surtensions

Michel Lafon, 2016
Pocket, 9 mars 2017, 475 p.

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Coste est fatigué, déprimé.
« Quinze années [qu'il trime] sur les enquêtes les plus merdiques du département. Des affaires qui auraient flingué n'importe quel cerveau. »
Le département en question est la Seine-Saint-Denis. On dit ça, on dit rien. Lisez la série 'Coste' d'Olivier Norek (Code 93, Territoires, Surtensions) et vous aurez un petit aperçu de l'ambiance locale. La SDPJ 93 est bien occupée.

Coste est fatigué, déprimé, dans ce troisième volet, et son malaise est poisseux, contagieux. 
On se traîne à ses basques dans une affaire interminable, sur les traces de plusieurs petites frappes et de quelques gros mafieux. 
Histoire trop noire, trop longue, trop 'virile', avec des scènes d'embuscade et d'action trop fréquentes, qui ralentissent une intrigue déjà poussive et/ou emberlificotée. 
Des flics et des voyous, des deux côtés de la barrière - avocats véreux, fonctionnaires corrompus, chefaillons sans scrupules, mais aussi petits casseurs au grand coeur...
Je suis peut-être arrivée à saturation avec cette équipe ? Pourtant j'aime toujours autant Victor, Sam, Ronan, Jo. Leurs relations, leurs échanges, leurs coups de mou, leurs coups de gueule, leur solidarité de collègues loyaux. J'aime toujours autant le ton de l'auteur, son humour, son sens de la formule, ses descriptions de petits riens, son regard acéré d'ex-flic du 93, justement. Je le préfère dans un registre plus 'documentaire', plus engagé, peut-être, moins polar, comme avec Entre deux mondes...

« Tu reviens, Victor ? »
Je ne sais pas si j'ai envie de te retrouver, à vrai dire. Ou alors repose-toi bien, avant... 

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