les heures

Editions Autrement, 2011
josseJ'ai Lu, mars 2012, 88 p.

♥♥♥♥♥

Ignare en arts plastiques, je m'éduque en douceur avec la newsletter de vulgarisation d'Artips.
Et parfois, de manière inattendue, grâce à un roman.

Avec Les heures silencieuses, par exemple, j'ai regardé minutieusement le détail d'un tableau du peintre flamand Emmanuel de Witte : 'Intérieur avec femme à l'épinette' (1667). 

Comme Tracy Chevalier en écrivant La jeune fille à la perle, Gaëlle Josse a imaginé les circonstances de l'élaboration de cette oeuvre, et la vie de la femme qui y est représentée. Le lecteur en prend connaissance à travers les pages d'un journal intime – fictif.

Ce court récit est ravissant comme une nouvelle de Stefan Zweig, tant sur le fond que sur la forme. Douceur, grâce et délicatesse (pléonasmes ?), pour décrire le quotidien et les tourments de Magdalena van Beyeren, 'vieille femme' – trente-six ans, en 1667, c'est le début de la fin.

Outre le portrait psychologique et social de Magdalena, l'auteur restitue parfaitement l'atmosphère des Pays-Bas du XVIIe siècle, à Delft en particulier, chez ces marchands qui faisaient fortune grâce au commerce de produits des Colonies.
Petite piqûre de rappel pour comprendre comment certaines villes d'Europe se sont enrichies et affichent une telle splendeur aujourd'hui encore – Amsterdam, notamment, et certains quartiers de Nantes préservés des bombardements de la seconde guerre mondiale.

Court, très beau, subtil, émouvant...

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 31 aout & 1e sept