les coeurs boudinés

Dargaud, 2005, 52 p.

♥♥♥♥♥

"Les hommes préfèrent les grosses", assurait Josiane Balasko dans les années 80.
Ce n'est pas le cas des blancs-becs arrogants de cet album. Aussi mignonnes, sympas et pétillantes soient-elles, ces filles XXL n'auront pas "l'honneur" de connaître l'amour avec eux. Il leur faut de la bombasse, à ces petits coqs. Et ça les défoule bien de mépriser les femmes enrobées, de les humilier devant les copains - qu'est-ce qu'on rigole. Ils en mettent parfois dans leur lit, quand même. Attention, qu'on ne se méprenne pas, c'est juste pour avoir quelque chose au bout de la *** (format XS ?), rétorquent-ils quand les potes se moquent : 
" - Sérieux, c'est un pur thon, ta meuf, t'es un vrai désespéré, toi.
- Ouais oh, tu sais, avec elle c'est hygiénique. J'ai de gros besoins, tu comprends ? "

Les femmes ne sont guère plus subtiles avec leurs consoeurs enveloppées.
Méchancetés entre gamines, entre frangines.
Maladresses à gogo : "C'est dommage d'être grosse quand on un visage comme le vôtre." 
Bons conseils d'amie qui sapent le moral : faut te mettre au sport, moins manger, te prendre en main bon sang ! Sinon te plains pas si les mecs veulent pas de toi...

Heureusement, les filles de cet album ont du ressort et de la repartie. Ou bien, bon an mal an, elles font avec, se vengent (sur elles-mêmes ou les autres) comme elles peuvent.

Voilà le propos de cette BD : importance accordée au "paraître", a fortiori chez les jeunes, et culte de la minceur, de la silhouette élancée, sportive - avec des formes aux bons endroits, quand même.
Pas mal de raccourcis, de caricatures, de manichéisme dans cet album. Mais ces excès ont le mérite de simplifier le message pour les jeunes lecteurs (à partir de 12-13 ans).

--- "Les hommes préfèrent les grosses" : pièce de Josiane Balasko, adaptée par Jean-Marie Poiré au cinéma en 1981

< emprunt mdtk >