Canel

jeudi 25 août 2016

~ Rien que la mer - Annick Geille

rien que la merLa Grande Ourse, 24 août 2016, 288 p.

Allez, encore une histoire de quadragénaire abandonnée par son mari. Il est en retard au rendez-vous fixé, il ne viendra plus.
Alors elle reste seule à sa table, les yeux dans l'eau, son rêve était trop beau... ♪♫ Quel rêve ? Celui de vieillir avec lui ?
Vingt ans de vie commune qui s'achèvent, il s'en va... ♪♫
Heureusement, la dame est sur une côte bretonne, elle peut se consoler en regardant le beau paysage. La Bretagne, ça vous gagne !
Et en plus, la mer lui rappelle son père, nostaaalgiiie ! Voilà un homme qui a su l'aimer. Rien n'est plus beau et plus fort que l'amour parental, tiens ; le couple ça ne marche pas, ça ne dure pas.
C'était bien quand même, au début, avec son chéri, elle y repense, mais l'enfance, c'était bien mieux - avec un super papa, un petit papa comme il n'y en a pas, c'est le sien, c'est le sien, vive son papa ! ♪♫

J'ai reçu ce roman dans le cadre d'un jury littéraire (rentrée Fn@c). Dès les premières pages, je me suis dit que les auteurs français tournaient décidément en rond autour des mêmes sujets, que j'en avais ma claque de ce genre d'histoire et de ces clichés. Aucune originalité, aucun humour ici dans la façon de traiter ces thématiques. L'intrigue et le style sont plats.
Je me suis beaucoup ennuyée, j'ai morcelé cette lecture, l'ai traînée sur plusieurs jours bien que le roman soit très court, et j'ai survolé les quarante dernières pages.

Seul point positif : j'ai eu envie d'en apprendre davantage sur la bataille de Mers el Kebir, évoquée dans le roman. Je vous fais profiter de mon savoir tout neuf : « Attaque par la marine britannique, le 3 juillet 1940, d'une escadre de la marine française mouillant dans le port militaire de Mers el-Kébir (golfe d'Oran, en Algérie). L'agression anglaise fit 1 297 morts chez les marins français. Le Royaume-Uni, alors seul devant l'ennemi allemand et italien, craignait que l'armistice signé par le gouvernement français avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste quelques jours auparavant ne fasse tomber la flotte française dans les mains d'Hitler, lui permettant ainsi de remettre en cause la suprématie maritime britannique et de faire courir un grave péril au Royaume-Uni. » Merci Wiki !

agenda 15 au 21 juin

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mercredi 24 août 2016

~ Jours parfaits, Raphael Montes

jours parfaits

ramoDías perfeitos, 2014
traduit du portugais (brésilien) par François Rosso
éditions des Deux Terres, février 2015
10/18, 4 février 2016, 336 p.

Il est un peu fêlé, ce Téo. Complètement, même. Etudiant en médecine, ancré dans sa routine « appartement-faculté-laboratoire », il a pour seule amie un cadavre de la salle de dissection. N'allez pas imaginer des cochonneries, la défunte a plus de soixante ans, et il n'est ni gérontophile ni nécrophile. Seulement, il l'aime bien, cette femme.
Avec les vivants, il ne sait pas faire, alors il mime ce qu'on attend de lui. A défaut d'être aimant, il est attentionné avec sa maman paraplégique, ça fait illusion. Est-il ce qu'on appelle un pervers narcissique ?
Quand il tombe amoureux pour la première fois de sa vie, il s'y prend bizarrement pour séduire la jeune femme...

Du deux en un dans ce thriller : une intrigue ** - avec un jeu de chat et de souris (quid du comportement de C.) - ** où le suspense nous tient jusqu'à la dernière page (et même au-delà : y aura-t-il une suite ?). Et une formidable allégorie des relations amoureuses - dissymétrie dans un couple, façons d'exprimer l'amour, liberté de chacun, etc.

L'auteur excelle dans ces deux registres, aussi ce thriller est-il à la fois intelligent et terriblement angoissant. Et original malgré un thème rebattu ** : la séquestration. Brillant !

agenda 21 au 23 août

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 8e 💀

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mardi 23 août 2016

Un jour en France

Ça pourrait s'appeler Un jour en France ♪♫

C'est moins rock mais très instructif.

Un jour comme les autres par insee.fr

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~ La correction, Elodie Llorca

la correctionRivages, 17 août 2016, 192 p.

Chouette, ce roman a pour cadre le monde de l'édition, et le narrateur est relecteur/correcteur ! Autrement dit, il traque la coquille. J'adorerais faire ce boulot, d'ailleurs je jubile quand je trouve des petites fautes dans mes livres - à condition qu'il y en ait peu, sinon j'ai des doutes sur le sérieux de l'éditeur - et je les corrige. Un côté prof refoulé, sadique, perfectionniste, je ne sais pas...

Bref, revenons à l'histoire de ce roman, La correction.
En relisant les textes, le narrateur trouve des fautes énormes, certaines rigolotes comme des lapsus. Est-il victime de sabotage ou en proie à une grosse fatigue ? Par cet aspect, l'histoire m'a rappelé Le Horla de Maupassant. Bon point.
Les chapitres très courts donnent envie de continuer et d'avancer rapidement même si le récit est loin d'être captivant. On retrouve des thèmes rebattus, traités sans originalité ni profondeur : homme quadragénaire en pleine crise existentielle, en concurrence avec son collègue, empêtré dans des problèmes conjugaux, qui fantasme sur sa responsable hiérarchique.

