inexorable

Robert Laffont, La Bête Noire, 11 octobre 2018, 384 p.

cf

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La couverture fait frémir et donne la nausée, si on imagine un bout de chair entre ces dents d'acier. Il sera broyé, à moins que l'engrenage s'arrête à temps.

Dans ce roman noir, c'est un adorable petit garçon qui se trouve pris dans une machine infernale. 
Et l'auteur n'a pas eu à inventer une histoire rocambolesque : les exemples IRL ne manquent pas avec les failles de nos systèmes administratif, éducatif, judiciaire. Même lorsque des adultes/professionnels sont pleins de bonne volonté à l'égard des personnes en difficulté, des 'différents', des exclus, ils se heurtent aux cadres prédéfinis, à des règles figées - cf. La Maladroite, d'Alexandre Seurat...

L'histoire de Milo est d'autant plus poignante que cet enfant est mis à l'écart et rendu violent par ses pairs, donc de 'charmants bambins'. Et que les autres parents, en toute inconscience, mais par réflexe de 'survie' pour protéger leurs petits, entretiennent aussi cet abominable cercle vicieux...

On s'y croirait, on s'y revoit, lorsque les adultes se mêlent un peu trop des affaires de cours d'école (cf. Petits secrets et grands mensonges de Liane Moriarty).

Ce thriller brillant et bouleversant interroge également sur la monoparentalité, parfois revendiquée comme un droit, une liberté, pas toujours choisie, et si difficile à assumer parce que tout est encore conçu comme si les enfants avaient forcément 'un papa et une maman'. 

On le lit la gorge nouée, on en ressort dégoûté et triste à pleurer, a fortiori si on connaît quelques cas similaires.
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Merci à l'auteur, bien sûr, pour cette description si juste.
Et au parrain de cet ouvrage, dont je n'ai découvert le nom que dans les remerciements, pour son talent d'écrivain 'social' et son souci de faire connaître aux lecteurs les aberrations destructrices de notre société. Merci à lui d'avoir incité Claire Favan à « explorer cet axe » (sic), différent de celui de ses romans précédents, et qui me convient parfaitement.

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 30 nov. > 2 déc. - l'avis de Sandrine