Canel

mercredi 16 août 2017

~ Danser au bord de l'abîme, Grégoire Delacourt

danser au bordJC Lattès, 2 janvier 2017, 360 p.

♥♥♥♠♠

del« Mais la vie, c'est danser au bord de l'abîme, ce n'est pas tricoter à longueur de journée. » (p. 206)
Ça se discute, ma jolie quadra en crise, fallait peut-être y penser avant de fabriquer des gamins. On est responsable de ceux qu'on aime, surtout quand ils sont encore si jeunes, si fragiles, et qu'on est leur maman. On peut partir, mais pas comme ça. Brusquement, totalement.

Elle m'a horripilée, cette Emma qui veut planter là son mari (encore que lui, il le mérite peut-être...) et ses trois ados de douze à seize ans, pour un regard, une bouche, des mains et une voix de velours. Pour se sentir vibrer (une dernière fois ?) à quarante ans, tant que la mécanique est encore bien lubrifiée. Parce qu'elle ne fait pas dans la demi-mesure, je l'ai trouvée égoïste, immature et terriblement cruelle.

Après La liste de mes envies, je n'étais plus attirée par cet auteur. Mais la présentation qu'il a faite de ce dernier ouvrage, sur un salon littéraire, m'a alléchée. 
L'histoire d'Emma est celle de la jolie petite chèvre de Monsieur Seguin (A. Daudet), en gros. Tout pour être heureuse, mais prête à mourir pour jouir sans entraves, toujours plus loin, toujours plus haut. 
La ressemblance est bien là, et G. Delacourt a plein de choses à nous dire sur l'amour, le couple, le désir, la vie, la mort. Et sur l'incontournable 'Carpe Diem', qui fait recette.
Et comme le monsieur a été publicitaire avant d'être romancier, il a le sens de la formule, il sait faire palpiter nos petits coeurs de ménagères de tout âge, leur faire croire que toi et moi, on le vaut bien, ce dernier amour fou. 
Il sait aussi se réapproprier les idées des autres, plus ou moins grossièrement - dans ces cas-là, on peut toujours parler de clin d'oeil (à Duras, par exemple, comme après ce dialogue qui sonne comme une pâle copie de Moderato Cantabile).

Mon avis est mitigé, parce que j'ai alterné à la lecture entre colère, émotion et agacement face aux poncifs. Parce que je n'aime pas les romances, ni les recettes 'faciles', ni les mots attendus. Ni être une cible marketing.

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14 & 15 août

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mardi 15 août 2017

~ Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, Etienne Deslaumes

violences ayant

Buchet Chastel, 17 août 2017, 282 p.

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♥♥♥♥♥

 lu par Canel

Besoin d'un petit coup de pouce pour entrer au couvent jusqu'à ce que mort s'ensuive ? Pour épouser une hypothétique Sainte-Trinité plutôt que de partager son quotidien avec un homme ou une femme en chair, en os... et en esprit tordu, forcément ? J'ai la soluce ! Lire 'Les failles' (Isabelle Sorente) et ce 'Violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner'.

Dans ce roman polyphonique, l'auteur décortique les sentiments de quelques quinquagénaires sur le couple, l'amour, la famille, l'amitié, la mort et le deuil, sur les choix de vie professionnels et personnels. On entend également les voix de jeunes gens, déjà désabusés avant d'avoir reçu quelques coups sur le nez. Il faut dire que le spectacle du couple parental leur a donné un aperçu de ce qui les attend, même sans en connaître les 'petits secrets et grands mensonges'...

La forme et le fond de cet ouvrage m'ont rappelé les romans de Philippe Blondel. C'est plus grave, ici, plus fouillé. Etienne Deslaumes s'appesantit (trop ?) sur les pensées des protagonistes, décortique leurs bassesses, fouille jusqu'à l'os.
Ses réflexions sont passionnantes, dérangeantes, douloureuses. On y retrouve ses propres questionnements sur la vie une fois parvenu à mi-chemin, mais aussi ses inquiétudes sur l'avenir de ses enfants dans un monde où tout va si vite. C'est déjà super casse-gueule dans notre monde plan-plan...

J'ai beaucoup aimé cette lecture, que j'aurais qualifiée de 'coup de coeur' sans quelques longueurs et une fin un chouïa décevante (quid de l'enveloppe turquoise)...
Je ne sais pas si je dois m'effrayer de préférer les romans 'feel bad' aux 'feel good' ? Masochisme ou curiosité/lucidité ? Je vais quand même enchaîner sur quelques lectures plus light... 😉

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7 > 9 août

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 et par Mr

♥♥♥♠♠

A l'heure des obsèques d'Armande, décédée d'un accident de la circulation, ses proches nous font partager leurs sentiments, réflexions et interrogations. Certains sont d'autant plus troublés qu'ils soupçonnent un suicide. 
Comme le dit l'un des protagonistes, la mort d'une personne de notre entourage, quels que soit les sentiments éprouvés à son égard, nous rappelle que nous aussi sommes mortels. 
C'est aussi l'occasion de se remémorer des moments passés avec le défunt, bons ou mauvais, et de regretter de ne pas avoir fait certaines choses ou dit certains mots. 

