Canel

dimanche 25 juin 2017

~ Intempérie, Javi Rey (d'après le roman de Jesús Carrasco)

intempérie

Dupuis, Aire libre, 16 juin 2017, 152 p.

lu par Mr

♥♥♥♥

Un enfant fait une fugue, fuyant les sévices de son père. L’environnement est hostile, d’autant plus qu’une sécheresse sévit. Des recherches sont lancées - ou plutôt une battue, du point de vue de l’enfant.

Malgré la violence et la tristesse qui s’en dégagent, l'histoire est belle, tout comme le graphisme de cet album adapté d'un roman de Jesús Carrasco.

J’ai également beaucoup apprécié les commentaires des deux auteurs, qui figurent en fin d’ouvrage.

Je n’éprouve néanmoins par l’envie de lire le roman, ayant l’impression que l’essentiel a été dit et que l'atmosphère est parfaitement rendue grâce aux dessins et aux couleurs. Je crains d'être déçu par le texte 'brut'.

... et Canel

♥♥♥♥

« Les hommes étant partis, il n'avait qu'une chose en vue : marcher vers le nord. Que trouverait-il dans ce nord absolu ? Peu lui importait. Il s'éloignait du village, de l'alguazil* et de son père. Cela lui suffisait. » 
Victime de maltraitances, ce jeune garçon fuit. Il risque la mort ; le désert n'est pas loin et la sécheresse sévit. Heureusement, il rencontre un vieux berger, et découvre à l'occasion que tous les mâles ne sont pas des prédateurs. Mais les hommes du village sont à ses trousses...

Adapté du roman éponyme de Jesús Carrasco, cet album aux traits et couleurs expressifs nous confronte de plein fouet à la chaleur, à la rudesse d'un paysage aride et étouffant, et à la violence humaine. Quelques gouttes de douceur dans ce monde hostile : du lait et de l'eau pour étancher la soif, un troupeau paisible, l'amitié et le dévouement désintéressés d'un vieillard bienveillant, ses leçons de survie, ses conseils de sagesse en réponse à la volonté de vengeance - tellement précieuses pour un enfant qui n'a connu que la violence et ne sait répondre autrement.

En postface, l'auteur du roman et celui de la BD expliquent leurs sources d'inspiration, leurs méthodes de travail, leurs liens avec l'Espagne... 
Bonne idée ! Ces témoignages confirment que leurs approches se complètent à merveille, et c'est probablement ce qui rend cet album si émouvant.

• merci, Apikrus, pour ce choix Babelio - c'est rare que tes sélections Masse Critique correspondent à mes goûts ! 😉

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25 juin

Merci à Babelio et aux éditions Dupuis !

jes   jr
Jesús Carrasco & Javi Rey

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samedi 24 juin 2017

~ Mais oui, je vous aime toujours ! - Thierry Lenain & Catherine Meurisse

mais oui

Nathan, juin 2006, 30 p.

♥♥♥♥

En 1986, la petite Elsa suppliait son papa de ne pas s'en aller, s'il l'aimait. ♪♫
Ah le vilain chantage affectif !

Hugo ne raisonne pas de cette façon. Bien sûr, s'il avait eu le choix, il aurait voulu garder ses deux parents avec lui. Mais maintenant que le couple est séparé, il se rend compte que l'ambiance pourrie à la maison, ça déglinguait tout le monde. Alors finalement, il préfère avoir deux maisons, passer une semaine avec maman, une semaine avec papa, et ne plus entendre les disputes, les cris. Du moment qu'on ne l'empêche pas de faire son bicross, il est heureux, peinard.

Par contre, empêtrés dans leurs propres difficultés et leur sentiment de culpabilité, les parents sont persuadés que leur fils ne va pas bien. C'est vrai qu'ils l'ont négligé, ces derniers temps, occupés à se bouffer le nez : « [...] à force de ne plus s'entendre, ils ne m'entendaient plus non plus. »
Que font les parents dans ces cas-là ? Ils emmènent leur rejeton chez un psy. Excellente idée, parce qu'en général, les thérapeutes savent parler aux enfants... et aux adultes et rassurer tout le monde, lever les malentendus quand on n'arrive plus à se parler/s'écouter entre proches.

Très bon livre qui dédramatise le divorce et LA visite chez le psy auquel chaque enfant a droit au moins une fois dans sa vie, depuis quelque temps, et qui peut faire angoisser tout le monde - surtout, ne pas que ça se sache, on voudrait pas qu'il passe pour un 'enfant à problèmes', on n'est pas des mauvais parents !
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22 juin - emprunt mdtk

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vendredi 23 juin 2017

~ Culottées, 2 - Pénélope Bagieu

culottées

Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent
Gallimard Jeunesse, 26 janvier 2017, 168 p.

