier Norek

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Michel Lafon, 2016
Pocket, 9 mars 2017, 475 p.

♥♥♥♠♠

Coste est fatigué, déprimé.
« Quinze années [qu'il trime] sur les enquêtes les plus merdiques du département. Des affaires qui auraient flingué n'importe quel cerveau. »
Le département en question est la Seine-Saint-Denis. On dit ça, on dit rien. Lisez la série 'Coste' d'Olivier Norek (Code 93, Territoires, Surtensions) et vous aurez un petit aperçu de l'ambiance locale. La SDPJ 93 est bien occupée.

Coste est fatigué, déprimé, dans ce troisième volet, et son malaise est poisseux, contagieux. 
On se traîne à ses basques dans une affaire interminable, sur les traces de plusieurs petites frappes et de quelques gros mafieux. 
Histoire trop noire, trop longue, trop 'virile', avec des scènes d'embuscade et d'action trop fréquentes, qui ralentissent une intrigue déjà poussive et/ou emberlificotée. 
Des flics et des voyous, des deux côtés de la barrière - avocats véreux, fonctionnaires corrompus, chefaillons sans scrupules, mais aussi petits casseurs au grand coeur...
Je suis peut-être arrivée à saturation avec cette équipe ? Pourtant j'aime toujours autant Victor, Sam, Ronan, Jo. Leurs relations, leurs échanges, leurs coups de mou, leurs coups de gueule, leur solidarité de collègues loyaux. J'aime toujours autant le ton de l'auteur, son humour, son sens de la formule, ses descriptions de petits riens, son regard acéré d'ex-flic du 93, justement. Je le préfère dans un registre plus 'documentaire', plus engagé, peut-être, moins polar, comme avec Entre deux mondes...

« Tu reviens, Victor ? »
Je ne sais pas si j'ai envie de te retrouver, à vrai dire. Ou alors repose-toi bien, avant... 

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6 > 12 mai

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jeudi 10 mai 2018

La Vendée à l'honneur !

... en ce drôle de WE de milieu de semaine, ensoleillé mais frisquet.

[ photos zoomables ]

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Olonne-sur-Mer, entre plage et forêt

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une grande dune qu'on dévale en courant... et qu'on remonte en soufflant

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plage du Veillon, Talmont St-Hilaire

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élevages locaux (born in China ?)

*   *   *

et l'actu sportive de la semaine, qui, pour une fois, m'a intéressée 

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lundi 7 mai 2018

~ La vie parfaite, Silvia Avallone

la vie parfaite

Da dove la vita è perfetta, 2017
avatraduit de l'italien par Françoise Brun
Liana Levi, 5 avril 2018, 400 p.

Les Italiens sont-ils tous immatures, volages et violents ?
Les Italiennes sont-elles toutes hystériques, capricieuses et hurleuses, mais assez solides pour pallier les défaillances masculines, tenir une famille sur leurs épaules, remplacer les hommes/maris/pères qui fuient ?

A en croire Silvia Avallone, Elena Ferrante, Luca Di Fulvio, la réponse est OUI. Et ces trois auteurs le démontrent avec des galeries de personnages très fournies - on peut s'y perdre.
Ils évoquent aussi brillamment les rêves d'ascension sociale.
Là, c'est façon « Ici, nos rêves sont étroits / C'est pour ça que j'irai là-bas. » ♪♫ 
Et tant pis si le « là-bas » mène tout droit à la case prison. Fallait être crétin pour pas les voir venir, ces barreaux, mais les hommes sont d'éternels gamins...

Dans ce dernier roman, Silvia Avallone m'éblouit encore. Toujours sur fond d'amitié (et donc de trahisons), de misère sociale et affective, elle centre cette fois son intrigue sur la maternité. Maternité dont elle montre toutes les facettes : grossesse, désirée ou non, IVG, accouchement avec déclaration officielle et retour radieux avec bébé à la maison, ou plus sinistre, sous X. Mais aussi stérilité, FIV, adoption, éducation des enfants, ambitions parentales pour la progéniture...
Avec, en parallèle, une large palette de scènes de la vie conjugale, du rose au noir.