Les personnages et leurs histoires sont vite et bien campés. Leurs préoccupations sont pour partie les nôtres, plus ou moins terre à terre. J'ai cependant rapidement décroché de ce roman choral, me lassant de voir présentées plusieurs fois les mêmes personnes. Les points de vue ont beau différer, j'ai ressenti une impression de répétition. Et le peu de sympathie que j'ai éprouvé pour les quinquagénaires au centre de l'intrigue n'a pas arrangé les choses. Christophe, l'ex-époux d'Armande, et son ami et associé en affaires Emilien, brillent par leur égoïsme et leur vanité. Leurs épouses Armande et Patricia, bien que parfois dégourdies, me sont apparues comme des potiches.

Malgré les thématiques intéressantes du roman (couple, vie professionnelle, relations aux autres…), je n'ai pas été suffisamment happé, ou eu assez de ténacité, pour aller au terme de cet ouvrage.

- Merci à Babelio et à Buchet Chastel

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dimanche 13 août 2017

~ De force, Karine Giébel

de force

Belfond, 3 mars 2016, 528 p.

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♥♥♥♥ 

« (...) j'ai vu le jour un 15 mai.
De mère indigne.
Et de père inconnu. » 

Comme dans la plupart des romans de Karine Giébel, on quitte ce personnage du prologue, qui rappelle le petit Ludo des 'Noces barbares' (Yann Queffélec), et on rentre dans l'histoire. 
Une histoire sans séquestration, cette fois, mais toujours avec de la violence, du harcèlement, des menaces de vengeance, des rapports de force entre individus.

Après Purgatoire des innocents, abandonné en cours de lecture parce que tant de sadisme m'écoeurait, je m'étais dit : 'Plus jamais cette auteur... ou alors dans longtemps, quand j'aurai oublié, parce que ça sent pas bon ♪♫ le sang et la torture'. J'ai attendu trois ans et demi et ça y est, je suis réconciliée avec l'auteur !

'De force' est un bon page-turner, il me semble que Giébel s'y renouvelle un peu, je l'ai dévoré en moins de deux jours avec gourmandise même si j'ai tiqué face à quelques grosses ficelles, et deviné assez vite des éléments clefs de l'intrigue.

La fin action dramatico-hystérique est un peu too much aussi, mais peu d'auteurs de thrillers savent finir plus subtilement, ça fait souvent partie du lot.

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12 & 13 août - emprunt mdtk

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samedi 12 août 2017

~ Filles des Oiseaux, tome 1 - Florence Cestac

filles des

Dargaud, 9 septembre 2016, 60 p.

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♥♥♥♥

•  Titre : Filles des Oiseaux
> ... en cage, ces adolescentes dans un pensionnat catholique des années 60 - promiscuité, inconfort, et discipline vengeresse des religieuses.
•  Sous-titre : N'oubliez jamais que le Seigneur vous regarde ! 
> ... ou ses représentantes auto-proclamées, étroites d'esprit, garces, vicelardes, zélées.

Thérèse est fille d'agriculteurs normands, Marie-Colombe est issue d'un milieu bourgeois aisé. C'est la rebelle de la famille, on l'a envoyée en pension pour qu'elle se calme. 
Ces deux-là sympathisent vite. Thérèse est fascinée par l'audace et les bonnes trouvailles de la facétieuse Marie-Colombe. 
Quand chacune se frotte à l'univers familial de l'autre le temps de week-end, les expériences sont pour le moins déroutantes (gênantes pour Thérèse, mais plutôt amusantes pour le lecteur)...

Si l'on n'est pas rebuté par le dessin chargé de Florence Cestac et ses « tarbouifs en pomme au four » (sic) *, on entre vite dans cette histoire en partie autobiographique à la fois drôle et émouvante. 
Si l'on a connu directement ou par ouï-dire les internats tenus par les "bonnes" (?) soeurs, on jubile - grâce au répondant de Marie-Colombe - autant qu'on s'indigne.

L'album se termine par une manif soixante-huitarde, où jeans et chemises ouvertes ont remplacé les uniformes de fifilles. 
J'attends impatiemment la suite de ce diptyque !

* cf. Un amour exemplaire, album de Daniel Pennac Florence Cestac

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10 août - emprunt mdtk

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jeudi 10 août 2017

~ Le royaume des reines, Marie-Sabine Roger

le royaumeEditions Thierry Magnier, Petite Poche, septembre 2004, 46 p.

♥♥♥♥

Le père de Yoan, de Céline et de notre petite narratrice n'est pas tout à fait un super gros con. Il ne bat pas sa femme, ni ses enfants, il ne dilapide pas tout le fric du ménage en picolant ou jouant...
Mais il est quand même super limite - le genre à ne pas aimer « les Noirs, les Juifs, les Arabes » (sic), à trouver qu'une femme au boulot, ça vaut pas un homme et à dire : « Je ne me suis jamais laissé enquiquiner par une gonzesse, et ce n'est pas ma propre fille qui va commencer ! Sûrement pas ! »
De fait, on voit bien que son épouse n'est pas de celles qui ruent dans les brancards, elle laisse dire, laisse faire, complice passive de l'éducation sexiste donnée aux trois enfants...
Alors ça clashe sec entre le bonhomme et la fille aînée, Céline, une adolescente qui commence à se rebiffer contre l'autorité paternelle, à s'indigner que son frère ne participe pas aux travaux domestiques, à vouloir sortir, se maquiller, porter des jupes. 
La petite dernière de la maison assiste à ces scènes de la vie familiale et les relate avec la candeur d'un enfant de son âge. Elle est partagée entre son admiration pour sa soeur et la crainte que ça dégénère, vu l'ambiance conflictuelle entre le père et la grande. 