PB

♥♥♥♥

Sonita Alizadeh, rappeuse, Cheryl Bridges, athlète, Nellie Bly, journaliste d'investigation, Jesselyn Radack, avocate, Mae Jemison, astronaute... Vous n'aviez jamais entendu ces noms ? Moi non plus.

Toutes ces femmes aux destins hors du commun ont dû batailler pour en arriver là, bridées/brimées par une famille, un mari, des conventions, et/ou d'autres obstacles qui empêchent le talent féminin de s'épanouir.

J'attendais impatiemment cette suite, après m'être régalée du premier opus, j'ai été légèrement déçue en découvrant que je ne connaissais aucune de ces femmes. Mais Pénélope Bagieu choisit toujours bien ses 'sujets' et, en quelques pages, elle retrace le parcours de chacune de manière passionnante, avec un texte suffisamment détaillé et des dessins charmants, aux jolies couleurs adaptées aux contextes.

Coup de coeur pour l'histoire de Frances Glessner Lee (1878-1962), miniaturiste du crime, parce que les miniatures et la criminologie me fascinent, et que je trouve son perfectionnisme amusant et admirable.*

Même conclusion que pour le premier ouvrage (d'une looongue série, je l'espère) : « du féminisme sans hargne, instructif, cosmopolite et drôle. » 
A faire lire aux adolescents pour montrer qu'une société peut 'reculer' et que les droits des femmes peuvent se réduire encore davantage (exemple notamment de l'Afghanistan).

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 19 au 21 juin - emprunt mdtk - merci à Sandrine qui m'a donné envie de découvrir cette série ! 😉

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Frances Glessner Lee working on one of her 19 Nutshells. They were built at one inch to a foot (a standard dollhouse scale) with fastidious crafts-manship, achieved with dental tools and a carpenter’s help (source : Harvard Magazine)

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lire l'article sur Mashable

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jeudi 22 juin 2017

~ La chance que tu as, Denis Michelis

la chance

Stock, La Forêt, 20 août 2014, 160 p.

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« La situation est grave, on le répète assez comme ça. La situation est grave pour ne pas dire désespérée, le pays court à sa perte alors il devrait s'estimer heureux d'avoir trouvé un job. » (p. 22)
A qui le dites-vous, ma bonne dame, qu'un travail c'est précieux, que ça ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval ! On s'en rend compte même pour décrocher un malheureux stage ou un boulot d'été -
bénévole, en désespoir de cause, histoire d'alimenter le CV. 

« Il » s'est fait pistonner pour un emploi dans la restauration, dans un grand domaine prestigieux. Ah, « la chance qu'[il] a ! »
Mais il a peur, ce jeune homme, il est terrorisé, même. Sont-ce vraiment ses parents qui le lâchent dans cet environnement nouveau, donc forcément hostile ? 
Dans le monde des adultes, comme ça, abruptement, sans filet, dans le grand bain, ils le poussent...

Le ton est donné, on se croirait dans la tête du petit Poucet, celle d'Hansel ou de Gretel. 
L'angoisse grandit à mesure qu'on approche du lieu de 'détention' : « Et il voit se dessiner un grand portail en fer forgé qui ne donne aucune envie de le franchir... » (p. 19)
Ces impressions se confirment, on va rencontrer une sorcière, un ogre, des lutins malfaisants...

En donnant à son histoire des airs de conte cruel, Denis Michelis ravive parfaitement nos angoisses primaires : maltraitance, harcèlement, séparation d'avec les parents, sentiment d'abandon. Cela pour dresser un tableau très sombre du monde du travail (dérégulation, précarisation...).

J'ai retrouvé le même malaise à cette lecture que lorsque j'avais découvert vers dix ans le conte initiatique 'Blondine' de la Comtesse de Ségur (in Nouveaux Contes de Fées, 1856). 
Un malaise identique également à celui éprouvé en prenant connaissance de l'organisation sociale au sein d'une meute de loups *, avec l'individu omega auquel personne ne portera secours, de peur de prendre sa place de victime...

Court, intense, ce roman est angoissant et triste à hurler. Grandiose !

* en visitant ce domaine en Ariège.

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18 juin

💀  challenge polars, romans noirs & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 46e  💀

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mercredi 21 juin 2017

# Fête de la musique + premier jour de l'été = ...

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. . .  des  musiques  estivales  !  

