sombre tango

Max Milo éditions
mars 2014, 240 p.

Lu par Mr 

♥♥♥♥♥

En 1942, un ancien professeur de mathématiques féru d’échecs se souvient et nous raconte…
Quinze ans auparavant, il a accompagné son compatriote cubain José Raúl Capablanca en Argentine alors que ce dernier remettait en jeu son titre de champion acquis en 1921. Il y affrontait le franco-russe Alechine.
Des personnalités et des stratégies très différentes s’opposèrent dans ce duel. La compétition sembla toutefois rapidement sortir des 64 cases noires et blanches ! En effet, le champion Capablanca se trouva associé à des meurtres mystérieux.

Dans ce polar, l’auteur mêle habilement la fiction policière à la réalité historique. La compétition entre Capablanca (considéré comme le plus grand joueur d’échecs de tous les temps) et Alechine a bien eu lieu, en 1927. Le parallèle entre le jeu et des événements qui lui sont extérieurs est particulièrement habile : les compétiteurs évoluent ou s’affrontent dans ces deux mondes. Les portraits de chacun, en partie inspirés des personnages réels, donnent au récit sa cohérence d’ensemble et sa crédibilité. J’ai trouvé la lecture très plaisante, avec une ambiance bien restituée mais sans un suspense haletant. Pourtant, les surprises finales sont bien au rendez-vous, comme dans un bon polar.

En fin d’ouvrage, de brèves biographies de Capablanca et d’Alechine sont bienvenues. Cette postface m’a donné envie d’en savoir un peu plus sur chacun. Selon Wikipédia, Capablanca a imaginé une modification des règles du jeu (trop simples pour lui !) par l’adjonction de 16 cases supplémentaires et de 2 sortes de pièces nouvelles combinant respectivement les mouvements de la tour et du cavalier (l’impératrice) et ceux du fou et du cavalier (la princesse). Alechine, lui, développait une théorie raciale du jeu : les échecs aryens auraient été agressifs, alors que le concept selon lequel on pouvait gagner avec la défense pure aurait été sémitique.

Par sa thématique, ce livre m’a rappelé le roman policier Le Tableau du Maître flamand d’Arturo Perez Reverte (1990), lequel me semble moins original dans le genre.

En résumé : cet excellent premier roman m’a donné envie de découvrir les futurs écrits de l’auteur. Il faut cependant avouer que le sujet de celui-ci m’a d’emblée inspiré. 

Un grand merci à Ornella et aux éditions Max Milo.

Challenge thrillers et polars de Liliba (2013/2014)

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