l__tendardOskar, Court-Métrage
juin 2013, 70 p.
26 août

♥♥♥♥♥

Dix a priori et principes parentaux réfutés par Juliette, élève fictive de 3e : 
- adolescence = âge bête, belle vie, flemmardise
- corps en croissance = nécessité de bien se nourrir, faire du sport, etc.

J'hésite :
- rappel utile et rigolo de la rude vie de collégien à l'usage des parents - lesquels, c'est notoire, ne comprennent rien à rien, et ont toujours été vieux
- ou alignement de poncifs ?
Un peu les deux, en fait.

Le propos reste général et anodin, les sujets délicats (échec scolaire, violence, maltraitance, drogue) ne sont pas abordés. Mais ce texte, a fortiori s'il est lu par les deux générations, a le mérite de rappeler à "petits" et grands que les adultes ont connu le même type de tourments à l'adolescence et s'en souviennent bien. La plupart des parents/enseignants peuvent aussi répondre à Juliette qu'ils comprennent en théorie à quel point la mue de leur petit(e) chéri(e) est inconfortable, et les années collège-lycée difficiles. Mais aussi à quel point tous ces bouleversements peuvent être, au quotidien, pénibles pour tous (d'où les exigeances rigides des "anciens").

De quoi ouvrir le débat avec nos ados, donc, sur ces éternels points de tension entre eux et les adultes mentionnés avec humour dans cet ouvrage.
Cela reste une lecture détente, en tout cas plus drôle et moins polémique que ne le laisse présager le titre "révolutionnaire".

EXTRAIT : " (...) le véritable règlement intérieur [du collège], celui que les parents ne signent jamais parce qu'il n'est imprimé nulle part, stipule, entre autres choses, qu'il faut porter des fringues de marque, mais pas des marques trop onéreuses sous peine de se les voir voler au détour d'un cours d'EPS ; que les filles doivent avoir de la poitrine mais sans dépasser le 85C sous peine de se faire traiter de salopes ; que les mecs doivent tout faire pour sortir avec une fille et mater des films porno sur le Net sous peine de se faire traiter de pédés ; qu'il est bon d'avoir la moyenne pour éviter de se faire pourrir par les parents mais qu'il n'est pas concevable d'être en situation de réussite sous peine d'être relégué dans la catégorie la plus ringarde qui soit : intello. (...)
Vous l'aurez compris, chers parents, être un collégien épanoui présuppose d'être passé maître dans l'art de la nuance, de l'entre-deux et, au besoin, de la fourberie. "  (p. 57-58)