Les personnages manquent de consistance et j'ai suivi mollement cette intrigue trop légère. J'aurais aimé être harponnée par quelques indices (en plus de l'oiseau), avant les toutes dernières pages et la pirouette finale avec ses côtés symbolique et psychanalytique.
Il m'a paru cocasse que ce roman qui a pour thème principal les 'coquilles' en soit truffé - fautes d'orthographe et surtout de conjugaison (passé simple/imparfait, futur/conditionnel)... Et même si j'ai lu les épreuves non corrigées, cela m'a surprise. Vu le sujet, je pensais que l'auteur était passionnée d'orthographe, de grammaire. Je m'attendais presque à un clin d'oeil à la fin, du style : 'Lecteur, as-tu repéré toutes les erreurs glissées ici et là ?'

Bizarre : les quelques avis très enthousiastes sur Babelio émanent de membres inscrits depuis peu de temps (au mieux fin juin 2016, lorsque l'ouvrage a commencé à être distribué en 'épreuves non corrigées'). Les Babeliotes plus anciens sont nettement moins emballés par ce premier roman...

agenda 20 & 21 juin - lu dans le cadre du Jury '15e Prix du Roman Fnac 2016'

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lundi 22 août 2016

~ Un coeur gros comme ça... - Jo Hoestlandt

un coeur grosNathan Poche, coll. 'C'est la vie !', 8 septembre 2011, 101 p.

■  lu par Canel

Manu, c'est le ptit gars qu'a pas de bol. Tombé dans la mauvaise famille - pas de maltraitance, mais peu d'attention, faute de temps et d'argent -, des difficultés pour lire, s'exprimer. Du coup il est toujours un peu à la ramasse, ses camarades de classe en rient, mais grâce à la finesse de leur institutrice, ça reste sympa. D'autant que Manu, généreux et gentil, n'est pas susceptible. Lorsque la classe part en séjour découverte en montagne pour trois semaines, aucun adulte n'accompagne Manu, il a oublié son picnic, et sur place, il est le seul à ne jamais recevoir de courrier... Mais Manu ne se plaint jamais, il est doué pour trouver des petits bonheurs partout : un chien sympa, l'observation des étoiles, du rab à la cantine, les échanges avec Garance...

Conseillé aux jeunes lecteurs à partir de huit ans, ce roman est une petite merveille de douceur, de poésie, de générosité et d'humour. Jamais neuneu malgré quelques bons sentiments, il rappelle parfois le ton du 'Petit Nicolas' en moins délirant, et sonne souvent très juste. Ces gamins sont aussi turbulents que sympas et rigolos, comme des vrais ! J'ai adoré cette lecture, mais ai été désagréablement surprise par la fin, que je ne suis pas sûre d'avoir comprise - Manu avait-il deviné qui était l'auteur de ses lettres ? -, et je trouve étonnant (et dommage) que l'histoire se recentre sur l'enfant choyée...

De cette auteur, j'ai lu et relu Faut pas pousser Mémé, que je trouve toujours aussi intense et émouvant.

■  et Mr

Garance part en classe de neige, accompagnée de ses parents jusqu’au car. En chemin ils croisent Manu qui traîne sa valise, seul ; la mère de Garance l'invite à se joindre à eux.
Manu, n’est pas à proprement parler le souffre-douleur de la classe, mais pour tous il est un pauvre garçon malchanceux dont on se moque volontiers. Lors de ce séjour 'découverte', loin des murs de la classe, les comportements et les relations habituelles entre les uns et les autres changent, influencés par un environnement nouveau. Pour Manu, l’éloignement d’une famille peu attentive est une opportunité. D’une certaine manière il en est de même pour Garance, qui pourra momentanément s’affranchir de la surprotection maternelle.

Une courte histoire agréable à lire, dans laquelle j’ai apprécié la spontanéité et la naïveté des enfants. La réalité est parfois moins tendre, mais cet ouvrage s’adresse à des jeunes (à  partir de huit ans selon l’éditeur) et le ton est adapté à ce public, sans toutefois tomber dans la mièvrerie.

agenda 21 août

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dimanche 21 août 2016

Comme Une Petite Ressemblance...

Comme Une Petite Ressemblance...

cupr_logo

de l'association d'idées perso à la copie conforme...

cupr bibli2    cupr bibli1

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cuprd   cuprd2

cupr bouée3    cupr bouée    cupr bouée 2

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cupr11    cupr1

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cuprbb    cuprbb2

cupraa     cupraa2

d'autres ici : billet 1billet 2billet 3billet 4billet 5billet 6billet 7billet 8janvierSt Valentinmarsavril (1/2)avril (2/2)maijuinjuilletaoûtseptembre, octobre, Halloween, décembre 2014, mars 2016

et chez Claire : billet n°1billet n°2billet n°3,  billet n°4billet n°5billet n°6
billet n°7billet n°8billet n°9
billet n°10billet n°11billet n°12billet n°13n°14

 

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samedi 20 août 2016

~ N'oublier jamais, Michel Bussi

n'oublier jamais

bussiPresses de la Cité, mai 2014
Pocket, 7 mai 2015, 543 p.