Ces destins entrecroisés de femmes et jeunes filles perdues, de 'mauvais' pères, de bébés abandonnés, d'enfants mal-aimés m'ont beaucoup touchée, pour plein de raisons, plus ou moins intimes, plus ou moins viscérales, plus ou moins raisonnées.
Je place Silvia Avallone dans mon top 3 des auteurs féminines, avec Virginie Despentes et... ? Dans mon top 2, alors...

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1e > 6 mai 

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- billets en cliquant sur les couv' - 

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dimanche 6 mai 2018

Comme une petite ressemblance...

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Des couvertures qui se ressemblent, plus ou moins, et que j'assemble.

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samedi 5 mai 2018

~ La Daronne, Hannelore Cayre

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Editions Métailié, 2017
hacaPoints, 8 mars 2018, 192 p.

  lu par Canel  (14 avril)

♥♥♥♥ 

Daronne : « Au XIXe siècle, [ce terme] désignait de manière péjorative tantôt la tenancière, tantôt la patronne au masculin — le 'daron', lui, avait une connotation plus 'noble', contraction de 'dam' (damoiseau) et de 'baron'. Dans la France prolétaire du XXe siècle, c'est devenu un simple mot d'argot pour désigner LA mère. Au début des années 1970, dans nos banlieues, nous l'avons exhumé comme le premier lien, si intime, si émotionnel, le premier cordon qui nous lie à nos territoires. » (Bouchera Azzouz, Fille de Daronne et fière de l'être, Plon, 2016)

Trois daronnes, dans cette intrigue de Hannelore Cayre cousue main à partir de vrais morceaux de vie. 
Il faut dire que l'auteur est avocate pénaliste à Paris. Des femmes comme Khadidja, Patience et sa vieille mère mourante, elle en connaît, ça a dû être son quotidien, ça se sent. 
Cette expérience intime, ajoutée à un sens de la formule, à un humour ravageur et à un regard désabusé sur notre société et son hypocrisie (marché de la drogue, notamment) font merveille. 

Même si j'ai trouvé que l'intrigue partait un peu en vrille sur la fin, j'ai dévoré avec délice ce court roman noir dont l'ambiance et le ton rappellent les coups de griffe lucides de Thierry Jonquet, Virginie Despentes.
 
J'ai tellement aimé que j'ai hâte de découvrir les autres textes de l'auteur, à commencer par Commis d'office.

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  et Mr

♥♥♥♥

Après une enfance dorée dans une famille aux activités louches, puis une vie de couple prématurément interrompue par le décès de son époux, Patience Portefeux gagne sa vie comme traductrice pour le Ministère de la Justice. Sa connaissance de l'arabe l'amène ainsi à jouer les interprètes lors de procès de dealers, ou à traduire les discussions téléphoniques de trafiquants placés sur écoute. La vie de Patience est donc plutôt paisible. Lorsque l'occasion d'en modifier le cours se présente, elle n'hésite pas et fait preuve d'un esprit d'initiative inattendu, pour le plus grand bonheur du lecteur.

Le portrait que Patience dresse d'elle-même n'est pas flatteur. Le lecteur s'attache cependant à cette quinquagénaire oursonne qui porte sur le monde un regard à la fois lucide et désabusé. 
Certaines de ses expressions sont pleines d'humour, et quelques situations ne sont pas en reste. 
Par l'ironie, l'auteur critique la manière dont les personnes âgées sont traités dans notre société, notamment dans les Ehpad, de manière malheureusement très réaliste. 
Elle présente aussi certains aspects intéressants du marché de la drogue et du système judiciaire.
Ces sujets graves sont traités de manière à la fois légère et sérieuse. 

Un livre très agréable.

-

♪♫  ... Ce spectacle l'écoeure
Alors elle pense à ses gars
Qui sont dev'nus voleurs
Elle comprend mieux pourquoi...  ♪♫

 

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mercredi 2 mai 2018

~ D'autres Russies (un reportage graphique), Victoria Lomasko

d'autres russies

traduit du russe par Gérald Auclin
The Hoochie Coochie, 2 mars 2018, 325 p.

