les derniers mots

The Last Kind Words, 2012
pictraduit de l'anglais par Étienne Menanteau
Gallimard, Série noire, 2018
Folio, 13 juin 2019, 465 p.

♥♥♥♥

Chez les Rand, les hommes portent des prénoms de races de chiens.
Autre caractéristique : ils sont voleurs depuis quatre générations. Mais en version soft, sans armes. Du gentleman cambrioleur, en quelque sorte. Monte-en-l'air et joueur de carte tricheur.
L'un d'eux, Collie, est pourtant dans les couloirs de la mort.
Son frère Terry, qui a fui et rompu avec toute la famille juste après les faits, cinq ans plus tôt, lui rend visite en prison quinze jours avant l'exécution capitale. Le condamné a une mission pour lui.

Quel plaisir de suivre cette drôle de tribu de marginaux paradoxalement bien intégrée dans le paysage local et respectée. Loin des clichés de la famille de délinquants alcoolos, violents, sans foi ni loi, les Rand, à la fois hauts en couleur et 'normaux', sont étonnamment doux et aimants.
J'ai particulièrement aimé la maman, le couple parental, et l'attention apportée par tous au papi malade, pour qu'il reste le vieux patriarche-gangster digne en dépit de sa déchéance physique.
Ça surprend et ça fait du bien de lire du polar qui s'affranchit de certains codes.
L'ambiance rappelle un peu celle de la série 'Collins & Pine' de Joe R. Lansdale, grâce à l'humour et à l'énergie de Terry (et de l'auteur) - en plus doux, plus calme, moins outrageusement 'viril' malgré quelques scènes d'action violentes et sanglantes.

Au-delà de l'intrigue, se pose la question du 'mal' et de la folie. Sont-ils héréditaires, acquis ? On peut continuer à creuser le sujet avec Terry en lisant la suite (et la fin, puisque l'auteur est décédé en 2015) : Le dernier murmure.

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agenda215 > 18 sept. - merci L. ! 🙂