bohemian flatsThe Bohemian Flats, 2014
Belfond, 2014

traduit de l'anglais par Marc Auligny
10/18, 19 mars 2015, 480 p.

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Saga familiale entre 1881 et 1968, entre l'Allemagne et les Etats-Unis.
Heinrich Kaufmann, propriétaire terrien et producteur de bière, est un patriarche borné, tyrannique et violent. Ses deux fils cadets ont bénéficié de cours particuliers chez le professeur Richter, cela leur donne un bagage culturel solide pour oser émigrer aux Etats-Unis lorsque, déshérités par leur père, ils se retrouvent esclaves de leur frère aîné sur l'exploitation familiale.

J'ai eu envie de découvrir ce livre parce que Wisconsin, premier ouvrage de Mary Relindes Ellis, avait été pour moi un superbe coup de coeur.
Ici, je me suis ennuyée sur les cent premières et sur les cent cinquante dernières pages. Si je calcule bien, j'ai apprécié à peine la moitié du livre. C'est mince. J'ai savouré le coeur de l'intrigue qui évoque à la fois Steinbeck, Vilhelm Moberg (La saga des émigrants) et 'la Petite Maison dans la Prairie' de mes jeunes années. 
On retrouve sur tout le récit des thèmes visiblement chers à l'auteur, importants également dans son roman Wisconsin : fratrie, relations père-fils difficiles, figure paternelle de substitution, douceur maternelle, talents divinatoires, importance de l'enseignement, ravages de la guerre. Ici, en outre, Mary Relindes Ellis s'attache aux problèmes identitaires en cas de double (ou multiples) culture(s), d'exil, d'acculturation (Indiens). La description de la banlieue de Minneapolis "Bohemian Flats" où cohabitent des émigrés de différents pays d'Europe est à ce titre très intéressante. 
Par contre je n'ai pas retrouvé la subtilité présente dans Wisconsin, dans les portraits des personnages, dans leurs échanges et leurs sentiments. Quelques uns des protagonistes de ce Bohemian Flats sont sympathiques, mais tout est tellement manichéen que je n'ai guère été émue par leurs aventures.

La lecture est devenue particulièrement laborieuse sur la fin, j'ai eu plusieurs fois envie d'abandonner, je me suis accrochée, espérant retrouver le charme du milieu du roman (ayant par contre renoncé à être aussi touchée que par "Wisconsin"). J'ai attendu pour rien, de plus en plus agacée. J'ai survolé les dernières pages.

agenda 5 au 8 août