le manuscrit

Fleuve Noir, 2018
Pocket, 2 mai 2019, 600 p.

thi

♥♥♥♥

La couleur est annoncée d'emblée : la fin de l'histoire n'a pas été écrite.
Ah zut, pas de dénouement, pas de lecture. Je tiens à ma liberté de penser comme dirait l'autre, mais y a des limites : qu'on ne me demande pas d'être frustrée, ni de terminer le boulot d'écrivains grassement payés. Ni de participer à un jeu de piste cousu de fil blanc, plein d'incohérences (cf. Reverde Thilliez).
En fait si, une fin est proposée, mais imaginée par le fils de l'auteur - qui est Caleb Traskman, pas Franck Thilliez. Première mise en abyme. Il y en aura d'autres, plus ou moins. Que cela ne décourage pas le futur lecteur potentiel, ça reste simple. Et beaucoup moins ingénieux/vertigineux que dans un certain roman de Gilda Piersanti, en particulier.

De quoi est-il question ? de disparitions de jeunes filles, de perversions, de crimes atroces. C'est l'hiver, il fait froid, on se balade entre la Côte d'Opale et la région de Grenoble. Quelques fils d'Ariane : un xiphophore, un bonnet tricoté main, des coffres de voitures, une partie d'échecs célèbre.
Thilliez reprend des thèmes qu'il affectionne (et/ou qui font recette ?) : mémoire, chiffres, maths et énigmes, palindromes. Dommage que ces sujets soient juste effleurés ici car l'auteur m'enchante lorsque ses romans sont nourris de vulgarisation scientifique (Le Syndrôme E, Gataca...). 

A déplorer aussi des métaphores douteuses : « Tandis qu'elle jouissait (...) il grogna lui aussi, la bouche ouverte contre son épaule. Il frémissait comme un nouveau-né. Et quand ils eurent finis, épuisés, étourdis, il roula sur le côté, la poitrine ambrée dans l'obscurité, tel le sommet d'une dune (...). »

La lecture est agréable, le suspense bien entretenu, mais la pirouette finale est trop facile, et l'ensemble donne a posteriori l'impression d'avoir été lu/vu X fois.

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2 > 9 juillet