bal_d_brisEn refermant le livre, Mr, admiratif, a déclaré : "extra ! son meilleur !"... voici son avis développé :

Le narrateur - qui travaille comme "pousse-chariot" dans un hôpital pour "vieux" de l'Assistance Publique - trouve, par hasard, l'occasion d'y réaliser un vol qui devrait lui permettre de changer sa vie. Thierry Jonquet, qui avant d'être écrivain, exerça son activité professionnelle dans le secteur médico-social (ergothérapeute), connaît particulièrement bien le milieu dans lequel se déroule son intrigue. Son regard sur cet univers et la description qu'il en fait sont très intéressants, pleins d'ironie et d'humour noir, non seulement à propos des gens qui y travaillent mais aussi au sujet de ceux qui viennent s'y faire soigner et/ou y mourir... La présentation de la militante CGT avec qui vit le narrateur est dans le même esprit. La lecture des trois premiers chapitres, par lesquels l'auteur plante le décor et ses personnages a été jubilatoire tant les portraits de ces derniers - hauts en couleurs - sont précis et drôles. Durant les quatre chapitres suivants, l'auteur raconte le déroulement du "casse" de manière un peu trop loufoque selon moi, ce qui nuit à la crédibilité de l'histoire mais pas à l'agrément de la lecture (la perte de finesse dans l'écriture étant compensée par un gain dans sa fluidité, l'intrigue prenant alors le pas sur le décor). Durant le dernier tiers du livre le suspense devient prépondérant, sans occulter le côté comique des situations, et ce jusquà la surprenante fin de l'histoire...

En  conclusion, ce roman m'a paru original, amusant et bien écrit, donc très agréable à lire. Il s'agit du roman de JONQUET que j'ai préféré parmi ceux que j'ai lus de lui (Mygale, Ad Vitam Aeternam, La vie de ma mère, Les orpailleurs), sans doute car sa noirceur s'efface beaucoup derrière l'humour.

Merci encore, Stephie, pour ton hommage à Thierry Jonquet qui nous a fait redécouvrir l'auteur. Il nous reste plusieurs de ses ouvrages à dévorer, on s'en réjouit.

Le bal des débris, Thierry Jonquet, Points Romans Noirs, janvier 2010, 186 p.

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