Attention, y a de tout, y compris du midinette ! Des versions originales, des reprises... En vrac :

La Isla Bonita, Madonna

Coup de soleil, Camelia Jordana (Nouvelle Star, 2009) - initialement chanté par Richard Cocciante

Mets de l'huile‪Regg'lyss 

Prayer in C, Lili Wood & the Prick 

I Gotta FeelingThe Black Eyed Peas

Sexual Healing, Marvin Gaye

Un roman d'amitié, Elsa & Glenn Medeiros

Lambada, Kaoma (1989)

Macarena, Los del Rio 

Eve, lève-toi - Julie Pietri

HélèneRoch Voisine en duo avec Coeur de Pirate

Made in Normandie, Stone & Charden

La Tribu de Dana - Manau

Porque te vasJeanette

 -  voir  cet  article  du  Point  -

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~ Journal d'un dégonflé, tome 11 : Double peine - Jeff Kinney

dégonflé11

Seuil Jeunesse, 4 mai 2017, 224 p. 

jk

♥♥♥♠♠

Quelle bonne surprise de tomber par hasard sur ce nouvel épisode dont je ne connaissais pas l'existence ! La VF du précédent opus est sortie en octobre 2016 - sept mois entre les deux, mazette !

Enthousiasme de courte durée. 
Si j'ai aimé retrouver Greg et ses proches, j'ai vite trouvé ce onzième volet nettement en-deçà des précédents. 
Jeff Kinney (et ses collaborateurs ?) s'essouffle(nt), c'est évident.
L'intrigue décolle très tardivement, les bonnes trouvailles se font rares. Quant à l'histoire annoncée en 4e de couv, j'ai longtemps cru à une erreur puisqu'elle se déroule uniquement sur les 20 dernières pages du récit (sur un total de 220) !

Reste le personnage formidable de la maman de Greg, qui rame avec ses trois fistons, surtout les deux aînés, et n'est jamais à court d'astuces pour les remettre dans le droit chemin du comportement familial respectueux et responsable - l'idée du 'sac à pioches' pour distribuer les corvées est géniale ! 😊 Je tenterais bien, mais je crains les embrouilles et les cris. On va s'en tenir à l'alternance (un peu compliquée quand l'un des deux n'était pas là à un repas) - bien notée sur le calendrier, parce que les jeunes ont la mémoire très courte...

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 17 & 18 juin

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lundi 19 juin 2017

~ M. & Mme, Melissa Pigois

m & mme

Belize, 17 février 2009, 32 p. (3-5 ans)

Comment expliquer le métissage aux enfants, les ressemblances au sein d'une même famille, ou au contraire les différences frappantes qui peuvent faire douter (à tort ou à raison) d'une filiation ?

Le mécanisme de la génétique est simplifié ici, puisqu'on ne voit que deux générations, parents et enfants. Cet album astucieux donne quand même un excellent aperçu de nos dissemblances, dans la famille, mais aussi dans notre environnement plus ou moins élargi. 
Il suffit d'avoir que le jeune lecteur ait des notions de géométrie, des couleurs et de leurs mélanges, pour comprendre rapidement les possibilités physiques pour un enfant dont on connaît les parents biologiques.

Exemple éloquent : si M. Carré Rouge et Mme Rond Bleu ont cinq enfants, ceux-ci peuvent être mauves, violets, ronds, carrés, voire carrés arrondis. 
Et encore on ne tient compte ici que de deux caractéristiques : la forme du corps, et la couleur générale.

Trois particularités, au milieu de toutes ces familles : un couple désespérément stérile, un autre qui a adopté trois enfants très différents, et un troisième qui attend son premier bébé...

Un bel hymne à la diversité et aux mélanges, grâce à un raisonnement simple, logique, implacable.

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18 juin - emprunt mdtk

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~ Les larmes noires sur la terre, Sandrine Collette

les larmes noires

Denoël, Sueurs froides, 2 février 2017, 336 p.

scol

♥♥♥♥♥

Quand le groupe Téléphone revisite l'histoire de Cendrillon dans les années 80, ce n'est pas pour nous donner une version sucrée et rose dragée à la Disney.
Ce qui arrive à Moe, jolie Tahitienne de vingt ans, ressemble à cette vision sinistr(é)e du mariage et de la vie. Ce n'est pas un prince charmant qui la prend sur son cheval blanc, mais un quadra bourrin qui l'entraîne à quitter son île sans avenir, pour venir vivre avec lui en métropole. 
Et c'est bien avant ses trente ans qu'elle déchante, Moe, face au mépris et à la violence du bonhomme. 
La seule issue est la fuite, au hasard. 
Moe atterrit dans une ville poubelle où les individus qui n'ont plus grand chose à perdre sont comme des voitures à la casse (et c'est dans ces carcasses qu'ils vivent, d'ailleurs). On exploite leur potentiel à moindre coût. Ils sont remisés, enfermés. 
On pense aux bidonvilles, aux camps de travail ou de réfugiés en transit...

Sandrine Collette change complètement d'univers d'un ouvrage à l'autre. Une constante, quand même, dans ses intrigues : elles sont sombres, sans espoir, et les humains sont d'une cruauté inouïe entre eux.
Ici, les femmes sont les principales victimes - plus faibles physiquement, à la merci de la libido et de la violence d'hommes qui ont perdu toute retenue, tout pouvoir d'empathie.

