un_printempsFuturopolis
octobre 2012, 168 p. 

Lu par Mr :

En 2008, des dessinateurs envisagent de se rendre dans la zone interdite délimitée autour de l’ex-centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, afin de rendre compte des désastres occasionnés par l’explosion d'avril 1986 (accident survenu deux ans seulement après sa construction).

Les circonstances et les conséquences de cette catastrophe sont particulièrement bien mises en évidence ici. Ce ne sont d’ailleurs pas seulement ses effets immédiats qui sont présentés (nombres de morts, de personnes déportées, contaminées plus ou moins gravement…) mais aussi et surtout ses conséquences ultérieures, avec des illustrations réalisées plus de 20 ans après. La manière dont des survivants ou des héritiers de cet évènement s’accomodent de l’environnement pollué est aussi très intéressante, et souvent édifiante.
En revanche j’ai trouvé trop long le récit des hésitations de l’un des auteurs à se rendre là-bas ; ses problèmes de tendinite paraissent bien dérisoires en regard du vécu de nombreux Ukrainiens !

Cette BD est à l’image de l’impressionnant ouvrage de Svetlana Alexiévith intitulé La supplication, d’ailleurs évoqué de manière très explicite dans les premières pages de cet album.

Je recommande vivement ces deux lectures, tant aux partisans de l’énergie d’origine nucléaire qu’à ses adversaires. Même si les convictions des premiers risquent d'être heurtées ici, ils y trouveront matière à réflexion, ne serait-ce que dans la manière dont les autorités françaises ont géré l’évènement, préférant rassurer - pour des motifs à propos desquels il convient de s’interroger - plutôt qu’informer objectivement la population.

Avis de FaBi, Lasardine, Jérôme, MoCanel...