Pas de chute spectaculaire dans cette histoire (et tant mieux, car on peut craindre le pire quand parents et adolescents s'affrontent violemment), mais des réflexions sur l'égalité homme-femme, sur la place des femmes dans la société...

Intéressant, subtil et très accessible pour le public visé, ce qui n'est pas toujours le cas avec les romans de la collection 'Petite Poche' (Thierry Magnier).

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agenda2 9 août - emprunt mdtk

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mercredi 9 août 2017

Actus

En vrac, humour & actu des dernières semaines... 

(la plupart des images sont zoomables)

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  entre le bébé panda 'filleul' de Brigitte Macron et l'arrivée de Naymar au PSG (pour 222 millions d'euros),
les médias sont débordés...

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plus de femmes à l'Assemblée

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 b*rdel à l'Assemblée Nationale (sans rapport avec la parité hommes/femmes !)

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 décès de Jeanne Moreau (31/07/2017)

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lundi 7 août 2017

~ Aphrodite et vieilles dentelles, Karin Brunk Holmqvist

aphroPotensgivarna, 2004
KBHtraduit du suédois par Carine Bruy
Mirobole, 2016
J'ai lu, 29 aril 2017, 280 p.

♥♥♥♥

La couverture de l'édition brochée, c'est un septième de ce que je voyais de mon jardin avant que les arbres poussent. La vieille dame d'à côté passait ses culottes à la machine le lundi... 
Elida et Tilda lavent les leurs à la main tous les jours, et comme elles vivent en Suède, elles peuvent rarement les mettre à sécher dehors, alors elles les étendent au-dessus du poêle, la nuit. 
Elles se débrouillent à l'ancienne, ces deux soeurs célibataires de 72 et 79 ans et accueillent avec méfiance toute forme de modernité. Les toilettes sont encore 'à la turque', au fond du jardin, et le papier, c'est du journal - pas terrible pour les hémorroïdes de Tilda, ça ! Pas d'eau courante non plus, il faut aller la chercher dans le puits du voisin.

aphro2

Mais elles sont bien comme ça, elles s'entendent pas trop mal, à part quelques légères pointes de jalousies de temps en temps, de petits agacements et mesquineries ici ou là comme dans toute vie à deux.

L'arrivée d'un nouveau voisin - un 'estivant' - va bouleverser cette organisation plan-plan. Il se pourrait même que les soeurs modifient leurs heures immuables de lever (7h20) et de coucher (21h20). C'est dire !

Délicieux roman au charme so nordic, dont l'humour gentiment loufoque m'a rappelé les premiers ouvrages de Arto Paasilinna. C'est doux, mignon, drôle, et je me suis régalée, sans comprendre pourquoi j'aimais tant cette histoire après m'être tellement ennuyée avec 'Le clafoutis aux tomates cerises', guère différent. J'ai adoré suivre ces vieilles dames, allant de surprise en surprise en découvrant leurs audaces et leurs gaffes, entre attendrissement, sourire, rire et saveur de madeleine de Proust (la vie chez ma grand-mère).

Bravo et merci aux éditions Mirobole, dénicheuses de talents étrangers.

smiley_id1464811  Eviter la 4e de couverture ! 🙉🙈

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agenda25 au 7 août

 

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dimanche 6 août 2017

Comme une petite ressemblance...

Des couvertures qui se ressemblent, plus ou moins.

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Ça va de l'identique à la simple association d'idées de ma part.

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•  bouches  en  coin  •

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    •  prises  de  tête  •

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a9      a8

cupr7      cupr7b

 •  longueurs  &  pointes  •

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 •  cunéiforme  •

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•  à  tire  d'ailes  •

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a1    a2

 •  entre  quat' z' yeux  •

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aa2     aa1

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•  les  filles  aux  bas  rayés  •

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 •  girly   estival  •

 cuprb2    cuprb

 •  à  consommer  avec  modération  •

 cupra    cupr
(ici les titres aussi se ressemblent)

•  portraits  de  femmes  •

a5      a7

a6     

a03    a03b

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Tout plein d'autres ici :

billet 1billet 2billet 3billet 4billet 5billet 6billet 7billet 8janvierSt Valentinmarsavril (1/2)avril (2/2)maijuinjuilletaoûtseptembreoctobreHalloweendécembre 2014mars 2016, août 2016

et chez Claire que je remercie pour le logo billet n°1billet n°2billet n°3,  billet n°4billet n°5billet n°6
billet n°7billet n°8billet n°9billet n°10billet n°11billet n°12billet n°13n°14 - r
eviens quand tu veux, c'est plus drôle de jouer à deux ! 😊

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samedi 5 août 2017

~ Les Mensonges, Karen Perry

les mensonges

The Innocent Sleep, 2014
traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
kperryLe Cherche Midi, 2014
Pocket, 9 avril 2015, 383 p.