Ce roman noir formidable, très bien écrit, évoque la misère, la saleté, la précarité, la peur, la fatigue, la souffrance, mais aussi l'espoir, la douceur de la maternité, celle de l'amitié, les petits moments de bonheur, la solidarité entre femmes unies dans l'adversité.

Le ton, l'ambiance, m'ont rappelé Mon amour, ma vie (Claudie Gallay), Rafael derniers jours (Gregory Mcdonald), la trilogie Vernon Subutex (Virginie Despentes), La Perle (John Steinbeck), et Les Échoués (Pascal Manoukian) - que du bon, du puissant qui remue les tripes et noue la gorge...

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5 au 17 juin - merci Marina pour le prêt !

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♪ ♫ ♫ ♪ ♪ ♫ ♪

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dimanche 18 juin 2017

~ Le petit chaperon ROUGE, Rascal

le petit chaperon rascal

L'Ecole des Loisirs, Pastel, 11 février 2015, 24 p.

-

 rascal

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L💗ve  LPCR  forever  ! 
Le conte de Perrault du XVIIe siècle, les variantes orales qui l'ont précédé et donc inspiré, les interprétations psychanalytiques et littéraires (cf. Bruno Bettelheim et Anne-Marie Garat *), j'adore ! 
Ainsi que les versions pour enfants revisitées avec intelligence et/ou humour et/ou génie créatif.

Cet album de Rascal réunit ces trois qualités. 
Il faut connaître l'intrigue, car elle n'est que suggérée. 
Pas de texte, sauf l'onomatopée 'toc-toc-toc' qui fait rebondir deux fois cette terrible histoire. 
Trois couleurs : blanc, noir, rouge
Des formes minimalistes, comme sur la couverture. 
Des images symboliques. Machine à coudre et ciseaux - qui serviront à confectionner le vêtement de la fillette. Forme en blanc de l'habit sur pièce de tissu rouge - l'étoffe est découpée... 
Et marchez dans les bois, jeunesse, en direction de chez Mère-Grand. Rencontrez le loup, laissez-vous embobiner et la bobinette cherra, mais quelle sera la trombine sous le bonnet de nuit de Mémé ?...

Grandiose ! Quand minimalisme est synonyme de génie.

* Une faim de loup, Lecture du Petit Chaperon rouge, Anne-Marie Garat (Actes Sud)

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 17 juin - emprunt mdtk

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samedi 17 juin 2017

~ Crocs, Patrick K. Dewdney

crocs

Manufacture de Livres, 5 juin 2015, 190 p.

dew

lu par Mr

♥♥♥♥

« Il flotte tout autour un parfum électrique. Sous mes pieds, la lande noire. Des millions d'années étalées là, arrachées à de lointaines entrailles, exhibées en une seule traînée obscène. Je m'accroupis en balancier sur les talons. Les doigts usés jouent dans les gravillons. Des ongles noircis s'agitent. De petits dieux crasseux, de perle et de corne, qui aligneraient des comètes de basalte. Dans mon dos, le vent palpite. Une bourrasque, puis une autres, et l'air se dilue comme une chose visqueuse faite d'huile et de nerfs. Mes tripes se contractent encore. Ça sort sur l'asphalte en clapotis, chaud et mou et puant. Ça restera là, dans l'odeur des passages, et ils ne pourront pas s'en servir pour me suivre. » 

Lorsque j'ai entendu ce premier paragraphe de Crocs lu à l'occasion d'une interview de l'auteur à Mauves en Noir 2017 (salon du polar à Mauves-sur-Loire), j'ai pensé que débuter un roman de la sorte nécessitait de l'audace...

Un homme en fuite décrit son parcours, son quotidien, et sa quête. de temps à autre il se remémore son passé. de fait, l'issue de son voyage s'explique par ce qu'il a vécu. Sa pensée est parfois difficile à suivre, à l'image de l'écriture riche et imagée de Patrick K. Dewdney. J'admire le travail mais j'ai trouvé le résultat souvent trop alambiqué pour apprécier pleinement cette lecture. le langage et certaines thématiques de ce roman noir m'ont fait penser à l'excellent Plateau de Franck Bouysse, mais avec une écriture cependant encore plus ampoulée (un dictionnaire à portée de mains n'est pas superflu, à moins que vous ne connaissiez déjà le sens de : « jéhenne », « céruléen », « hure », « glyphes », « ichor », « aiguail », et « séléniques »…). J'ai aimé l'histoire et le dénouement, et n'ai pas regretté ces efforts de lecture.

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 •  Merci aux MaGi !

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jeudi 15 juin 2017

~ Le loup tombé du livre, Thierry Robberecht & Grégoire Mabire

le loup tombé

Mijade, octobre 2015, 24 p.

