de pierreillustré par Juliette Maroni
bercLe Tripode, 29 août 2019, 219 p.

lu par Mr

♥♥

Uqsuralik est brusquement séparée de sa famille après une rupture de la banquise. Seule et peu équipée, son unique chance de survie est de trouver d'autres personnes. Une quête commence.

La manière dont les Inuit vivent, en phase avec un environnement a priori hostile, est remarquablement bien racontée. J'ai beaucoup apprécié la description de leurs chasses, pêches, itinérances, fabrications d'abris…
L'auteur donne aussi une grande place à leurs superstitions, à leurs croyances et aux rites qu'ils peuvent y associer. Une place beaucoup trop grande à mon goût, qui confère à l'ensemble du récit un caractère mythologique auquel je n'ai pas adhéré.

L'usage de la première personne du singulier empêche le lecteur d'adopter un regard distancié sur les choses surnaturelles que la narratrice dit avoir vécues. Le recours régulier à des chants ou poèmes dans certains passages rend en outre la lecture fastidieuse, même si j'ai souvent pu les survoler.

Le thème choisi (la vie des Inuit) est intéressant, et l'auteure le connaît bien. Sa prose est en outre à la fois précise et agréable.
Il est dommage que des prétentions poétiques et des élucubrations "spirituelles" aient gâché pendant plusieurs dizaines de pages ce qui se présentait pour moi comme un bon roman.
Trop d'esprits dans le livre pour considérer qu'il en a.

•  sélection Cézam 2020  •