♥♥♥♠♠

Robin et Harry ont perdu leur petit garçon de trois ans dans un tremblement de terre à Tanger. 
Cinq années ont passé, le couple est revenu vivre en Irlande, Harry semble avoir été beaucoup plus perturbé que son épouse par le drame - dépression, alcoolisme. Aussi, quand il prétend avoir vu son fils lors d'une manifestation à Dublin, on a du mal à le croire. 
Le lecteur a beau cogiter dans tous les sens et faire appel à sa mémoire pour retrouver des intrigues similaires, non vraiment, cela paraît impossible. 
Un petit tour dans les méandres de l'esprit de Harry, ** de la vie du couple des six dernières années ** et on a la clef du mystère...

Thriller agréable à lire, qui rappelle les premiers romans de Harlan Coben et reprend des thématiques largement exploitées dans ce genre de littérature (couple, non-dits, famille, éducation, deuil...).
La zénitude de la mère peut surprendre, j'imagine (bêtement ?) qu'une maman est plus dévastée qu'un papa par la perte d'un enfant. Le début m'a semblé malhabile, également, comme un passage dans un film où les personnages n'ont l'air de commencer à bouger qu'un poil après le 'Moteur !'... 

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1e au 4 août 

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mercredi 2 août 2017

~ Histoire de la violence, Edouard Louis

histoire de la violence

Editions du Seuil, 2016
Points, 3 janvier 2017, 227 p.

edlo

♠♠♠♠

Il a fait monter un bel inconnu chez lui et il n'aurait pas dû. Ça a mal fini et ça aurait pu être encore pire.
« Il savait ce qu'il voulait et ce qu'il voulait c'etait Reda chez lui. Dans son lit. » Oui mais Reda, il ne le connaissait pas, il venait de le rencontrer, par hasard, dans la rue. Et après quelques actes sexuels agréables le temps d'une soirée, l'autre est devenu dingue et violent, je ne sais plus trop pourquoi. Une histoire d'ipad et puis peut-être pour cette raison : « [Reda] désire et il déteste son désir. Maintenant il veut se justifier de ce qu'il a fait avec toi. Il veut te faire payer son désir. »

Edouard est traumatisé par l'agression (strangulation et viol) - normal. 
Il file aux urgences, raconte son histoire aux médecins, puis aux policiers, et à un couple d'amis. Il a aussi (presque) tout dit à sa soeur Clara, et elle, elle rapporte les faits à son mari, et Edouard entend ce récit, cette version un peu déformée.

J'avais trouvé bouleversant le premier ouvrage de l'auteur En finir avec Eddy Bellegueule. Cette deuxième auto-fiction y ressemble beaucoup, mais je n'ai ressenti aucune empathie pour le personnage d'Edouard, aucune émotion pour son drame.
A cause d'une espèce d'auto-apitoiement geignard ? Pourtant les récits de traumatismes sexuels me bouleversent, en général... 
A cause d'une narration bancale ? Que vient faire la parole de la soeur (aucunement crédible avec un mélange de vocabulaire soutenu et d'erreurs syntaxiques énormes) ?


Grosse déception pour cette lecture que j'attendais depuis que j'ai découvert En finir avec Eddy Bellegueule.
Comme Christine Angot, Edouard Louis va-t-il continuer dans ses écrits à ressasser ses traumatismes ? Je lui souhaite de mieux réussir l'exercice - comme Annie Ernaux, par exemple, dont j'ai quand même fini par me lasser... 

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30 juillet > 1e août

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dimanche 30 juillet 2017

~ Six femmes, Tina Seskis

six femmes

When we were friends, 2013
tinatraduit de l'anglais par Florianne Vidal

Le Cherche Midi, 2016
Pocket, 16 mars 2017, 440 p.

♥♥♥♥

Après 'Trois hommes et un couffin' : 'Six femmes' et des coups bas.
Elles se sont connues vingt-cinq ans plus tôt, elles étaient copines à la fac, elles se retrouvent tous les ans autour d'un repas, même si la plupart y viennent à reculons. Il faut dire que beaucoup de choses ont changé, forcément, les unes tiennent d'autres pour responsables de certains foirages de leur vie. Les griefs et rancoeurs se sont accumulés au fil des années... 
Trop de verres de Prosecco, ce soir-là, vont délier les langues et certains non-dits seront formulés. Attention, les vacheries vont fuser !

J'ai eu peur, en commençant ma lecture : six femmes (tantôt leurs noms, tantôt leurs surnoms), presque autant de conjoints, quelques rejetons, des 'domestiques', d'anciens copains. Gloups, comment s'y retrouver ? J'avais une mémoire d'enfer quand j'ai lu Dix petits nègres. J'aurais dû être plus consciente de mes faiblesses et me contenter de 'Trois hommes dans un bateau' (et m'attaquer à 50 nuances de Grey à dix ans)... Bon, finalement, en acceptant de lâcher un peu prise avec qui est qui, qui fait quoi, je m'y suis retrouvée.

