s'adapter

Stock, 25 août 2021, 175 p.

cdm♥♥♥♥♥

Les pierres traversent les âges, sont témoins de nos existences, et la vie les traverse, aussi. La végétation sur la première de couverture l'évoque joliment (avant d'être masquée par les bandeaux rouges signalant les prix).
Cette histoire familiale, ce sont des pierres cévenoles qui la racontent.
A première vue, j'aurais tendance à fuir ce genre de narration nature-writing. Et pourtant...

Ces morceaux de schiste savent nous parler d'une large palette d'émotions suscitées par la vie avec un petit frère handicapé - aveugle et inerte.
Pour l'un des proches (attentionné, doux et patient), le lien se fait avec tous les autres sens : ouïe, odorat & goût, toucher.
Pour un autre, c'est un rejet nourri de jalousie, de dégoût, de honte - et de sentiment de culpabilité et de colère, cercle vicieux.

L'écriture est très belle, en communion avec la nature - particulièrement sur la première partie que j'ai trouvée un peu longue. La suite m'a beaucoup plu, en revanche (avec l'arrivée d'un nouveau personnage merveilleux) : les réactions & sentiments décrits me semblant plus proches des miens. Car lorsqu'il est question d'un enfant disparu, décédé, c'est au reste de la fratrie que je pense, lâchement, à la présence écrasante de l'absent pour les parents...
« Et maintenant, l'enfant régnait.
Il aspirait toutes les forces. Celles de ses parents et de son frère aîné. Les premiers affrontaient, le second fusionnait. A elle, il ne restait rien, aucune énergie pour la porter. »

On peut douter du bien-fondé et de l'honnêteté des prix littéraires, je ne m'en prive pas ; j'ai remarqué aussi que mes chroniqueurs préférés de France Inter savent encenser les éditions Stock.
Mais là, j'oublie les petits arrangements entre amis, parce que ce roman est sublime.

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14 > 16 déc.