Jamal Salaoui court le long de la falaise à Yport. Il interrompt son footing lorsqu'il aperçoit une écharpe rouge, il a l'intention de la ramasser, de la rapporter à son hôte. C'est là qu'il aperçoit une jeune femme au bord du précipice. Pour la sauver, il lui tend l'écharpe afin de la ramener vers lui, elle suit docilement, puis donne une secousse, s'élance dans le vide et tombe. Lorsque Jamal arrive en bas, son corps est écrasé sur la plage... et elle porte l'écharpe autour du cou !
Ça y est, je suis entrée dans l'arène, ce bout de tissu rouge agité sous mon nez m'a ferrée, et heureusement pour moi, Jamal Salaoui ne lâche rien tant qu'il n'a pas démêlé, à ses risques et périls, cette histoire embrouillée à souhait.

yportJe place Michel Bussi en digne héritier d'Agatha Christie et du formidable duo Boileau-Narcejac. En lisant leurs thrillers, je n'attends pas d'être convaincue par une histoire « crédible », mais j'ai envie d'être happée par le suspense, d'échafauder plein de théories, de suspecter à peu près tout le monde (ici, j'avais décidé de croire Jamal), de suivre les méandres de l'intrigue, d'être baladée et surprise... Il s'agit de défis mathématiques, logiques, d'illusions d'optique, de mirages bluffants et pas plus tirés par les cheveux que les ressorts d'épisodes de Colombo ou de grands romans policiers, tels que ** Dix petits nègres, Le crime de l'Orient-Express, Le meurtre de Roger Ackroyd, ou Les Diaboliques (film de Clouzot adapté du roman de Boileau & Narcejac Celle qui n'était plus). **

J'ai seulement trouvé la fin trop chargée en rebondissements.
Mais je me régale avec ce genre d'intrigues et retrouve cet auteur avec plaisir (mes préférés : Nymphéas noirs et Maman a tort - seule déception à ce jour : Ne lâche pas ma main).

agenda 15 au 19 août

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 7e 💀

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vendredi 19 août 2016

~ L'autre qu'on adorait, Catherine Cusset

l'autre qu'onGallimard, 18 août 2016, 304 p.

Ce récit est un hommage à un ami récemment décédé - il s'est suicidé.
La narratrice, une certaine Catherine universitaire et auteur, raconte la courte vie de Thomas en s'adressant à lui à la deuxième personne du singulier.
Le portrait du défunt est accablant : Thomas apparaît comme égocentrique, de mauvaise foi, immature, manipulateur, s'étonnant des trahisons d'amis et de femmes qu'il ne respecte guère pourtant.

Comme dans la plupart de ses ouvrages, Catherine Cusset donne dans l'autofiction, et joue avec les mises en abyme.
Lorsque la narratrice fait lire à Thomas un passage de son manuscrit retraçant sa vie, il est furieux, vexé : « Un texte qui n'est pas seulement blessant, mais mauvais. »
Réaction de Catherine : « Tu es partial, soit, puisqu'il s'agit de toi, mais tu n'as aucun doute. Tu te rappelles la phrase de Proust dans une lettre à son ami Halévy : 'C'est à la cime du particulier qu'éclot l'universel.' Mon livre n'atteint aucune cime ; il ne t'atteint même pas en profondeur. Il reste au ras des pâquerettes. J'ai transformé ta vie en un fil chronologique dont j'ai ôté toute substance pour la juger à l'aune du succès en suivant des critères purement sociaux. » (p. 175)
Verdict lucide !
« blessant, mauvais... ras des pâquerettes, fil chronologique [sans substance] ». Je n'aurais pas osé, mais puisque l'auteur le dit... Ce passage m'a fait un bien fou, résumant parfaitement ce que je pensais du portrait de Thomas dressé par « une de ses meilleures amies » (sic).

Le récit tourne en rond, à l'instar de la vie de cet homme qui cumule les échecs professionnels et sentimentaux. On étouffe avec Thomas dans un milieu universitaire étriqué, où la culture gonfle l'ego mais ne semble pas être la bonne clef pour s'ouvrir aux autres - monde de requins où l'on arrive à se persuader que ce sont les plus médiocres qui réussissent, et à se consoler ainsi de stagner.
Pas d'éclaircie dans cette histoire sombre, mais un éclairage, lorsque Thomas apprend de quoi il souffre. On s'en doutait, mais j'ai trouvé ces pages particulièrement poignantes ; elles m'ont convaincue que j'avais bien fait de poursuivre cet ouvrage que je trouvais jusqu'alors sans intérêt, ennuyeux, mal fichu (je me suis parfois perdue entre le 'je' et le 'tu', alors que je ne suis pas particulièrement rétive à ce procédé narratif).
J'ai lu à peu près tous les romans de cette auteur, mon préféré reste Un brillant avenir. Je n'ai aimé ni Confessions d'une radine ni Jouir.

# playlist : 'Avec le temps' (Leo Ferré), 'Suzanne' (Leonard Cohen), Nina Simone...
~ bibliographie : Marcel Proust, Serge Doubrovsky...

agenda 4 au 7 août

• Merci à Babelio et aux éditions Gallimard (rentrée littéraire 2016).

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lundi 15 août 2016

~ Ethno-roman, Tobie Nathan

ethnoroman

tobieGrasset, septembre 2012
lu en édition Livre de Poche, avril 2014, 360 p.

Ethno-roman, annonce le titre. Rien de tel ! Ni essai ethno- (logique/graphique), ni roman - puisqu'il ne s'agit pas d'un 'récit de fiction'.
L'auteur a jeté éparses quelques réflexions sur l'ethnopsychiatrie, sur fond d'autobiographie et de biographie familiale. Dans cet ouvrage bordélique, répétitif et interminable, Tobie Nathan évoque ses origines juives et égyptiennes, les prénoms de ses ancêtres dans différentes traductions, l'exil de sa famille vers l'Europe en 1958 (en Italie quand il avait neuf ans, à Gennevilliers un an plus tard), "son" mai 68, sa thèse avec Georges Devereux, son analyse, ses conquêtes féminines, ses collègues, ses inimitiés professionnelles...
Quid de l'ethnologie, de ses expériences en la matière ? Quelques brèves scènes spectaculaires de thérapies par des guérisseurs dans des contrées exotiques, quelques allusions à sa pratique de la psychothérapie, guère plus.