Comme dans la plupart des thrillers psychologiques qui ont ma préférence, j'ai aimé les propos sur l'amitié, le couple, la famille, la maternité. 
L'intrigue et le ton m'ont rappelé les romans de Liane Moriarty (sentiments et situations biens vus et souvent drôles), en moins percutant, quand même, plus dilué - j'aurais volontiers sabré cent pages, vers la fin... 

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26 > 29 juillet

- les lieux du picnic, près de la fontaine Diana, à Hyde Park -

hyde
- zoomable -

A general view of The Diana, Princess of Wales Memorial Fountain in Hyde Park on June 29, 2004 in London, England. The fountain by the American designer Kathrun Gustafson has been filled with water a week ahead of its ceremonial opening by the Queen.
source : GettyImages

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vendredi 28 juillet 2017

~ Histoire du carbone et du CO2, Gérard Borvon

histoire carbone

Vuibert, 30 août 2013, 249 p.

lu par Mr

♥♥♥♥

L’auteur présente d’abord les étapes de la découverte du carbone par les scientifiques, depuis Empédocle (grec présocratique - de moins 490 à moins 430 av. JC environ), pour qui l’univers matériel était constitué de 4 éléments : l’eau, la terre, le feu et l’éther ou l’air. 
Ce n’est que relativement récemment que l’élément carbone fut isolé et identifié, et que les scientifiques comprirent son rôle vital (cycles végétatifs, constitution de l’ADN…).
Outre les théories des chercheurs à propos de la matière, leurs expériences et raisonnements sont exposés dans cet ouvrage, ceci de manière très compréhensible, y compris pour les non scientifiques.

Le bois, d’origine carbonée, fut l’une des premières sources d’énergie exploitée par l’homme, pour se chauffer, cuire ses aliments, travailler des métaux… Il céda en partie la place à son dérivé, le charbon de bois, qui permet d’atteindre de plus hautes températures. Puis le charbon sortit de terre… avant que le pétrole ne coule à flots ! Nous nous enfumons donc depuis des décennies, et la planète avec, d’autant plus que la population humaine croît et adopte des modes de vie de plus en plus énergivores. 
N’en déplaise aux climato-sceptiques, des gaz à effet de serre se sont accumulés dans l’atmosphère et continuent à y être rejetés massivement du fait des activités humaines, ce qui impacte le climat de manière dangereuse. 
Les matières premières carbonées ne sont pas seulement source d’énergie, elles servent aussi de matériaux pour les chimistes. J’ai été surpris de (re)découvrir que la chimie du bois et des végétaux - qui reviennent au goût du jour pour des raisons environnementales - a précédé la carbochimie et l’omniprésente pétrochimie. Les liens entre sciences fondamentales et sciences appliquées sont mis en évidence par des exemples de techniques utilisées quotidiennement. Le carbone est indéniablement utile mais l’abus est néfaste pour tous.

A partir de l’exemple de cet élément, l’auteur élargit la réflexion à la place des sciences dans nos sociétés, aux bienfaits et méfaits auxquels elles donnent naissance. Cette dernière partie m’a moins intéressé que le cœur du sujet annoncé en titre.

Je recommande cet ouvrage à tous, qui présente l’histoire du carbone et du CO2, de manière documentée et vulgarisée... Que la réflexion sur nos sociétés et modes de vie se poursuive, sinon tant pis pour nos descendants, s’il en reste… 😥

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jeudi 27 juillet 2017

~ Comment maximiser (enfin) ses vacances, Anne Percin

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Editions du Rouergue, DoAdo, 3 mai 2017, 394 p.

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♥♥♥♥

Max et Kevin ont le bac en poche, le premier vise l'IEP de Paris, le second une Ecole de Commerce. 
En attendant la rentrée, va falloir s'occuper, parce que glander plus de deux mois dans le 9-4, c'est un peu la lose. 
Et si on faisait la tournée des festivals en montant sur scène, nous, le groupe de rock Kremlin !? Genre en Bretagne, Vendée - ça doit pas être trop exigeant, là-bas ! Ces braves touristes n'ont pas les exigences du gratin bling-bling de la Côte d'Azur qui se déchire la tête au son de la techno.
Hey, détrompez-vous, les gars : en Bretagne, y a des pointures locales, déjà, et puis y a aussi du lourd ! Les Vieilles Charrues de Carhaix nous ont habitués à du people IN-TER-NA-TIO-NAL - et toc, petits Parisiens naïfs ! 
Grâce à un désistement de dernière minute, le quatuor va finalement rejoindre la 'Fête de la Moule' pour quelques dates sur la côté landaise, traînant dans son sillage leurs incontournables : la jeune soeur, la petite amie et le copain relou de Max, et bien sûr Julius, le nouvel amoureux de tonton Christian. 
Les voisins de camping n'ont pas fini de s'en mettre plein les mirettes avec les tenues pailletées de Julius, et surtout plein les oreilles avec les répètes dans les sanitaires, et les formidables engueulades au sein des couples...

licAprès une lecture un peu ardue à l'atmosphère pesante ('La faille', I. Sorente), il m'a fallu quelques dizaines de pages pour me remettre en phase avec la déconne de Maxime. J'avais quand même décroché depuis presque cinq ans. Bon, en même temps, leurs blagues potaches sont simples, ces huit-là sont sympas, chacun dans son style, on se glisse vite à leurs côtés, l'acclimatation est rapide.

