les Graciées

kiranThe Mercies, 2020
traduit de l'anglais (Royaume Uni) par Sarah Tardy
Robert Laffont, Pavillons, 20 août 2020, 395 p.

♥♥♥

La Laponie, pour moi, c'est le Père-Noël et ses lutins. Des gens sympathiques.
Au XVIIe siècle, au nord de la Norvège, les Lapons (terme péjoratif désignant les Samis) étaient perçus comme des créatures du Diable : 'sorcières, chamanes, ensorceleurs de vent'.
Le roi d'alors, Christian IV, était un luthérien sévère qui entendait mettre un terme à leurs cultes païens (grigris, runes), les croyant capables de 'contrôler les éléments' et donc de déchaîner des tempêtes terribles, comme celle de l'île de Vardø en 1617 où périrent quarante marins.

vardoInspirée de faits réels, la chasse aux sorcières racontée ici par Kiran Millwood Hargrave est à l'image de celles qui se sont succédé au cours de l'histoire de l'humanité, sous diverses formes et pour différents prétextes : conquête d'un territoire, évangélisation/acculturation, élimination des populations indigènes.
Avec cette lecture, on ne sait pas très bien ce qui pousse les Inquisiteurs à ce grand nettoyage meurtrier. Ont-ils réellement peur de ces supposés pouvoirs maléfiques, qui seraient supérieurs à ceux de leur Dieu ? S'agit-il plutôt de contrôler les esprits et d'éliminer toute tentative de dissidence ?
Ma lecture actuelle de 'Sapiens' (Yuval Noah Harari, version BD) ne m'éclaire guère car je ne suis pas totalement d'accord avec les thèses de l'auteur sur les guerres.

Grâce à ce roman, j'ai eu le plaisir de revenir 400 ans en arrière, et de parcourir 4 000 km vers le nord.
Les paysages somptueux de cette petite île norvégienne font rêver, même si le climat hostile et les conditions de vie des familles de pêcheurs du XVIIe siècle ont de quoi refroidir.
Dans cette intrigue riche et passionnante, les personnages féminins & leurs interactions sont intéressants, mais le côté bluette m'a agacée. ** bien que le ton se renouvelle avec une histoire d'amour entre femmes. **
Malgré des phrases à la fois simples et bien construites, la lecture m'a paru fastidieuse. J'ai souvent dû revenir en arrière pour comprendre qui faisait/disait/pensait quoi, alors que j'avais bien mémorisé les noms.
Style décousu de l'auteur ou problème de traduction ?
Mr, qui partage cette impression, n'a d'ailleurs pas réussi à aller au-delà de 50 pages, malgré mes encouragements.

A lire pour le dépaysement, la page d'Histoire, et pour connaître le prix des conquêtes occidentales et/ou religieuses sur les esprits et sur les vies...

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24 > 28 déc.