J'attendais des réflexions fouillées sur les difficultés rencontrées par les immigrés, sur les problèmes identitaires des étrangers confrontés à la culture de leur nouveau pays. Peut-être que les lecteurs ayant vécu l'expérience de l'exil s'y retrouveront. Pas moi. Je suis très déçue par cette espèce d'autobiographie mal fichue, qui montre que Monsieur Nathan a réussi à s'intégrer, lui, contrairement aux gamins européens séduits par l'islamisme - je suis contente pour lui...

agenda 12 au 15 août

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dimanche 14 août 2016

~ Juliette (Les fantômes reviennent au printemps) - Camille Jourdy

juliette

jourdyActes Sud BD, 24 février 2016, 240 p.

♥♥♥♥

Juliette, « parisienne coincée » et hypocondriaque, vient se ressourcer quelques jours chez papa - problèmes de boulot ? Crise existentielle, en tout cas, qui se manifeste par un sentiment de vacuité et des bouffées d'angoisse. Sa soeur aînée Marylou a d'autres problèmes : mariée, mère de deux enfants, elle doit ruser pour passer un peu de temps avec son amant.

Chronique familiale douce-amère autour de deux soeurs que tout oppose, à commencer par l'éducation reçue (par les mêmes parents, pourtant), et la façon dont on les considère : « Marylou elle est forte, elle encaisse les coups. Alors que Juliette, elle est toute fragile, toute mignonne, toute douce... C'est quoi le mieux ? La grosse bourrine ou la niaise en sucre ? »

Malgré le graphisme - qui me fait penser à la série jeunesse Tom-Tom et Nana -, j'ai rapidement été séduite par l'histoire, ses protagonistes (le papa, l'amant et M. Georges), les scènes vaudevillesques, l'ambiance mélancolique (prises de bec parentales et familiales, maladie d'Alzheimer, déprime, secrets de famille...), et la justesse de certaines situations...

De Camille Jourdy, j'ai également aimé la trilogie Rosalie Blum (t.1, t.2, t.3), récemment adaptée au cinéma. J'ai suffisamment oublié l'intrigue pour être tentée de découvrir ce film.

agenda 10 & 11 août

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jeudi 11 août 2016

~ Le Mambo des deux ours, Joe R. Lansdale

le mambo des deux ours

JRLThe Two-Bear Mambo, 1995
traduit de l'américain par Bernard Blanc
Gallimard, 2000
Folio, juin 2015, 373 p.

♥♥♥♥

Leonard est amoureux ! L'ami Hap se sent un peu exclu, d'autant que l'homosexualité de son pote le laisse encore mal à l'aise. Non pas qu'il ait des principes à la con, mais on l'a éduqué comme ça : « [...] toute ma vie durant, on m'a répété que les homos étaient des pervers. Aujourd'hui, je sais qu'il y autant de pervers que de mecs normaux chez les homos et les hétéros, mais j'ai toujours un peu de recul quand je pense qu'on a le même équipement, mais que toi, tu t'en sers avec ton copain... ».

Alors, est-ce qu'un Leonard amoureux est enfin zen ? Pas du tout ! Avec son petit copain Raul, ils n'ont pas les mêmes goûts et se chicanent pas mal. Enervé par une énième dispute, Leonard met le feu chez ses voisins - les salopards revendeurs de crack - et se fait arrêter avec Hap. Interpellation à la bonne franquette puisque les flics sont des amis. Echange de bons procédés : le chef de la Police ferme les yeux, à condition qu'ils enquêtent sur la disparition d'une jolie Black partie se fourrer dans la gueule du loup, dans un atroce patelin texan où le Ku Klux Klan fait encore la loi.

Ce troisième épisode de la série Collins & Pine est celui qui m'a le plus amusée. Ça délire à tout-va dans les dialogues, les situations (ombres chinoises, visite du mobile-home...), les descriptions, les surnoms. J'ai souri/ri au moins une fois par page, vantant le génie de cet auteur à qui voulait m'entendre - à ceux qui me l'ont fait connaître (merci !), à d'autres convertis, à des lecteurs qui hésitent à se lancer ou qui n'ont pas encore entendu parler de cette série de Joe R. Lansdale...

Mon enthousiasme est retombé au chapitre 17 (p. 189/372), où l'intrigue prend des allures de film d'action US - bastons violentes, courses poursuites en voiture - et ça n'arrête plus. Quel dommage ! D'autant que plus rien n'est crédible puisque les coups échangés pourraient tuer un grizzly, or on sait que nos deux copains vont s'en tirer vivants (il y a encore au moins cinq épisodes après celui-là).

Je poursuis malgré tout la série. Si leurs aventures cou!llues me fatiguent, j'aime quand même trop Leonard, Hap et leurs discussions pour les abandonner là.

agenda 7 au 10 août

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 6e 💀

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EXTRAITS

  - Il est juste inquiet, expliquai-je au flic. Vous voyez c’est sa sœur.
- Ah oui ? fit Cantuck. Eh bien, je vais vous dire un truc. Ça pourrait être sa foutu sœur siamoise qui se serait tirée avec sa couille gauche dans sa poche, j’en aurais rien à branler. Aucun nègre ne fera le mariole avec moi. Eh bordel, qu’est-ce que vous avez à traîner par ici avec un bamboula ? On n’est pas branché sur ce genre de conneries dans le coin. J’ai des amis nègres, mais j’les fréquente pas.