Toujours beaucoup d'humour dans les observations, les situations et les échanges entre protagonistes, ça balance, ça se réconcilie, ça discute en off, entre filles plutôt (c'est bien connu que les mecs sont relous), ça complote pour essayer de prévenir ou d'aplanir les conflits. On se confie aussi, après des moments difficiles, après quelques verres, ou suite à une émotion partagée qui resserre les liens.

Bref, des vacances mémorables pour tous, de celles qui marquent un tournant, dont jeunes et moins jeunes reviennent mûris.

Ce quatrième (et dernier ?) volet est pertinent, drôle, distrayant, émouvant, et plein d'aventures... Un peu trop de références musicales que je ne connaissais pas, alors que je m'y retrouvais mieux dans les premiers opus. Mais j'ai pris des notes, j'irai voir/écouter (peut-être)...

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24 > 26 juillet - image à droite : le ballon licorne offert à Julius

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    parmi les dizaines de références musicales du livre, je retiens celle-ci  

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mardi 25 juillet 2017

~ La faille, Isabelle Sorente

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Folio, 16 mars 2017, 480 p.

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♥♥♥♥

Elle interpelle, cette couverture montrant une étreinte entre deux jeunes femmes. Émergent-elles de l'eau ? 
Sont-elles amies ? amantes ? soeurs ? 
Le nom de l'auteur, Sorente, m'a évoqué le pseudo italien Elena Ferrante. Il ne m'en a pas fallu davantage pour imaginer une histoire proche de celle des deux Napolitaines dans L'amie prodigieuse et être tentée par cette lecture.

Lucie a 12 ans, et Mina, 16, lorsqu'elles commencent à se côtoyer. Elles sont voisines, la seconde donne des cours particuliers à la première, la 'petite' est un peu à la traîne dans certaines matières, et surtout inhibée par les exigences et les piques maternelles.

Très vite, apparaissent des relations compliquées : chacune avec sa mère, mais aussi avec les hommes qu'elles rencontreront plus tard. 
Leur amitié connaît de longues pauses, mais c'est un phare dans les tempêtes ; Lucie et Mina se consolent ensemble de leurs mères impitoyables, et de leurs compagnons difficiles à vivre.

Je ne connaissais pas Isabelle Sorente (pourtant chroniqueuse sur France Inter), elle m'a époustouflée. Je trouve ce texte aussi brillant qu'exigeant, cette plume mérite un effort continu du lecteur - presque sans pause, la ponctuation se faisant rare et les dialogues n'étant pas marqués. 
J'ai apprécié les propos sur le couple et les relations de pouvoir entre partenaires, les réflexions sur la filiation, sur les relations mère-fille, l'amitié, sur les exigences professionnelles, et en filigrane, sur la 'manif pour tous'...
Cela dit, cette vision du couple est tellement sombre et dérangeante, que je ne conseillerais pas cet ouvrage à des adolescents ou de jeunes adultes.

Petit flottement à la fin, je ne suis pas certaine d'avoir compris le dernier message de Lucie à son amie. ** La manipulation était-elle réciproque ? les torts étaient-ils partagés ? chacun a senti la faille de l'autre et s'y est engouffré ? si oui, ouf ! je préfère cette version à l'image victime/bourreau donnée tout au long. **

 •  Merci à Diablotin pour cette idée de lecture ! 😊

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19 au 24 juillet

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lundi 24 juillet 2017

~ Biomimétisme, Janine M. Benyus

biomimétisme

Editions Rue de l'Echiquier, Ecopoche, mai 2017

lu par Mr

♥♥♥♥

De cet ouvrage je n'avais d'abord décodé que le titre, omettant à tort de m'arrêter à son sous-titre. Ce dernier explicite pourtant le propos de manière importante. Je m'attendais donc à une sorte de catalogue d'inventions inspirées de la nature, de la forme d'ailes d'avions copiées sur celles d'oiseaux, au scratch imitant les crochets de fruits de bardane…

Le propos de l'ouvrage va bien au-delà, il est surtout prospectif et insiste sur l'efficacité des « créations » issues de l'évolution naturelle, notamment en matière de durabilité. Et pour cause : les processus de sélection naturelle tendent à éliminer, à plus ou moins long terme, tout ce qui ne répond pas à ce critère de pérennité. Ainsi, l'avenir des systèmes agricoles productivistes destructeurs du sol est nécessairement limité. Le « Dust Bowl » (dont les effets ont inspiré Steinbeck dans « Les raisins de la colère ») qui suivit « le Grand Labour » est en une illustration, même si là-bas, la leçon ne semble pas avoir été retenue par la plupart des représentants de l'agro-business.