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♠♠

Le 18 mars 2018, Vladimir Poutine est réélu dès le premier tour avec un score record pour un scrutin présidentiel de l'après-communisme (plus de 75 %). Il entame ainsi son quatrième mandat, imposant sa politique 'urbi et orbi' depuis dix-huit ans.

Les bidouilles électorales ont été médiatisées, au moins en Occident, personne n'est dupe. Et les mouvements contestataires en Russie témoignent que ce dirigeant aux ambitions internationales est loin de faire l'unanimité dans son pays.

Dans cet ouvrage, Victoria Lomasko donne la parole aux 'oubliés et aux révoltés de la société russe'. Elle y retranscrit des témoignages qu'elle a recueillis entre 2008 et 2016, et les illustre de dessins. 

Le résultat est évidemment intéressant et instructif. Mais cette lecture suppose des pré-requis sur les événements des dernières années en Russie. Et si les renvois en fin d'ouvrage explicitent le contexte, ils sont trop nombreux pour qu'on ait envie de les consulter systématiquement. 
Je suis donc restée un peu dans le flou sur certains sujets.

Plus que les chapitres consacrés aux mouvements de protestation, ce sont les portraits de laissés pour compte (mineurs incarcérés, esclaves, prostituées...) qui m'ont semblé évoquer le mieux l'oligarchie russe et ses dégâts sur le peuple, via la corruption qui l'accompagne.

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30 avril > 1er mai

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mardi 1 mai 2018

~ Comment je me suis débarrassé de ma mère, Gilles Abier

comment je me suis

Actes Sud Junior, 6 mai 2015, 122 p.

GA

♥♥♥♥

J'ai lu que dans son dernier ouvrage 'Le champ de bataille', Jérôme Colin « évoque avec une sorte de drôlerie dépressive cette nuit fatale où la bête dévore l'innocence [de votre enfant] pour en régurgiter un adolescent. » *

Dommage collatéral : l'adolescence de votre cher petit vous métamorphose, vous aussi (dans ses yeux, et parce que vous ripostez, forcément). De bonne fée douce et sucrée, vous devenez sorcière. 

Bête, méchante (forcément, vos exigences, c'est juste pour l'emmerder), trop pauvre pour ses caprices consuméristes, vieille, grosse, moche - poils et pustules sont en option...

Les mères étouffantes, malsaines, envahissantes, cruelles - j'en passe - mises en scène ici par Gilles Abier rappellent celles de Claire Castillon... Ces deux auteurs ont une même façon de crier 'Mère, je vous hais/aime !'


L'auteur frappe fort et habilement : dans ce 'presque' recueil de nouvelles, la frontière est floue entre coupable et victime.

Qui, de l'ado ou de la mère, est responsable de cette situation désastreuse et visiblement inextricable ? Qui fait le plus de mal à l'autre ? Qui manipule ? Qui prétend aider sincèrement l'autre ? 
Quoi qu'il en soit, tous ces êtres (parents et jeunes) sont en souffrance, d'une manière ou d'une autre.

Joli retournement dans le dernier chapitre, troublant, qui invite encore plus à réfléchir à la responsabilité de chacun lorsqu'une relation à deux s'enlise.


Ouvrage intéressant à proposer à partir de quatorze ans. Ces histoires montrent bien les points de vue, et comment chacune des deux parties peut être toxique, plus ou moins consciemment. 

Une lecture à 4 z'yeux, chez nous, qui a eu le mérite de susciter des échanges mère-fille.

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1e avril

** attention, humour très noir **

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dimanche 29 avril 2018

~ La belle histoire de la physique, Christelle Langrand & Jacques Cattelin

la belle histoire

De Boeck Université, 27 octobre 2017, 384 p.

lu par Mr

♥♥♥♥♥

Cet ouvrage nous présente environ 120 découvertes scientifiques et objets conçus grâce à la recherche, de la préhistoire à nos jours — de la domestication du feu il y a 500 000 ans, à l'observation expérimentale de pentaquarks en 2013.