■  - C'était un boulot à la con, de toute façon, intervint Oeil Crado. On turbine là-dedans depuis plus de dix ans et on n'a jamais eu un cent d'augmentation. Ce Visage Pâle était si radin que lorsqu'il clignait des yeux, son trou du cul lui rentrait dans les fesses...

■  Elle jurait vraiment comme une charretière. On l'entendait même avec les vitres remontées. Elle avait un certain talent à glisser la formule « espèce-de-foutu-suceur-de-cul-à-la-bite-pâle » dans toutes ses phrases sans que ça ait l'air forcé ou répétitif.

■  Charlie avait éteint la lumière du plafond et allumé celle du bureau ; il dessinait des formes sur le mur avec ses doigts. Il réussit un chien et un canard plutôt balaises, mais ensuite tout le reste ressembla à des araignées.
- Et ça ? demanda-t-il. Comment c'est ?
- Encore une araignée, dis-je.
- J'ai besoin de pratiquer davantage, fit Charlie. Je me suis payé un livre. Ma femme prétendait qu'il me fallait un hobby, alors j'ai trouvé ce truc. Ça me relaxe, mais madame estime que c'est pas suffisant. Elle veut que j'aille à la gym et que je m'entraîne, mais grâce à ça, j'peux rester à la maison, le cul posé dans le fauteuil. Je coupe les lumières, et j'fais mes ombres avec la lampe de la table basse. Quand j'en ai marre, je regarde la télé un moment. Eh, vous avez vu, celle-là ressemble à une chatte, non ?
- Merde, comment t'arrives à reconnaître un chat, ici ? demandai-je.
- UNE CHATTE ! Tu sais bien, un vagin. Un truc de gonzesse.
- Ah, oui, dis-je. Je crois que je me souviens vaguement de ces choses-là.
- Bon ça, vous voyez ça ? Ça y ressemble, n'est-ce pas ? Une sorte de V noir, hein ?
- Pour moi, c'est juste une araignée qui a rentré ses pattes, fit Leonard. Et ne me dis pas qu'il y a un chapitre sur les ombres chinoises de vagins dans ton bouquin !

■  - Les gosses ont donné un bain au chien, reprit-elle, et écoutez-moi ça : ensuite, ils ont mis ce satané rat dans le four pour le sécher. Ils ont allumé le four et ils l'ont enfermé dedans ! L'animal a été essoré, ah, ça oui ! Cette petite merde a pris feu, a commencé à aboyer - à pleurer littéralement. Quand un chien souffre beaucoup, il peut pleurer. J'l'ai entendu gueuler de ma caravane. Ils l'ont sorti de là-dedans juste avant qu'il se transforme en ragoût. Il s'est mis à galoper dans tous les sens. A foutu le feu à leurs bibles et à leurs tracts, puis au mur. Ces chrétiens, j'les ai virés en leur bottant leurs saintes fesses. Ils ont trimballé ce qui restait de ce clebs dans un seau fumant. C'est un peu triste, même si ce n'était qu'un chihuahua... On ne voyait que sa vieille queue noirice qui sortait du seau, comme la mèche d'une bougie éteinte.

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~ Boucle d'Ogre et les trois ours, Pascal Brissy

boucle d'ogreillustré par Lynda Corazza
Milan Poche Benjamin, 15 janvier 2014, 24 p.

♥♥

Quatrième de couverture : « Boucle d'Ogre est une sorcière laide, très laide, et bête, très bête. (...) »
Comment représente-t-on une sorcière « très laide » ? Peau verte, embonpoint, boutons/verrues... et cheveux roux. Comme Fiona, dans 'Shrek', sauf que Fiona est d'abord très jolie avec ses cheveux roux, avant de devenir ogresse, par choix, par amour... Il me semble d'ailleurs que Fiona fut la première belle princesse rousse de dessins animés et films pour enfants ; Disney n'a longtemps présenté que des brunes et des blondes - mais je peux me tromper...
Dans ce 'Boucle d'Ogre', la couleur capillaire apparaît comme un des attributs du personnage de sorcière. Quand on sait que les personnes rousses font l'objet de moqueries dès l'enfance*, on peut trouver malvenu que les livres jeunesse affublent aussi souvent les sorcières de tignasses oranges - amalgame identique à celui de la 'chasse aux sorcières' pratiquée au Moyen-Age et au-delà... Voilà pour la parenthèse politiquement correcte...

L'histoire : réécriture sans grande imagination de 'Boucle d'Or et les 3 ours', j'ai vu beaucoup mieux dans les contes détournés, et dans cette très bonne collection 'Milan Poche Benjamin' pour les 6-7 ans. Seule la fin m'a fait vaguement sourire.

* cf. cet article parmi d'autres dans l'Express.

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mercredi 10 août 2016

L'Histoire des USA en 5 minutes, Caljbeut

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Le vrai site de Caljbeut, c'est ici.

caljbeut

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lundi 8 août 2016

~ La joue bleue, Hélène Leroy & Sylvie Serprix

la joue bleueEditions Talents Hauts, 27 janvier 2011, 36 p.