Les thématiques abordées dans cet essai sont variées : production de nourriture, d'énergie, fabrication de matériaux, comment se soigner, et comment stocker nos connaissances. 
A chaque fois l'auteur présente des équipes de scientifiques qui travaillent sur le sujet, et leurs pistes de réflexion. Chaque recherche, aussi pointue soit-elle, est présentée dans un contexte général permettant d'en percevoir tout l'intérêt. L'interdisciplinarité est pratiquée par la plupart de ces chercheurs, indispensable compte tenu de leur grand degré de spécialisation.

A une époque où le concept de « développement durable » devient un objectif (du moins dans l'affichage politique, à défaut de décisions permettant d'y parvenir), ce livre est clairement dans l'air du temps. Je le qualifierais cependant de visionnaire tant il est tourné vers l'avenir et en raison de son approche holistique.

Cet ouvrage est particulièrement intéressant, mais il est dommage que certains passages y soient trop techniques pour le « grand public » auquel j'appartiens (les passages les plus ardus peuvent être survolés sans nuire à la compréhension du propos global).

 •  Merci à Babelio et aux éditions Ecopoche !

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dimanche 23 juillet 2017

~ La vraie vie, Grégory Mardon & Thomas Cadène

la vraie vie

Futuropolis, 7 janvier 2016, 136 p.

♥♥♥♠♠

Le réveil se déclenche en musique : 'Oh, oh-oh I got a love that keeps me waiting / I'm a lonely boy'. ♪♫ *
Jean l'éteint, se lève, ne « la bouscule pas » (y a personne, Jean vit seul), s'étire, se gratte le bas-ventre et les fesses (c'est un mec, bien prononcer 'Gen' pas 'Djinn'), comme d'habituuude. ♪♫
Il se douche, boit son café, il est en retard, re-comme d'habituuude. ♪♫
Son pote/collègue Didier l'attend dans leur camionnette, c'est parti pour une journée de taf - ils sont menuisiers-agenceurs... Jean a l'air crevé, Didier le vanne gentiment : il a encore traîné une partie de la nuit sur internet, le jeunot, tel qu'il est là. De fait, c'est comme ça que Jean occupe ses soirées : il joue en ligne, rencontre des 'inconnu(e)s', ça papote, il mate aussi, beaucoup, les infos, et pas mal de porno...
Ça serait pas la vraie vie, ça ? Ok pour le porno à gogo, qui donne une vision réductrice du sexe (on parle même pas d'amour)... mais tous les gens rencontrés via le net seraient totalement fabriqués, jamais sincères, voire carrément chelous ? 'Ah, ma bonne dame, les gens ne savent plus communiquer'...
Suis pas d'accord, et l'histoire singulière de Jean va montrer que des liens solides peuvent se créer à partir de rencontres virtuelles, et que des échanges à distance entre 'inconnus' se révèlent parfois précieux.

Le mélange dans cette BD entre la vie de Jean, ses photos postées sur le net, et ce qu'il y voit illustre assez bien la confusion qu'il peut y avoir entre les deux mondes. Mais si ces deux univers peuvent fusionner, pourquoi pas ?

Je suis moyennement emballée par cet album, même si j'adhère à la 'morale' de l'histoire - étant friande des échanges via internet, qu'ils mènent à des rencontres IRL ou non (suivez-mon regard, dame du CVdL 😉).

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22 juillet - emprunt mdtk 

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samedi 22 juillet 2017

~ J'ai perdu mon chat, Véronique M. Le Normand

j'ai perdu

Thierry Magnier, Petite Poche, septembre 2004, 43 p.

♥♥♥♠♠

Pas facile quand les parents se séparent. 
La rupture fait généralement suite à une ambiance pourrie, et on perd le confort de vivre avec maman ET papa. 
On gagne une autre maison, un autre appart', certes, mais est-ce enviable ? Surtout si votre chat rechigne à déménager toutes les semaines pour vous accompagner... 
On gagne aussi des beaux-parents, mais il faut que le courant passe. Et que votre chat aussi s'entende avec eux... 
Compliqué, tout ça !

L'histoire de Blandine illustre bien les difficultés qui se posent lors d'un divorce, et la façon dont les enfants réagissent - la douleur s'exprime comme elle peut, avec chantage affectif et caprices en prime, et comme les parents culpabilisent souvent, le petit malin en profite, plus ou moins consciemment, plus ou moins volontairement...
Autre intérêt de l'ouvrage : montrer les bienfaits des animaux de compagnie - et le revers de la médaille : quel drame quand on les perd !...

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20 juillet - emprunt mdtk 

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vendredi 21 juillet 2017

~ Ralentir - Delphine Le Lay & Alexis Horellou

ralentir

préface de Loran
Le Lombard, 24 mars 2017, 104 p.

♥♥♥♠♠

« Une gare, c'est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. » *

Dans cette BD moins peuplée que la gare Montparnasse un vendredi soir, mais plus que celle de Ste-Pazanne (44) à midi en hiver, on côtoie un quadra en pleine ascension professionnelle, et une jeune femme désabusée, revenue de la société de consommation - à moins qu'elle n'y ait jamais eu accès, c'est plus probable. 
Le premier serait en train de « réussir » et la seconde ne serait « rien » ? 
Pas si simple, il appartient à chacun de trouver son juste milieu en faisant abstraction du jugement des autres, comme on le voit avec les autres personnages rencontrés dans cette intrigue.

