maison rondeDargaud, 16 octobre 2020, 200 p.

cha♥♥♥♥

Années 1970 : ma mère écoute Menie Grégoire sur RTL l'après-midi, puis 'Radioscopie' sur France Inter de 17 à 18h. Souvenirs de goûters d'hiver sombres, tristes et poussiéreux avec la voix de "vieux" de Jacques Chancel et ses invités chiants. L'été, je sortais de la cuisine avec mes tartines ou mes BN pour échapper à ça.
Années 70 et 80 : repas du midi à la maison, y compris les jours d'école, avec l'inévitable 'Jeu des 1000 francs', animé alors par Lucien Jeunesse. Ban-co ! Ban-co !!! Ding ♪ ding ♪ ding ♪... dingdingding ♪♪♪. Silence exigé à table pendant ce quart d'heure sacré, sauf si on a la réponse.
Années 80 : dans ma chambre, je remplace RTL (et son Hit Parade), Europe 1 (et Ch. Morin), par les radios 'libres' - et je découvre Thiéfaine. Merci Mitterrand, une bouffée d'air frais pour la jeunesse après les années Giscard !

Je ne retrouve France Inter qu'au milieu des années 90 et pour une seule émission, 'Rien à cirer', animée par un Ruquier alors jeune, pertinent, drôle et bien entouré (on ignorait les pratiques pédophiles de P. Font). J'assiste même à deux enregistrements en 1995. Je connais donc un peu la Maison de la Radio : j'y suis entrée !

J'oublie Radio France pendant 20 ans, j'entends l'une ou l'autre de ses chaînes/émissions en traversant la cuisine, Apik est mordu d'infos et de parlotes ; je préfère la musique, le 'son pop-rock', la variété.
Radio France, c'est France 'Branl!to', un truc d'intellos qui me dépasse et m'agace.

Magie, un jour de mars 2017 avec un sketch de G. Meurice & PE Barré, sur le premier débat entre candidats de la présidentielle*.
J'envoie à une copine, qui me répond qu'elle adore Meurice, et me voilà lancée grâce à elle (merci 😘) dans l'aventure 'Par Jupiter', émission rebaptisée cette année 'Par Jupidémie'... Depuis, je regarde chaque soir sur Youtube, en replay, quelques-unes des chroniques (Meurice, VDB, 17h17, Lompret...). Pour moi, cette radio-là ne s'écoute pas, elle se regarde. On ne fait rien d'autre, et on savoure les mimiques, les jeux de regards (absents en mode audio) ; les ricanements niais d'une émission prise au vol se transforment en vrais rires, plus sincères.

Voilà mon histoire avec Radio France, qui s'étoffe (Rebecca Manzoni, Giulia Foïs...) et est loin d'être terminée, je l'espère.

Celle de Charlie Zanello est beaucoup plus riche, et plus visuelle, car dessinée. Son album est le fruit d'une immersion sur une année, entre les sept chaînes de la radio publique.
Il nous apprend beaucoup : logistique, travail des techniciens, urgence du traitement de l'actu, pression des 'directs', courrier des auditeurs... On découvre avec lui l'esprit propre à chacune des radios de la 'Maison ronde' - plus ou moins parisien, plus ou moins élitiste -, et de plusieurs émissions.
C'est un immense plaisir de 'rencontrer' ainsi ses chouchous, mon coeur a battu un peu plus fort quand j'ai rejoint Charline, Vizo, et... 😍 Meurice. L'auteur a eu la gentillesse de garder ce "meilleur" pour la fin, et d'accompagner cette joyeuse équipe d'un invité tout aussi réjouissant (surprise).

Je crois que j'en oublie, mais je ne suis pas censée tout raconter non plus, il y a plein de choses à découvrir entre ces pages.

A souligner que, comme les administrations et entreprises publiques, la 'Maison' fait de plus en plus appel à des prestataires extérieurs et à des contractuels, s'exonérant ainsi des obligations du Code du travail. Autant dire que la précarité professionnelle s'y accroît :
« Moi, je suis pigiste depuis 7 ans ! J'enchaîne les 'missions' mais sans jamais être embauché... Je dois être à 500 contrats ! Un mois à Culture, un été à Info, deux à France Bleu... Et on est beaucoup dans ce cas !
- C'est légal, ça ?
- Je pense que c'est un calcul. Ça revient moins cher de risquer un recours aux prud'hommes que de nous embaucher... »
Pendant que certain(s) animateurs cumulent les émissions sur Radio France et France TV et font partie de la 'Jet-society' (tout en jouant les bobos moralisateurs), et que la Direction annonce la suppression de 300 postes (pardon : 299).

A partager avec les amateurs d'une ou plusieurs 'pièces' de cette Maison ronde, et avec ceux qui apprécient les BD-reportages comme celles de Mathieu Sapin.

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