dites aux loups

Tell the Wolves I'm Home, 2012
traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie-Axelle de La Rochefoucauld
aaLibella, 2015 -
10/18, 2 juin 2016, 500 p.

lu par Mr

♥♥♥♥♥

Dans la famille Elbus, il y a le père, la mère, la fille aînée (Greta, 15 ans), et la cadette (June, 13 ans). Il y a aussi l'oncle Finn, qui est au centre du roman même s'il meurt prématurément du Sida.
Finn vivait depuis quelques années avec Toby. Une partie de la famille Elbus tient ce dernier pour responsable de la mort de Finn, il lui a transmis le virus fatal. La jeune June ne s'arrête pas à cette « évidence » et est attirée par Toby, seul lien qui lui reste avec cet oncle qu'elle aimait tant. Outre le fait qu'il est potentiellement contagieux, Toby est étrange, et la relation qui semble se nouer entre lui et June devient vite inquiétante pour le lecteur. Quant à Greta, elle traverse également une mauvaise passe, et se défoule facilement sur sa petite soeur.

A travers l'histoire de Finn Elbus, c'est le rapport de nos sociétés à cette maladie et à ses victimes à la fin des années 1980 qui est exploré. A l'époque, le Sida affectait d'abord les homosexuels. La plupart des sidéens étaient tenus au ban de la société à double titre : d'un part en raison de leur maladie et de l'ignorance par le grand public de son mode de transmission, d'autre part à cause de leur homosexualité ainsi révélée à leurs proches. Ce thème est brillamment traité, mettant en évidence la double peine subie par les malades pendant le temps qu'il leur restait à vivre.
Les difficultés de l'adolescence et la complexité des rapports dans les fratries sont aussi présentées avec finesse. Violence et complicité (voire tendresse) cohabitent ici de manière surprenante mais tout à fait crédible, pas seulement dans les rapports entre Greta et June mais aussi dans ceux entre leur mère et son frère Finn.

J'ai trouvé ce livre émouvant et fin.
Il peut être lu dès quinze ans, même s'il est parfois dur, à l'instar des thèmes douloureux qu'il aborde.

•  L'avis de Canel.