J'ai beau m'intéresser à ce genre de préoccupation (travailler moins pour vivre mieux), je trouve cet album plutôt maladroit, trop manichéen : VDM des salariés ultra connectés et speedés en ville, vs zénitude des heureux campagnards qui cultivent leur bout de terre et passent de chouettes soirées à manger et boire avec des 'vrai(e)s gens' - la bicoque à retaper peut attendre, pas de réveil le lendemain, juste le chant du coq qu'on ne perçoit qu'une fois la petite gueule de bois dissipée...

Heureusement, cette vision aussi tranchée qu'agaçante est adoucie par une postface qui laisse place au doute et à la réflexion : « Nous sommes nombreux à ressentir l'absurdité du système dans lequel nous sommes plongés. Mais par où commencer ? L'énergie, l'environnement, l'alimentation, l'éducation, l'argent, l'agriculture... Chaque sujet de notre quotidien est source de questionnements, de sentiment de culpabilité, de peur de mal faire. [...] On perd plus de temps à se poser des questions pour essayer de bien faire qu'à tenter quelques changements concrets, même s'ils paraissent insignifiants au regard de l'immense sac de noeuds mondial. Certains, bien sûr, font le choix de tout changer du jour au lendemain. D'autres entament un chemin, en choisissant un point de départ. »

Je préfère ça aux recettes miracles et aux sentences...

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20 juillet - emprunt mdtk

* Déclaration du président Macron en date du 29/06/2017 lors de l'inauguration de la Station F,
le plus grand incubateur de start-up au monde (Halle Freyssinet, Paris).

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jeudi 20 juillet 2017

~ Sans pitié ni remords, Nicolas Lebel

sans pitié

Marabooks, 2015
Le Livre de Poche, 10 mai 2017, 510 p.

♥♥♥♠♠

Mort et enterré, le vieux copain de Daniel Mehrlicht reste bien présent et lui donne même du boulot d'outre-tombe. Alors qu'il s'apprêtait à prendre quelques jours de vacances, l'homme à la tête de grenouille se retrouve impliqué dans une affaire de trafic de pièces de musée. Entendu comme témoin, ayant prouvé sa bonne foi, Mehrlicht participe finalement à l'enquête, aidé par un jeu de piste découvert post-mortem, patiemment concocté par Jacques, passionné d'énigmes à base de chiffres & de lettres.

Il faut avoir lu les deux premiers opus de la série pour trouver de l'intérêt à cet ouvrage, je crois. Et encore...
Je les avais savourés (ici et ), tandis que je me suis copieusement ennuyée ici. Mehrlicht étant moins présent, les interactions entre flics se font fades. Pas de stagiaire, mais un collègue 'chef fait pour cheffer' sacrément crétin et parano. 
La blague de la sonnerie du téléphone est éculée. 
J'ai mal compris dans quel guêpier se fourrait Dossantos (mais ça s'éclaircira dans un prochain volet). 
L'histoire du 'transfert' entre le musée de la porte Dorée et celui du quai Branly est passionnante, en revanche, mais hélas beaucoup trop anecdotique dans une intrigue diluée où des mercenaires sans cervelle dézinguent à tout-va, où les faux-suicidés et les torturés-jusqu'à-ce-que-mort-s'ensuive se ramassent à la pelle, et où les flics font hurler leur 'deux-tons' comme dans un film d'action bourrin...

Si je lis le quatrième opus, j'espère y retrouver l'humour de l'auteur et ses coups de griffe à l'égard de la société et des politiciens - trop timides ici.

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17 au 19 juillet

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mercredi 19 juillet 2017

~ La mémoire des forêts, Jean-Michel Derex

la mémoire

Editions Eugen Ulmer, 24 octobre 2013, 160 p.

lu par Mr

♥♥♥♥

Depuis longtemps, nos forêts françaises ne sont plus des forêts primaires. Certains massifs forestiers (Landes notamment) ont d'ailleurs été implantés relativement récemment.

Les services rendus par les forêts sont divers et expliquent les différentes façons dont l'homme les exploite. 
Certaines ont été le théâtre d'événements marquants et en conservent des traces (zones de combat des massifs de la Meuse, de la Somme et de l'Aisne lors de la 1e Guerre mondiale). 

Cet ouvrage bien documenté nous permet de comprendre ce qui façonne les apparences actuelles de nos forêts. La diversité des thématiques abordées est à l'image de la multiplicité des usages de la forêt. 
C'est le caractère historique du livre qui domine. J'y ai aussi parfois perçu une invitation à aller voir sur place les paysages décrits, pas seulement les forêts mais aussi les autres traces des activités humaines décrites. 

Les nombreuses illustrations sont bienvenues et placées à propos. 
Dans le même esprit, l'auteur a fait publier « La mémoire des étangs et des marais », aussi aux éditions Ulmer. Je regrette de ne pas avoir acquis les deux en même temps, mais ce n'est que partie remise.

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