faut pas prendreFluide glacial, 3 novembre 2021, 56 p.

♥♥♥♥♥

En fin d'ouvrage, remerciements de deux des auteurs :
« Je remercie le con zéro à l'origine de l'épidémie de connerie qui sévit sur toute la planète : sans lui ce livre n'existerait pas. » (Vincent Haudiquet)
« Je remercie le dernier des cons, et le prie de bien vouloir fermer la porte derrière lui avant de partir. » (Jorge Bernstein)

J'aime bien le mois de novembre : pour se consoler des soirées courtes, on peut lire des trucs rigolos (Les vieux fourneaux, certaines années ; Le loup en slip ; un nouveau Riad Sattouf).
Mais le problème avec les suites, parfois, c'est qu'on en vient à parler comme des vieux cons : c'était mieux avant.
Pas là, malgré le rythme frénétique (un album par an) ! Je dirais même que c'est encore meilleur cette fois. Et comme je l'écrivais d'taleur à l'ami Gi-, texto (le mercredi, c'est recyclage) : 'Soit j'avais oublié à quel point ils allaient loin, soit ils osent de plus en plus. Et j'adore.'

Les quatre auteurs égratignent brillamment notre société ubuesque, l'administration kafkaïenne (système médical, éducation nationale), les lourdeurs bureaucratiques et les aberrations cruelles du système capitaliste.
Les gags frappent fort, souvent grâce à un décalage entre deux extrêmes : une situation inacceptable (prostitution des étudiants en situation précaire) normalisée par des rouages bien huilés (aides d'Etat)...

On retrouve également, comme dans les deux précédents opus, la monstruosité de l'humain envers son prochain plus 'petit' que lui (les vulnérables : Sdf, migrants...), et envers les animaux, qu'il maltraite à loisir, impunément.

Petit coup de griffe perso : de l'humour noir & absurde moins nombriliste que ceux d'un certain F. qui tourne en rond et de son ami qui méprise ses lecteurs (plus ou moins illettrés, selon lui) des réseaux sociaux ...
Peut-être parce qu'ils sont quatre auteurs, ici ? Pas de temps morts, pas d'atermoiements personnels sur la page blanche ou ce genre de lourdeur d'auteur de BD en mal d'inspiration.

PS : le Pass' n'est pas nommé mais il y a un parallèle très amusant...
PPS : à ne pas mettre entre tous les yeux (chasseurs, adeptes de corrida, phobiques d'une prétendue invasion étrangère, etc.), mais pour les autres : foncez !

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3 nov.