♥♥♥♥

Homo sacrin sacrin est fort, il chasse, il explore les plaines et les montagnes. Il décide de 'prendre' une femme - s'installer avec une seule, si vous préférez.
Il a déjà établi son programme : elle fera briller les murs de la grotte, grattera les peaux de mammouth, videra le poisson.
Elle aimerait bien l'accompagner dehors, mais il estime qu'elle a de trop petites jambes, de trop petits poumons, une trop petite tête. C'est comme ça depuis des générations, nulle raison que ça change.
Quand Sacrin rentre le soir, il est fatigué, il a faim, froid. Tout doit être prêt à sa convenance, sinon il se met en colère, il cogne.
La femme lui trouve des excuses : « Il est fatigué, ce n'est pas sa faute. C'est moi qui l'ai énervé avec mes rêves et mes bavardages. D'ailleurs le voilà qui vient ; il a l'air malheureux. »
Lui aussi s'en trouve : « C'est elle qui m'agace. Elle me pousse à la taper. »

Ce roman jeunesse décrit très bien le cycle de la maltraitance : colère, violence physique, étonnement, souffrance et sentiment de culpabilité de la victime, repentir du bourreau, promesse, pardon... jusqu'à une prochaine fois.
Cette histoire a beau être située dans une préhistoire fantaisiste, elle est particulièrement réaliste, donc perturbante. Je m'interroge sur l'intérêt d'une telle lecture pour les huit-dix ans : apprendre à ceux qui ont la chance de vivre dans un climat serein que la violence familiale existe ? montrer à ceux qui subissent une telle ambiance délétère qu'on peut réagir ?

Intéressant : le roman montre bien le déni des autres, leur passivité, lorsque l'homme accusé de violence est perçu à l'extérieur comme un homme 'bien', ou au contraire parce qu'il effraie. C'est également une bonne idée de montrer que le lien ne doit pas être rompu entre le père et son enfant, en dépit de problèmes conjugaux - sous surveillance.

agenda 8 août - emprunt mdtk

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dimanche 7 août 2016

~ Pourquoi Mamie n'est pas gâteau, Sophie Chérer

pourquoi mamieL'École des Loisirs, Mouche, 14 janvier 2004, 71 p.

♥♥♥♥

« Les vacances de février commencent demain et, dans la cour de récréation, on dirait que le monde est divisé en deux camps : ceux qui partent faire du ski et ceux qui ne partent pas du tout. »
Autre option pour Mathilde : elle va passer une semaine chez sa grand-mère. Attention, n'imaginez pas une dame à cheveux bleus/roses/violets qui mitonne de bons petits plats, et fait sauter de délicieuses crêpes avant de les tartiner de confiture maison. Pas le genre. Avec elle, on sort, on s'amuse, on rigole, on apprend plein de choses, on lit... et on mange au McDo, éventuellement au restau, pas question de perdre du temps à cuisiner et à faire la vaisselle.
Mathilde adore cette vie, mais comme tous les enfants, le manque de conformisme la dérange, elle envie même Hansel et Gretel pour qui la sorcière se décarcasse aux fourneaux, ou Simon dont la mémé est représentante Tupperware ! Mathilde est encore plus perturbée lorsqu'elle entend cette phrase idiote : « Quand on aime la vie et les gens, on aime manger et faire à manger. » Qu'est-ce qui ne va pas, alors, chez sa grand-mère ? N'aimerait-elle ni la vie, ni les gens ?

Ce roman jeunesse sympathique et amusant montre les vertus des échanges entre les enfants et leurs grands-parents, surtout quand ils sont agréables, ouverts, et vous traitent comme des grands. Et bien sûr, l'exemple de cette Mamie pas tout à fait comme les autres prouve que les conventions, on s'en tape !

agenda 5 août - emprunt mdtk

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samedi 6 août 2016

~ Plateau, Franck Bouysse

plateauLa Manufacture de Livres, 7 janvier 2016, 300 p.

lu par Mr

♥♥

Le Plateau est un lieu sauvage. Ici, les difficultés de la vie des hommes modèlent leurs caractères. Leur rudesse cohabite parfois avec une grande profondeur d'esprit. Quand le destin s'en mêle, la tragédie se met en place...

Si ce livre était un cocktail, je le verrais avec un fond de Pierre Magnan (pour le cadre bucolique et les intrigues complexes), une rasade de John Steinbeck (pour ses dialogues concis et percutants), et un zeste de tragédie antique. Avec d'aussi bons ingrédients, il n'y a plus qu'à siroter !

De fait je me suis régalé pendant presque 300 pages, avec ces personnages sombres mais attachants. En peu de mots, ils échangent des réflexions profondes, parfois percutantes, à l'image des coups de poings que Karl lance dans son sac de boxe.
La simplicité jubilatoire des dialogues est d'autant plus évidente que le reste du texte est écrit dans un style riche et très imagé - qui implique d'ailleurs l'attention permanente du lecteur.

Seule ombre au tableau, mais de taille, les deux dernières pages de l'épilogue m'ont donné le désagréable sentiment d'avoir raté quelque chose dans la compréhension du livre. Cette dernière impression gâche mon appréciation globale d'un roman qui m'a pourtant procuré d'excellents moments de lecture.

Spoil sur l'épilogue ** j'ai compris que Martial indique à Virgile, venu de débarrasser de ce vieil homme gênant, qu'il n'aurait pas informé Georges de la provenance de l'argent que lui aurait légué Virgile. Soit mon interprétation est erronée, soit l'information que cet épilogue donne ainsi m'apparaît trop insignifiante pour mériter de figurer à cet endroit du roman.**

L'avis de Canel.

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vendredi 5 août 2016

~ Le chemin s'arrêtera là, Pascal Dessaint

le chemin

dessaintPayot & Rivages, Thrillers, 11 février 2015, 222 p.

