les routes

Arthaud Poche, 3 avril 2019, 416 p.

nicol

lu par  Mr

♥♥

Le journaliste Nicolas Legendre (Le Monde, Géo) enquête sur les liens qu'entretiennent avec la vodka des populations de l'ex-URSS (Russes, Géorgiens, Arméniens, Azeris, Kazakhs, Ouzbeks, Khirghizs…).
Pour cela, l'immersion est appropriée ! Et l'auteur n'hésite pas à trinquer abondamment avec ceux qu'il croise, à tel point que je me suis d'abord demandé s'il voyageait pour étudier sur la vodka, ou s'il prenait prétexte de son voyage pour picoler…

Ce sont finalement bien les personnes rencontrées et les témoignages recueillis qui sont au coeur de ce récit de voyage(s) :
- voyages dans le temps avec l'évocation fréquente du passé (marques de l'époque soviétique, catastrophe de Tchernobyl, assèchement de la mer d'Aral, effondrement du régime communiste…),
- et des voyages dans l'espace via les nombreux pays traversés.
La carte en début de livre est bienvenue, permettant de suivre l'itinéraire de l'auteur.

A travers ces petites histoires, Legendre nous fait visiter la géographie et l'Histoire de l'ex Union soviétique, mêlant des considérations géo-politiques (conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie pour la possession du Haut-Karabagh arménien…) et sociologiques (place de religions, rapports à l'alcool…).
Son style est agréable, et le tout est très instructif, même s'il m'a été difficile de m'identifier au narrateur tant la capacité à apprécier les alcools forts, notamment la vodka, m'est étrangère.
Si ces contrées, leurs histoires et leurs populations vous intéressent, alors vous apprécierez sans modération cette lecture.

■  EXTRAIT :

  Dans le caractère russe, boire n'est pas seulement gastronomique : le Russe boit quand il va mal ou quand il va bien, quand son fils est né, quand sa grand-mère est morte... C'est traditionnel. Voici le problème : quand le Russe ouvre une bouteille, il ne la referme pas tant qu'elle n'est pas finie. L'autre problème c'est la deuxième bouteille. Le Russe ne comprend pas qu'il y a des limites.
  (p. 379)