stop workDargaud, 15 mai 2020, 136 p.

schw♥♥♥♥

« C'est pareil dans toutes les boîtes, même dans l'administration. On ne fait plus rien sans autorisation écrite. »
Voilà ! Chez nous, on appelle ça des 'tickets', c'est censé fluidifier, rationaliser. Pfff, ça ne fait qu'accroître la célèbre lourdeur administrative - lire le génial 'Le front russe' de JC Lalumière.

Ici, une boîte privée, et un cadre un peu réac', Fabrice Couturier, spécialiste ès-boules dans au moins deux domaines : 'lèche-boules' selon ses collègues, et grand amateur de films de boules.
Toutes ces boules pourraient être enfilées, et le fil se mordrait la queue pour former un collier, mais on n'en est pas là.
On suit d'abord
• les goujateries du bonhomme, pas foncièrement mauvais mais plutôt bas de plafond, et sa déception quand le poste qu'il miroirait est attribué à une jeune femme
• et les nouvelles exigences de la direction en matière d'EHS (Environnement, Hygiène & Sécurité).
Choc des cultures et affrontements entre l'employé déçu et sa hiérarchie : rigidité à l'ancienne vs pseudo-modernité rigide...
Au milieu, pour compter les points et donner des petits coups de pouce au destin : Christophe le cégétiste, indéboulonnable.
Comme dit le directeur : « Mais vous [le] laissez en dehors de tout ça ! Il est représentant CGT : intouchable ! Il pourrait venir chier au milieu de mon bureau, je ne pourrais rien faire. »

Portrait amusant et réaliste de la vie de bureau, entre néologismes ridicules, réunions stériles, décisions & consignes à la con, conseils pour 'monter en compétence', syndicalistes, monde parallèle des employés de nettoyage...
Un univers où l'on a souvent le sentiment de « marcher sur la tête », en effet. Et le télétravail n'y change pas grand chose, sauf qu'on peut changer soi-même ses ampoules. Quant au présentiel (ou 'mixte') avec les règles sanitaires en vigueur, n'en parlons pas (et les déplacements domicile-entreprise, avec le couvre-feu).
Mais je ne me plains pas trop, il y a largement pire.

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24 février
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