♥♥♥♥♥

« La bibliothèque de Zoé était pleine de livres, tellement pleine à craquer qu'un jour, un livre est tombé à terre et que le loup de l'histoire en est sorti. »
On peut s'arrêter là quelques minutes, fermer les yeux, imaginer la suite, puis replonger dans cet album et se réjouir de toutes les idées géniales des auteurs. 
Comme l'annonce la couverture, notre infortuné loup rencontre des prédateurs dans la vraie vie ; il a intérêt à trouver une astuce pour sauver sa peau. Comment faire ? Retourner dans un livre ? Encore faut-il atterrir dans le bon, et à la bonne page !

Album plein d'humour et très pertinent, où les frontières entre fiction et 'réalité' (une réalité relative) sont brouillées. 
Je ne sais pas à partir de quel âge le jeune lecteur y trouvera un écho, mais le premier degré est déjà un régal, d'autant que les illustrations donnent parfaitement vie à l'histoire. 
La réflexion est intéressante aussi pour les adultes. On a parfois du mal à quitter les personnages de ses lectures, pour le meilleur ou pour le pire. Ils existent réellement et 's'échappent' alors du livre. 
Il peut même arriver qu'on fasse des détours la nuit pour ne pas se confronter à un livre angoissant et à ceux qui le peuplent...

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15 juin

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mercredi 14 juin 2017

~ Tu mourras moins bête (4) : Pr Moustache étale sa science - Marion Montaigne

tu mourras

Delcourt, 9 septembre 2015, 256 p.

♥♥♥♠♠

« Tu mourras moins bête, mais tu mourras quand même ! » répète Marion Montaigne à chaque album (quatre à ce jour). 
Merci à elle de te rappeler que tu n'es pas éternelle.
Mais comme tu aimes bien chipoter, tu te dis que c'est pas sûr que tu seras moins bête au dernier jour de ta vie, tellement tu oublies vite.

Tu auras plus de rides qu'aujourd'hui, quand tu mourras (moins bête), même si cela devait arriver tout bientôt, parce que cet album t'a fait sourire, rire, mais aussi froncer les sourcils.

Tu as aimé les explications instructives et délirantes sur la biologie humaine et animale, surtout quand ça tournait autour du s3x (par exemple : « un homme doit-il se laver les mains après avoir fait pipi ? » ta réponse à toi est 'OUI !', et c'est un sujet qui te tracasse depuis que tu sais que de beaux auteurs propres sur eux ne le font pas, mais tu tiens peut-être une explication, grâce à cet ouvrage).

Tu t'es puissamment ennuyée avec les chapitres de physique, astronomie, et toutes les allusions aux blockbusters d'action américains (attention, au moins un pléonasme dans cette formule), parce que tu ne les connais pas, ce n'est pas du tout ce que tu aimes voir au ciné. C'est d'ailleurs ce qui t'avait tant rebutée dans le premier opus de cette série BD La science, c'est pas du cinéma !, que tu avais rapidement abandonné.

Tu continueras quand même à emprunter les albums de Marion Montaigne à la médiathèque (ou à aller voir son blog quand tu y penseras) et à te régaler avec certains sujets, parce que sa façon de vulgariser la science avec humour t'enchante.

Mais pourquoi tu parles comme ça, aujourd'hui ?
1/ c'est l'auteur qui a commencé avec son titre
2/ tu es en vacances sur la côte et le soleil tape dur
3/ ça change, mais tu ferais pas ça tous les jours
Tu me laisses chercher la réponse que je préfère (plusieurs choix possibles). 
Attention, ici le 'me', c'est 'toi' habituellement.
J'ai compris ? Je veux que tu m'expliques, à moi, lecteur de ce billet ?

Billet moins méchant que bête, et plus qu'hier et moins que demain, on (tu et je) espère...

► blog de Marion Montaigne.

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mardi 13 juin 2017

~ Charly, Sarah Turoche-Dromery

charly

Thierry Magnier, Petite Poche, 18 janvier 2017, 48 p.

sara

♥♥♥♥♥

Est-on jamais sur un pied d'égalité dans une relation amicale ou amoureuse ? Chacun en sait-il autant sur l'autre ? Quid de la confiance ? de la réciprocité ?

Quand Charly et Sam se rencontrent au gré de vacances estivales, le courant passe immédiatement. A onze ans, ils ont exactement les mêmes goûts : foot, Star Wars, jeux de rôles, BD. 
Sam se sent tellement en confiance avec Charly qu'il se laisse aller à quelques confidences sur ses relations compliquées avec les filles. 
Et puis un jour, Charly déçoit Sam, qui s'estime trahi, dupé. Y a pas le droit de faire un truc pareil !