♥♥♥

Nom : on ne sait pas, et c'est pas grave
Prénom : Cyril (ou Jérôme ou Wilfried ou Michel ou Gilles... chacun porte une croix)
Sexe : de frustrant (attouchements à la va-vite) à sordide (viol, inceste, femmes prédatrices répugnantes et cruelles)
Date de naissance : il y a longtemps, même les plus jeunes sont usés
Lieu de naissance : une ville côtière au nord de la France
Profession : sans (pas encore, ou au chômage) ou boulot pénible
Profession des parents : OS
Loisirs : pêcher, picoler, regarder les oiseaux, les bateaux, refaire un crépi qui ne tient pas, se venger sur les autres de sa vie de lose

De Pascal Dessaint, j'avais lu Les derniers jours d'un homme. J'avais beaucoup aimé le contexte et les idées, moins l'intrigue.
Expérience moins enthousiasmante avec cette deuxième découverte :
- je me suis perdue dans les personnages, trop nombreux, trop semblables (et pourtant je prends des notes)
- j'avais un mal fou à visualiser cette côte d'acier, de béton, de fumée, avec sa centrale, ses usines, ses gigantesques bateaux, ses blockhaus, ses oiseaux (j'appliquais tant bien que mal des images de Saint-Nazaire)
- j'ai trouvé excessive l'accumulation de guignes et de violence (même si je sais que ça existe, une telle poisse, notamment dans les zones économiquement sinistrées).

Cet ouvrage m'a fait penser à D'acier (Silvia Avallone), Les vivants et les morts (Gérard Mordillat), Rafael derniers jours (Gregory Mcdonald), Mystic River (Dennis Lehane) - autres romans 'sociaux' que j'ai trouvés à la fois plus subtils et plus intenses.

agenda 3 & 4 août

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 5e 💀

logo sharon polar 201617

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# Un homme debout, Claudio Capéo

Découvert par hasard le 27/07 à 9h56 sur Chérie FM, grâce à Sandrine - merci !  (je reparle de toi bientôt, Mme D. )

J'aime la musique, les paroles, le chant, qui me font penser à Soan. J'achète le CD demain !

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jeudi 4 août 2016

~ Les pieds bandés, Kunwu Li

les pieds bandés

likKana (Dargaud-Lombard), 1 mars 2013, 128 p.

♥♥♥♥

Instaurée au Xe siècle en Chine, la pratique des pieds bandés ne fut bannie qu'au début du XXe siècle, avec la révolution qui mit fin au régime impérial. Mais l'interdiction ne fut effective qu'après 1949, sous la République populaire de Chine - merci Mao, pour une fois !
Cette torture était infligée aux petites filles de six-sept ans - âge idéal car « la peau est douce et les articulations tendres ». Le remodelage du pied durait deux ans.
Le but ? Répondre aux fantasmes masculins, et espérer ainsi sortir de sa condition en faisant un "beau" mariage.
« Ce qu'on regarde en premier chez une jeune fille n'est pas son visage, ni même son corps, mais sa paire de pieds ! Avec des petits pieds, une jeune fille peut épouser un homme de haut rang et tout le monde la respectera. Elle mangera des plats raffinés, elle aura des vêtements de satin et de soie à profusion. Tout ce qu'elle désirera, même des objets venus d'Occident, comme ces petites horloges automatiques. De plus, elle t'appartient ! Elle ne pourra jamais se sauver. »
On imagine la violence de cette pratique et les souffrances endurées, quand on apprend que la taille idéale du pied bandé était de 7.5 cm*, et qu'il devait obéir aux critères suivants : « menu, mince, pointu, souple », en forme de bouton de lotus.

Album fort instructif, qui nous immerge dans la Chine féodale du début du XXe siècle. Les descriptions du bandage de pied sont insoutenables, mais courtes, heureusement. Je regrette que le récit soit un peu décousu et que le trait soit si peu agréable ; les visages sont bizarrement laids et distordus - à l'image des pieds bandés, cela dit...

Une page d'histoire-géo à connaître (cette coutume a perduré pendant plus de mille ans, quand même !), qui nous invite à réfléchir aux exigences de la mode, directement inspirées des fantasmes masculins.
Quid de nos soutien-gorge, strings et talons ? Confort ou allure sexy, il faut choisir...

* à titre indicatif : 23 cm du talon à la pointe du pouce quand on chausse du 38.

agenda 3 août

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mercredi 3 août 2016

~ Le livre de Joe, Jonathan Tropper

le livre de joe

JTThe Book of Joe, 2004
traduit de l'américain par Nathalie Perrony

Fleuve éditions, 2006
présente édition : 10/18, 412 p.

♥♥♥♥

Largement autobiographique, le livre de Joseph Goffman, 'Bush Falls', a été très mal accueilli par les habitants du patelin où l'auteur a passé sa jeunesse. Il faut dire que chacun peut s'y reconnaître, et si Joe a pris quelques libertés avec la réalité, on sent bien que certains n'avaient pas besoin de retouches pour apparaître comme de parfaits connards.
Joe avait des comptes à régler ; il reste marqué par des drames dont certains caïds peuvent être tenus pour responsables, plus ou moins directement. Voilà pourquoi il n'a pas remis les pieds à Bush Falls depuis dix-sept ans. Lorsqu'il y revient parce que son père est mal en point, il pige vite que deux ans après la parution de son livre (un best-seller adapté au cinéma qui l'a rendu riche, en plus ! affront suprême), il n'est pas le bienvenu, c'est le moins qu'on puisse dire…