La présentation est faite dans un ordre chronologique et assortie de quelques éléments de contexte. Le lecteur peut cependant explorer certaines thématiques de manière plus spécifique en s'aidant du sommaire ou des renvois placés en fin de page.

Les illustrations occupent plus de place que le texte, ce qui m'a d'abord fait craindre un manque d'approfondissement. Elles sont finalement très intéressantes, montrant des oeuvres d'art plus ou moins connues, ou des équipements liés au concept présenté – comme ce surprenant moulin à vent du VIIe siècle en Iran (p. 64).

Les explications sont claires, et la lecture n'exige pas de connaissances scientifiques préalables très poussées, puisqu'un lexique explique les termes les plus complexes. Enfin, une frise en début de texte situe dans le temps la découverte présentée, au regard d'autres connaissances du même domaine.

En résumé : un bon ouvrage du vulgarisation, que l'on peut lire d'une traite, ou picorer de temps à autre.

 •  Je remercie Babelio et les éditions De Boeck Université pour ce 'beau livre' instructif.

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samedi 28 avril 2018

~ Algériennes, 1954-1962 - Swann Meralli & Deloupy

algériennes

Editions Marabout, Marabulles, 31 janvier 2018, 128 p.

delmer♥♥♥♥♥

L'album s'ouvre sur l'étonnement d'une femme lisant un article sur les horreurs perpétrées lors de la guerre d'Algérie :
« Mon père a été soldat en Algérie... Il ne m'en a jamais parlé ainsi. En fait il ne m'en avait jamais parlé du tout. »

Interrogé par sa fille, le père en question s'énerve : « J'étais gamin, et j'ai fait mon service militaire, et c'est tout ! Voilà comment ça s'est passé ! »

En effet les anciens « appelés » d'Algérie ne racontaient pas cette guerre. Et si ce tabou pouvait me surprendre à l'adolescence, où l'on nous sensibilisait au collège et au lycée sur la guerre 14-18 et sur la seconde Guerre mondiale, je comprends maintenant le silence de nos pères, depuis que j'ai lu Un loup pour l'homme (Brigitte Giraud), Des hommes (Laurent Mauvignier), Corvée de bois (Didier Daeninckx)... 
Brigitte Giraud l'exprime très bien dans 'Un loup pour l'homme' : pour ces jeunes gens enrôlés de force « [les] mois qu'ils viennent de vivre seront comme un secret, une expérience embarrassante qu'ils tairont instinctivement. […] Ils sont priés de ne plus y penser. De chasser le mauvais rêve d'un revers de la main. La guerre d'Algérie n'a pas eu lieu. »

Les auteurs masculins de cet album racontent cette 'guerre qui ne disait pas son nom' à travers différents regards de femmes : des civiles, des proches de harkis et de pieds-noirs, des fellagas - 'terroristes' engagées pour l'indépendance. Cet album a le mérite de rappeler qu'une guerre, c'est moche, cruel, sanguinaire, meurtrier, et que chacun(e), quel que soit le camp, est capable du pire pour obéir, défendre une cause, sauver sa peau ou pour 'se venger', par chagrin, par colère : 
« La pluralité des points de vue m'avait fait prendre conscience de la complexité d'englober un tel conflit... Et la difficulté d'appréhender un témoignage sans le juger. Plusieurs livres m'avaient dérangée quand ils abordaient les attentats comme un exploit... Les récits de soldats également quand ils parlaient de 'bicots qui trahissaient même leurs frères'... »

L'autre mérite de ce bel album est de situer la place des femmes dans le combat pour l'indépendance algérienne - place occultée dans l'Histoire officielle...
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25 & 26 avril - un grand merci à Babelio et à la collection Marabulles (éditions Marabout). 