La plupart des thématiques de la collection Petite Poche (Thierry Magnier) sont intéressantes, aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Il s'agit de sujets de société (divorce, maltraitance, différence, vieillesse...). Ce qui est moins souvent réussi dans ces ouvrages, c'est la façon dont l'auteur traite la question. Je trouve souvent le ton plus adapté aux adultes qu'au jeune public visé.

Un sans faute ici ! Avec cette belle histoire d'amitié qui sent bon l'été et les vacances, l'auteur évoque subtilement l'apparence, les goûts, la différence, la tolérance en général... ** spoil ** et plus spécifiquement ici la différence des sexes et les stéréotypes masculin/féminin. **

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11 juin - salon de Vannes

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lundi 12 juin 2017

~ Pause, Fabcaro

pauseLa Cafetière, Corazon, 28 avril 2017, 64 p.

Après le formidable succès de son album Zaï Zaï Zaï Zaï, Fabcaro a la pression.
C'est super intimidant de se lancer dans un autre projet. On attend de lui qu'il nous amuse au moins autant, qu'il garde sa patte, mais se renouvelle quand même.
Oui mais là, pas de bol, l'idée ne vient pas. Vraiment pas.
Que faire ? Reprendre une bonne vieille recette utilisée par moult auteurs et réalisateurs. Raconter le quotidien d'un créateur angoissé par la page blanche. Tourner ce malaise en dérision, dire et répéter qu'on a la lose, qu'en plus on est hypocondriaque.

Voilà donc soixante pages de 'saynètes autobiographiques' qui racontent l'histoire d'un quadra père de famille, époux, et accessoirement auteur de BD, gentil, gaffeur, loser, sympa mais un brin tête à claques dans son inertie - même s'il semble s'excuser presque à chaque page de n'être pas vraiment à plaindre ( y a pire comme difficultés professionnelles)...

Le ton rappelle ceux des albums d'inspiration autobiographique de Delisle et de Larcenet (Retour à la terre, et Le Combat ordinaire).
J'a​i un peu souri parce que je trouve l'auteur sympa, il m'avait vraiment emballée avec Zaï Zaï Zaï Zaï. Sinon, je pense que j'aurais assez vite zappé ces lamentations nombrilistes où l'humour, même quand il devient déjanté, tombe à plat ou s'avère lourdaud, loin des subtilités et de la loufoquerie du précédent album...

Intro de l'auteur : « En fait tu tournes en rond et tu fais des bouquins pour dire que tu tournes en rond... C'est pratique, tu peux tenir encore vingt ans comme ça... »
-> oui et non ! faut pas prendre le lecteur pour un pigeon non plus, il se lasse vite...

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9 juin - Vannes

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dimanche 11 juin 2017

Levr E Gwened / Livr' à Vannes - 2017, 10e année

Excellent WE vannetais !

Balades dans l'adorable centre ville qui nous charme à chaque visite, logés dans un studio tout mignon (notre première expérience Airbnb, très réussie)...

airbnb

-•  Salon litté  •

Et puis bien sûr, le salon du livre, où on a rencontré 5 Babeliotes qu'on connaissait et appréciait  déjà, et des membres de leur famille.

vannes2017

On a assisté à quelques conférences :

- Secrets politiques - C. Barbier, JL Debré, L. Stefanini, animé par Hubert Artus

- L'art du suspense - Michel Bussi, Fiona Barton, Franck Thilliez, Bernard Minier, Stépahine Janicot, animé par Christine Ferniot

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Franck Thilliez & Bernard Minier

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Fiona Barton

- De l'intime à l'universel - Serge Joncour, Thomas Reverdy, Alexandre Postel, Alexis Jenni, animé par Hubert Artus

- Bernard Werber en free style (petites séances de découverte du voisin, de sophro, etc.)

- La Bretagne en habits de deuils - Pascal Bresson, Yann Queffelec (sur l'affaire du Bugaled Breizh)

- Se souvenir des jolies choses - Grégoire Delacourt, animé par Hubert Artus (J-L Fournier, initialement prévu, était souffrant)

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*  *  *

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(images zoomables)

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-•  Emplettes  •

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•  Plein d'idées, grâce aux copines-copains, et aux auteurs rencontrés  •

voir le documentaire sur la colonisation française : Les couleurs de la République, Lina Barbier (chaîne parlementaire)

lire : Que la paix soit avec vous, Serge Joncour - A l'abattoir, Pierre Rosenvallon - Les deux pigeons, Alexandre Postel - La veuve, Fiona Barton - N'essuie jamais de larmes sans gants, Jonas Gardell...

revoir bientôt les MaGi, ce fut trop court ! 😉

aller passer quelques jours dans le 29, pour faire coucou à des personnes bien sympathiques ! 😏 😍

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jeudi 8 juin 2017

Travailler moins et 'vivre' plus...

... mais gagner un peu moins ?