Après une expérience jubilatoire avec Jonathan Tropper C'est ici que l'on se quitte, j'avais envie de le retrouver. Mais pas trop tôt, ses romans sont des mondes vivants, réalistes, dans lequel on a envie de s'attarder, plusieurs semaines après lecture.
J'ai abordé ce ‘Livre de Joe' en pensant que Jonathan allait me faire rire, Johnny, Johnny. Pas vraiment.
Tropper garde bien cet humour cynique qui donne une vivacité aux dialogues et aux situations, mais le début du roman est lent, et quand l'histoire décolle après cent pages, on comprend qu'on ne va pas être dans la franche déconne.
On retrouve quelques uns des thèmes rencontrés dans C'est ici que l'on se quitte : brouilles familiales, rivalités fraternelles, difficultés à communiquer en famille, bastons entre mecs... Mais le ton m'a paru beaucoup plus grave ici. L'auteur aborde avec talent les thèmes de la sexualité adolescente, des premières amours, des lâchetés ados, de l'homosexualité, de la maladie, du deuil mère-fils...

Les derniers chapitres tombent hélas dans le gnangnan (à la demande de l'éditeur ? en vue d'une adaptation cinématographique ?).
Malgré cette réserve, je me suis régalée, entre sourires et émotion. Et j'ai apprécié la compagnie de Latina pendant cette lecture, pour avancer vite et échanger des réflexions sur nos impressions. Merci Cécile !

# playlist : Bruce Springsteen (Backstreets, Glory Days, I'm on Fire, Bobby Jean...), Peter Gabriel (In Your Eyes), Howard Jones (No One is to blame)...

agenda 31/07 > 02/08

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mardi 2 août 2016

# Des conséquences, Igit

Des accents de Bernard Lavilliers et de Ridan. 😍

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~ Ceux qui n'aiment pas lire, Rachel Corenblit & Julie Colombet

ceux qui n'aiment pasRouergue, ZigZag, 5 janvier 2011, 96 p.

Samuel n'aime pas lire. Enfin si, mais des BD, et ça, pour ses parents, c'est pas de la lecture.
Ce qui l'agace, Samuel, c'est que sa mère l'oblige à aller tous les mercredis à la bibliothèque, et qu'elle se plaint partout de l'aversion de son fils pour les livres, sollicitant des idées auprès des enseignants pour le « guérir ».

Bref, Samuel a la pression, et il en a ras le bol. Alors il crée « le Club de ceux qui n'aiment pas lire », de ceux que les livres effraient, ennuient, de ceux qui en lisent seulement par devoir jusqu'à l'indigestion, de ceux qui trouvent que les livres puent, de ceux dont les parents attendent des lectures plus 'intelligentes'...
Pourquoi pas ? Sauf que ces lascars imaginent non seulement de pourrir la vie de leurs parents avec moult sabotages domestiques, mais aussi de s'en prendre aux bouquins, de les détruire. Double bof.

Je n'attendais pas forcément un happy end à cette histoire, une solution miracle pour faire aimer la lecture aux plus réfractaires (quoique : quid de la lecture des premiers chapitres à voix haute, pour donner envie ?), ou que les parents lâchent du lest sur les préférences littéraires de leurs petits, mais la tournure prise par le récit avec cette rébellion m'a vraiment déplu.

La question dans les dernières pages est intéressante « Eduquer, c'est punir ? », mais hélas, il n'y a rien derrière...
A qui se destine cet ouvrage ? A ceux qui n'aiment pas lire ? Pour leur donner des idées de vengeance ? A ceux qui lisent déjà ? Pour les conforter dans l'idée qu'ils sont "du bon côté" ?

Les dessins illustrent astucieusement le texte, mais j'ai trouvé le trait moche et flippant.

- de cette auteur, j'ai beaucoup aimé Le métier de Papa et 146298.

agenda 14 juillet - emprunt mdtk

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lundi 1 août 2016

# Karma Police, trois interprétations

•  l'original de Radiohead  •

•  reprise multi-talents de Gianni & Sarah (Walk off the Earth)  •

•  reprise de Soan (c'était en 2007, deux ans avant sa participation à la Nouvelle Star)  •

j'adore les 3 ! boogie

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dimanche 31 juillet 2016

~ Fais-le pour maman, François-Xavier Dillard

fais le pour maman

FXDPocket, 13 juillet 2016, 315 p.

♥♥♥

Drame chez les Vergne : la fille aînée de treize ans a été blessée à coups de couteau. Les secours trouvent la maman et le petit frère de sept ans hystériques à ses côtés, dans la cuisine. La mère a beau essayer de faire porter le chapeau à son fils, elle sera condamnée à cinq ans de prison. Le père s'étant fait la malle depuis belle lurette, les deux enfants vont être placés en foyer et dans des familles d'accueil...
Le lecteur les retrouve trente ans plus tard. Comment s'en sortent-ils ? Peut-on se remettre d'un tel passé ?

François-Xavier Dillard, l'auteur, est directeur de la comm dans un grand groupe énergétique français. En découvrant ce profil juste avant de commencer ma lecture, j'ai craint de trouver du polar facile et formaté façon Jacques Expert. En effet, rien d'extraordinaire dans l'intrigue (bien fichue et 'efficace' pour flipper, quand même), hormis le dénouement que je n'avais pas vu venir.

Violences familiales et conjugales, maltraitances sur enfant, folie. J'ai beau alterner les styles de mes lectures (thrillers, romans, jeunesse, BD), ces thématiques malsaines reviennent souvent. Je me fais peur ou je me rassure en choisissant cela ?
Ce roman-là est particulièrement dérangeant, il faut le savoir si on ne supporte pas que les principales victimes de la folie humaine soient des enfants...

agenda 28 > 30 juillet

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 4e 💀

logo sharon polar 201617

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