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vendredi 27 avril 2018

~ Les Racines du hasard, Arthur Koestler

les racines

The roots of coincidence, 1972
aktraduit de l'anglais par Georges Fradier

Les Belles Lettres, Le Goût des idées, 16 janvier 2018, 144 p.

lu par Mr

♥♥♥♠♠

Selon l'auteur, certains phénomènes "paranormaux", comme la télépathie ou la prémonition, ne doivent pas être exclus a priori du champ de la recherche scientifique, d'autant moins que certaines études confirmeraient leur réalité. Ces phénomènes peuvent sembler absurdes mais il en est de même de certains concepts de la physique quantique (principe d'incertitude, dualité onde/matière…) dont la pertinence explicative est pourtant reconnue par la communauté scientifique.

Wofgang Pauli (1900–1958), "inventeur" du neutrino, découvreur du principe d'exclusion qui porte son nom, et Nobel de physique en 1945, a d'ailleurs travaillé sur le concept de synchronicité avec le psychiatre Carl Gustav Jung (qu'il avait d'abord consulté pour une tendance à l'alcoolisme). Ensemble, ils tentèrent d'en trouver des explications. 

Koestler nous résume leurs travaux communs, admettant la confusion de leurs explications. Celles de Koestler dans cet ouvrage m'ont aussi paru parfois très confuses. 
Je n'ai donc que moyennement apprécié cet essai d'un écrivain que je considère comme un grand penseur du XXe siècle. Je trouve que son oeuvre d'essayiste est très inégale, comme son oeuvre de romancier, d'ailleurs. 

De cet auteur, j'ai apprécié (par ordre décroissant) : 
- Les somnambules, essai historique sur le redécouverte de l'héliocentrisme, avec une réflexion sur les processus de découverte scientifique)
- Un testament espagnol, récit autobiographique de son séjour dans le prisons de Franco ;
- Spartacus, récit historique avec en toile de fond une réflexion intéressante sur les processus révolutionnaires et leurs issues ;
- L'étreinte du crapaud, essai sur Kammerer, biologiste partisan de l'hérédité de caractères acquis, passionnant même si les thèses qui y défendues me semblent contestables ;
- Janus

Son célèbre roman Le zéro et l'infini présente un intérêt historique indéniable sur les dérives du stalinisme, mais n'est pas le plus agréable à lire, tandis que Les hommes ont soif m'a paru plutôt pénible à la lecture. 

L'évolution de la pensée politique d'Arthur Koestler a beaucoup marqué l'ensemble de son oeuvre, et est très intéressante. Ancien communiste, il a renié cette idéologie après avoir pris conscience des dérives qu'elle générait. 

Si l'auteur et son oeuvre vous intéressent, je vous invite à aller faire le tour des billets de Lecassin qui l'a beaucoup chroniqué sur Babelio.

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mercredi 25 avril 2018

~ Les Silences, Amélie Antoine

les silences

titre original : Quand on n'a que l'humour... - Michel Lafon, 2017
amanLe Livre de Poche, 7 mars 2018, 400 p.

♥♥♥♥

On connaît l'image de l'artiste écorché vif, et seul au monde.
'Le chanteur abandonné' ♪♫ et autre 'Mal-aimé' ♪♫... Celui qui se voyait déjà en haut de l'affiche ♪♫ mais qui, une fois au sommet, doute et souffre, réalisant qu'il a laissé des plumes pour conquérir ses paillettes.

Edouard Bresson, humoriste à la carrière fulgurante, est de ceux-là. Au faîte de sa gloire, le bilan de sa vie privée n'est pas joyeux. C'est même carrément la misère affective - sentimentale, familiale...
Derrière l'artiste adulé se cache un homme très seul, derrière le boute-en-train, un dépressif, un être fragile en proie à des démons, dont certaines plaies d'enfance n'ont jamais cicatrisé.
La question de la poule et de l'oeuf : si ce qu'il exprime rencontre autant de succès, c'est parce que le public se retrouve en lui. Et cette sensibilité particulière, la doit-il à ses souffrances passées ? Mais sa notoriété et son exposition ne rendent-elles pas l'artiste encore plus nombriliste, plus focalisé sur ses blessures ?

qd on n'aCet ouvrage n'est pas vraiment un roman noir, ni un thriller psychologique, même s'il est sombre, et malgré le suspense. Amélie Antoine nous raconte l'histoire triste d'un clown triste. Elle décrit l'état de cet homme fatigué, revient sur ses traumatismes de jeunesse, son parcours, la genèse de sa vocation d'humoriste, la façon dont ses proches le perçoivent. 