Question des générations qui ne connaîtront sans doute pas la retraite - autant en profiter aujourd'hui...

réunion

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mardi 6 juin 2017

~ Les petites filles, Julie Ewa

les petites fillesAlbin Michel, 2016
Le Livre de Poche, 8 février 2017, 480 p.

ewa♥♥♥♥♥

« Son père voulait la pendre ou la noyer.
Un seul enfant par foyer.
Il voulait un garçon, mais sa connasse de femme a fait le taf qu'à moitié.
A la campagne on a besoin d'homme fort pour travailler,
Pas d'une bouche à nourrir,
Pas d'une pisseuse bonne qu'à chialer.
C'est presque impossible de vivre à trois.
Une fille unique, c'est perdre son nom de famille,
C'est la honte pour un villageois.
Qu'est-ce qu'il pouvait faire d'un déchet humain ?
Lui éclater le crâne entre deux pierres, l'enterrer à côté du chien... » *

J'emprunte ces paroles au rappeur Orelsan, cité par l'auteur de ce roman aussi noir que documenté. Autour d'une construction très classique pour un polar, Julie Ewa informe et bouleverse son lecteur. A travers les voix de deux Français oeuvrant pour une ONG, celles d'un moine bouddhiste et de quelques habitants d'un village reculé du Guangxi, on apprend beaucoup sur la Chine des trente dernières années, sur la politique de l'enfant unique en particulier et ses conséquences catastrophiques pour les filles... et leurs mères qui les aiment.

chineSi on soupçonne l'auteur d'en rajouter pour faire pleurer dans les chaumières, on peut découvrir les ouvrages de Xinran (notamment Messages de mères inconnues), une journaliste que Julie Ewa cite à plusieurs reprises. Pour (ré)apprendre que le bienheureux Occidental s'équipe à pas cher grâce aux petites mains d'Asie ou d'Afrique, on peut aussi lire La fabrique du monde de Sophie van der Linden...

Les petites filles a reçu en 2016 le 'Prix du Polar historique'.
C'est amplement mérité ! ♥

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agenda2

3 > 5  juin - merci les 3 M ! 🎁 😘

💀 challenge polars & thrillers 2016-2017 chez Sharon - 44e  💀

logo sharon polar 201617

 

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lundi 5 juin 2017

# La Petite Marchande de Porte-Clefs, Orelsan

 En attendant mon billet sur Les petites filles, de Julie Ewa...

... triste à hurler.

Si vous pensez qu'il exagère, lisez les témoignages de Xinran...

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dimanche 4 juin 2017

~ Miniaturiste, Jessie Burton

miniaThe Miniaturist, 2014
traduit de l'anglais par Dominique Letellier
jessiebGallimard, 2015
Folio, 2 mars 2017, 518 p.

Aujourd'hui, la charmante capitale des Pays-Bas incarne la tolérance, la mixité et la liberté. Au moins pour les touristes. 
En 1686, c'est une ville austère ; opulente et ouverte au commerce certes, mais verrouillée par des principes sociaux et religieux rigoureux et castrateurs.

Lorsque Nella Oortman quitte son village de province à dix-huit ans pour épouser Johannes Brandt, un riche marchand, elle ne s'attend pas à être accueillie aussi froidement. Quels secrets cachent son mari, sa belle-soeur, les domestiques, les voisins ? Pourquoi cette maison de poupée comme cadeau de mariage, comme si elle devait se contenter de jouer comme une enfant à la vie de femme, de mère et de maîtresse des lieux qu'on lui refuse ? D'où viennent les objets et figurines, étonnamment ressemblants, qu'elle reçoit pour peupler cet univers parallèle miniature ?

Beaucoup de mystères dans ce roman à la fois riche et étouffant. On devine certaines clefs, on en découvre d'autres, mais il reste des questions en suspens à la fin.
Il est excellemment écrit, l'atmosphère troublante parfaitement rendue, les miniatures fascinent, questionnent, et suggèrent des parallèles avec nos modes de vie actuels par procuration (la télé, internet) et avec les accompagnements auxquels on peut avoir recours pour tracer sa route, affronter ses difficultés (l'artiste-miniaturiste comme coach, psychothérapeute ?).
Je me suis émerveillée du contenu, des idées, des messages, mais je me suis surtout ennuyée, trouvant l'intrigue beaucoup trop lente...

  •  En tête tout au long de ma lecture : « Play-mo-bil, en avant les histoires... ♪♫ » - j'ad♥re les Playmo et les petits détails dans les accessoires !

