dada streetDADA n° 214, novembre 2016, 52 p.

Le tiercé, c'est pas du tout mon dada.
Mais la revue DADA, ça devient un dada.
D'ailleurs dans les trois numéros consacrés au Street Art que j'ai lus, voici mon tiercé gagnant :
1/ Banksy
1/ Pixel Art
1/ Street Art
Ex-aequo.

Rappel de la forme de la revue DADA : 21 x 24 cm, 50 pages dont 25 théoriques sur le sujet (déclinés selon différents angles et rédigés par autant d'auteurs distincts), 2 pages d'index (ABCD'ART), 4 de jeux pratiques, et pour finir, des actus sur les événements & expos en cours.

Le propos est simple, complet, instructif, richement illustré, et donne envie d'aller plus loin. Dans les rues (pour le street art), en prenant le temps de regarder. Ou dans les musées, pour le reste. Et de se documenter sur les artistes évoqués.

Dans ce numéro : des murs habillés de fresques (pochoirs, graffitis... par Banksy, Dran...), mosaïques (Space Invader, Miss.Tic...), photographies, tricot/crochet/dentelle, des sculptures, des compositions autour de l'espace urbain...

J'ai particulièrement craqué pour les 'Gouzous' de Jace (voir notamment 'Terre Evasion', à St-Denis de la réunion, 2016), et pour les oeuvres de Slinkachu (mondes miniatures élaborés à partir d'objets de la rue)...

L'univers du street art me fascine d'autant plus que la plupart de ses auteurs sont des "art'ivistes" (artistes engagés) et/ou s'expriment avec poésie, et qu'ils mettent les arts plastiques à portée de tous, gratuitement. Merci à eux !

___ 

agenda2

 1er & 2 août

jace

-- Jace, Terre Evasion, Saint-Denis de la Réunion, 2016 (peinture aérosol) --

Notre planète va mal ! Les inondations submergent des villes entières, la banquise fond, les espèces animales disparaissent, la forêt aussi... Mais perzsonne ne fait rien pour vraiment arranger les choses. Les gouzous, personnages emblématiques de Jace, semblent plus malins que les humains. C'est la grande évasion ! Ils ont noué des draps pour s'échapper : l'un des personnages est encore en plein effort, la sueur se dégage de son front. Car rien ne va plus sur Terre. Jace nous le montre en jouant avec l'architecture du bâtiment et les défauts du mur. La fenêtre à barreaux luio donne l'idée de l'évasion. Une tache en haut devient une fumée noire qui s'échappe du pôle Nord. Et à l'est, on dirait qu'une marée noire se répand au-delà des limites de la planète. Les deux gouzous sont-ils juste heureux de se retrouver ou ce coeur rouge est-il leur dernière déclaration d'amour à leur planète condamnée ? • 'Adieu monde cruel', Clémence Simon, p. 15-16.

----------------

slin

-- Slinkachu, Fantastic Voyage, Londres, 2011 (techniques mixtes) --

Pas besoin de faire dans le monumental pour distiller un peu de poésie dans notre monde moderne. Slinkachu est un artiste anglais considéré comme un photographe de rue. Pourtant, il est bien plus que cela. Avec ses figures hautes comme trois mini-pommes, il bouscule joyeusement notre environnement. De lui, on sait très peu de choses, si ce n'est qu'en 2006, il lance le 𝐿𝑖𝑡𝑡𝑙𝑒 𝑃𝑒𝑜𝑝𝑙𝑒 𝑃𝑟𝑜𝑗𝑒𝑐𝑡 (Projet Petites Personnes), pour lequel il transforme des figurines de train, qu'il met en scène dans la rue, prend en photo, puis laisse derrière lui. Le succès est immédiat. C'est à la fois une installation et une photographie. En plaçant ses personnages en extérieur, Slinkachu crée la surprise. Que ce soit à Paris, Moscou, Hong Kong ou Lisbonne, la ville apparaît soudain gigantesque, presque écrasante. En même temps, l'artiste attire notre attention et nous invite à être plus attentif au monde qui nous entoure. Mais toujours avec une touche d'humour, comme ce lacet qui se transforme en monstre du Loch Ness (...). Un simple déchet se transforme alors sous les yeux de l'artiste, qui l'offre ensuite à la vue des passants. C'est là toute la poésie de l'infiniment petit. 'Quelques grammes de poésie... dans un monde brut', Emilie Martin-Neute, p. 29.

-