nouvelles_d_adosHuit nouvelles rédigées par autant d'adolescents, de quatorze à dix-neuf ans.

Il est d'autant plus difficile d'émettre un avis global que chaque récit est l'oeuvre d'un auteur différent, avec un style bien personnel et des thèmes variés. Des histoires de type fantastique, de science-fiction, avec voyages dans le temps (passé ou futur), d'autres ancrées dans le présent, oniriques, douloureuses ou optimistes.

Si j'ai été agréablement surprise à chaque fois par le style maîtrisé, la plupart des nouvelles m'ont en revanche ennuyée, ressemblant à des scénarios déjà rencontrés et/ou manquant de simplicité.

Deux récits m'ont touchée, malgré tout, il y est question d'absences douloureuses. Absence d'un fils adulte que sa mère pleure, absence d'un frère dont le deuil semble impossible.

Au-delà des textes eux-mêmes, les visions de ces jeunes auteurs sur la vie, la société, l'humanité sont intéressantes, fidèles aux préoccupations de cet âge tourmenté, quelles que soient les époques depuis que l'adolescence "existe" *...

* "L'adolescence en tant que telle n'existe que dans les sociétés modernes, et depuis le XIXe siècle, où l'industrie enrôla toujours plus les adultes loin de leurs lieux de résidence" (Wikipédia). Il est vrai que lorsque l'enfant travaille et/ou se marie avant la puberté, il passe directement à l'âge adulte, sans transition.

Pensif - Horloge 23 novembre au 20 décembre

Nouvelles d'ados, prix Clara - Editions Héloïse d'Ormesson, octobre 2012, 221 p.

Merci à Babelio pour son opération Masse Critique et aux Editions Héloïse d'Ormesson.

Extraits :

►   [Berlin Est, 1966]
Mes vieux souliers, cent fois ressemelés, persistent à prendre l'eau. Je n'ai pas de quoi en acheter de neufs. Il paraît qu'à l'Ouest, c'est l'abondance ; sont-ce des mensonges pour discréditer le parti, ou y a-t-il du vrai dans ce qu'on raconte sous le manteau ? J'essaie souvent d'imaginer ta vie là-bas, mais le manque de renseignements fiables me rend la tâche difficile. L'américanisation des pays occidentaux est-elle très avancée ? La liberté y est-elle totale ?  (p. 82)

►   [Adolescente dépressive]
Un jour de plus à enfiler comme une perle sur un collier. Un jour, il faudra le fermer et alors tout sera fini. En attendant, quelque part le fil s'est cassé, il a fallu faire un noeud et maintenant il faut recommencer à enfiler les perles même si on a juste envie de le terminer, ce putain de collier.  (p. 101)