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agenda228 mai au 3 juin - merci les 3 M ! 🎁 😘

La maison miniature (2,55 x 1,90 m.) de Petronella Oortman au Rijksmuseum, à Amsterdam, qui a inspiré cette histoire à l'auteur.
Un article passionnant de l'Express : Jessie Burton, le grand succès d'une miniaturiste.

maison minia
- zoomable -

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samedi 3 juin 2017

~ Mon ennemi Arnie, Jérémy Behm

arnieSyros Jeunesse, 11 mai 2017, 288 p.

jerblu par Mr

♥♥

Arnie s'est distingué en éliminant un dangereux criminel. Ça, c'est la version officielle, celle rapportée par l'intéressé, et confirmée par Fox et Cliff. Mais la réalité est bien différente !
Malgré leur récente brouille, Fox et Cliff considèrent Arnie de la même manière : comme un psychopathe en puissance. Ne parle-t-il pas de lui à la troisième personne, s'identifiant au « chat de Schrödinger », à la fois mort et vivant ? Le retour d'Arnie dans la petite ville d'Ithaca après quelques mois d'absence ne manque donc pas d'inquiéter les deux ex-copains. Ce retour coïncide d'ailleurs à une recrudescence de morts violentes… Quand cessera le carnage ? Qui sera la prochaine victime ?

Au départ, la diversité des personnages et des narrateurs m'a un peu embrouillé, d'autant que je n'avais pas lu le premier volet (Mon ami Arnie). Puis je me suis habitué à ces alternances en me familiarisant avec les protagonistes.

Même si l'intrigue n'a rien d'extraordinaire, le suspense, le côté sombre et le ton sarcastique rendent agréable la lecture de ce roman pour adolescents.
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 •  Merci à Audrey et aux éditions Syros !

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mercredi 31 mai 2017

# Wendy, Soan

-extrait du dernier album 'Celui qui aboie', dispo depuis le 26 mai

J'ai besoin de mes 14 ans,
Pour mieux te regarder,
D'un timide coin d’œil,
A la mémoire des premières fois.

Besoin de mes 15 ans peut-être,
Pour oser tremblant,
Te prendre la main d'un élan,
Sans y perdre la tête.

Besoin de l'eau d'une rivière,
Pour tenter l'aveu d'une flamme,
Besoin de mes yeux dans la terre,
Pour éviter le drame, et te plaire...

En flaque puisque Wendy, c'est ce que tu fais le mieux de moi.

J'ai besoin d'un peu de mort lente,
Un peu de temps pour toi,
Besoin des airs que tu me souffles
Et des mots que tu chantes.

J'ai besoin d'un sourire encore,
Pour t'aimer toujours,
Des quatre notes d'un accord,
Pour unique promesse.

Besoin de l’ombre d'une fleur,
Pour laisser couler mes larmes,
Besoin d'un croissant de ton cœur,
Pour éviter le drame et te plaire...

En flaque puisque Wendy, tu le sais je ne résiste pas.

Je pars pour toujours mais sans bagages,
Une chanson d'amour à chaque doigt,
J'emmène avec moi le vent du large,
Un peu de mon âge, mais quelques fois ...

J'ai besoin de mes 14 ans,
Pour mieux te regarder,
Et des yeux de l'enfant,
Pour ne rien attendre de toi.

Rien d'autre que tes fredonnelles,
Et tes pas qui s'envolent,
Emmène-moi toucher le ciel,
Puisqu'il est encore là,
Passer par le trou de l'ozone,
Et s'échapper du monde,
Lovés dans le creux d'un atome,
Ou la fumée d'une blonde, on s'en va ...

En vrac puisque Wendy mon désordre a bien besoin de toi...
En vrac puisque Wendy mon désordre a bien besoin de toi...

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mardi 30 mai 2017

~ Rage, Orianne Charpentier

rageGallimard Jeunesse, Scripto, 16 mars 2017, 112 p.

orch♥♥

La guerre, les violences subies, la captivité, la fuite, l'exil, l'arrivée dans un pays dont elle ne connaissait rien, ni la langue, ni même les intentions de ceux qui l'ont accueillie... - toutes ces épreuves ont brisé cette jeune fille.
La femme qui a réussi à la sortir de son 'puits' de douleur et de détresse l'a surnommée 'Rage'. Parce qu'elle a perdu son vrai prénom en même temps que tout le reste, là-bas. Parce que cette rescapée de l'enfer est en colère, parce qu'elle a peur comme un animal blessé et traqué, mais aussi parce que, quoi qu'elle en pense, elle a gardé suffisamment de ressources pour recommencer à vivre ici - ailleurs, autrement que dans les ruines de son pays d'enfance où elle a perdu tous les siens.

Une rencontre inattendue va provoquer un sursaut chez la jeune fille, la plaçant dans la position de celui qui apaise, guérit, redonne confiance en soi et en les autres.

Une belle histoire de relais, où la flamme se transmet pour insuffler de nouveau l'espoir et la vie.
Une preuve, si besoin, des vertus thérapeutiques des animaux.

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agenda229 mai

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