Edouard Bresson rappelle évidemment quelques personnages célèbres. On peut trouver la deuxième partie du roman un peu mièvre, même si les rebondissements sont souvent poignants. J'ai pensé à Effroyables jardins (Michel Quint), dont le personnage principal me semblait aussi attachant que pathétique, où j'oscillais entre empathie, émotion et agacement.

Quoi qu'il en soit, les relations père-fils, sont bien vues - ceci sur deux générations. On voit que les extrêmes se rejoignent : quand on veut faire exactement l'inverse de ses parents, parce qu'on estime en avoir bavé à cause d'eux, on peut finir par rater, aussi...

• Le titre original de ce roman, Quand on n'a que l'humour, était sans doute plus adapté, plus représentatif de l'esprit du livre. Mais sans doute moins vendeur ? Un auteur m'avait expliqué sur un salon qu'il ne choisissait ni ses titres, ni ses couvertures ; son éditeur décidait. C'est bien dommage...

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agenda2

21 > 24 avril 

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samedi 21 avril 2018

~ Le camp des autres, Thomas Vinau

le camp des autres

Alma Editeur, 24 août 2017, 194 p.

tho♥♥♥♠♠

1906, pas très loin de Poitiers. 
Le jeune Gaspard (dix ans ?) a fait une grosse connerie. Il fuit avec son chien, se cache en forêt. Heureusement pour lui, il tombe sur une bande d'adultes qui fuient aussi la société, pour des raisons diverses - ils sont marginaux, bohémiens, évadés des geôles... Des personnages effrayants pour les 'gens bien intentionnés' ♪♫, mais rassurants et protecteurs pour l'enfant en cavale.

Thomas Vinau rend ici un bel hommage à 'la Caravane à Pépère' (une bande organisée de nomades qui traversa les Pays-Bas et l'ouest de la France entre 1906 et 1907), et, par ce biais, à tous ceux qui sont encore, un siècle plus tard, dans les rues, sur les routes, par choix ou contraints, faute d'avoir une place officielle dans notre société.

Si vous n'avez pas l'âme lyrique, vous risquez de tiquer sur le style, avec toutes ces descriptions, ces listes interminables de bestioles de la forêt, de plantes, d'arbres, de personnages... 
A fortiori si vous sortez de deux lectures ultra pêchues avec dialogues percutants - par exemple un roman de Despentes et un de Hannelore Cayre ('La Daronne', en l'occurrence). C'était mon cas. 
Il m'a fallu beaucoup de temps pour adopter ce style minutieux, poétique que j'ai tendance, avec mes gros sabots, à trouver prétentieux, voire ridicule - mais très beau, sans doute, pour les amateurs du genre. 
L'ambiance m'a rappelé L'enfant et la Rivière (Bosco), Le pays où l'on n'arrive jamais (Dhôtel), deux lectures imposées au collège que j'avais profondément détestées. L'auteur cite ces auteurs, d'ailleurs, dans ses remerciements.

Malgré des réticences sur le style, j'ai aimé la trame (malgré son manque de consistance), les parallèles socio-politiques avec la situation actuelle de nos pays 'riches', les prises de position de l'auteur, les idées de rébellion :
« Je continue de continuer. Je continue avec vous, avec eux, avec l'armada de nos armures merdeuses, et la possibilité d'un demain à sauver, à inventer. Alors j'ai voulu écrire la ruade, le refus, le recours aux forêts. J'ai voulu construire un refuge. J'ai voulu écrire la liberté crue de l'enfance, du monde sauvage et de la récalcitrance. J'ai voulu m'enfuir avec eux. Me redresser avec eux. Inventer une ambassade hirsute pour [...] les sans-famille, les sans-abri, les sans-papiers, les sans-patrie. »
Joli, ça ! Merci ! 👍 😍 

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agenda2

20 & 21 avril - emprunt mdtk

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