J'aime bien les stats ! Il est encore un tout petit peu tôt pour publier celles sur mes lectures 2016.

Voilà de quoi patienter en ce 21/12, premier jour de l'hiver...

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mais surtout... journée mondiale de l'orgasme !

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Les résultats de l'enquête ici, avec des chiffres et des graphiques, comme on aime !

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Article du 21/12/2014 de l'Obs :

Voici venu le temps où il fait (normalement) affreusement froid et gris et où l'humeur du tout venant est à l'avenant. Heureusement, pour atténuer les effets d'une vilaine carence en vitamine D propre aux parages du solstice d'hiver, un groupe de gentils allumés (pensant que "l'humanité, par la maîtrise des processus nucléaires [peut] créer des ressources par la transmutation des éléments" OKAY) a eu l'idée, en 2006, de créer une journée mondiale de l'orgasme.  Le but de ce jour de la jouissance collective et combinée étant de susciter "un nombre élevé de pensées positives liées à un plaisir sexuel quasi simultané" afin de "modifier le champ d'énergie de la Terre et réduire, en conséquence, les dangereux niveaux d'agression et de violence actuelles". C'est mignon.
Hasard du calendrier, une grosse synthèse sur la jouissance féminine vient tout juste d'être publiée par Roy Levin, spécialiste de physiologie sexuelle au sein du centre médical Porter Brook, sis à Sheffield, en Grande-Bretagne. Et on y apprend de bien intéressantes choses.
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■  Organes génitaux et excitation sexuelle
La première, c'est que les modifications physiologiques des organes génitaux féminins relatives à l'excitation sexuelle et à l'orgasme peuvent être classées en trois groupes :
- celles qui sont exclusivement liées à la reproduction,
- celles qui sont exclusivement liées au plaisir,
- celles qui sont un peu liées aux deux.
Saviez-vous, par exemple, que l'augmentation de la pression partielle d’oxygène que connaît le vagin, l'utérus et les trompes de Fallope offrait aux spermatozoïdes un surcroît d'énergie ? Ou bien que la lubrification vaginale augmentait le pH du vagin, le rendait moins acide et de fait moins hostile aux spermatozoïdes ?
Ou encore que la température du vagin s'élevait à 37.3°C, offrant un différentiel de 2.9°C avec la peau du pénis (34.4°C en moyenne) et que cela était particulièrement apprécié par le propriétaire de ce dernier ?
Eh bien moi non (ou alors, j'avais oublié) et je suis bien heureuse de poursuivre mon existence en étant désormais un peu moins ignorante.
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■  Le clitoris, un organe "mystérieux"
Pour autant, le passage sur les déclencheurs de l'orgasme est sans doute celui qui m'a le plus mise en joie (de la cervelle). Le Dr. Levin remonte ainsi aux mirifiques études du Dr. Kinsey, où l'on croise des femmes capables d'avoir des orgasmes quand on leur frotte les sourcils, leur souffle dans les cheveux ou leur appuie sur les dents. D'autres sources, moins sexologiquement paléolithiques, font état de femmes jouissant des seins, de l'anus, de la bouche, en faisant du sport, par hypnose, à cause d'effets secondaires de médicaments, voire en accouchant. En face, chez les femmes anorgasmiques, Levin pointe vers une étude publiée un peu plus tôt cette année et observant que ces dernières ont un clitoris à la fois plus petit que la normale et plus éloigné de l'entrée du vagin que les femmes dotées de "fonctions orgasmiques normales". Et la transition est toute trouvée vers le clitoris, cet organe tellement "mystérieux" qu'il n'a été précisément cartographié qu'en 2008 et qui, s'il semble n'avoir "que" le plaisir comme unique et exclusive fonction, est loin d'être pour autant évolutivement superflu. Levin en veut pour preuve l'extrême (si ce n'est extraordinaire) rareté des malformations génitales qui, à la naissance, impliquent une absence de clitoris. Même les petites filles atteintes du syndrome de Meyer-Rokitansky-Kuster-Hauser et qui naissent sans vagin ni utérus (trouble apparaissant toutes les 4000 à 10000 naissances) ont un clitoris.

■  La limite des données déclaratives
Mais pour revenir au sujet de cette belle journée, à savoir l'orgasme, Levin souligne une difficulté majeure de son appréhension scientifique. Le chercheur lui donne le nom (somme toute poétique) de "paréidolie génitale". Le terme de paréidolie est la tendance naturelle de l'esprit humain à lier des phénomènes vagues, voire inconnus, à des éléments bien plus distincts et familiers. La paréidolie la plus classique est la parémiologie visuelle : la tendance à "détecter" des formes familières dans des nuages, des pierres, des tâches ou la fumée du World Trade Center le 11 septembre 2001. Pour Levin, la parémiologie génitale est la tendance qu'ont les femmes, quand elles décrivent leur orgasme, à se référer à des notions, des concepts, ou même simplement des localisations qui, dans les faits tels que (encore trop rarement) mesurés objectivement, n'existent pas, comme ce qui semble se passer avec le point G (que certains scientifiques préfèrent d'ailleurs appeler "complexe érogène de la paroi antérieure" ou "complexe clito-urétro-vaginal"). D'où le manque de fiabilité de la grande majorité des études sur le sujet, vu qu'elles se fondent sur des données déclaratives.

■  Nous avons encore des choses à apprendre 
Et Levin de conclure :  "Malgré les nombreuses études, publications et autres commentaires sur l'excitation et l'orgasme de la femelle humaine, le sujet demeure aussi fascinant que controversé, et renferme encore tant de choses à apprendre et à comprendre." Ce qui nous promet beaucoup de futures journées mondiales de l'orgasme où, à défaut d'inverser les pôles magnétiques terrestres, on ne pourra que progresser dans notre connaissance scientifique de la jouissance. Soit une très bonne nouvelle, même si cela ne nous amène pas (directement) la paix dans le monde.

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vivement la fin...

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... ou  😋 
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A lire (malgré une vision réductrice/féministe des hommes)

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Et, garçon, n'oublie pas l'accessoire :

preser

hiver et/ou orgasme en vue : couvre-toi !